‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 519 sur 1729 · DUEL · texte numérisé non relu

DUEL

DRYPTE (du gr. Spûrxw, déchirer), Drypta, genre d'Insecres, de l'ordre des Coléoplères penlamères, famille des Carabiques : corselet plus étroit que les élytres: dernier article des tarses bilobé. La D. échancrée [D. emaryinala] se trouve aux environs de Paris, dans les bois humides : elle est d'un vert tleuàtre, arec les pattes et les antennes fauves.

DUALISME (du lat. dualis, de deux), système religieux et philosophique qui explique la formation de l'univers par l'existence de deux principes également éternels.

I. Dualisme religieux. Clicz les Iraniens ou anciens Perses, en Bactriane, Zoroastre, réformant, dit-on, le naturalisme des Aryas, le changea en dualisme du Bien et <lu Mal, de la Lumière et des Ténèbres, et fonda ainsi la religion appelée mazdéisme (science universelle). Son livre sacre est le Zend-Avesta et en A'oici la doctrine : « Au commencement il y avait deux jumeaux, deux esprits, le bon et le méchant, ayant chacun leur activité propre en pensées, en paroles et en actions. Choisissez entre ces deux esprits; so.yez bons et non méchants.... Ormuzd est saint et véridique. Il faut l'honorer par la vérité et par de saintes actions. » Le vrai Dieu est donc Ormuzd [Aliura- Mazda, l'Esprit sage, VOromasde de Platon et d'Aristote) ; il est la lumière éternelle, la vérité et le bien; il a donné naissance au monde et à tous les êtres par sa Parole, ciui est le Verbe créateur. Avec les anges [amschaspanas, izeds, férouers), il lutte contre Ahriman [Angra Maimjas, l'Esprit mauvais) chef des démons [devs], principe dos ténèbres, du mensonge et du mal (son adversaire, mais non son égal, comme l'enseigna plus tard le Manichéisme), et dont l'emblème est le grand serpent adoré par les Touraniens de la Médie. Entre Ormuzd et l'homme il y a un médiateur, Mithra, la créature et l'image d'Ormuzd, la lumière créée qui éclaire les objets et q^ui les voit, le vrai soleil qui brille dans le ciel et l'œil vigilant qui est témoin de nos pensées et de nos œuvres. C'est dans sa demeure que les âmes des justes se réunissent après la mort; elles vont de là rejoindre Ormuzd et les amschaspands qui siègent sur des trônes d'or. — Le culte, d'une extrême simplicité, consistait dans les prières, l'offrande du jus de haoma (la même plante que le sôma védique) et l'entretien du feu sacré, symbole de la lumière divine. Il est encore pratiqué dans le Kerman et à Bombay par les Parsis ou Guèbres. — Consulter : Eug. Burnouf, Commentaire sur le Yaçna (1833), Etudes sur la langue et sur les textes zends (1850) ; Menant, Zoroastre (2° éd. 1857); Oppert, le Verbe créateur de Zoroastre (1862); James Darmestelcr, Oi-mazd et Ahriman (1880) ; Firdoùsi, le Livre des rois (Irad. par M. Mohl). Voy. mani-

CIIKISME.

II. Dualisme philosophique. La plupart des philosophes grecs admettaient deux principes : l'un supérieur, l'Intelligence absolue, source de l'ordre, de la force efficace et de la vie; l'autre inférieur, la Matière première, que Platon représente dans le Titnée comme une substance indéterminée (le non-être), Arietotedans sa Métaphysique, comme l'être en puissance, et les Stoïciens, comme une substance passive et dépourvue de toute qualité. Cette hypothèse d'une matière conçue comme une abstraction indéfinissable a fait place au dogme de la création. Voy. ce mot.

DUBOISIA, genre de plantes Dicotylédones gamopétales, de la famille des Solanées ; une espèce habitant l'Australie (D. myoporoides) renferme un alcaloi'de, la Duboisine, employée en injections sous-cutauées contre les sueurs des phtisiques.

DUBOISINE, alcalo'ide. Voy. duboisia.

DUC, DUCHESSE (du lat. dux), titre nobiliaire qui se place entre celui de prince et celui de comte [Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.). Le fils aîné d'un duc prend le titre de marquis. — La couronne ducale est un cercle d'or surmonté de fleurons.

DUC, Strix, sous-genre de Chouettes, de l'ordre des Rapices, famille des Nocturnes. Ces oiseaux ont autour des yeux un disque de plumes incomplet, susceptible de se redresser; les ouvertures auriculaires sont grandes, le bec est courbé dès sa base. On en connaît trois espèces : le Grand- Duc [Strix bubo), dont le corps est plus grand que celui de la buse ; le Moyen-Duc,ou HHwu commun [Strix otus), et le Pettl-Diic [Strix scops). Le Grand-Duc est fauve et tacheté de raies brunes. Il vit solitaire ou par paires dans les forêts de l'Europe et de l'Afrique. Il ■.& nourrit de

mulots, de souris, d'oiseaux et de reptiles. Voy. hidoit, DUCAT (de l'ital. ducato; de l'effigie représentant un duc), monnaie réelle et de compte, originaire d'Italie, et dont les diverses espèces, très multipliées, sont depuis longtemps en circulation dans une grande partie de l'Europe, surtout en Allemagne. Le ducat réel est en or; sa valeur est de 11 fr. 75. Le ducat d'argent Iducaton et Justine) valait environ la moitié du ducat dor; il n'est plus en usage. — Sous Charles VI on donnait en France le nom de ducat aux fleurs de lis à une espèce de florin qui valait 20 sols de l'époque, et de notre monnaie 12 fr. 50. En Espagne il y avait autrefois des ducats qui n'étaient

3ue des monnaies de compte : on y distinguait le ducat 'aident (de plata), valant 4 fr. 20, et le ducat de cuivre (de vellon), valant 2 fr. 40.

DUCATON. ioy. ducat.

DUCHÉ. Voy. DUC.

DUCROIRE (pour avoir-du-croire, avoir confiance), non» donné, en termes de Commerce, à une prime accordée au commissionnaire qui répond des débiteurs auxquels il vend la marchandise qui lui est confiée en commission. Le ducroire ne modifie les obligations du commissionnaire que sous le rapport du placement garanti des marchandises. — Ce mot se dit aussi du commissionnaire et du commettant lui-même. On est dit ducroire quand on confie une marchandise, ou quand on se charge de la vendre, et de la régler moyennant garantie.

DUCTILITÉ (de ductile; du lat. ductilis), propriété qu'ont certains corps de pouvoir être réduits en fils plus ou moins minces. D'une manière générale, un métal malléable, c.-à-d. qui se laisse aplatir au marteau, est ductile; mais il doit pour cela présenter assez de ténacité pour se laisser étirer à la filière ; ainsi le plomb, très malléable, n'est pas ductile. Voici l'ordre de ductilité des principaux métaux : or, argent, platine, aluminium, fer, uickel, cuivre, zinc, étain, plomb.

DUDAIM (mot hébreu), espèce du genre Concombre, appelée aussi Concombre chatte, à cause des poils blancs qui hérissent ses fruits fusiformes, verts et jaunes, à chair très odorante, mais insipide. — On a cru reconnaître dans le D. cultivé le Dudaïtn des Hébreux, végétal que la Bible cite comme favorisant la conception; d'autres prétendent que c'est la mandragore, la violette, la truffe, le salep, la banane.

DUÈGNE (de l'esp. duena), gouvernante à qui est confiée la surveillance des femmes du logis, femme de charge 3ui a soin de la dépense et du gouvernement intérieur 'une maison. Dans les grandes familles d'Espagne, la duègne, placée près d'une jeune épouse ou d'une jeune femme, exerce sur elle l'autorité d'une mère, réglant ses devoirs, dirigeant ses actions, en les mesurant aux règles de la bienséance et de l'honnêteté. A la cour il y a des duègnes d'honneur, ou dames du palais, chargées d accom-

fiagncr la reine, et formant sa société obligée. En France, e mot duègne se prend en mauvaise part.

DUEL (du lat. duellum). Les Moralistes ont justement condamné le duel : il viole la première loi des sociétés civilisées, qui est de ne pas se faire justice à soi-même ; il implique à la fois le suicide et l'homicide, et porte la désolation dans les familles; il fait dépendre l'honneur et le bon droit du hasard dun coup d'épée, favorisant surtout les duellistes de profession; enfin, il naît le plus souvent des causes les plus frivoles. Cependant cet usage barbare s'est toujours soutenu, parce qu'il est des offenses que la loi est impuissante à venger.

Le duel, tel que nous le connaissons, paraît avoir été inconnu aux anciens : leurs combats singuliers, comme celui de David et de Goliath, d'Achille et d'Hector, de Turnus et d'Enée, des Horaces et des Curiaces, de Manlius et du géant gaulois, avaient pour but de décider la victoire entre deux peuples ou de soutenir l'honneur d'une nation, et non de vider une querelle entre particuliers. Les Franks et les barbares du Nord introduisirent cet usage dans l'univers, et le destinèrent à venger l'honneur outragé et les querelles privées. La loi bourguignonne l'ordonnait comme épreuve juridique : l'accusateur et l'accusé combattaient ensemble, après avoir juré sur le crucifix que leur droit était bon; le vaincu était pendu ou décapité ; la bonne cause était du côte du vainqueur. Lorsque les parties étaient des moines, des femmes, etc., ils désignaient des champions. — Interdits par St Louis, qui y substitua la preuve par témoins, et anathématisés par les papes, les duels judiciaires ou ju-

DUFRÉNITE

Page 1