DOUC
cret du 19 mars 1869. Le Directeur général est assisté des administrateurs qui forment avec lui le conseil d'administration. Les côtes et frontières de la France sont partagées en un certain nombre de directions, à la tète desquelles sont placés des directeurs ayant sous leurs ordres une armée d'inspecteurs, sous-inspecteurs, connnis, receveurs, contrôleurs, vérificateurs, et enlln d'employés dits douaniers, chargés du service actif et embrigadés militairement. Ces derniers exercent une surveillance de jour et de nuit sur la frontière et sur les cotes [rayon frontière et rayon de mer] pour s'opposer à toute espèce de contrebande. De plus le rayon de terre compris dans l'étendue de 2 myriamètrcs environ en arrière de la limite du lerriloire est soumis à des règlements particuliers qui ont également pour objet de prévenir la fraude. Voy. contrebande.
En tant qu'impôt, les douanes remontent, sous des noms divers , aux temps les plus anciens ; mais comme instrument de protection pour l'industrie nationale contre la concurrence étrangère, elles n'ont pris ce caractère que depuis l'administration de Colbert. C'est lui qui, le premier, établit en France ce qu'on appelle les barrières de douanes ; il voulut que la France exportât le plus et importât le moins possible : dans ce but, il publia (de 1604 à 1667) des tarifs en vertu desquels toutes les marchandises fabriquées à rétran;^cr furent frappées de droits considérables ; c'est le système protecteur. Ce système, modifié par le décret du 28 juill. 1791, érigé en arme de guerre contre l'Angleterre par la Convention d'abord, puis par Sapoléou 1" [blocus continental, 21 nov. 1806), adouci après l'Empire, est resté néanmoins en vigueur en France jusqu'au traité de commerce signé avec l'Angleterre le 25 janv. 1800, qui a fait prévaloir chez nous le principe de la liberté commerciale depuis longtemps admis en Angleterre. Le tarif des douanes récemment voté par les Chambres (décembre 1891) tend à revenir au système protecteur. Mais deux ans d'application ont sufli pour démontrer la nécessité de le modérer. En Allemagne, l'association douanière dite Zollverein a supprimé les barrières intérieures qui séparaient la plupart des pays allemands.
Depuis 1791, la législation des douanes a été modifiée par les lois des 28 avr. 1816, 27 juill. 1822, 17 mai 1826, 5 et 5 juill. 1830, par le décret du 21 mars 1852, par les traités de commerce de 1860-62, et par la loi de finances pour 1892. Voy. ÉCHANGE, i-rohibition, protection.
Voy. sur le tarif douanier : E. Pierre, le Nouveau Tarif des Douanes (1892); et sur l'organisation du corps de la douane : R. Stourm. le Budget.
DOUAR (de l'arabe douar), campement des Arabes nomades formé à l'aide de tentes rangées en cercle. Le milieu sert de parc pour les troupeaux.
DOUBLAGE (de doubler), second bordage, revêtement en planches ou en feuilles de cuivre, de zinc ou de fer galvanisé, qu'on met à la carène des vaisseaux, pour les préserver de la piqûre des vers et de tous les accidents qui attaqueraient les bordages. Le doublage en planches de sapin, le seul usité autrefois, est presque abandonné auj. ; le doublage en feuilles de cuivre est reconnu pour être le plus durable et aussi le plus avantageux pour la marche du navire ; il est aussi le moins attaquable aux chocs qui risqueraient de le crever, et aux coquillages ou herbes marmes qui tentent de s'y fixer.
DOUBLE, ancienne monnaie de France faite de cuivre ou de billon, valait 2 deniers ou un double denier. Philippe le Bel passe pour être le premier qui ait fait fabriquer cette monnaie, en 1295.
Plusieurs pièces étrangères en or portent ou ont porté ce nom : le Double Auguste de Saxe (41 fr. 49) ; le Double Aigle des Etats-Unis (55 fr. 21); la Double Rouie de Perse (4 fr. 90) ; la Double Neuve Pistole de ardaigne (30 fr.) ; la Doppia [double) de Gènes (2 pisloles d'or) ; la Dobra portugaise (11 fr. 70). Voy.
DOCBLOX.
En Botanique, on dit que le calice d'une plante est double lorsqu'il est entouré d'une sorte d'involucre (Bruyère). Une fleur double est celle dont la corolle s'est multipliée par la transformation des étamines en pétales. Le périanthe double est celui qui est composé d im calice et d'une corolle.
En Musique, le mot double, en usage au xviii» siècle, a le même sens que celui de variation.
DOUBLE. DOUBLE TIERCE, DOUBLE QUARTE (fIÈVRe), SOrtCS de
fièvres intermittentes. Voy. fièvre.
DOUBLE CHŒUR, disposition spéciale de la masse chorale, divisée en deux groupes de chanteurs qui se répondent, ou chantent ensemble des chœurs non semblables.
DOUBLE CORDE, terme de Musique usité pour les instruments à archet et qui indique que l'exécutant doit faire résonner deux cordes à la fois. 11 y a aussi des accorda écrits pour triples et quadruples cordes.
DOUBLE CROCHE, uom d'uuc valeur musicale. La double croche vaut la moitié d'une croche ou le quart d'une noire.
DOUBLÉ, en Orfèvrerie. Voy. plaqué.
Au jeu de Billard, on appelle doublé une manière de faire la bille en frappant d'abord une des bandes.
DOUBLE-LIEN. On nommait ainsi, dans l'aiic. Droit, le privilège, supprimé par l'art. 733 du Code civil, en vertu duquel les frères et sœurs germains prenaient part à la succession de leurs père et mère dans les deux lignes paternelle et maternelle.
DOUBLE-MAIN, mécanisme que l'on adapte aux orgues à un seul clavier, et au moyen duquel, en baissant une touche, on fait baisser en même temps celle de l'octave en dessus. Les doubles-mains sont à la disposition de l'organiste au moyen d'un registre ; il s'en sert pour renforcer les effets. 11 est devenu, ces derniers temps, une puissante ressource pour les facteurs d'harmoniums qui ont créé les orgues à mains-doublées.
DOUBLE-PESÉE (méthode de La). Voy. balance.
DOUBLES. En Jurisprudence, la formalité des doubles est une règle en vertu de laquelle les actes sous-seing privé qui contiennent des conventions synallagmatiques ne sont valables qu'autant qu'ils ont été faits en autant d'originaux qu'il y a de parties ayant un intérêt distinct (C. civ., art. 132o).
DOUBLET, nom donné par les Lapidaires à une pierre incolore, telle qu'un cristal de quartz ou de topaze, que l'on a doublée en dessous avec du verre colore, de manière à imiter une pierre de couleur.
En Physique, on appelle doublet la combinaison de deux lentilles convergentes qui fonctionne comme une loupe, avec une aberration de sphéricité moindre qu'une lentille unique. Voy. loupe.
Au jeu de Trictrac, on nomme doublet le coup où chacun des deux dés amène le même point.
DOUBLETS, nom donné par les lexicographes à des rnols d'origine commune, mais aui, créés à des époques différentes, ont pris une forme différente. Ce sont, pour la plupart, des mots empruntés au latin : les uns, de formation {wpulaire, sont nés pour ainsi dire spontanément, d'après a prononciation romaine encore vivante, d'après les lois de l'accent (Voy. langue française); les autres, de formalion savante, ont été composés artificiellement, d'après les livres, sans tenir compte de l'accentuation soit latme, soit française; un grand nombre de ces derniers ont été forgés par les érudits de la Renaissance. Ainsi les mots latins : advocatum, ministerium, sollicitare, ipiplacare, fragilem, acrem, ont donné les formes populaires avoué, métier, soucier, employer, frêle, aigre, et les formes savantes avocat, ministère, solliciter, impliquer, fra-
Qllc âcT€ etc.
Quelquefois aux mots de formation populaire correspondent d'autres mots, empruntés à une langue étrangère, qui a déjà fait subir une transformation au mot latin initial ; ainsi le latin bilancem, nigrum, domtnam, a donné les formes populaires balance, Jioir, dame, et les mots bilan, nègre, duègne, par l'intermédiaire de l'italien bilancio et de l'espagnol 7iegro, duena. Consulter Brachet, Dictionnaire des doublets (1868).
DOU BLETTE, jeu d'orgue de 2 pieds ou octavin, dont la sonorité peut être comparée à celle du flageolet.
DOUBLIS. Dans la Construction, on nomme ainsi un rang de tuiles qu'on accroche aux cours des latt,es, c.-à-d. au madrier refendu diagonalement d'une arête à l'aLlic, qui sert à former les égouls pendants.
DOUBLON (de l'espagn. doblon), monnaie d'or d'Espagne dont la valeur a souvent varié. Les premiers doubL>:.ô furent frappés en 1497, et jusqu'en 1796 ils valurent 21 fr. 64. Le doublon de 10 escudos vaut 25 fr. 95; il est remplacé par la pièce de 25 pesetas, valant 25 fr. — Aux Philippines, le doublon se décompose en 4 pesos et vaut 20 fr. 39; au Chili, en 5 pesos et il vaut 23 fr. 64.
DOUC, Semnopithecus jiewa?M«, joli singe de la Cochinchine : c'est une espèce du genre Semnopithèque, remar-