‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 492 sur 1729 · DIFFÉRENTIEL · texte numérisé non relu

DIFFÉRENTIEL

■ DIFFAMATION (du lat. diffamatio), se dit, en Droit, de toute allégation ou imputation d'un Tait de nature à porter atteinte à l'honneur ou à la considération d'autrui, que le fait soit vrai ou faux. Autrefois les diffamateurs étaient punis de mort . des galères ou du bannissement. Les lois du 17 mai 1819 et du 23 mars 1822, puis le décret du 17 février 1852 régirent cette matière et prononcèrent contre la diffamation les peines de l'amende et de l'emprisonnement. Auj. toutes les infractions commises par la voie de la parole ou de la presse sont régies par la loi du 29 juillet 1881. La dilfamation et l'injure contre les particuliers sont punis d'un emprisonnement de six jours à nuit mois et d'une amende de 16 à 300 francs, ou de l'une de ces peines seulement. La diffamation contre les corjis constitués ou les personnes ayant un caractère public est punie d'un emprisoiiiienicnt de huit jours à un an , et d'une amende de 100 à 3000 francs ou de l'une de ces peines seulement. La diffamation contre les administrations ou les personnes publiques comporte deux réglés spéciales : 1» le jugement appartient à la cour d'assises et au jury, non à la police correctionnelle ; 2° le prévenu est admis à prouver la vérité du fait diffamatoire, et il doit alors être renvoyé des fins de la plainte.

DIFFÉRENCE (du lat. differentia). En Logique, c'est la qualité essentielle oui distingue une espèce des autres espèces contenues dans le même genre, ce qui l'a fait nommer différence spécifique (un des cinq universaux'\. Elle sert de base à la définition, à la division et à la classification [Voy. ces mots). — Voy. Logique A' krisiola et Logique de Port-Royal.

En Mathématiques, la différence de deux quantités est le résultat obtenu en retranchant l'une de l'autre. Si l'on considère une suite de nombres rangés dans un ordre déterminé et si l'on retranche le second du premier, le troisième du second, le quatrième du troisième, etc., on forme la suite des différences premières, d'où l'on peut déduire de la même laçon la suite des différences secondes, puis celle des différences troisièmes, etc. La considération des différences successives est d'une grande utilité, notamment pour la connaissance des fonctions dont les valeurs sont données pour une suite de valeurs de la variable, formant une progression arithmétique, et en particulier pour la détermination des formules empiriques qui représentent la loi de la variation d'un phénomène pour lequel . on a effectué un grand nombre de mesures. Habituellement les différences, à mesure que leur ordre devient plus élevé, deviennent plus régulières. Par ex., si on forme un tableau des carrés des nombres entiers successifs, les différences

[iremières sont formées par la suite des nombres impairs, es différences secondes sont toutes égales à deux. On voit par là comment la considération des différences permet de former aisément une table de carrés.

En Marine, on nomme spécialement difféi-ence l'excédent du tirant d'eau de l'arrière d'un bâtiment sur celui de l'avant. Un bâtiment désarmé a une plus grande différence que celui qui est chargé. Les instruments qui servent à mesurer cette différence sont appelés différenciomètres. Voy. flotteur.

DIFFÉRENCIATION. Au début, le corps des êtres vivants est simple, homogène, mais, en se développant, certaines parties prennent les unes par rapport aux autres des diflércnccs, soit externes, soit internes dans les tissus ; on dit qu'il y a différenciation de certains organes, de certains tissus, de certaines fonctions. C'est par la différenciation que se perfectionnent les organismes vivants, par la spécialisation de plus en plus grande des diverses parties de leur corps.

DIFFÉRENTIEL (calcul). On appelle ainsi la partie des Mathématiques qui s'occupe de l'étude des dérivées [Voy. ce mot) et des questions d'analyse et de géométrie

3ue l'emploi des dérivées permet de résoudre. Quant à la ifférenlielle d'une variable et d'une fonction, on ne peut qu'en donner ici une idée sans précision ; la différentielle dx aune variable x est un accroissement infiniment petit de cette variable ; la différentielle dy d'une fonction y de x est le produit de la dérivée y' de y par dx ; c'est à un infiniment petit du second ordre près, l'accroissement de y correspondant à l'accroissement dx regardé comme un infiniment petit du premier ordre. On considère des différentielles de divers ordres. La notation des différentielles, due à Leibniz, est précieuse, mais non indispensable. C'est l'idée de dérivée qui est fondamentale.

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