DIGESTION
Mouvement différentiel. C'est, en Mécanique, un mouvement qui résulte de la combinaison de deux autres mouvements et qui est égal à leur différence et quelquefois à leur somme. Les bancs à broches des filatures de coton et les alésoirs offrent des applications de ce mouvement.
En Vélocipédie , le mouvement différentiel est une des parties d'un tricycle. Yoy. tbictci.e et jiouveiiest.
DIFFÉRENTIELLE, loi/- fonction et différentiel (calcul).
DIFFLUGIE du lat. diffluere, se répandre), Difflugia, genre de Protozoaires , de la classe des Foraminit'ères fluviatiles, caractérisé par un test calcaire et par des prolongements protoplasmiques d'im blanc de iait. La D. protêt fonne, qui se rencontre dans les eaux peuplées de plantes, doit son nom à la propriété>qu'elle a de pouvoir rentrer tous ses bras dans son test, ou d'en faire sortir im ou plusieurs à volonté.
DIFFORMITÉ (de difforme), vice de \i conformation extérieure du corps. Tels sont le Dec-de-liè^Te, la distorsion des membres, la déviation de la colonne vertébrale, les monstruosités de tout genre , etc. Les difformités sont congénitales ou accidentelles. Voy. orthopédie.
DIFFRACTION [du latin diffringere , séparer en rompant), déviation que semble éprouver la lumière en rasant les bords d'un corps opaque : les rayons s'infléchissent dans ces circonstances, la lumière pénètre dans l'ombre géométrique, et à l'extérieur de l'ombre on observe des franges colorées [Voy. cocrosse, halo, irisation, etc.). On explique ces phénomènes par le principe des interférences, dans la théorie des ondulations. — Le P. Grimaldi écrivit le premier sur la diffraction [Physicomathesis de lumine, coloribus et iride, Bologne, 1665) ; Fresnel en a déterminé les lois et établi la théorie. Voy. interférence.
DIFFUS (du lat. difftisus], se dit, en Botanique, des tiges, rameaux et feuilles qui sont lâches et étalés, d'une paniculc dans laquelle les pédoncules des fleurs sont écartés, etc.
Lumière diffuse. Voy. lumière.
DIFFUSIBLES (de diffus], sul)stances et médicaments volatils, tels que 1 alcool, l'éther, les huiles volatiles, qui se répandent facilement par tout le corps. Etendus d'eau et pris à dose modérée, ils procurent une excitation rapide et passagère en réagissant sur le cerveau ; ils ne diffèrent des excitants que par la promptitude de leur action ; à forte dose, ils irritent et déterminent les symptômes de l'ivresse ou de l'empoisonnement.
DIFFUSIF (pouvoir), propriété qu'ont les corps mats de renvoyer dans tous les sens la chaleur et la lumière. Voy. chaleur et lumière.
DIFFUSION (du lat. diffusio), ensemble de phénomènes qui ont lieu lorsque deux liquides se mêlent ensemble, et, par extension, lorsqu'une solution saline se mélange petit à petit à une plus grande masse de dissolvant, ou enfin lorsque des liquides ou des gaz passent à travers des orifices étroits, des membranes ou des plaques poreuses. En solution, ce sont les corps cristallisables qui sopt diffusibles ; les colloïdes [Voy. dialyse) ne se répandent ps dans la masse du liquide. — C'est Graiiam qui a étudie le premier le phénomène de la diffusion et qui en a donné les lois principales. Voy. DULYSE.
OIGAMMA, signe d'aspiration que les Eoliens plaçaient en tête des mots commençant par une voyelle, ou entre deux voyelles dans le corps du mot, a été ainsi appelé parce qu'il avait la forme de deux gamma superposes, F. — Il équivalait, dans les aulres dialectes grecs, à \' esprit rude et, dans le latin, à \'f ou au v. Voy. esprit.
DIGASTRIQUE (du préf. di et du gr. yarr^p, ventre), nom donné aux muscles qui ont deux portions charnues réunies et serrées par un tendon intermédiaire, au-dessus et au-dessous duquel elles se renflent. — On donne particulièrement ce nom à un muscle en forme d'arc, situé obliquement à la partie supérieure et latérale du cou; il abaisse la màcluiire inférieure et élève l'os hvoîde.
DIGÉNÈSE ou DiGÉNÉstE, se dit, en Physiolc^e : 1° du mode de reproduction qui s'effectue par le concours de deux sexes ; 2° des êtres qui se reproduisent par un double mode de génération. Vou. génération.
DIGESTE (du lat. digetta, choses mises en ordre), réunion en un seul corps, faite en 555, par ordre de Justinien, de décisions diverses données jusqu'à lui par les jurisconsultes romains, et auxquelles il a donné force de loi. Le Digeste se compose de 50 livres ; il a été traduit en
grec, du temps même de Justinien, sous le litre de Pandecles. — Dans les livres de Droit, le Digeste est cité par la formule abrévialive D. ou par ff., abréviation de fragmenta, parce que les décisions qm y ont été recueillies sont appelées lois ou fragments.
DIGESTEUR. Voy. autoclave et marmite de papw.
DIGESTIF, se dit de tout ce qui sert à la digestion. L'appareil digestif est l'ensemble des organes qui concourent à la digestion ( Voy. digestion) ; les substances dites digestives sont de légers excitants qui aident à la digestion (Koy. stomachique, cordial, etc.). — En Pharmacie, on appelle onguent digestif simple une espèce d'onguent composé de jaunes d'œuf, d'huile d'olives et de térébenthine. On l'emploie pour favoriser la suppuration des plaies.
DIGESTION (du lat. digestio], fonction animale par laquelle les aliments sont séparés en deux parties : le chyle, suc réparateur qui se mêle au sang et va nourrir les tissus, et les matières excrémentitietles destinées à être rejetées. — Les actes préalables de la digestion sont la mastication, Yinsalivation et la déglutition [Voy. ces mots), dont le résultat est d'amener dans l'estomac les matières ingérées, réunies en une pâte semi-liquide, dite bol alimentaire. Là s'accomplit la D. stomacale, qui transforme en chyme le bol alimentaire : il y a dans l'estomac des glandes qui, à la suite de l'irritation produite sur la muqueuse par le corps introduit, se mettent à sécréter un liquide [suc gastrique), essentiellement formé d'un acide [acide lactique) et d'une diastase spéciale (pepsine) ; sous l'influence ae ces deux corps, les diverses substances azotées (chair, albumine, etc.), arrivées dans l'estomac à l'état insoluble, sont transformées en une substance de composition unique, la peptone, soluble et, par conséquent, susceptible de passer dansle torrent circulatoire La réaction est du reste facilitée par les mouvements vermiculaires qu'exécute l'estomac. — La masse alimentaire passe alors dans l'intestin grêle : dans la première portion ou duodénum elle reçoit l'afflux de la bile et du suc pancréatique, qui émulsionnent les matières grasses et les mettent en état de pénétrer dans les vaisseaux. L'actionde ces liquides est complétée par un autre liquide, le suc intestinal, sécrété par des glandes (glandes de Lieberkûhn, glandes de Drunner) qui tapissent les parois du petit intestin. Les graisses émulsionnées, les aliments féculents transformés en dextrine soluble et en sucre, la transformation des albuminoïdes en peplones, commencée dans l'estomac, continuée et complétée, tel est le résultat de la D. intestinale : elle résulte d un ensemble de digestions élémentaires ducs à l'action des diverses diastases [Voy. ce mot). Les aliments ainsi rendus solubles constituent ce qu'on appelle le chyle [Voy. lymphe); leur absorption est alors possible. Quant aux fragments de cellulose, aux parties non assimilables, elles continuent leur chemin dans l'intestin en vertu du mouvement péristaltique, se mêlent aux mucosités qu'elles rencontrent, contractent la couleur et l'odeur que l'on connaît, et, accumulées dans le rectum, attendent le moment d'être expulsées.
Les phénomènes de la digestion dans la série animale ne présentent pas de particularités spéciales bien connues. Voy. estomac et rumination.
La durée de la digestion stomacale chez l'homme est très variable : terme moyen, elle est de 5 à 4 heures. La nature et la quantité des substances ingérées, les diverses conditions de santé ou de maladie, l'âge, les émotions morales, etc., ont, du reste, beaucoup d'influence sur cet espace de temps. Tout ce qui tend à appeler les forces de la vie sur d'autres organes que l'estomac, un bain, ime saignée, le travail de tête, une marche forcée, etc., peut nuire à la digestion, ou même la suspendre instantanément. Les substances stimulantes, telles que le café, les liqueurs, le thé, etc., favorisent la digestion en excitant la sécrétion du suc gastrique. Elles doivent être prises pendant ou immédiatement après le repas, plus tara elles troublent plutôt la digestion. Chez beaucoup de personnes on observe pendant le travail digestif quelques frissons et une légère accélération du pouls. — La digestion est très active pendant l'enfance et chez l'adolescent ; l'appétit à cet âge est vif, impérieux ; les repas doivent être alors plus fréquents. Dans l'âge viril, les digestions sont plus longues, l'intervalle entre les selles est plus éloigné : deux repas suffisent communément. Enfin, les vieillards digèrent plus diflicilemont ; ils se contentent quelquefois d'un seul repas.
Chez les Végétaux, le mécanisme de la digestion est le