ÉCHÉANCE
Irinc résumée dans celle maxime célèbre : laissez faire, laissez passer. Les économistes les plus éclairés de notre siècle se sont appliqués à démontrer que non seulement le système protecteur est injuste en droit, mais encore qu'il est nuisible en fait à ceux qui le pratiquent, comme le lirouvcnt l'expérience et l'histoire. L'application de leurs principes, après avoir pénétré peu à peu dans la pratique, subit auj. un temps d'arrêt. L'Allemagne a détruit les douanes mtérieures par le Zollverein, mais elle a maintenu le régime protecteur dans ses relations avec l'étranger. L'Angleterre est entrée, depuis 1846, sous le ministère de Robert Peel, dans la voie du libre échange; Huskisson et Richard Cobden ont été les plus ardents promoteurs de cette réforme. En France, les efforts de F. Bastiat et de M. Michel Chevalier, etc.. avaient momentanément triomphé des résistances, et le traité de commerce signé en 1860 avec l'Angleterre fut, dans une certaine mesure, conforme aux principes du libre échange. Depuis cette épofjue jusqu'à ce jour, l(>s divers traites conclus par la France ont reposé sur ces mêmes principes plus ou moins atténués. Mais le développement de la concurrence étrangère pour certains produits et les réclamations des producteurs, en même temps que l'exemple donné notamment par les Etats-Unis, ont amené une réaction dans le sens protectionniste : les tarifs de douane votés par les Chambres françaises en décembre 1891 sont conçus dans un esprit protectionniste; heureusement leur application même a fait naître un courant d'opinion contraire, favorable à la reprise des traditions libérales.
ÉCHANSON (de l'allcm. schenken, verser à boire), officier chargé de verser à boire au roi et aux princes. Cette charge a existé de toute antiquité. On voit dans la Bible que les Pharaons d'Egypte avaient leurs échansons; dans la Mythologie grecque, Ganymède est l'échanson du roi des dieux. A la cour des rois de France, l'office de grand échanson remonte jusqu'à Charlemagne. Ce dignitaire tenait rang parmi les grands officiers de la couronne et signait toutes les lettres, patentes et ordonnances royales; dans la suite il n'exerça plus ses fonctions que dans les grandes cérémonies, aux sacres, aux mariages, etc. Il ne faut pas confondre l'office de grand échanson avec celui de grand boiiteillier, qui eut longtemps pour fonction spéciale de surveiller tout ce qui avait rapport à la boisson du roi.
ÉCHANTILLON (du préf. é,p es, et de cant, coin), petite poi'tion prise sur un objet de commerce pour en faire apprécier la qualité et la valeur. Les Douanes admettent comme échantillons les coupons d'étolfede moins de 0. m.40 j)y;ir vêtements el de 2 m. 40 pour meubles; les gants et lins de soie dépareillés, les objets non entiers ou non finis, etc. La Poste se charge du transport des échantillons, moyennant une rétribution qui varie de 5 à 30 c. ; poids maxim., 500 gr.
En Architecture, on nomme échantillons des matériaux qui ont une longueur et une largeur déterminées, et qui servent de modèles, afin que le constructeur soit assuré de les trouver toujours les mêmes, quelque part qu'il veuille s'en pourvoir.
ÉCHAPPEMENT, mécanisme" servant à modérer et à régulariser le mouvement d'une horloge, d'une montre, et qui consiste en ce que le balancier [Voy. ce mot), animé d'un mouvement périodique ou oscillatoire, arrête, à intervalles réguliers, chacune des dents de la dernière roue cl la laisse échapper ensuite. On dislingue : i^VE.à recul, dans lequel le balancier agit sur la roue par le moyen de deux palettes qui lui impriment alternativement un léger mouvement de recul suivi d'une impulsion en avant : à celle classe appartient VE. dit à roue de rencontre des monlres communes ; 2'' l'E. à repos, dans lequel la dernière roue passe, avec tout le reste des rouages, par unç série de repos et de mouvements alternatifs ; tels sont VE. à cylindre des montres plates, où l'axe du balancier, au lieu de porter deux palettes, a la forme d'un demi-cylindre creux ; lE. à ancre des horloges et des pendules, où le balancier imprime un mouvement oscillatoire à une pièce courbe appelée a7tcre, qui est suspendue à un axe horizontal, et dont les deux crochets arrêtent alternativement la roue d échappement, et les E. libres des chronomètres, où, à 1 aide d'un ressort de forme variable, l'intervention du moteur est limitée autant que possible.
ÉCHARDE (du préf. é, p. es, et du lat. cardiius, chardon), tout petit corps aigu, épine, fragment de bois,
métal, etc., qui s'introduit accidentellement dans l'épaisseur de la peau, el dont la présence excite toujours une vive irritation et amène quelquefois des accidents graves. Voy.
PANAIUS.
ÉCHARPE (de l'anc. ht-allcm. scherbe, poche, sacoche pendue au cou, oudel'ilal. sciarpa), bande d'élolTe portée en forme de baudrier ou de ceinture avant l'établissement des uniformes. Au moyen âge, l'écharpe de chaque chevalier avait la couleur proférée par la dame de ses pensées. L'écharpe servait encore, par sa forme et par sa couleur, à distinguer les divers ordres de chevalerie et les partis politiques. Aux croisades, l'écharpe des soldats était blanche. Cette couleur fut aussi celle des Armagnacs et des Huguenots. Le rouge était celle de Henri III cl de Charles IX; le vert, celle de Mazarin ; l'isahelle, celle des Condé. — En France, l'écharpe tricolore sert auj. d'insigne aux magistrats municipaux, aux commissaires de police, etc. Les commandants de place, les maréchaux, les officiers généraux, les officiers d état-major, ont une écharpe en or ou en argent, qu'on appelle plutôt ceinture.
On donne aussi le nom d'écharpe : i" à la cravate du drapeau; 2° à une espèce de bandage destiné à maintenir l'avant-bras lléchi sur le bras et appliqué contre la poitrine ; 3" à une sorte de châle léger qui fait partie de la toilette des femmes, etc.
ÉCHASSE(de l'anc. flamand scte/se). On appelle ^c/jasse«deux perches ou bâtons munis d'une espèce d'élrier, dit fourcnon, placé à une certaine hauteur, et où l'on jwsc le pied. Elles sont serrées aux jambes au-dessous du genou par des courroies. On se sert des échasses soit pour marcher dans les marais, dans les sables, comme font les pâtres des Landes et du Bas-Poitou, soit pour i)araître plus grand et divertir la foule, comme font les bateleurs. On croit que les anciens connaissaient les échasses.
On donne le nom d'échasse : l" à une règle de bois dont les ouvriers se servent pour mesurer les hauteurs des pierres ; 2° aux perches entées les unes sur les autres, qui servent à construire les échafaudages.
ÉciiASSE, Himantopus, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Echassiers limicoles, famille des Longirostres : bec droit, cylindrique, deux fois aussi long que la tête. Ces oiseaux, par la faiblesse de leurs tarses, ne sont propres à marcher que dans la vase; ils vivent de grenouilles et d'insectesaquatiques. La plupart sont de l'Amérique du Sud ; une seule espèce, 1 E. à manteau noir [H. melanoplerus), vil en Europe, dans les marais de la Hongrie. Son plumage est noir et olanc ; sa taille est de 0 m. 40.
ECHASSIERS, Grallatores, 5' ordre de la classe des Oiseaux. Ils ont pour caractères communs d'avoir le bas de la jambe dénude; les tarses généralement très allongés, en sorte qu'ils paraissent montés sur des échasses; la queue courte. Ils volent en étendant leurs jambes en arrière comme pour servir de contrepoids à leur long cou. Us ne perchent que peu ou point; aussi leur pouce est-il très court ou même tout à fait nul. La plupart sont migrateurs. — Cet ordre se subdivise en 4 sous-ordres : 1° les Coureui's ou Brévipennes; 2° les Iléi'odiens ou Cultrirostres ; 3° les Limicoles, comprenant les Pressirostres et les Longirostres; 4° les Macrodactyles. Voy. ces mots.
ÉCHAUBOULURE (de chaud et de boule, ampoule). En Médecine vétérinaire, ce mot désigne une maladie exanthématique du cheval et du boeuf, provoquée par les changements brusques de régime.
ÉCHAUDÉS, en Cuisine, pâte cuite à l'eau bouillante (d'où son nom) et ensuite séchée au four.
ÉCHAUrFANTS, vieux nom donné à toutes les sul)stances, alimentaires ou autres, qui excitent l'action organique des divers systèmes de l'économie, accélèrent la circulation, et accroissent par conséquent la chaleur animale. On les désigne auj. sous le nom de stimulaiils. Tels sont le vin, les liqueurs, le café, le thé; le poivre, l'ail, etc., sont appelés condiments. Mais les viandes fortement salées, le poisson salé et fumé, les aliments très épicés ont l'inconvénient d'amener à la longue différentes maladies de l'estomac.
ÉCHAUGUETTE (de l'allem. Schaar, troupe, et de guetter). Voy. guérite.
ÉCHÉANCE [d'échoir), instant précis auquel une obligation doit être remplie. Si un terme a été convenu, le prêteur ne peut réclamer la chose prêtée avant l'échéance ; s'il n'a pas été fixé de terme, le juge fixe ce terme sui-