‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 525 sur 1729 · ÉCART · texte numérisé non relu

ÉCART

pltis qu'à le polir et à le couvrir d'une couche de vernis. Quelquefois on y fait des incrustations en écaille, ivoire, cuivre, etc. (Voy. marqueterie), ou on y applique en relief des ornements de bronze ou de cuivre doré.

l,os ébénistes firent d'abord partie de la corporation des maîtres menuisiers et s'appelèrent jneinnsiers de placage ou de marqueterie; plus tard, en 177G, on réunit en un seul corps les maîtres ébénistes, les tourneurs et les layetiers.

L'art de l'ébénistcrie était connu des anciens. Chez les modernes, ses produits ne commencèrent à être rcmar-

Îuables qu'à l'époque de la Renaissance. Au xv* siècle, ean de Vérone avait trouvé le secret de teindre les bois de diverses couleurs. Après lui, Phili])pe Brunellcschi et Benoit de Majano furent de véritables artistes. En Franco, on cite, au xvn* et au xvin= siècle, les noms de Jean-Marie de Blois et surtout de BouUe, et, de nos jours, ceux de Kolping, Vcrner, Galle (de Nancy), etc. Le faubourg St-Antoine est, à Paris, le quartier central de l'cbénislerie. Voy. meubles.

ÉBÉNOXYLE (du gr. êêsvoî, ébène, et ^ûaov, bois), Ebenoxylon, genre de la famille des Ebénacécs, est fondé sur une espèce de la Cochinchine, l'E. vrai, qui a passé longtemps pour produire lo vrai bois d'ébène. Son écorce est verdàtrc. son aubier blanc, et le cœur du bois d'un très beau noir.

ÉBIONITES, hérétiques. Voy. le Dict. d'IIist. et de Géofjr.

ÈBLOUISSEMENT, trouble momentané de la vue, est causé tantôt par l'impression subite d'une trop vive lumière, tantôt par quelque cause interne, telle qu'une congestion cérébrale, etc.

ÉBONITE, variété de caoutchouc durci. Voy. caoutchouc.

ÉBORGNAGE, opération d'Horticulture, qui consiste à supprimer, immédiatement après la chute des feuilles, les bourgeons ou œils que l'on juge inutiles : il ne faut pas confondre cette opération avec Vébourgeonnement. Voy.

ÉBOTTER, terme de Jardinage. Lorsqu'un arbre est en danger de périr, on Vébotte, c.-à-d. qu'on en ôle toutes les petites branches et on n'y laisse que les plus grosses, taillées i'orl court.

ÉBOURGEONNEMENT, opération d'Horticulture, par laquelle on retranche d'un arbre les bourgeons superflus, afin de donner aux branches principales plus de vigueur et d'obtenir ainsi de meilleurs fruits, h'ébourgeonnement s'exécute au printemps sur le bourgeon poussant, contrairement à Véborgnage, qui a lieu pendant la morte-saison.

ÉBROUEMENT (orig. incertaine), sorte d'éternuement qui a lieu chez les animaux domestiques : il consiste en une expiration forte et sonore, mais volontaire et sans caractère convulsif, et qui est accompagnée d'une vive secousse de la tête. Le cheval s'ébroue quand il est surpris ou eflrayé.

ÉBULLIOSCOPE, instrument destiné à déterminer le titre alcoolique d'un vin (Voy. vin). Il est fondé sur ce principe qu'un mélange d'alcool et d'eau bout à une température d'autant plus basse que la proportion d'eau y est moins considérable. Un thermomètre plongé dans la vapeur indique le point d'ébullition et par suite le degré alcoolique. Les plus employés sont ceux de Malligand et de Salleran.

ÉBULLITION (du lat. ebullitio), transformation d'un liquide en vapeur, s'opérant dans la masse liquide sous la forme de bulles qui naissent çà et là, principalement sur les parois du vase, qui s'élèvent en grossissant jusqu'au niveau, et viennent crever à la surface. Ordinairement DU produit l'ébullition en plaçant sur un foyer de chaleur le vase qui contient le liquide. Au bout de quelque temps, l'air dissous s'élève sous la forme de petites bulles gazeuses ; puis on voit des bulles plus grosses naître aux points voisins du foyer, s'élever en diminuant de volume, et disparaître sans atteindre le niveau; en même temps on entend un bruissement, qu'on appelle chant du liquide. Ces bulles sont formées par de la vapeur; elles disparaissent parce qu'elles se refroidissent en montant, au contact de couches liquides moins chaudes, et qu'elles se transforment de nouveau en liquide; de là résulte un vide, dans lequel le liquide environnant se précipite avec bruit. Cette opération échaulfe peu à peu toute la masse liquide, et alors l'ébullition est en pleine activité. — Pendant l'ébullition, la température est constante; cette température dépend de la nature du liquide, et de la pres-

sion qu'il supporte; cette pression est égale à la force élastique maximum de la vapeur à la température d'ébullition. Plus la pression est faible, plus la température d'ébullition est nasse. En plaçant de l'eau dans le vide, elle bout à la température ordinaire, et si la vapeur est absorbée au fur et à mesure de sa formation, la température s'abaisse jusqu'à zéro, et l'eau bout sous une couche de glace, en empruntant à elle-même la chaleur nécessaire à la formation de la vapeur. L'eau bout à 100° centigrades sous la pression d'une atmosphère; un kilogr. d'eau exige alors pour se réduire en va|>eur 537 calories. — Une condition indispensable de l'ébullition régulière, c'est qu'il y ait sur les parois de petites bulles gazeuses dans lesquelles la vapeur puisse se développer.

ÉBUR NATION (du lat. ebur, ivoire), transformation accidentelle que subissent quelquefois les cartilages cc qui leur donne la couleur et la consistance de l'ivoire ; ou condensation extrême du tissu osseux à la suite de certaines inflammations, en particulier l'ostéomyélite.

ÉCAILLE (orig. germaniq.). En Zoologie, on appelle écailles les plaques osseuses ou cornées qui recouvrent la peau de la plupart des Poissons, et celle des Sauriens, des Ophidiens et des Tortues. On en trouve aussi sur les pieds des Oiseaux, sur les ailes des Manchots et des Sphénisques, sur la queue des Rats et des Castors, sur quelques Edentés (Tatous, Pangolins, etc.), sur les ailes des Lé|)idoptères, sur plusieurs Charançons, sur les Lépismes, etc.

Dans l'Industrie et dans les Arts, on emploie l'écaillé de tortue. La plus belle se tire de l'espèce appelée Caret [Voy. ce mot). On trouve dans le commerce quatre sortes d'écaillés : la i", et la plus estimée, est celle qui se pêche dans les mers de la Chine, principalement sur les côtes de Manille; la 2" vient des Seycbelles; la ô', dite d'Egypte, est expédiée de Bombay par la voie d'Alexandrie : elle est en feuilles petites, minces, terreuses et souvent sujettes à se dédoubler; la 4", qui vient d'Amérique, est en grandes feuilles, d'une couleur plus rougeàtrc au fond que les précédentes et à grandes jaspures. Pour façonner 1 écaille, on la ramollit dans l'eau chaude, et on la met aussitôt dans un moule où on la comprime à l'aide d'une presse. L'ouvrier jwlit ensuite l'écaillé façonnée. — Ce que l'on nomme écaille fondue provient des rognures de l'écaillé naturelle que l'on a ramollies dans l'eau bouillante et soumises ensuite à la presse.

Ecailles d'huitres. Voy. huître.

En Botanique, on appelle écaille toute lame mince, sèche et coriace qui recouvre quelque partie de la plante, comme celles qui forment le calice de plusieurs Composées, ou la balle et la glume des Graminées, etc.

ÉCANGAGE, écangue. ï/écangage du lin et du chanvre a pour but de rendre la filasse plus fine et plus douce, en séparant les fibres textiles l'une de l'autre à l'aide d'un appareil appelé écangue.

ÉCARLATE (orig. incertaine), couleur rouge fort vivo, qu'on obtient ordinairement en traitant la cochenille par la crème de tartre et le chlorure d'étain. Pendant longtemps, l'écarlate ne fut préparée qu'en Hollande. Ce fut par les soins de Colbert que le procédé de cette teinture fut introduit et appliqué en France, aux Gobelins, où il fut perfectionné. — Au moyen âge, le mot écarlate désignait moins une couleur quelconque que la perfection même de la teinture; ainsi il y avait de l'écarlate verte, bleue, noire, etc.

On a donné le nom d'écarlate de graine au hennés, insecte qu'on prenait pour une galle du chêne, par opposition à la graine d'écarlate ou cochenille, qu'on prenait aussi pour une production végétale. Voy. kersiès et cochë-

NILI.E.

Ecarlate, nom vulg. d'une Couleuvre de la Caroline; — de deux Champignons du genre Agaric.

ÉCARRISSAGE. Voy. équarrissage.

ÉCART [A'écarter), nom donné, en Hippologie, à une lésion mal localisée de l'articulation de l'épaule chez le cheval, résultant d'un effort violent exercé sur la région supérieure de ce membre, de manière à l'écarter de la poitrine. Quand cette lésion est légère, on la nomme faux écart; quand elle est considérable, on l'appelle eH<r'oja'erlure. La saignée, les topiques résolutifs et le repos en sont les remèdes ordinaires. Voy. boitekie.

En Blason, c'est une des quatre parties de l'écu. Les armes principales do la maison se placent au \" et au

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