AMALGAME
ALUN (du lat. alumen), sel blanc, trôs sohilile dans l'flnn. aslrinponl, crislnlliso en octaèdres réguliers ou en euhes, (|ui résulte de la eumbinaison du sulfate d'alumine avec le sulfate de potasse et l'eau [(S0*)5A1*. (SU*) K- 4" 24 11*0]. Tantôt on le retire de l'aft/ni/c, qui, calcinée et reprise par l'eau, donne une dissolution d'alun ; celui-ci cristallise en cubes rendus opaques par une petite quantité d'alumine interposée : c'est ïaltai de Rome. Tantôt on l'obtient en abandonnant au contact de l'air des schistes alumincux préalablement calcinés : on lessive le produit, et on ajoute du sulfate de potasse. Enlin. en traitant les argiles les plus pures ou mieux encore l'alumine hydratée préparée à l'aide de la bauxite (Voy. alumine) par l'acide sulfurique faible, et versant dans les liqueurs concentrées du sulfate de potasse, on produit de toutes pièces de l'alun oclaédrique. — La calcination boursoufle l'alun et le transforme en une poudre légère, poreuse et blanche : cet alun calciné est employé par les médecins pour ronger les ulcères et les chairs Ijaveuses. — L alun sert dans la teinture comme mordant. Il est d'autant plus estimé qu'il contient moins de sulfate de fer, parce que ce sel altère certaines couleurs délicates. On reconnaît la présence du fer dans l'alun en ajoutant à sa solution quelques gouttes de ferrocyanure de potassium : si l'alun contient du fer, le mélange prend une teinte bleue. — L'alun s'emploie aussi pour préserver les substances animales de la putréfaction, pour conserver les peaux avec leurs poils, pour garantir l;^s bois et les toiles de l'incendie, pour fabriquer le papier, la colle forte, pour raffiner le sucre, pour clarifier les eaux iMurbeuses, etc.
La connaissance de l'alun nous vient de l'Orient; c'est de Conslantinople et d'Alep qu'on tirait jadis l'alun connu sous le nom d alun de roche. Au xv" siècle, un marchand génois établit une fabrique d'alun dans l'île d'Ischia, et Jean de Castro éleva une fabrique semblable à la Tolf'a (près de Civita-Vecchia) ; d'autres exploitations s'élevèrent successivement, au xvi' siècle, en Allemagne, en Espagne et en France ; mais cette industrie resta longtemps sans faire de véritables progrès. A la lin du siècle dernier, Curaiidau établit la première fabrique d'alun artificiel à Javelle, près Paris, et à la même époque Chaptal en fonda une à Montpellier.
ALc.NS. D'une façon générale, on appelle aluns une série de corps isomorphes dans lesquels un sulfate de sesquioxyde (aluminium, gallium, fer, cnrome) est uni à un sulfate alcalin (potassium, ammonium, rubidium, césium, tballium) et à 24 molécules d'eau.
Dans les aluns de fer, de chrome, de gallium, ces métaux remplacent l'aluminium ; l'alun de chrome est violet foncé, l'alun de fer est violet pâle.
Dans les aluns d'ammoniaque ou d'ammonium, de rubidium, de césium, de tballium, ces métaux remplacent le potassium ; ces aluns sont incolores.
Le potassium peut être remplacé par le sodium : mais l'alun de soude se différencite des sels précédents par sa très grande solubilité.
ALU\ DE PLCME, mélange assez mal déterminé d'alunogènc et de mélantérie [Voy. ces mots).
ALUNAGE. Voy. mordaxçage.
ALUNITE, dite aussi aussi Pierre d'alun, minéral blanc, quelquefois cristallisé en rhomboèdres, plus souvent tendre et terreux, qu'on rencontre dans le tuf trachytique de la Tolfa et du mont Dore. C'est un sulfate basique d'alumine et de potasse hydraté [K20.Al«05.4S05 + 2(Al«05.5HâO)]. Pour retirer l'alun de l'alunite, on la calcine modérément et on reprend par l'eau ; on obtient par évaporation des cristaux d'alun k*0.Al-0'.4S0''-f 24H*0.
ALUNOGÈNE, sulfate d'alumine hvdraté naturel, en houppes soyeuses dans les crevasses du "Vésuve.
ALUYNE ou aluixe. Voy. absinthe.
ALVÉOLE (du lat. alveolus, dimin. de alveus, lit, cavité), cellules que construisent les abeilles et les guêpes pour y élever leurs larves; elles sont en cire, et ont la forme d'un petit godet hexagonal ; la réunion des alvéoles forme le gâteau. Voy. ce mot.
On donne, en Anatomie, le nom d'alvéoles aux cavités creusées dans les os des mâchoires et destinées à enchâsser les dents : en Botanique, aux petites cavités du réceptacle où sont logées les semences de certaines fleurs, p. ex. dans les Composées.
ALVÉOLINE, Alveolina, genre de Foraminifères imperforés, dont le test plus ou moins fusiforme se compose
de loges disposées en spirale autour d'un axe. Les Alvéolines a|»pHraissent dans le terrain crétacé siii»érieur, atteignent le maximum de leur développement à l'épwiue éocène, et sont encore représentées dans les mers actuelles par (piebiues espèces.
ALYSSE (du gr. i priy. et "Kûauoi, rage) ou ai.vsson, Alysnuni. genre de la famille des Crucifères à silique. type de la tiiliu des Alyssinées, renferme plusieure es|)eces très communes : l'^. jaune [A. saxatile), originaire de Candie et connue dans les jardins sous les noms de Corbeille d'or et de Thlaspi jaune ; ses fleurs jaunes, petites, mais nombreuses, forment de larges touffes dorées; son fruit est une siliculc orbiculaire, velue et aplatie; VA. sinuée, originaire d'Espagne; VA. des Pyrénées, arbrisseau propre à former aes buissons : ses fleurs sont petites, blanches, nombreuses, et durent fort longtemps.
ALYTE ou Crapaud accoucheur. Voy. cRAPAin».
AMADIS DE GAULE, ou plus justement de Galles, roman de chevalerie espagnol, en prose, du xiv siècle» nui, jusqu'au xviii' siècle, jouit d'une grande popularité dans toute l'Europe. C'est le récit des exploits fabuleux que le fils naturel de Périon, le roi de Galles, accomjilit sous le nom de Chevalier au lion. Chevalier de la verde espée. Chevalier Grec, pour mériter la main de la belle Oriane, princesse de Danemark.
AMADOU, substance spongieuse fournie par la partie interne du champignon appelé Agaric du chêne ou Amadouvier [Polyporus igniarius et fomentarius), et préparée de manière à prendre feu au moyen d'une étincelle produite par une pierre à fusil et un briquet. Pour préparer l'amadou, on enlève d'abord du Polypore la partie supérieure, qui est coriace; la partie fongueuse, d'un jaune brun, placée au-dessous, est ensuite coupée en tranches minces et battue au marteau, jusqu'à ce qu'elle devienne tout à fait souple : dans ce premier état, le tissu sert pour arrêter les hémorragies. Pour en faire de l'amadou propre à allumer le feu, on l'imprègne d'une dissolution de nitrate de potasse, et on le fait sécher. Quelquefois on roule l'amadou dans de la poudre à canon : c'est l'amadou noir. — Les vesses-de-loup, sorte de plantes du genre Lycoperdon, donnent un amadou tout préparé. On a fait longtemps de l'amadou avec des feuilles de papier à sucre, et même avec du linge brûlé.
AMALGAMATION (à'amalgame), opération par laquelle on combine le mercure avec d'autres métaux. On l'applique surtout à l'extraction de l'argent. On distingue : l'A. saxonne ou de Freiberg, et VA. américaine. — Par le jiremier procédé, après avoir écrasé le minerai, on le mêle avec un dixième de sel marin, et on le grille afin de convertir le sulfure d'arçent en chlorure. Ensuite on réduit en. poudre le produit de la calcination, et on le met avec de l'eau et des disques de fer forgé dans des tonneaux traversés par un axq horizontal qui tourne au moyen d'une roue. Après avoir fait mouvoir les tonneaux pendant une heure, on y introduit du mercure, et on le remet de nouveau en mouvement pendant 16 ou 18 heures. Dans cette opération, le chlorure d'argent est décomposé par le fer : il en résulte du chlorure de fer soluble et de l'arfrenl métallique très divisé qui s'unit au mercure. L'amalgame d'argent se rassemble aisément, et s'obtient pur par le lavage. On le soumet ensuite à la distillation en le chauffant sur des plateaux de fer, recouverts d'une cloche de fer : le mercure se volatilise et l'argent reste sur les plateaux. Ce procédé est le seul qui convienne pour le traitement des minerais pauvres. — La méthode américaine consiste à broyer le minerai avec de l'eau et à y incorjwrer du sel marin, puis du magistral (mélange d'oxyde de fer et de sulfate de cuivre, provenant du grillage de la pyrite de cuivre) et enfin du mercure. Quand l'amalgamation s'est opérée, c.-à-d. au bout de 2 ou 5 mois, on lave le produit, puis on presse et on distille l'amalgame. Ce procédé perd beaucoup de mercure. — L'amalgamation a été inventée au Mexique en 1557 et introduite au Pérou en 1571. Adoptée en Europe au siècle dernier, elle a été perfectionnée par de Born, Charpentier, Gellert, etc.
AMALGAME (du gr. fiàXayiia, ramollissement), alliage du mercure avec d'autres métaux. Les amalgames sont décomposés par la chaleur, et dégagent alors tout le mercure; plusieurs sont fusibles à la température ordinaire. — Les amalgames d'or et d'argent servent à dorer et à argenter les autres métaux. Un amalgame d'élain sert à
AMAIJHÊE