‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 484 sur 1729 · DEVISE · texte numérisé non relu

DEVISE

France à 16 milliards {Voy. crédit public, giuxd livre et RESTES SCR l'état]. — On appelle Dette flottante la partie (le la dette publique qui nest pas consolidée, et (jui se compose d'engagements à terme, de créances non réglées entièrement, des fonds de la Caisse des dépôts et consignations et des Caisses d'épargne {Voy. ces mots), etc.; elle est ainsi nommée parce qu'elle varie sans cesse et est susceptible de diminution et d'augmentation. En France, elle est réglée par le Trésor, en effets dits bons du Trésor. Voy. ce mot.

DEUIL (du verbe franc, doidoir, être aflligé, lequel dérive lui-même du latin dolere). La manière de manifester la douleur que fait éprouver la perte d'une personne aimée a varié suivant les temps et les lieux. Les Israélites, à la mort de leurs parents ou amis, déchiraient leurs habits, se couvraient la tète de cendre et de poussière, allaient nu-pieds, et couverts d'un cilice, couchaient sur la terre, se frappaient la poitrine, s'arrachaient la barbe et les cheveux. La durée du deuil variait de 7 à 70 jours. — Les Egyptiens se livraient aux mêmes pratiques, et. en outre, se rasaient les sourcils. — Chez les Grecs, les hommes laissaient croître leurs cheveux, les femmes les rasaient. — Le deuil durait 10 mois chez les Romains; il consistait à s'abstenir des fêtes et des jeux, à jwrter des vêtements noirs, la barbe inculte, etc. — Les Gaulois n'avaient pas de vêlements de deuil; ils se rasaient le tour de la tête. — Au moyen âge, on portait, en sign» de deuil, le chaperon rabattu sur le dos et sans fourrure. Dans les grands deuils, on portait pendant 3 mois des habits de laine, noirs dans la première moitié, blancs dans l'autre.

Auj. la durée des deuils est, en France, pour la perle d'un mari, un an et 6 semaines; pour celle d'un père ou dune mère, 6 mois; autant pour une épouse; pour un aïeul, 4 mois et demi; frère ou sœur, 2 mois; oncle et tante, 5 semaines; cousin, 15 jours. La durée des deuils de cour est réglée par le souverain ; le grand deuil est de 2 à G mois, le petit deuil de 3 à 21 jours.

La couleur du deuil, dans toute l'Europe et en Amérique, est le noir; après les premiers temps, on y sulistitue graduellement des couleurs plus claires, ce qui constitue le demi-deuil. La couleur du deuil de cour était autrefois le violet pour le roi, et le blanc pour la reine. On prit le noir à la mort de Charles VIII ; cette couleur a été depuis adoptée universellement. — En Turquie, le deuil est bleu ou violet : en Egypte, jaune ; en Ethiopie, gris ; en Chine et au Japon, blanc.

En Droit, le Deuil de la femme est à la charge de la succession du mari i|C. civ., art. 1481 et 1570). — On appelle quelquefois temps de deuil les dix mois pendant lesquels la veuve ne peut se remarier (C. civ., art. 228).

Voy. VECVAGE.

DEUTÉRONOME, c.-à-d. en grec la seconde loi, 5* et dernier li>Te du Pentateuque. Voy. bible au Dict. d'Hist. el de Gcogr.

DEUTO... (du gr. Sêûxspoî, deuxième), préfixe qui, dans les termes chimiques, est synonyme de bi ou di : deutochlorure, deutoxyde. Ce préfixe n'est plus guère employé auj.

OEUTZIA (de J. Deutz, botaniste hollandais), genre de la famille des Saxifragacées. se compose de jolis arbrisseaux ranieux et touffus, originaires du Japon et de la Chine, qui ont le port du seringat, et dont les fleurs blanches sont en grappes terminales.

DEUX-MÂTS, bâtiment à deux mâts. Voy. mât.

DÉVELOPPABLES. Les surfaces développables sont les surfaces t-ngendrées par une droite qui reste tangente à une courl)<> gauche dite arête de rebroitssement, et, en outre, les surfaces coniques et cylindriques; toutes ces surfaces ont même plan tangent le long d'une génératrice ; en outre, si on les suppose flexibles (mais non extensibles, élastiques;, on peut, en les coupant au besoin suivant une génératrice, les étenilre sur im plan ; d'où leur nom.

DÉVELOPPÉE, DÉVELOPPANTE, cn Géométrie. La développée d'une courbe plane (C) est une courbe (D) à laquelle toutes les normales à la courbe (C) sont tangentes ; (C) est dite la développante de (D). Les propriélés des développées et de^ développantes ont été découvertes par Iluygens. — La développante du cercle joue un rôle dans le tracé des engrenages. Un peut la considérer comme décrite par un point d'un fd d'alxird enroulé sur la circonférence d'un cercle fixe et nue l'on déroulerait en le maintenant constamiueut élcudu.

DÉVELOPPEMENT. En Géométrie, c'est l'action de développer une surface sur un plan [Voy. dkveloppable). — En Algèbre, développer un calcul indiqué, c'est l'effectuer; développer une fonction en série, c est trouver une série équivalente à la fonction.

En Vélocipédie, on appelle développement d'un vélocipède le chemin parcouru par le vélocipède pour un tour complet des pédales. Dans le bicvcle ordinaire, le développement est égal au diamètre de la roue motrice, multiplié par 3,1416. Dans les machines à multiplication {Voy. ce mot), le développement est égal à la multiplication multipliée par 3,1416. Ainsi une machine dont la multiplication est 1",50 développe 1,50 X 3,1416 = 4",70 (environ).

En Biologie, le développement s'entend de la succession des stades par lesquels passe un être en partant de l'état d'œuf jusqu'à l'état adulte et la mort. — On appelle développement de la race la succession des individus issus les uns des autres par reproduction.

Dans la Musique instrumentale, on appelle développement, d'après les règles classiques, la partie d'un morceau où le compositeur, après l'exposition des idées, les présente sous une nouvelle forme, ou morcelées avec des rythmes et dans des modes ditl'érents. Le développement forme généralement le milieu des morceaux, tels que le premier mouvement d'une symphonie ou d'une sonate, entre l'exposition et la reprise du motif.

DÉVERSOIR (de déverser). Les déversoirs sont les orifices ouverts à la partie supérieure d'un barrage et par lesquels l'eau s'écoule plus ou moins abondante. On donne le nom de seuil et de joues au bord inférieur et aux côtes latéraux du déversoir.

DÉVIATION (de dévier). En Physique, on entend par déviation la quantité dont im coi-ps, tombant librement à la surface de la terre, s'écarte de la verticale menée par son point de départ : cette déviation est due à la différence des vitesses de l'O. à l'E. que le mouvement de la terre imprime aux corps placés à sa surface, vitesse qui est d'autant plus grande que les corps sont plus éloignes du centre. — En Optique, la déviation dans le prisme est l'angle quele rayon émergent fait avec la direction prolongée du rayon incident ; cette déviation varie avec l'incidence ; elle est minimum quand le rayon incident et le rayon émergent sont également inclinés sur les 2 faces du prisme.

En Astronomie, c'est la quantité dont une lunette méridienne ou im quart de cercle mural s'écartent du plan méridien.

En Médecine, ce mot s'entend de la direction vicieuse que prend, dans certains cas, la colomie vertébrale. Voy.

GIBBOSITÉ et ORTHOPÉDIE.

DÉVIDOIR (de dévider], nom donné aux machines servant à dévider en écheveaux ou en paquets les divers filés. On distingue les dévidoirs mus à la main et les dévidoirs mécaniques. Ils comprennent essentiellement un guindre hexagonal sur lequel s'enroule le fil, et un support muni de broches qui reçoivent les bobines à dévider. Le périmètre du guindre varie avec les divers filés. Un appareil à sonnerie indique le nombre de tours faits par la machine, c.-à-d. la longueur de l'écheveau dévidé.

DEVIN, DEVINERESSE. Voy. DIVINATION.

En Zoologie, on donne vulg. le nom de Devin au serpent Boa et à un insecte orthoptère du genre Mante.

DEVIS (du lat. divisum, divisé, choisi, proposé), mémoire de prénsion fait par un architecte, un ingénieur, un entrepreneur quelconque, el renfermant le détail des travaux à faire et du prix qu'ils doivent coûter. On dislingue : le D. estimatif, état des dépenses arrêtées de manière à ne pouvoir dépasser les prévisions ordinaires de l'expérience: le D. approximatif, dont les précisions s'approchent de la réalité ; le D. descriptif, indication des ouvrages relatifs au projet dont on s'occupe. — En Droit, un devis ou marché a le caractère d'un contrat synalla^atique, lorsque son exécution est donnée en eiitreprise, et

Siu'il contient les obligations respectives de celui qui fait aire le travail et de celui qui l'entreprend (C. civ., art. 1787-1799).

DEVISE (de devis, propos), pensée caractéristique exprimée en peu de mots et le plus souvent accompagnée d'une figure svmboUque. Cette figure forme le corvs de la devise ; les paroles ou la légende en sont Vâme. Les anciens connaissaient les devises. Au moyen âge, l'usagée des tournois cl des carrousels les fit revivre et les multiplia. — La plupart des rois de France ont eu leur devise particulière r

DÉVITRIFICATION

Page 1