DINDON
DILLÉNIE (de J.-J. Dillen, botan. allemand), Dilletiia, genre-type de la famille des Dilléniacées, tribu des Dillénices, renferme de beaux arbres dos régions tropicales, à feuilles alternes, à fleurs blanclies ou jaunes et à fruits comestibles. Le tj-pc du genre, la D. élégante ^D. speciosa), est un grand et bel arbre à rameaux étalés, cfiargés ne feuilles très grandes, d'un vert foncé, et de fleurs grandes, blanches et solitaires. Le fruit est une baie sphérique d'une saveur acide. Les Javanais le mangent conlit.
DILOPHE, genre d'insectes Diptères, très voisin des Bibions. loy. ce mot.
DILUTION (du lat. dilutio), action 4^«tendre d'eau une dissolution, une liqueur : c'est un procédé qu'on emploie pour séparer les parties les plus ténues qui, après l'agitation, restent les dernières en suspension et sont enlevées par la décajitation ; cette dernière opération prend plus spécialement le nom de liviqation {Voy. ce mol). — Les médecins homéopathes donnent le nom de dilution à l'opération par laquelle ils préparent leurs remèdes afin d'en diviser les doses à l'infini : p. ex. 10 centigr. d'un médicament sont délayés dans une certaine quantité de liquide ; 10 centigr. de ce mélange sont délayés dans une autre quantité de liquide égale à la première, et ainsi de suite quelquefois jus<{u'à la trentième dilution. Yoy. homéopathie.
DILUVIENNE (période). Voy. quaternaire.
DILUVIUM. On appelle ainsi, en Géologie, les dépôts oïdinairemeiit constitués de galets et de limon qui se sont elfcctués pendant la période diluvienne ou époque
Î quaternaire, et que l'on considérait autrefois comme formés ors d'un grand déluge. Dans les environs de Paris, on désigne sous le nom Acdiluvium gris des dép<"its de graviers dus aux grands cours d'eau de l'époque. Le diluvium rouge n'est autre chose que le produit de la décalcification des parties superficielles du diluvium gris sous l'influence des eaux météoriques chargées d'acide carbonique, décalcification suivie d une suroxydation des sels de fer du dépôt primitif. Le diluvium" rouge forme souvent des poches dans la masse du diluvium gris.
DIMANCHE (du lat. dies dominica, jour du Seigneur), jour consacré au repos et au service de Dieu . Suivant les uns, c'est le premier de la semaine : suivant d'autres, c'est le septième. Quoi qu'il en soit, ce jour est sanctifié en mémoire de ce que Dieu, après avoir créé le monde en six
i'oiirs, se reposa le septième. Les Chrétiens ont substitué a célébration du dimanche à celle du samedi, ou jour du sabliat des Juifs, pour honorer le souvenir de la résurrection de Notre-Seigiieur, qui eut lieu ce jour-là.
La stricte ol)scrvalion du dimanche fut ordonnée pour la première fois par l'autorité civile en 321, sous Constantin. Maintenue de tout temps par les prescriptions de l'Eglise catholique, observée avec la plus grande rigueur même dans les pavs réformés, elle avait été confirmée par nos lois civiles," notamment par une loi de 1802 (29germin. an X) et une autre de 1814 (18 nov.), dont une loi du 12 juillet 1880 est venue abroger les dispositions rigoureuses, d'aillleurs toml)ées en désuétude.
Un appelle : Dimanche gras le dimanche qui précède immédiatement le mercredi des Cendres ; D.des brandons, le 1'' dimanche du carême.
DÎME (du lat. décima, dixième], prélèvement d'un dixième sur les produits agricoles et industriels, au profit du clergé régulier et séculier [D. ecclésiastique) ou des seigneurs (D. profane ou temporelle). Cet impôt fut d'abjrd volontaire ; il devint ensuite obligatoire. — Les dîmes se distinguaient en D. ordinaires ou annuelles, et en D. extraordinaires; on les nommait alors décimes (Voy. ce mot). — Les dîmes ordinaires se divisaient ellesmêmes : en D. réelles, qui se percevaient sur les fruits de la terre; en D. personnelles, qui se percevaient sur le travail et l'industrie des personnes ; et en D. mixtes, qui
5 revenaient à la fois des produits de la nature et de ceux e l'industrie, comme les D. de chantage, perçues sur la chair des bestiaux. Les dîmes réelles se subdivisaient en D. grosses, perçues sur les objets de grande culture, blé, vin, huile, etc. ; et en D. menues ou vertes, perçues sur les produits des potagers. On appelait encore D. de suite ou de séquelle celles qu'un curé percevait sur le terrain d'une autre paroisse, lorsqu'il était cultivé par un de ses paroissiens.
L'origine des dîmes est fort ancienne : on la fait remonter jus(m'aux premiers temps du judaïsme, c.-à-d. jtisqu'à Abraliara et Jacob. Moïse établit comme impôt plu-
sieurs espèces de dîmes, destinées aux lévites on ministre» du culte. Chez les anciens, on offrait souvent aux dieux la dîme des dépouilles de l'ennemi. L'usage des dîmes chez les Chrétiens ne date guère que du v° siècle. — Il fut recommandé par les Mérovingiens et imposé par Charlemagne. — Quelques dîmes extraordinaires furent prélevées à la fois dans plusieurs pays : telle fut la dime saladine, établie en France et en Angleterre pour subvenir aux frais de la croisade contre Saladin. La révolution de 1789 abolit, en France, toute espèce de dîmes. — En Angleterre les dîmes constituent encore le salaire du clergé anglican : leur établissement est attribué à Offa (790) ou à Etelwolf (855).
DIMENSION (du lat. dimensio). Voy. étendue.
Autrefois, en Algèbre, on se servait du mot dimension comme synonyme de degré, en parlant d'une puissance ou d'une équation. On emploie cle nouveau cette expression en Physique ; on dit que deux grandeurs ont la même dimension quand une égalité numérique entre les mesures de ces deux grandeurs reste vraie lorsqu'on change le système d'unités fondamentales.
DIMÈRES, insectes. Voy. psélapbiexs.
DIMINUÉ, nom donné, en Musique, à tout intervalle mineur dont on retranche un demi-ton par im dièse à la note inférieure, ou par un bémol à la supérieure. C'est une altération momentanée d'un intervalle naturel. Voy. intervalle.
DIMINUENDO, mot italien qui signifie en diminuant, et qui s'emploie pour indiquer une diminution graduée du son : on marque le diminuendo par le signe >. On l'oppose au crescendo.
DIMINUTIF, mot qui exprime une chose comme petite. On l'oppose à augmentatif. Les diminutifs sont dérivés d'autres mots dont ils restreignent l'idée, dont ils atténuent l'énergie par l'addition d'ime certaine forme terminative : fillette, globule, maisonnette, diablotin, etc., sont des expressions diminutives. Les diminutifs représentent l'objet tantôt comme digne de tendresse, d'amour, de compassion, comme agnelet pour petit agneau ; tantôt comme digne de mépris, comme prcstolet pour prêtre sans mérite, écrivassier pour mauvais écrivain : dans ce dernier cas, on les nonmie péjoratifs. Nos anciens poètes faisaient un grand usage des diminutifs. — Les augmentatifs, plus rares en français, mais assez fréquents en italien, en espagnol et en allemand, se forment le plus souvent par l'addition soit d'une forme terminative, richard de riche, grandiose, grandissime de grand, soit d'un préfixe, surfin, superflu, archevêque, par trop, etc.
DIMINUTION (du lat. diminulio), figure de Rhétorique. Voy. litote.
Ln Contrepoint, c'est la répétition d'une phrase en valeurs moindres que dans sa première forme.
DIMISSOIRES (lettres), du latin dimissorius ; lettres par lesquelles un évêque consent à ce qu'un de^ ses diocésains reçoive les ordres des mains d'un autre évêque.
DIMORPHISME (du gr. 8{;, deux, et jiopsT,. forme), propriété que possèdent certains corps de cristalliser sous deux formes /Hcow/^jflf/W*'», c.-à-d. qui ne dérivent pas de la même forme primitive ; le carbonate de chaux, p. ex., est un corps dimorphe : on le rencontre en cristaux qui denvent (fun rhomboèdre [spath d'Islande), et en cristaux qui se ramènent à un prisme droit à base rhombe (aragonite). Le soufre, l'acide arsénieux, l'oxyde d'antiniome, le salpêtre, etc., sont également dimorphes. L'acide titanique est trimorphe ; la silice anliydre présente 3 ou 4 formes certaines, peut-être davantage. Découvert par Haûy en 1812, ledimorphisme aétéconfirmé depuis par Mitscherlich.
DIMYAIRES (du préf. di et du gr. {xûî, p.uô;, muscle), nom donné par Lamarck à une section de Mollusques à coquilles bivalves portant deux impressions musculaires sur chaque valve.
DINANDERIE (de Dinant, ville de Belgique, où l'on fabriquait au moyen âge des plats et ustensiles de cuivre historiés), se dit de tous les ustensiles que l'on fabrique en cuivre jaune, et surtout de la batterie de cuisine. Voy. chaudronnier.
DINDON ou COQ d'inde (du nom de sa patrie, les Indes occidentales), Meleagris, genre d'Oiseaux de l'ordre des Gallinacés, caractérisé par une caroncule érectile située à la base du bec et par des papilles épaisses et rougeàtres autour de la tête et du cou : tête ronde, petite ; cou allongé, présentant à sa base et sur le devant un long bouquet de