‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 514 sur 1729 · DOYENNÉ · texte numérisé non relu

DOYENNÉ

DMGONNEAU

pitre. — Les doyens n'ayant pas charge d'âmes pouvaient être nommes à 2*2 ans; dans le cas contraire, à 24 ans.

Dans les Facultés universitaires, on donne le titre de doyen à l'administrateur de la Faculté. Il est toujours choisi parmi les prol'esseurs; mais il n'est pas nécessaire qu'il soit le plus âgé, ni le plus ancien reçu de ses collègue<.

On appelle : D. d'âge, celui qui est le plus âgé de sa compagnie ; D. d'ancienneté, celui qui est le plus ancien dans l'ordre de réception.

DOYENNÉ, dignité de doyen dans une église. On donne aussi ce nom à la demeure du doyen. — Les doyennés étaient autrefois des subdivisions des arcbidiaconats de certains diocèses. Voy. décan.

Poire de doyenné, espèce de poire fondante, dite aussi Poire de Saint-Michel.

DRABA, nom latin de la Drave. Voy. ce mot.

DRAC^NA, nom latin botanique du Dragonnier.

DRACHME (du gr. Spa/^f,), unité de poids et de monnaie des anciens Grecs, était la centième partie de la mine et se suixlivisait en 6 oboles. La drachme altiqiie pesait 4 gr. 56C et devait être, comme monnaie, en argent fin (elle valait donc près de I fr.). Mais on a donné le même nom à nombre de monnaies différentes comme poids et surtout comme aloi, notamment au denier romain d'un 96" de la livre, soit 3 gr. 411. — Auj. la drachme est encore le nom de la monnaie fondamentale des Grecs modernes : elle vaut juste 1 fr. ; avant 1868, elle ne valait que 0 fr. 90. En Allemagne, on appelle drachme une sulxlivi-iion de la livre-ix)ids : la livre vaut 128 drachmes.

DRACOCÉPHALE (du gr. Spixwv, dragon, et %t^7.\-f\, tête; de la forme de l'orifice de la corolle), Dracocephalum, genre de la famille des Labiées, renferme des plantes à feuilles opposées, entières, à fleurs bleues ou violacées, séparées ou réunies en épis. On cultive dans les jardins le D. d'Autriche, à fleui"s d'un bleu violacé, et le D. moldavique ou Mélisse de Moldavie, à fleurs bleues, purpurines ou blanches.

DRACONTE (du gr. ôpaxôvriov, petit dragon), Dracontiiim, genre de la famille des Aroïdées, renferme des plantes herljacces et exotiques, à feuilles simples, à fleurs sans corolle, à fruits en baie ronde, polysperme. Les indigènes de l'Amérique portent sur eux un fragment du D. à fpii lies percées {D. polyphylliim), ou bois de couleuvre, ainsi appelé de sa tige chagrinée, oui ressemble à un ser-

fient. Les racines du D. épineux ae Ceylan donnent une écule alimentaire.

DRACUNCULE (dimin. de dragon), Dracunculus, genre de la famille des Aroïdées, détaché du genre Gouet, a pour espèces principales le D. serpentaire [D. vulgaris), plante vivace à tige et pétioles marbrés comme la peau des serpents, à spathe verte et pourpre répandant une odeur cadavéreuse, et le D. chevelu [D. muscivorum), dont l'oileur également attire les mouches, qui restent prises dans sa spathe, dont les soies sont inclinées de haut en bas.

Artemisia dracunculus. Voy. ESTaiGo>'.

DRAGAGE (de drague), travail de creusement opéré sous leau au moyen de machines spéciales, dites machines à draguer, qui ditTèrent suivant la nature du sol qu'il s'agit d'enlever. Les plus simples servent, dans les rivnères, les canaux ou les ports, à enlever les vases qui s'y déposent, pour maintenir une profondeur d'eau constante. On a, depuis quelques années, perfectionné ces appareils et l'on s'en est servi j)our exécuter de toutes pièces le creusement des canaux ou des ports (canal de Suez, etc.). Ces machines à draguer sont alors complétées par de grands couloirs au travers desquels les matières extraites sont refoulées.

DRAGÉE (du gr. TpàyT.ixa, friandise), sorte de petite conlîturc sèche, faite d'amandes, menus fruits, graines,

fielits morceaux d'écorce ou racines odoriférantes, gouttes iquides enfermées dans une pâte, etc., qu'on recouvre dune composition sucrée ou de sucre cristallisé. Les dragées se font à deux cuissons différentes de sucre, l'une au lissé, l'autre au perlé; on en fait de toutes les couleurs, la bassine branlante qui servait autrefois à la fabrication des dragées a été remplacée depuis 1847 par une bassine rotative chauffée à la vapeur et mue mécaniquement. — Autrefois on servait les dragées après le repas dans des l'^sses d'or ou d'argent ciselé, dites drageoirs. Auj. en n'en sert plus guère qu'à l'occasion des baptêmes, ou dans les

festins d'accordaillcs, où elles ont remplacé les noix des anciens. — Plusieurs sortes de médicaments s'administrent sous forme de dragées.

On appelle encore dragée ou cendrée, du menu plomb pour tirer aux oiseaux.

Dragées de Tivoli ou Pisolithes, globules calcaires, à couches concentriques dont la forme et la couleur rappellent les dragées des confiseurs, et qui sont produits par des sources incrustantes, comme à Tivoli.

DRAGÉE ou DRAViÈRE, espècc dc fourragc. Voy. focrrage.

DRAGEONS (orig. germaniq.), bourgeons ou jeunes tiges

![ui s'élèvent des racines des grands arbres, et qui percent a terre. Ils servent comme moyen de multiplication. On les sépare de la plante lorsqu'ils ont acquis assez de force, et on les transplante pour former de nouveaux pieds. Les arbres nés de drageons ne pivotent jamais, et donnent plus promptement du fruit que ceux qui proviennent de semences. — On nomme aussi drageons les jets qui partent de la tige et s'étendent à la surface du sol.

DRAGME. Voy. drachme.

DRAGON (du gr. Spaxwv), animal fabuleux, qu'on représente généralement avec une taille monstrueuse, des yeux terribles et menaçants, une gueule vomissant des flammes, ayant la tête d'un lion, la queue d'un serpent, souvent ailé et tout couvert d'écaillés. Tels étaient les dragons qui gardaient la Toison d'or et le jardin des Hespérides; telle était encore la Chimère. Le dragon fut dans tout l'Orient l'objet d'un culte; le christianisme l'a consacré dans ses légendes, où il sert à figurer la défaite du mal par le bien, des ténèbres par la lumière : c'est ainsi qu'on représente l'archange samt Michel terrassant le dragon infernal, ennemi du genre humain ; la Vierge, mère du Rédempteur, écrasant du pied la tête du dragon (c.-à-d. du serpent) par qui le mal est venu sur la terre. Le moyen âge a souvent reproduit l'image du dragon dans ses momunents. La chevalerie le sculptait dans son blason.

Auj. le Dragon est pour les Zoologistes un reptile inoffensif, de l'ordre des Sauriens, famille des Agames, et voisin des Iguanes. On en connaît plusieurs espèces, originaires de l'Inde. Ces animaux ont la taille de nos lézards verts, et ik se nourrissent d'insectes. Ils vivent sur les arbres, et la peau de leurs flancs peut s'étendre de manière à former une sorte de parachute : d'où le nom de Dragons volants qu'on leur donne souvent.

Dragon de mer, nom vulg. de la Vive. Voy. ce mot.

DRAGOs, Anguis, constellation de l'hémisphère boréal, dont les étoiles sont disséminées entre la Petite Ourse, Céphée, le Cygne et Hercule. Son ascension droite moyenne est M^ 20°", sa déclinaison 66°. Elle compte 2 étoiles de 2« grandeur, 3 de 3», 7 de ¥, 68 de 5«.

DRAGOxs (de dragon), mihce française, faisant partie de la cavalerie de ligne, est composée de soldats coilfés d'un casque en cuivre, à crinière flottante, et armés d'une latte ou sabre droit et d'une carabine avec laquelle ils manœuvrent quelquefois à pied comme l'infanterie. Les dragons furent institués en 1550, sous le règne de Henri II, par le maréchal de Brissac. Ils ne se composaient d'abord que de quelques compagnies d'arquebusiers accoutumés à comlatlre à pied comme à cheval, et destinés à harceler l'ennemi et à escorter les bagages. Leur mobibté, leur force 'et leur audace leur valurent bientôt le surnom de dragons. Ils formaient un corps spécial, qui subit de nombreuses modifications, mais qui jouit toujours d'une haute réputation de valeur. En 1789, on comptait en France 18 régiments de dragons ; sous la République et l'Empire, il y en eut dc 24' à 31 ; depuis, leur nombre, réduit longtemps à 8, 10 et 12 régiments, a été reporté à 30. — L'uniforme des dragons est auj. le même que celui des cuirassiers, sauf le collet, qui est blanc.

DRAGONNADES. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

DRAGONNE, ornement en forme de cordon, qui se met à la poignée d'un sabre ou d'une épée, tire son nom des dragons, qui le portèrent les premiers : c'était primitivement un lacet attaché à l'arme et qu'on passait au poignet afin de pouvoir à volonté avoir la main libre en laissant pendie le sabre sans le remettre au fourreau.

DRAGONNEAU, ou Ver de Médine ou de Guinée, Filaria Medinensis, genre de Vers nématoïdes, de la famille des Filaires, au corps très allongé et nu. — C'est un parasite sous-cutané de l'homme : il peut s'introduire dans les diverses parties du corps, mais c'est autour de Içi cbcviUe du pied qu'on le trouve ordinairement. Sa présence

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