ECHANGE
4« écart. Les armes de la ligne maternelle ou des alliances se ulacont au 2' et au 3* écart (Voy. écartèlesiext).
ÉCARTÉ JEU DE l'). Il se joue à deux avec 32 cartes. Chaque joueur reçoit 5 cartes; la onzième est retournée et se nomme atout, ainsi que toutes les caries de la même couleur. Si le donneur y consent, on peut écarter tout ou partie de ses cartes, c.-à-d. les jeter pour en reprendre d'autres sur les cartes restées au talon, après la distribution. Celui qui retourne le roi d'atout, ou qui l'a dans son jeu, marque un point; celui qui fait le plus de levées en marque aussi un ; si l'on fait la vole, on en marque deux. Le joueur qui arrive le plus tôt à 5 points gagne la partie. Ce jeu donne souvent lieu à des pans.
ECARTÈLEMENT [d'écarter], supplice qui consiste à être tiré à quatre ciievaux ou davantage jusqu à ce que le corps soit en lambeaux. Les Romains et les Franks connaissaient ce supplice. On écartelait aussi en attachant le patient par les jambes à deux branches d'arbres courbés forcément vers le sol, et qui. en se redressant, déchiraient le corps du malheureux. L'écartèlement était autrefois le supplice des traîtres et des criminels de lèse-majesté au premier chef. Metius Sulfetius chez les Romains; Poltrot de îlcré, assassin du duc de Guise ; Chàtel et Ravaillac, assassins de Henri IV; Daniiens, qui frappa Louis XV, périrent ainsi.
Terme de Blason. On dit aussi écartelcre. C'est la division de l'écu en quatre parties ou écarts. Cou tre-écar télé se dit du quartier divisé lui-même en quatre parties. L'e'cartèlement en croix a lieu quand les aeux lignes qui traversent l'écu se coupent à angle droit; Vécartèlement en sautoir est l'attribut de l'écu divisé en quatre quartiers
5ar deux diagonales. L'écartelé en sautoir contre-écartelé evient gironé [Voy. erRox).
ECBALIUM (du gr. ïxSiAÀw, lancer dehors', genre de la famiiii' des Cucurbitacées, détaché du genre Momordique. L'Ecbaliïtm agreste M. elaterium), vulg. Giclet et Concombre sauvage, croît sur le Iwrd des chemins et dans les lieux incultes du midi de la France. C'est une plante annuelle, à feuilles alternes, à fleurs jaunes, monoïques; fleurs mâles en cymes multiflores, fleurs femelles solitaires. Le fruit est ovoïde, allongé, couvert de points rudes; quand il est mûr, il s'ouvre avec élasticité, et lance au loin ses graines. On retire de ces graines un suc acre et très purfratif. Voy. elaterium.
ECCE HOMO [c.-à-d. voilà l'homme), mots latins que Pilate |)rononça devant les Juifs lorsqu'après avoir fait flageller Jésus, il le leur présenta couronné d'épines. Ces mots ont été empruntés, dans les Arts, pour désigner une statue ou un tableau qui représente Jésus-Christ dans celte situation. Les plus remarquables de ces ou\Tages ont été
[icints ou graves par Cigoli. le Titien, le Corrège, l'Albane, e Guide, Albert Durer, Rembrandt, Van Dyck, Poussin, etc. ECCHYMOSE (du gr. £x-/j[xu3i;], tache livide de la
fieau produite par l'extravasion du sang dans le tissu celluaire, à la suite d'une contusion, d'une contraction violente d'un muscle, d'une entorse ou de toute autre cause apte à produire la rupture des vaisseaux capillaires sanguins. D'abord rouge ou noirâtre, la tache prend successivement des tons violets et jaunâtres, puis disparaît complètement. Ces différentes teintes sont dues aux transformations de l'hématine. Les eccln-moses légères se guérissent sans traitement; quand elles sont graves, on emploie les applications résolutives et quelquefois la saignée locale. Les ecchymoses se montrent spontanément dans le purpura, le scorbut.
ECCLÉSIASTE [du gr. i%%kt\Q'.a.vTf^!^, prédicateur), un des Livres sapientiaux de l'Ancien Testament, attribué à Salomon. L'auteur y prêche la crainte de Dieu et la résignation à sa volonté.
ECCLÉSIASTIQUE du gr. £xxÀT,7'.a7T'.xôç), qui appartient à l'Eglise; nom donné en général à tous les membres du clergé. Voy. clergé, prêtre, etc.
ECCLÉSIASTIQUE, uu des Livres sapientiaux de l'Ancien Testament, composé par Jésus, fils de Sirach, et regardé comme apocryphe par les Protestants. Il est divisé en trois prties : 1» éloge et origine de la sagesse; 2» avantages que procure la sagesse, et préceptes; 5" éloge de Dieu et Je ses œuvres, exemples de vertus, etc. Le texte hébreu ■est perdu.
ECCRÉMOCARPE du gr. èxxpepLfi;, suspendu, etxapriii;, fruit', Eccremocarpns, genre tvpe de la famille des Eccrénmcarpres. rattachée à celle des Bignoniacées, renferme des arbrisseaux grimpants du Pérou à feuilles op-
posées, tripinnées ; à fleurs grandes, pendantes, disposées en racèmes lâches. L'£. scaber est une belle espèce, cultivée dans nos jardins.
ÉCHAFAUD, ÉCHAFAUDAGE de l'ital. ca/a/"afco], construction temporaire, en forme de plancher ou de plate-forme, et destinée à soutenir un certain nombre de personnes, soit pour les mettre plus en vue, soit pour qu'elles puissent travailler à une certaine hauteur au-dessus du sol. — On appelle proprement échafaud la plate-forme sur laquelle on expose ou supplicie les criminels.
En Architecture, on appelle échafaudage l'assemblage d'échafauds nécessaires à un travail de bâtiment. On distingue : les E. ordinaires, composés de longues perches verticales dites échasses, et de traverses liées ensemble avec des cordes et recouvertes de planchers volants; les E. d'assemblage, formés de madriers entés les mis dans les autres, reliés par des moises ou des croix de St-André, et solidement boulonnés; les E. volants, suspendus en l'air à l'aide de cordes : l'appareil Joumet les remplace avantageusement; c'est im plancher en bois, large d'un mètre et garni d'une balustrade, qui glisse le long d'une coulisse verticale et dont le mouvement horizontal s'opère à l'aide d'un chariot sur une traverse fixée à l'édilice; les E. mobiles, qui peuvent se transporter d'un point à un autre : tels sont ces échafauds en forme de pyramide tronquée, montés sur des roues ou roulant sur des galets, qui sérient dans les vastes édifices pour atteindre à de grandes hauteurs.
ÉCHALAS (du préfixe es et du b.-lat. carratium), perche ou bâton fiché en terre pour servir d'appui aux ceps de vigne, aux jeunes tiges, aux arbustes. Pour en augmenter la durée, on doit en carboniser la pointe avant de la mettre en terre. On distingue trois sortes d'échalas : les premiers, de 3 m. env. de hauteur, servent à soutenir les hautains, suivant la coutume des environs de Pau; les seconds, hauts de 2 m., sont en usage dans la Provence et dans le Bordelais; les troisièmes, hauts de 1 m. seulement, sont employés en Champagne, en Bourgogne et dans les envi» rons de Paris. Les premiers et les seconds restent à demeure en terre ; les troisièmes sont enlevés chaque année et replantés après la taille. Les meilleurs échalas sont en bois de chêne. Le pin, le sapin, le peuplier, le miirier, le châtaignier fournissent des échalas de seconde qualité.
ÉCHALOTE. Allinm ascalonicum, espèce d'Ail qui a une saveur moins forte que l'ail ordinaire : on en fait un grand usage dans les cuisines. L'échalote est originaire d'Ascalon en Palestine; elle a été importée en Europe à l'époque des croisades. On la multiplie au moyen de ses caieux.
ÉCHANGE (du préfixe es et de change). L'échange est, aux termes du Coae civil, un contrat par lequel des parties se donnent respectivement une chose pour une autre. L'échange, comme la vente, s'opère par le seul consentement (art. 1702, 1705;.
En Economie politique, on nomme échange l'ensemble des ventes et des achats par lesquels le commerce échange ce qu'une nation produit au delà de ses besoins contre tous les objets nécessaires. L'échange direct ne se lait que chez les peuples barbares, tels que les nèeres de l'Afrique et les indigènes de l'Amérique et de VOcéanie ; chez les peuples civilisés, on emploie comme intermédiaire une marchandise facilement échangeable dans toutes les transactions, la monnaie. Certains réformateurs ont cru à tort pouvoir en supprimer l'usage, comme Owen dans sa Société coopérative, et Proudhon dans sa Banque du peuple. Cependant il est à noter que l'extension même du commerce a amené une réduction de l'usage de la monnaie : en Angleterre, par le système des compensations opérées dans les clearing housès, la plupart des opérations commerciales se règlent finalement par des échanges multiples de produits, n'exigeant qu'un faiole appoint d'espèces monnayées. — Les diverses questions auxquelles donne lieu l'échange sont liées à celles de la circulation et des débouchés {Voy. éconovie politique) ; elles ont de nos jours reçu deux solutions opposées, le système protecteur, qui prétend réglementer et développer l'industrie nationale par les prohibitions et les</oi/a>ie« {Voy. ces mots), et le svstème du libre échange, qui se base sur ce principe des pliysiocrates : o La propriété est la liase de toute société, et l'échange est le lien de toute société » ; et sur cette proposition de Turgot : « La lil>erté du commerce ou des échanges est un corollaire du droit de propriété » ; doc-