MORALE
Division des devoirs d'après leur nature. La Morale a, conmie le Droit, deux espèces de prescriptions : les unes prohibitives [^Devoirs négatifs) , comme : « Abstiens-loi de tout ce qui dégraderait tes facultés morales » ; les autres affirmatives [D. positifs), comme : « Emploie tous les moyens propres a développer tes facultés morales ». Les D. négatifs sont encore appelés parfaits, parce qu'ils sont d'obligation stricte, qu'ils comportent une détermination précise et qu'ils peuvent être imposés par une contrainte juridique, comme : « Tu ne déroberas pas ». Les D. positifs, au contraire, échappent à toute limitation, à toute réglementation lépslative, comme : « Tu donneras » ; l'application en est laissée à l'appréciation de la conscience ii>dividuelle.
Division des devoirs d'après leur objet. Les anciens distinguaient quatre vertus principales d'après les diverses perfections dont l'âme est susceptible dans toutes les situations de la vie, prudence, justice, force d'âme, tempérance [Voy. ces mots). Les modernes ont adopté une autre division, fondée sur les différentes relations que comporte notre nature, et ils ont ainsi établi trois espèces de devoirs. — I. Morale individuelle. L'homme a envers lui-même des devoirs qui sont les conditions essentielles de sa personnalité morale : assurer l'empire de la volonté sur les appétits et les mouvements irréfléchis du cœur pour acquérir la force d'âme qui constitue le caractère, cultiver 1 intelligence pour qu'à son tour elle éclaire la volonté, appliquer aux plus nobles objets cette sensibilité morale qui fait aimer la vertu en adoucissant ce que la pratique du devoir a de pénible et d'austère, conserver le corps et augmenter ses forces pour qu'il serve d'instrument docile à l'âme, enfin exercer toutes les facultés humaines par le travail, qui forme un des plus solides fondements de la moralité, en même temps qu'il contribue au progrès général de la société par le perfectionnement des arts et des sciences
[Voy. VERTU, AMOUR, PASSIONS, SUICIDE, HYGIÈNE, TRAVAIL).
II. Morale sociale. Les devoirs de l'homme envers ses semblables sont de trois espèces : 1» ceux qui lui sont prescrits sans exception envers tous les honunes, par cela seul qu'ils sont des personnes morales comme lui, qu'ils ont les mêmes droits et les mêmes devoirs, savoir : la justice et la charité ( Voy. droit naturel, justice, duel, charité, fraternité, BIENVEILLANCE, BIENFAISANCE, AMITIÉ) ; 2» COUX qui
s'adressent particulièrement à la famille et qui découlent de la qualité de père, d'époux, de fils ou de frère ( Voy.
FAMILLE, PÈRE, MARIAGE, ÉDUCATION) ; 3° CCUX qui obligent IcS
citoyens à obéir aux lois civiles et politiques de l'Etat considéré comme réalisation du droit dans l'ordre social ( Voy.
SOCIÉTÉ, ÉTAT, GOUVERNEMENT, LOI, LIBERTÉ, ÉCONOMIE POLITI- QUE) . — A la ilf. individuelle et à la M. sociale se rattachent les règles à suivre dans l'exercice du pouvoir que l'homme possède sur les animaux, envers lesquels toute cruauté inutile est répréhensible comme inspirée par un mauvais sentiment, et sur les objets inanimés, qu'il ne peut détruire arbitrairement sans préjudice pour la société. — III. Morale religieuse. Les devoire envers Dieu résultent de la nature de l'homme et de celle de Dieu considéré comme type de perfection morale, comme législateur et comme rémunérateur : ils se résument dans la croyance à l'existence de Dieu et à l'immortalité de l'âme, dans le culte et les sentiments dont il est l'expression : connaître, aimer et servir Dieu [Voy. religion, dieu, culte). — Consulter : Ciccron, des Devoirs; Franck, Eléments de morale (1868) ; Janet, Eléments de morale (1870).
DÉVOLUTION (de dévolu). En Droit, on nomme dévolu-