EAUX
employa le premier, an xvi« siècle, la disliUation pour rendre l'eau de mer potable. Depuis le commencement de notre siècle, Rochon, de Kéraudrcn et plus récemment MM. Weis, Davies et Rocher (de Nantes) ont successivement perfectionné les appareils distillatoires destinés à la marine.
Voy. BAINS FROIDS.
EAU PANÉE. Elle se prépare en mettant tout simplement une croûte de pain grillée dans de Icau bouillante et en laissant macérer.
EAU PHAGÉDÉMQUE, eau tenant en suspension de l'oxyde mercurique. On la prépare en pesant Oe',40 de chlorure mercurique dissous avec 10 gr. d'eau dans 120 gr. d'eau de chaux. Employé comme caustique léger.
EAC piiÉNiQCÉE, dissolution d'acide phénique dans l'eau légèrement alcoolisée. On l'emploie comme antiseptique pour l'usage externe à des titres divers de 1 à 5 p. 100 [Voy. antiseptiques).
EAU DE RABKL, OU Alcool sulfuriquc, mélange de 1 p. d'acide sulfurique avec 3 p. d'alcool coloré par des pétales de coquelicot, dont on se sert pour faire la limonade sulfurique employée comme astringent dans les diarrhées chroniques.
EAU RÉGALE, mélange d'acide azotique et d'acide chlorliydriquc, qui a la propriété de dissoudre l'or, qu'on appelait jadis le roi des métaux. Souvent, dans ce mélange, on lemplace l'acide chlorhydrique par du sel marin ou du sel ammoniac qui agissent de la même manière. L'eau régale est un précieux dissolvant pour les chimistes : l'or et le platine, qui résistent à l'action des autres acides, sont dissous par elle et transformés en chlorures; on l'emploie dans les ateliers de teinture et dans les manufactures de porcelaine pour faire les compositions d'étain ou pour dissoudre l'or. C'est aussi un oxydant énergique. — L'Arabe Geber est le premier qui ait fait mention de l'eau régale.
EAU SECONDE, SB dit de deux substances différentes : pour les orfèvres, les chapeliers, etc., c'est de l'acide nitrique alfaibli et comme descendu à un second degré, marquant 18» B.; pour les peintres, c'est une lessive caustique de potasse ou de soude, connue encore sous le nom de lessive des savonniers, qu'on emploie plus ou moins étendue d'eau pour nettoyer les peintures à l'huile.
EAU SÉDATIVE. Voici 13 formulc de Raspail : ammoniaque liquide à 22°, 60 gr. , sel marin, 60 gr. ; alcool camphré, 10 gr. ; on fait dissoudre dans 900 gr. d'eau distillée et on ajoute, si l'on veut, ouelques gouttes d'essence de roses. C'est la formule n° 1, celle que le Codex a adoptée; l'eau n» 2 renferme 80 gr. d'ammoniaque, et l'eau n" 3, 100 gr. Voy. sédatifs.
EAU VÉGÉTO-MINÉRALE. Voy. EAU BLANCHE.
eau-de-vie, liqueur obtenue en distillant le vin, le cidre, la betterave, les grains, les pommes de terre, etc., se com^ pose d'alcool et d'eau. Tous les vins ne sont pas éplement propres à fournir de bonnes eaux-de-vie : les vins vieux en donnent d'une qualité supérieure à celle qu'on obtient des vins nouveaux. Les vins sucrés en fournissent d'excellentes ; les vins tournés ne produisent que des eaux-de-vie de mauvaise qualité; les vins blancs sont généralement préférables aux vins rouges. Les vins qui ont un goût de terroir le communiquent à l'eaii-de-vie qu'on en retire; c'est ainsi que les vins de Saint-Pierre en Vivarais donnent une eau-de-vie à odeur de violette ; qu'on retrouve le goût de -pierre à fusil des vins de Côte-Rôtie, celui d'ardoise des vins de la Moselle, celui de succin des vins du Ilolstein, dans leurs eaux-de-vie respectives. La bonne eau-de-vie ne doit avoir rien de dur, ni aucun goût de terroir, de brûlé ou de fût : elle doit être claire, brillante et blanche, si elle est nouvelle; un peu ambrée et jaune, si elle est très vieille. Pour imiter cette couleur, que les vieilles eauxde-vie doivent à un long séjour dans le fût, on sophistique les produits nouveaux avec du caramel.
Suivant les pays et la nature des liqueurs fermentées, on donne des noms différents au produit spiritueux de la distillation : \'eau-de-vie de marc se préparc en distillant le marc, c.-à-d. la pulpe de raisin soumise au pressoir et conservée pendant plusieurs mois avant d'être distillée; \'eau-de-vie de grains se fabrique, en France et dans l'Europe septentrionale, avec la bière et la graine des céréales fermentées; le genièvre se fait de même, avec addition de baies de genièvre pendant la fermentation ; le whisky vient d'Ecosse et d'Irlande, et se fabrique avec l'orge, le seigle, les pommes de terre ou les prunelles sauvages; le kirsch se prépare, en Allemagne, en Suisse et dans les Vosges, avec des cerises écrasées et fermentées
avec leur noyau ; le rhum, se fabrique, aux' Antilles, avec le sirop de la canne à sucre, etc.
Les eaux-de-vie de marc de raisin, de grains et <!e pommes de terre sont beaucoup moins agréables que les eaux-de-vie de vin, parce qu'elles renferment des produits acres, tels que des alcools supérieurs, des acétones, des éthers d'acides gras, etc., dont il est difficile de les débarrasser. Très souvent les débitants fabriquent eux-mêmes leurs eaux-de-vie en coupant le trois-six avec de l'eau, colorant ce mélange avec du caramel, du suc de réglisse ou du cachou, et l'aromatisant de diverses manières. Mais bien que ces mélanges n'aient jamais la saveur agréable des eaux-de-vie naturelles, l'accroissement de la consommation des alcools a donné à ce genre de fabrication une extension considérable, nécessitée aussi par les ravages causés aux vignobles par le phylloxéra.
Les eaux-de-vie les plus estimées sont celles de Montpellier, de Cette, de Bordeaux, de la Rochelle, de Cognac {fine-champ, et eau-de-vie des bois), des Charentes, (l'An-
Soulême, de Niort, de Saumur, de Chàtellerault, dOrléans, e Blois, de Tours, d'Angers, de Nantes. Voy. alcool. On appelle : Eau-de-vie allemande un purgatif énergique contenant du jalap et de la scammonée; — Eau-ae-vie camphrée, de l'alcool ordinaire dans lequel on a fait dissoudre un peu de camphre.
EAU VULNÉRAIRE. Voy. VULNÉRAIRE.
EAUX. l. Les eaux naturelles sont divisées de la manière suivante : les eaux de mer; les eaux courantes des torrents, rivières et fleuves; les eaux de puits; les eaux jaillissantes ou de puits artésiens; les eaux dormantes, des petits lacs ou des étangs uniquement entretenus par les pluies. — Au point de vue de l hygiène on distingue les eaux potables de celles qui sont impropres à la consommation. Voy. précédemment eau.
II. Sous le rapport du Domaine, on distingue les eaux dépendant du domaine public, et celles qui apparliennent aux i)articuliers. Les cours d'eau navigables ou flottables appartiennent au domaine public; on ne peut en détourner l'eau, ou en affaiblir le cours par des tranchées, fossés ou canaux, sans imc autorisation au gouvernement ; il est loisible à chacun d'y puiser de l'eau, cl de s'approprier l'eau ainsi mise à part (C. civil, art. 538) ; mais on n'y peut établir d'usines, ni de canal d'irrigation, sans une autorisation du gouvernement [Voy. iialage, bac, navigation). — Quant aux rivières qui ne sont ni navigables, ni flottables, elles sont, selon les uns, dans le domaine public; elles appartiennent, selon les autres, aux personnes dont elles lx)rdent les propriétés. Ces personnes peuvent, dans tous les cas, user de l'eau de ces rivières dans le parcours de leur héritage, à la charge de la rendre à son cours ordinaire. — Les ruisseaux appartiennent de droit aux propriétaires des héritages sur lesquels ils coulent ; et par coiisémicnt ceux-ci ont le droit de s'en servir pour l'irrigation de leurs fonds (art. 644-45). Les riverains cloivcnl faire entretenir à frais communs les ouvrages jugés nécessaires par l'administration pour empêcher le débordement, le changement de cours ou la perle des eaux ( Fou. pêche, usine, irrigation, PLUIE, ÉGOUT DES TOITS, clc). — Lcs cttuaux dcstiiiés à la navigation sont assimilés aux cours d'eau navigables; les canaux d'irrigation, de dérivation ou de dessèchement appartiennent à l'Etat ou aux particuliers, selon que l'Elat ou les particuliers en ont fait la dépense. Ils sont tous soumis à la surveillance de l'administration, surtout pour le curage. — Lcs petits lacs, les étangs, appartiennent aux propriétaires des terres sur lesquelles ils se trouvent. — La propriété du sol emportant celle du dessus et du dessous, celui dans l'héritage duquel jaillit une source est j)ropriétaire de cette source comme de l'héritage même, et peut s'en servir comme bon lui semble ; mais si la source fournit aux habitants d'une commune, d'un village ou d'un hameau l'eau qui leur est nécessaire, le propriétaire ne peut en changer le cours (Code civil, art. 641-43). — Les cau.t minérales [Voy. ci-après) apparliennent à ceux qui les découvrent; cependant elles ne peuvent être exploitées qu'avec l'autorisation et sous la surveillance du gouvernement (Loi du 14 juin. 1856 et Décr. du 28 janv. 1860). —
Voy. MARAIS, MER, ClC.
Eaux et forêts, expression collective par laquelle on
désignait avant 1789 une juridiction chargée d'exercer la
police sur les bois, la chasse, la pêche, et de statuer, tant
i au civil qu'au criminel, sur les conlcslalions relatives aux
I eaux et forêts [Voy. gruerie). Louis XIY régla ses atlri-
EAUX MINÉRALES
EAUX MINÉRALES
billions par une ordonnance de 1CG9. CcUe législation a été n'niplaiée par deux codes, le C.oiie forestier cl le Code de 1(1 pèche fluviale. L'administralion des Eaux et forêts n'a p/us auj. qu'un droit de surveillance et de police; les questions de propriété sont dévolues aux tribunaux civils, et la répression des délits ou contraventions appartient aux tribunaux correctionnels ou de simple police.
EACx MK.NAGÈRES. Lcs eaux ménagères comprennent les eouj: de toilette, les bains, les eaux de vaisselle, les rilux de lavage de toute sorte, planchers, linges, etc. Les eaux de toilette, les eaux de bains des individus sains ne sont pas immédiatement dangereuses. Elles ne renferment que des déchets épidermiques, les excrétions de la peau; par la putréfaction elles deviennent cependant loxiques. Mais elles peuvent cire dangereuses immédiatement si elles proviennent de la toilette de malades ïtleints d'alîections contagieuses, telles que choléra, diphtérie, variole, etc. Les eaux de vaisselle, contenant beaucoup de matières grasses, de matières azotées, se putréfient rapidement. Quant aux eaux de lavage des plancliers, des murs, etc., elles deviennent redoutables si l'appartement a lié habité par un tuberculeux, un typhoïsant, un scarlalineux. Toutes ces eaux, en dehors des Iwctcries pathogènes [Voy. microbes) qu'elles renferment, constituent un danger j)ar les ptomaïnes que développe la putréfaction [Voy.
tVItR .
III. En PhysioI(^ic, on appelle vulg. Eaux le liquide amniotique qui entoure le fœtus.
Eaux aux jambes. Les Vétérinaires appellent ainsi une maladie cutanée du cheval qui a son siège dans le pli du paturon et aux lx)ulcts, surtout aux membres jwstérieurs. Au déinit, la peau, rouge, tuméfiée et douloureuse, laisse suinter un liquide séreux, encore peu odorant ; bientôt le poil tombe, la peau se crevasse, le liquide suinté devient plus opaque et prend une odeur piquante et infecte ; enfin, SI le mal devient chronique, on voit s'élever sur les parties dénudées de petits tubercules, d'alwrd isolés, puis réunis en grap|>es, entre lesquels la peau ne présente plus que quelques pinceaux de poils rares. L'humidité, la malpropreté dos écuries, et la diathèse eczémateuse sont les causes ordinaires de cette maladie : les eaux ont été considérées à tort comme la source du coiv-pox ou vaccin. Voy. ces mots.
IV. En Chimie, on appelle Eaux mères le résidu de l'évaporalion des salines, ce qui résiste à la cristallisation (Voy. MARAIS salants). Plus généralement, on donne ce nom à toutes les eaux qui restent après qu'un sel s'est cristallisé.
EAUX MINÉRALES tiatcbelles, eaux naturelles, froides ou chaudes, employées en médecine sous forme de boissons, d'inhalations, de Iwins, de douches. Le plus souvent elles renferment, au milieu des composés gazeux ou salins que l'on rencontre dans toutes les eaux potables (air dissous, sels calcaires, etc.), un ou plusieurs composés chimiques en proportion assez abondante jwur caractériser leur composition et fixer leur rôle thérapeutique : ce sont. p. ex., les acides carbonique et sulfliydrique libres en grand excès, les carbonates, sulfates, am-mates, chlorures, Ijromures, iodures, alcalins ou alcalino-terreux. des sels de fer, de manganèse, etc. Ces substances sont empruntées aux roches Î|ue ces eaux traversent, par suite soit d'une simple dissoution. soit d'une série de réactions chimiques provoquées par le passage des eaux. I^ur température tantôt est celle des sources ordinaires : ce sont les eaux froides; tantôt dépasse plus ou moins la normale : ce sont les sources chaudes ou thermales. On n'est pas d'accord sur l'origine de cette élévation de température; on la rapporte à ueux causes, savoir : ou bien le passage à travers des roches situées près du feu central, ou bien à un dégagement de chaleur dû à une action chimique (geysers d'Islande, eaux sulfureuses chaudes, sources thermales).
L'action des eaux minérales naturelles sur l'organisme a été reconnue dès les temps antiques, et bien des sources en vogue auj. étaient déjà utilisées par les Romains. On peut faire usage en tout temps de la plujwrt d'entre elles, transportées loin de la source: cependant quelques-unes s'altèrent, soil par ime diminution de pression ou de température, soit par le contact de l'oxygène ou de l'acide car- •jonique de l'atmosphère : aussi, comme elles semblent, à proportions égales de principes dissous, avoir une action
tilus marquée que les compositions artificielles faites pour es remplacer, conseille-t-on, excepté pour les eaux dites de table, de les ijrcadi-e sur place de préféreiKe. On s'y
; rend généralement du mois de mai au mois d'octobre, suivant l'altitude et la nature du climat : le temps pendant ; lequel on les prend a reçu le nom de saison : il est variable et dure généralement de 15 à 21 jours; la saison quelquefois est partagée en deux, quelquefois est renouvelée. I On classe les eaux minérales aux points de vue chimique. ! géologique, médical. C'est la classification chimique qui est la plus usitée, car elle cadre assez bien avec les classifications que l'on en peut faire au point de vue médical, puisque c'est la nature de leur principe chimique qui leur donne leurs propriétés thérapeutiques. On peut les ramener à i types principaux, qui sont : i" les eaux alcalines (eaux bicarbonatées, acidulés, alcalines) ; 2° les eaux ferrugineuses; 5» les eaux sulfureuses; 4" les eaux salines, parmi lesquelles on peut établir plusieurs subdinsions.
1» Eaux alcalines. — Elles sont riches en bicarbonate de soude et contiennent souvent l)eaucoup d'acide carbonique libre. Elles modifient puissamment l'économie : les sécrétions acides deviennent alcalines, le sang perd à la longue de sa plasticité. Elles sont principalement employées dans la glycosurie, dans les engorgements du foie, les coliques hépatiques, les gastrites chroniques, les calculs uriques, phosphaliques, et de cystine, les affections goutteuses et rhumatismales en général; les plus renommées sont celles de Vais et celles de Vichy, dont les différentes sources répondent à des indications diverses. Ces eaux sont pres(jue toutes froides.
Lorsqu'elles sont faiblement minéralisées et très chargées en acide carbonique, elles prennent plus spécialement le nom d'eaux acidulés. Elles sont emphtyées comme eaux de table jwur combattre les gastrites légères, et stimuler l'appétit (.\let, Chàteldon, Condillac, Evian, St-Galmier). L'eau de Scllz artificielle est employée aux mêmes usages et de plus contre les vomissements spasmodiques.
2" Eaux ferrugineuses. — Elles renferment du fer généralement à l'état de sulfate de protoxyde ou de carbonate dissous à la faveur d'acide carbonique libre; elles sont presque toutes arsenicales. On les prend rarement à la source; comme l'usage du fer doit être prolongé, on les prend généralement comme eau de table. Elles sont destinées à combattre l'anémie et la chloi-ose, ainsi que les dyspepsies qui en sont la suite.
3"" Eaux sidfureuses. — Elles doivent leurs propriétés principalement aux sulfures de sodium et de calcium ; quelques-unes renferment, en outre, de l'acide sulfhvdrique libre. Elles s'altèrent à l'air, l'acide carbonique déplaçant l'acide sulfhydrique et l'oxygène oxydant les sulfures : elles possèdent une odeur d'œîifs pourris caractéristique. Beaucoup contiennent de l'iode, de l'arsenic. Elles sont soit froides, soit chaudes (eaux sulfureuses thermales). Elles sont très excitantes, principalement les eaux sulfureuses thermales. Elles sont recommandées surtout dans les affections arthritiques (Aix en Savoie, Aix-la-Cliaiielle), les maladies chroniques de la peau ;Luchon,Cauterets,Uriage,etc.y. le catarrhe pulmonaire chronique, l'asthme, la phtisie (Cautcrels . Challes, Eaux-Bonnes, Enghien, St-Honoré, etc.), le rachitisme, le Ivmphatisme, la scrofule iBagnères-de-Bigorrc, Luchon, etc.), le traitement des blessures anciennes et des plaies par les armes à feu (Amélie-les-Bains, Barèges). Elles sont administrées en boissons, bains, inhalations, douches.
4» Eaux salines. — Ce sont celles où predomment les chlorures et les sulfates alcalins et alcalino-terreux, et qui ne renferment pas assez de carbonate ni de sulfures alcalins et alcalino-terreux ni de fer pour pouvoir être rangées dans une des trois catégories précédentes. Elles oflrent d'ailleurs .dans leur composition une très grande variété.
C'est plus particulièrement dans cette classe que l'on rencontre le brome, l'iode, l'arsenic (à l'état de composés salins), la lithine, le manganèse, etc. Plusieurs sont purgatives, elles doivent cette propriété aux sulfates de soude et de magnésie ; on les emploie généralement transportées loin de la source. Quelques-unes tiennent en suspension des matières insolubles ou pou solubles dont le dépôt constitue des boues, oix l'on prend dos bains, comme à Bourbonne, à St-Gervais, à Néris, etc. Elles sont quelques-unes froides, quelques-unes chaudes ; on les utilise en boissons et en bains.
En dehors de cas spéciaux, on les emploie généralement contre les engorgements des viscères abdominaux et les calculs biliaires (Vichv, Vais), les calculs d'origine uriqiie ou pliosphatique (Vafs, Vichy, Coiitrexé ville, Viltel), les
EAUX MINERALES
EAUX MINÉRALES
dyspepsies cl les gastrites clironiquos (Vais, Vicliy, Plombières, etc.), les allcctions rhumatismalos et articulaires en général (Vais, Vichy), le catarrhe chronique el l'asthme (Mont-Dore, Yals-Dominiquc), les all'cclions scrofulcuses, herpétiques (Bourboule, Salies-de-Béarn, etc.).
Si quelques eaux minérales ont une composition chimique ou une température qui varie suivant l'époque de 1 année, l'état sec ou humide de l'atmosphère, le plus ou moins grand éloignement de la source (action de l'air, perte de gaz, etc.), la plupart ont une composition moyenne presque invariable : c'est celle-là que l'on a donnée dans la liste suivante, qui ne comprend que les eaux minérales naturelles les plus anciennement connues, les plus fréquentées, et les plus généralement recommandées.
Aix (Savoie). Altitude, 262 m. Eaux chaudes (46°). Sulfurées calciques faibles : 0,20 de sulfates alcalins, 0,22 de carbonates alcalins 0/00. Boissons et bains. Du 15 mai au 1" novembre.
Aix-la-Chapelle (Allemagne). Altitude, 173 m. Eaux chaudes (45° à 55"'). Chlorurées sulfurées : 2,616 de chlorure de sodium, 0,0136 de sulfure de sodium, 0,2836 de sulfate de soude 0/00. Boissons et bains. Du 1" mai au 1"' oct.
Alet\k\iAc). Altitude, 210m. Eaux tièdes (20» à 29°]. Bicarbonatées calciques faibles : 0,575 de sels 0/00, traces de magnésie et de fer. Employée principalement comme eau de table.
A llevard [hère]. Altitude, 475 m. Eaux tièdes (24°). Sulfurées calciaues : 0,599 de sels et 52 c. cubes d'acide suifhydrique 0/00. Boissons et inhal. Du 1" mai au l"' oct.
Amélie-les-Bains (Pyrénées-Or.). Altitude, 225 m. Eaux chaudes (36° à 61°). Sulfurées sadiques : 0,0396 de sulfure de sodium 0/00. Boissons et bains. Toute l'année.
Aulus (Ariège). Sulfatées calciques : 1,816 de sulfate de chaux 0/00. Du 15 mai au 15 octobre.
Auteuil (Seine). Sulfatées ferrugineuses : 1,740 de sulfate de cliaux et 0,715 de sulfate d'alumine et de proloxyde de fer 0/00. Eau de table.
Ax (Ariège). Altitude, 710 m. Eaux thermales ou froides. Sulfurées sodiques : 0,020 de sulfure de sodium, 0,035 de chlorure de sodium 0/00. Boissons, bains, douches.
Baden-Baden (Allemagne). Altitude, 305 m.Eaux chaudes (47° à 68°). Chlorurées sulfatées : 1,60 de chlorure de sodium, 0,30 de sulfate de chaux, et 13 c. cubes d'acide carbonique 0/00. Boissons et bains. Du l" juin au 15 sept.
Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées). Altitude, 550 m. Sources froides et chaudes (18° à51°). Sulfurées sodiques, sulfatées calciques : 1,000 de sulfate de chaux, 0,1814 de chlorure de sodium, 0,0178 de sulfate de soude 0/00. Boissons et bains. Pendant toute l'année.
Bagnères-de-Luchon (Haute-Garonne), Altitude, 628 m. Eaux chaudes (66°). Sidfurées sodiques : 0,058 de sulfure de sodium 0/00. Boissons, bains, inhal. Du 1"" juin au 15 oct.
Balaruc (Hérault). Altitude, le niveau de la mer. Eaux chaudes (48°). Chlorurées sodiques : 7,04 de chlorure de sodium 0/00, traces de bromure de potassium. Boissons, bains et bains de boue. Pendant toute l'année.
Barèges (Hautes-Pyrénées). Altitude, 1280 m. Eaux froides et chaudes (18° à 44°). Sulfurées sodiques fortes : 0,034 de sulfure de sodium 0/00. Boissons et bains. Du 15 juin au 15 septembre.
Btrmenstorf (Suisse). Altitude, bZQ m. Sulfatées magnésiennes : 22,01 de sulfate de magnésie et 7,08 de sullate de soude 0/00. Eau purgative.
Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne). Altitude, 304 m. Eaux chaudes (50° à 58°). Chlorurées sodiques fortes : 5,8 de chlorure de sodium et 0,06 de bromure de sodium 0/00. Boissons et bains, bains de boue. Du 15 juin au 15 octobre.
Bourboule [La] (Puy-de-Dôme). Altitude, 846 m. Eaux chaudes (30° à 56°). Arsenicales : 0,011 d'acide arsénique 0/00. Boissons, bains, inhalations. Du 1" juin au 15 sept.
Bussang (Vosges). Altitude, 624 m. Bicarbonatées et ferrugineuses : 0,095 de protoxyde de fer 0/00. Eau de lable. Du 15 mai au 15 septembre".
Carlsbad (Bohême). Altitude, 384 m. Eaux chaudes (30' à 72°). Bicarbonatées sidfurées. Boissons et bains.
Cauterels (Hautes-Pyrénées . Altitude, 932 m. Eaux chaudes (24° à 56°). Sulfurées sodiques : 0,018 à 0,025 de sulfure de sodium 0/00. Boissons, bains, inhalations. Du 1" juin au 1" octobre.
CAaZZes (Savoie) . Altitude, 260 m. Sidfurées sodiques fortes : 0,l972 de soufre total 0/00. Boissons. Du A" mai au 31 octobre.
Châteldon (Puy-de-Dôme). Altitude, 550 m. Bicarbonatées sodiques : 1,50 de bicarbonates alcalins 0/00. Eau de table.
Cliâlel-Guyon (Puy-de-Dôme). Altitude, 400 m. Eaux tièdes, 27° à "ùTt". Bicarbonatées ferrugineuses : 0,62 de bicarbonate de soude, 2,01 de bicarbonate de chaux, 0,05 de carbonate de fer 0/00 ; acide carbonique libre. Du l" juin au 15 septembre. Eau de table.
Condillac (Drôme). Altitude, 100 m. Bicarbonatées calciques : 1,35 de bicarbonate de chaux 0/00, acide carbonique libre. Du 15 mai au 15 octobre. Eau de table.
Conlrexpville (Vosges). Altitude, 350 m. Eaux froides (11°). Bicarbonatées sulfatées : 0,292 de sulfates alcalins, 0,789 de bicarbonates alcalino-terreux 0/00. Boissons. Eau de table. Du 1°"^ juin au 15 septembre.
Dax (Landes). Altitude, 40 m. Eaux thermales (53° à 60»). Sulfatées mixtes : 0.359 de sulfate de chaux, 0,168 de sulfate de magnésie, 0,043 de sulfate de soude 0/00. Boissons, bains, douches, applications de bouc. Toute l'année.
Divonne-les- Bains (Ain). Altitude, 475 m. Eaux froides (5° à 6°). Hydrothérapie. Pendant toute l'amiée.
Eaux-Bonnes (Basses-Pyrénées). Altitude, 748 m. Eaui tièdes (22° 8 32°). Sulfurées sodiques : 0,021 de sulfure de sodium 0/00. Boissons et bains. Du l" juin au l"ocl.
Eaux-Chaudes (B.-Pyrénées). Altitude, 675 m. Eaux thermales ou froides. Sulfurées sodiques : 0,003 de soufre, acide sulfuriquc, 0,081, soude, 0,092 0/00. Boissons, bains, douches. Du 1" juin au l""" oct.
Ems (duché de Nassau). Altitude, 95 m. Eaux chaudes (30" à 47°). Bicarbonatées sodiques gazeuses : 1,980 de bicarbonate de soude et 598 c. cubes dacide cariwnique libre 0/00. Boissons et bains. De mai à octobre. Eau de table.
Enghien-les-Bains (Seine-et-Oise). Altitude, 44 m. Sulfurées calciques : 0,100 de suliure de calcium et 0,0225 d'acide suifhydrique libre 0/00. Du 1" mai au l'' octobre.
Epsom (Angleterre, Surrey). Sulfatées magnésiennes : 9 gr. environ de sulfate de magnésie 0/00. Eau purgative.
Evian (Haute-Savoie). Altitude, 378 m. Eaux Iroides (10° à 12°]. Bicarbonatées mixtes : 0,394 de bicarbonale 0/00. Du 15 juin au 15 septembre. Çau de table.
Forges-les-Eaux (Seine-Inférieure). Altitude, 160 m. Eaux froides (6° à 7°). Ferrugineuses : 0,067 de sel dj fer 0/00. Du 15 juin au 15 septembre.
Galmier (Sain/-) (Loire). Altitude, 400 m. Eaux froides (8°). Bicarbonatées calciques : 1,02 de bicarbonate de chaux 0/00. S'emploie surtout comme eau de lable.
Gervais [Saint-] (Hle-Savoie). Altitude, 575 m. Eaux chaudes (39° à 40°). Sulfureuses chlorurées sulfatées : 2,03 de sulfate de soude, 1,60 de chlorure de sodium, 0,004 de sulfure de calcium 0/00. Boissons et bains, bains de boue. Du 15 juin au 15 septembre.
Honoré [Saint-] (Nièvre). Altitude, 272 m. Eaux tièdes (26°). Sulfureuses carboniques faibles : 7 c. cubes d'acide suliliydrique libre, 0,13 de bicarbonates alcalins 0/00. Boissons, bains, inlialations. Du 15 mai au 15 septembre.
Hunyadi-Janos (Hongrie). Eaux froides (7° à 13°). Sulfatées sodiques el magnésiennes : 15,914 de sulfate de soude et 16,016 de sulfate de magnésie 0/00. Eau purgative, de transport.
Lamalou (Hérault). Altitude, 196 m. Eaux froides et chaudes (17° à 46°). Ferrugineuses : 0,01 de carbonate de fer 0/00.
Lons-le- Saunier (Jura). Altitude, 258 m. Eaux salines. Bains.
Luchon. Voy. Bagnères-de-Luchon.
Luxeuil (Haute-Saône). Altitude, 307 m. Eaux cliaudes (27" à 51*). Indéterminées, thermales simples. Boissons et bains. Du 15 mai au l'"" octobre.
Marienbad (Bohême). Altitude, 644 m. Eaux froides (7» à 15°). Bicarbonatées mixtes : 0,76 de bicarbonates alcalins, 0,33 de sulfate de soude, 0,66 de chlorure de sodium O/dO. Du l'^mai au l""" octobre.
Mont-Dore (Puy-de-Dôme). Altitude, 1046 m. Eaux chaudes (38° à 45°). Bicarbonatées mixtes, légèrement arsenicales : 0,583 de bicarbonates alcalins, 0,511 de bicarbonate de chaux, 0,001 d'arséniate de soude 0/00. Boissons et bains. Du 15 juin au 15 septembre.
Montmirail (Vaucluse). Altitude, 100 m. Sulfurées calciques faibles : 0,047 de sulfure de sodium, 0,44 de bicarbonate de chaux 0/00. Eau de transport.
EAUX MINERALES
ÉBÉNISTERCE
^éclaire [Saint-] (Puv-de-Dôme). Eaux froides et chaudes (lO» à 45"). Bicarbonatées chlorurées mixtes : 2,60 de clilorure de sodium, 2,00 de bicarbonates akaiins 0/00. Traces de fer. Boissons et bains. Du 1" juin au 15 septembre.
.Wns (.\llier). Altitude, 263 m. Eaux chaudes [48* à 52"). Indéterminées, thermales simples : 0,57 de bicarbonates alcalins. 0,198 de chlorure de sodium, 0,368 de sulfate de soude 0,00. Boissons, bains, boues. Du 15 mai au 15 oilobre .
Orezza (Corse). Altitude, 603 m. Eaux froides (11°). Ferrugineuses, 0,120 de protoxyde de fer 0/00. Eau d'exportation. Juillet et août.
Plombières (Vosges). Altifude, 421 m. Eaux froides et chaudes (11" à 63"). Indéterminées, thermales siviples : 0,li> à 0.31 de bicarbonates alcalins 0/00. Traces a'arsé- ; niate de soude. Du 15 mai au 15 octobre.
Fougues (Nièvre). Altitude, 200 m. Bicarbonatées mixtes : \,66 de bicarbonate 0/00. Du 25 mai au 1" octobre.
Preste [la] (Pyrénées-Orientales). Altitude, 1 100 m. Eaui chaudes (37° à 45°). Sulfurées sodiques : 0,013 de sulfure de sodium 0/00. Boissons et bains. Du 1" mai au 1" novembre.
Pullna (Bohême). Sulfatées mixtes : 16 gr. de sulfate de soude 0/00. Eau purgative, d'exportation.
Royat (Puy-de-Dôme). Altitude, 250 m. Eaux chaudes (20' à 55°). Bicarbonatées chlorurées : 1,785 de bicarbonates alcalins, 1,728 de chlorure de sodium 0/00. Boissons bains, inhalations. Du 15 mai au 30 septembre.
Salies-de-Béarn (Basses-Pyrénées). Altitude, 30 m. Chlorui-ées iodurées : 22,9 de chlorure de sodium 0/00. Balnéothérapic.
Salins (Jura). Altitude, 330 m. Chlorurées sodiques : 22,745 de chlorure de sodium 0/00. Hydrothérapie. Du 1*' juin au 15 octobre.
Sedliti (Bohême). Sulfatées magnésiques : 31 gr. de sulfate de magnésie 0/00. Eaux purgatives d'exportation.
Seltz (Nassau). Bicarbonatées chlorurées : 2,04 de clilorure de sodium, 1,52 de bicarbonate de soude 0/00. On désigne généralement sous le nom d'eau de Seltz l'eau artificielle fabriquée en chargeant d'acide carbonique i'eau ordinaire.
Soultzmatt (Alsace). Bicarbonatée. Eau digestive et de table.
Spa (Belgique). Altitude, 250 à 400 m. Ferrugineuses : 0,20 de bicarbonates alcalins, 0,19 de carbonate de fer 0/00. Du 1" mai au 1" octobre.
Tœplitz (Bohême). Altitude, 205 m. Eaux chaudes (28°à 48°). Indéterminées. Employées comme celles de Plombières et de Néris.
triage Isère), .\ltit., 414 m. Chlorurées sulfurées : 1,42 de sulfate de chaux, 7,2 de chlorure de sodium. 2,25 de sulfate de soude et de magnésie 0/00. Du 15 mai au 15 septembre.
Vais lArdèche). Altitude, 260 m. Eaux froides (13° à 16°). Bicarbonatées sodiques : plusieurs sources renfermant de 1,71 à 7,30 de bicarbonate de soude 0/00 et de l'acide carbonique libre. La source Rigolelte est ferrugineuse; la source Dominique est arsenicale (0,005 d'arséniate de soude 0/00). Boissons et bains. Du 1" juin au 1" octobre. Eaux d'exportation.
Vichif (Allier)^ Altitude, 240 m. Eaux froides et chaudes (14°à 4<)°). Bicarbonatées sodiques. Plusieurs sources renferment de 4,01 à 5,02 de bicarbonate de soude 0/00. Elles renferment leur volume environ d'acide carbonique libre. Quelques-unes renferment des traces d'arsenic et d'iode. Boissons et bains. Du 1" avril au l" octobre. Eaux d'exportation.
Vittel (N'osges). Altitude, 336 m. Bicarbonatées sulfatées : 0,18 à 0,73 de bicarbonate de chaux, 0,10 à 0,64 de chlorure de sodium 0/00. Du 1"^ juin aul" octobre.
Eacx minérales artificielles. — On imite artificiellement les eaux minérales en dissolvant les sels nécessaires employés en proportions déterminées dans de l'eau distillée ou dans une eau potable ; souvent on charge cette eau d'acide carbonique lorsque les sels, comme les carbonates alcalino-terreux ou le carbonate de fer. ne sont solubles qu'à la faveur duii excès d'acide carbonique; souvent tu -si cet acide carbonique a en outre pour but de rendre certaines eaux moins rebutantes comme saveur, et par suite plus digestives pour le malade sans affaiblir leurs autres propriétés. Ou se sert pour cela d'appareils produc-
teurs et compresseurs d'acide carbonique ou mieux d'acide carbonique liquéfié, que l'on fabrique auj. industriellement.
On appelle communément : eau de Vichy, bain de Vichy, une dissolution de bicarbonate de soude ; bain de Barèges, une dissolution de polysulfure de potassium ; eau d'Eng bien, une dissolution de monosulfure de sodium ; eau de Sedlitz, une dissolution de sulfate de magnésie, ces dissolutions étant effectuées en des proportions déterminées. Néanmoins la reproduction artificielle des eaux minérales, pour être exacte, exige des formules plus compliquées. On les trouve dans tous les traités de pharmacologie elles divers formulaires magistraux et officinaux.
L'ordonnance royale du 18 juin 1823 règle tout ce qui est relatif à l'exploitation des sources d'eaux minérales naturelles, à la fabrication des eaux minérales naturelles, ainsi qu'à la vente de ces deux sortes d'eau.
Les appareils dits gazogènes sont des appareils à l'aide desquels un mélange de bicarbonate de soude et d'acide tartrique ou sulfurique, ou de bisulfate de potasse, produit de l'eau de Seltz pour l'usage de la table.
EAUX THERMALES fdu gr. Srcp|jiô;, chaud), eaux minérales qui viennent sourare à la surface de la terre avec une température plus élevée que celle des sources ordinaires. Voy. plus haut eaux minérales.
EAUX-BONNES (Basses-Pyrénées), eau minérale. Voy.
EACX minérales.
EAUX-CHAUDES (Basses-Pyrénées), eau minérale. Voy.
EkVX MINÉRALES.
ÉBAUCHE (du préfixe é, p. es, et de baiiche, mortier). Vou. esquisse et dessin.
EBAUCHOIR, nom donné à divers outils servant à ^6auc/t«r un travail, à lui donner la première façon. — Les Charpentiers appellent ainsi un ciseau pour ébaucher des mortaises.
ÉBÉNACÉES [A'ébène], famille de plantes Dicotylédones gamopétales à ovaire supère : calice persistant offrant de 3 à 6 divisions, étamines en nombre double ou quadruple ; fleurs axillaircs; feuilles alternes; le fruit est une haie ovoïde et polysperme. Le type de cette famille est le genre Plaquemt7iier, dont une espèce fournit le bois d'ébène. Vou. ci-après.
EBÈNE (du gr. ISevoç), bois excessivement dur et pesant.
Propre à recevoir le plus beau poli ; on distingue VE. noire, E. rouge etl'f. verte. — L'ébène Moire vient de VEbénier [Voy. ci-après) : les îles de Madagascar et de Maurice en tournissent beaucoup; on l'emploie à des ouvrages de marqueterie, de tabletterie, à des instruments et meubles de toute espèce. On en fait moins usage auj., parce qu'on l'a remplacée par d'autres bois, et qu'en outre on est parvenu à l'imiter parfaitement en teignant en noir des Lois durs, tels que le cerisier et le merisier. — Les ébènes colorées proviennent de plantes très diverses, telles que le C\1ise des Alpes, une Bignone, etc. L'ébène rouge, ou grenadille, est employée par les tabletiers ; l'ébène verte, ou bois d'évilasse, s'emploie en marqueterie et en teinture.
L'Ebène fossile, commun dans les mines de lignite, parait constituer le ;aw. Voy. ce mot.
ÉBÉNIER, Diospyros ebenum, nom vulgaire d'une espèce du genre Plaqueminier [Voy. ce mot), qui donne l'ébène noire. — On nomme : Faux-Ebénier, le Robinia et le Cytise des Alpes; E. de montagne, la Bauhinie acuminée; E. d'Orient, la Mimosa sebbeek; E. épineux, une espèce de Palmier.
ÉBÉNISTERiE [à'ébène], branche de la menuiserie qui comprend la fabrication de toute espèce de meubles en bois précieux, soit massifs, soit plaqués, ainsi que de tout autre ouvrage de rapport ou de marqueterie. Les bois le plus communément employés en ébémslerie sont : parmi les l)ois indigènes, le noyer, le frêne, l'orme, l'amandier, le bois de Ste-Lucie, etc. ; parmi les bois exotiques, l'acajou, le palissandre, le bois de rose, le citron, le gaïac, le santal, le thuya ou citre, les ébènes. La plupart des meubles en bois massif sont faits en bois indigène, surtout en chêne ; leur prix dépend de la façon dont ils sont sculptés : quelques-uns sont sous ce rapport de véritables chefs-d'œuvre. Presque tous les bois exotiques s'emploient plaqués :|on construit un bâti en bois ordinaire, qu'on revêt ensuite de plaques de bois précieux. Ce procédé, qui date de la fin du xvii' siècle, a le double avantage de ménager des bois rares et de les faire valoir par la sj-métrie ou l'opposition des pièces rapportées. Quand le meuble est plaque, il ne reste
ÉBÉNOXYLE