DRAP
détermine des tumeurs considérables et 1res douloureuses : on est obligé de les ouvrir cl d'en extraire le ver avec précaution en l'enroulant autour d'une baguette sur laquelle on exerce de légers efforts. On ne connaît que la femelle de ce ver : elle est vivipare et son corps contient un très grand nombre do petits; il est prol)able que ce n'est qu'après la fécondation qu'elle s'introduit sous la peau de 1 homme. Une fois là, le ver acquiert une longueur considérable et donne naissance à un nombre immense de petits, aui ne peuvent se développer que s'ils retournent au lieu 'où leur mère était sortie.
DRAGONNIER, Dracœna, genre de la famille des Liliacées, tribu des Asparagées, renferme des plantes arborescentes, à tige simple ou ramifiée, quelquefois d'une grosseur énorme ; à fleurs blanches, jaunâtres ou violacées, formant une grappe de près de 1 m. de longueur. Le Dpourpre {D. lerminalis), originaire de la Chine; le Z). odorant [D. fragrans) ; le D. du Brésil; enfin le D. commun ou gigantesque {D. draco), sont des espèces cultivées dans nos serres : le dernier fournit le sang-dragon du commerce, employé en médecine comme astringent. Le D. à feuilles pendantes {D. reflexa) nous vient de l'Inde : il découle de son stipc un suc gommeux qui est inflammable lorsqu'il est sec, ce qui a valu à la plante le nom de Dois- Chandelle. Ces végétaux, dont la tige s'épaissit indéfiniment, constituent à cet égard une exception parmi les Monocotylédones.
DRAGUE (de l'angl. drag), instrument qui sert à tirer des rivières ou des ports les sables, les graviers, la glaise, ainsi que la vase et les immondices. La drague est une sorte de pelle recourbée, formée d'un auget quadrangulairc en forte tôle, dont la face antérieure est enlevée, et la face postérieure armée d'une douille qui reçoit un manche en Lois fort long ; la direction de ce manche forme avec le fond de la drague un angle assez aigu, de manière que l'ouvrier, placé dans un bateau et la tirant à lui, puisse la faire entrer dans le sol et la ramener cliargée [Voy. dragage). — On donne aussi ce nom à un grand filet armé d'un appareil en fer propre à racler le fond de la mer, et dont on se sert dans la pèche aux huîtres et dans celle des moules ou des poissons plats.
Drague à claie, instrument d'Agriculture propre à approfondir les labours sans ramener à la surface la terre du fond.
DRAGUEUR (bateau). Voy. dragage.
DRAILLE, cordage qui passe au-dessus des capelages des mâts, et qui est tendu dans la direction des étais. C'est sur des drailles ou sur des étais qui en tiennent lieu qu'on hisse les focs et les voiles d'étai.
DRAIN, tube servant au drainage chirurgical [Voy. ce mot).
DRAINAGE (de l'angl. to drain, épuiser, tarir), dessèchement d'un sol humide au moyen de rigoles ou conduits souterrains. Ces rigoles sont ta'ntôt simplement des fossés étroits, remplis de pierres ou de fascines et recouverts de terre ou de gazon; tantôt un véritable canal d'écoulement, formé avec des tuiles courbes ou des tuyaux en terre cuite, juxtaposés de manière à permettre à 1 eau de s'introduire par les joints et d'y prendre son cours jusqu'à la décharge qui lui est ménagée. — Le drainage rend de grands services à l'agriculture : aussi a-t-il été rendu i)eaucoup de lois et de décrets pour en réglementer la jjratique.
Drainage chirurgical, moyen ayant pour but l'écoulement facile des liquides d une plaie ou d'un abcès ; primitivement c'étaient des tubes en caoutchouc destinés à faciliter l'écoulement du pus dans les aljcès. C'est à M. Chassaignac qu'est due 1 idée de ce procédé. L'antisepsie [Voy. ce mot) a utilisé le drainage, soit par des tubes de caoutchouc, des crins de Florence, du catgut, des mèches de coton, des bandes de gaze iodoforraée, etc.
DRAINE, espèce de Grive. Voy. grive.
DRAISIENNE, nom d'un des premiers appareils vélocipédiques, imaginé par le baron de Drais [Voy. vélocu-édie).
DRAMATIQUE (art, genre). Voy. théâtre, genre.
DRAMATURGE (du gr. Spafxa-roupyô;), auteur de drames. Voy. drame.
DRAME (du gr. 6pâp.a). Dans son acception la plus large, le mot drame s'apphque à tout poème composé pour le théâtre, et représentant une action tragique ou comique ; dans l'acception moderne et restreinte, il signifie une action théâtrale d'un genre mixte, intermédiaire entre la tragédie ei la comédie, sérieuse par le fond, souvent familière ou
comique par la forme. Le drame admet tous les genres de personnages et tous les tons, exprime toutes les sortes de sentiments; il peut être traité en vers comme en prose. Le drame moderne, annoncé au xvu° siècle par la tragi-comédie ou comédie héroïque, ne date réellement que du xvni' siècle, où il fut appelé d'abord tragédie domestique ou bourgeoise, comédie larmoyante, genre sérieux : il eut pour créateur La Chaussée. Après lui, il fut cultivé et mis en vogue par Diderot, Arnaud-Baculard, Beaumarchais, Mercier. Mclanide, le Père de famille, le Comte de Comminges, la Mère coupable, furent les premiers modèles de ce genre, qui ne tarda pas à dégénérer [Voy. mélodrame). En Allemagne, Kotzebue, Wcrner, etc., imitèrent le drame français du xvui" siècle. — Quant au drame de l'école romantiaue, ne vers 1825, et déjà en décadence aujourd'hui il diffère grandement de celui du siècle dernier. Ce genre de drame recherche avant tout les contrastes, la couleur locale et l'éclat de la mise en scène. 11 a substitué l'action avec toutes ses complications et ses surprises au développement des situations et des caractères, l'émotion physique à la sensibilité morale. La préface AuCromwell (1829) de V. Hugo a été comme le manifeste de cette école. A. Dumas, F. Soulié, L. Gozlan, Dennery, Bouchardy, F. Pvat, Anicet Bourgeois, Paul Foucher, Vacfjuerie, etc., ont été les plus célèbres dramaturges de nos jours. Voy.
COMÉDIE et tragédie.
Drame lyrique. Voy. opéra.
DRAP (au bas-lat. drapus ou drapum, même sens), nom générique de toutes les étoffes dont la chaîne et îa trame sont le plus souvent en laine, quelquefois en laine et coton [D. tramés) et dont le tissu est couvert d'un duvet plus ou moins fin. On distingue les D. unis ou lisses, les D. croisés, comme le Casimir, la castorine, les D. de fantaisie, tels que les ratines, ondulés, astracans, etc. Ce oui fait la qualité du drap, c'est la solidité, l'élasticité, la finesse de la laine, la régularité du tissu, et la beauté, la solidité et l'égalité de la couleur.
La fabrication du drap comprend une série d'opérations très compliquées. Après le lavage, le triage et le dégraissage des laines, on procède, à l'aide de mécaniques, au cordage, qui a pour but de disposer les filaments de la façon la plus utile à la confection du drap ; puis au filage et au tissage. Au sortir du métier, le drap est visité, et ses imperfections réparées par les nopeuses ou épinceuses; il passe alors au foulage, qui, en le feutrant, fait un véritable drap de ce qui n'était encore qu'une toile de laine, puis au lainage ou lanage, qui a pour objet de recouvrir sa surface d'un duvet court et très serré; il reçoit enfin divers apprêts, tels ciue le tondage, le couchage des poils, le ramage, Vépouttssage, le décatissage, etc. [Voy. ces mots). Quant à la teinture, les draps la reçoivent soit en laine, c.-à-d. avant la filature, soit en fil, soit en pièces. La teinture en laine est la meilleure. — Voy. sur l'industrie dra|)ière le Rapport de M. Vauquelin [Jury de l'Exposition universelle de 1867).
L'usage du drap était connu des anciens ; les Romains le nommaient pannus ; mais c'était plutôt un tissu de laine que du drap proprement dit. Auj. l'usage de ce tissu est universellement répandu : les propriétés qu'il possède de ne pas être conducteur de la chaleur, d'être perméable à l'air, de ne pas froisser la j^ieau, de recevoir toutes sortes de couleurs, etc., l'ont fait adopter chez toutes les nations civilisées. La Flandre, l'Angleterre, la Hollande, la Silésie nous ont devancés dans la fabrication des draps ; mais les progrès rapides qu'ont faits nos manufactures, surtout depuis 1785, nous ont mis d'abord au niveau des autres pays, et ensuite nous les ont fait dépasser. Les localités les plus importantes, en France, pour la fabrication du drap, sont : au nord, Beauvais, Mouy et Sedan (draps noirs) ; à l'ouest, Vire, bouviers (draps fins), les Andelys, Elheuf; au centre, Châteauroux et Romorantin; à l'est, Nancy; au midi. Vienne, Lodève, Bédarieux, Castres, Mazamet, Montauban, Limoux, Carcassonne et Chalabre (draps communs), etc.
On donne quelquefois le nom de drap à des étoffes dont le tissu est d'or, d'argent, de soie, etc. [Voy. brocart). — On nomme aussi draps ces grandes pièces de toile ou de coton qui recouvrent les lits et entre lesquelles on se couche.
En Zoologie, on appelle vulg. : Drap d'argent, D. d'or, des coquilles du genre Cône remarquables par la richesse de leurs couleurs; D. marin, la couche épidermique