ECOLE
ECONOMIE
ÉCOLE. Plus que partout l'hygiène doit dominer à l'école. Le choix d'un l)on emplacement pour les bâtiments scolaires, un espace suffisant pour une vaste cour, un préau couvert sont indispensables. Il faut que le rez-de-chaussée oïl sont la plupart des écoles soit à 1 ou 2 m. au-dessus du niveau au sol. Un vestibule, un vestiaire sont absolument nécessaires. On attribue en général 1 m. carré par élève. Il ne faut pas que la salle soit trop longue : le maître est alors trop éloigné des derniers rangs: ni trop large : l'éclairage s'en ressent. Un maximum de 40 élèves ne devrait pas être dépassé. Le meilleur mode d'éclairage est l'éclairage latéral gauche, qui ne projette pas l'ombre de la main sur le papier. L'éclairage bilaté7-al est aussi très rccommandable. Quant à la ventilation, l'ouverture intermittente des fenêtres est le meilleur mode.
Le mobilier scolaire, quand il est défectueux, engendre la myo|)ie et les déformations rachidiennes ; aussi a-t-on adopté les règles suivantes. Chaque élève doit avoir dans le sens bilatéral 60 centimètres au moins de largeur; les dimensions varient naturellement avec la taille des élèves. On admet que les 3/5 postérieurs de la longueur des cuisses doivent reposer sur le banc, et que ce dernier doit être à une hauteur au-dessus du sol qui égaie les 2/7 de la taille de l'élève. Entre la table et le banc, il faut que la distance horizontale soit nulle, c.-à-d. que la perpendiculaire aliaissée du bord postérieur de la table rencontre le bord antérieur du banc. Celui-ci doit être muni d'un dossier peu élevé. Quant à la hauteur de la table, elle doit être représentée par la hauteur, augmentée de quelques centimètres, des coudes de l'élève assis sur le banc, les bras pendant le long du corps. L'inclinaison du pupitre doit être de 20°. Enfin les livres ne doivent pas être imprimés en caractères trop petits. On doit refuser tout livre qui, tenu verticalement, ne peut être lu à une distance de 80 centimètres avec l'éclairage fourni par une bougie placée à 1 m. de distance.
ÉCOLE. On donne encore ce nom à une secte philosophique, ou à la doctrine de quelque maître célèbre, ainsi qu'à une classe d'artistes, de peintres surtout, qui reconnaissent un même maître, ou qui ont suivi les mêmes règles de goût. Voy. philosophie, peinture, etc.
ÉCOLES centrales, écolcs instituées par la Convention, le 2 février 1705, devaient embrasser à la fois l'enseignement des sciences, des lettres et des arts. Il devait y avoir une école centrale par 300000 habitants. Ces écoles, malheureusement, ne purent s'établir d'une manière durable; modifiées en 1796, transformées pour la plupart en lycées dès 1802, elles cessèrent d'exister en 1808, lors de la création de l'Université. — Auj. il existe à Paris, sous le nom d'Ecole cenlrale des Arls et Manufactures, une école d'où sortent d'excellents ingénieurs.
ÉCOLES d'agriculture. On en compte 3 principales : à Grignon (S.-et-O.), au Grand-Jouan (Loire-Inf.), transférée à Rennes en 1894, à Montpellier (Hérault). Elles reçoivent des élèves internes ou externes et des auditeurs libres. Pour être admis comme élève, il faut être âgé de 18 ans révolus et subir un examen d'admission ; les bacheliers es sciences sont admis sans examen. Les auditeurs libres ne sont admis qu'en vertu d'une autorisation ministérielle. Après deux années d'étude, tout élève reconnu capable et méritant reçoit un diplôme d'instruction agricole (Circulaire d'août 1869). Voir les articles agriculture et institut agronomique. Il y a en outre en France 35 écoles prat. d'agr. et 16 fermes-écoles.
écoles industrielles. Voy. arts et métiers, commerce,
INDUSTRIE et instruction.
écoles MATERNELLES. Voy . ASILE (SallcS d').
écoles militaires. Voy. militaire.
écoles primaires, écoles destinées à donner aux enfants l'instruction élémentaire : on les appelle ainsi par opposition aux écoles secondaires. Les enfants y apprennent la lecture, l'écriture, les éléments de la langue française, du calcul, et dans quelques-unes les éléments de la géographie et de riiisloirc, l'arpentage, le chant, la gymnastique, etc. Ces écoles se divisent en E. publiques ou communales, entretenues par les communes, les départements ou l'Etat, et en E. privées. Les écoles publiques étaient, jusqu'aux quinze dernières années, dirigées, les unes par les instituleui-s laïques, les autres par des instituteurs ecclésiastiques ou appartenant à diverses congrégations, surtout à celle des Frères des écoles chrétiennes ( Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.). Auj. il n'est plus nommé que des instituteurs laïques. On y emploie pour l'enseignement tantôt le
mode individuel, tantôt le mode simultané, tantôt le mode mutuel [Voy. enseignement). — Les écoles sont soumises pour la surveillance administrative aux recteurs, aux j)réi'ets, sous-préfets et maires. Les instituteurs reçoivent île la commune un logement et un traitement, en partie fixe, en partie éventuel. — Outre ces écoles purement élémentaires, il y a des écoles primaires dites supérieures, où l'on enseigne les éléments de la géométrie, le dessin linéaire et l'arpentage, des notions des sciences physiques et d'histoire naturelle, le chant, les éléments de l'histoire et de la géographie de la France. — Auj. à la plupart des écoles primaires sont annexés des cours d'adultes [écoles doininicales, cours du soir, etc.), où les ouvriers des villes et des campagnes sont admis gratuitement et qui rendent les plus grands services.
ÉCOLES professionnelles, écolcs où les enfants, tout en recevant l'enseignement primaire, font, selon leurs aptitudes, l'apprentissage d'un métier manuel. Il existe eu France trois grandes écoles professionnelles d'apprentis, celles d'Armentières, Voiron et Vierzon. En outre, on trouve à Paris l'Ecole du Livre, celle de l'Ebénistcrie, etc.
ÉCOLES RÉGIMENTAIRES, écolcs créées cn 1818 dans les régiments : on y enseigne aux jeunes soldats et aux enfants de troupe la lecture, l'écriture, le calcul.
ÉCOLES RÉGIONALES (d'agciculture). Voy. ci-dessus écoles d'agriculture et l'art, agriculture.
écoles secondaires, écoles dans lesquelles on enseigne la langue française et les langues anciennes, la géographie, l'histoire et les éléments des sciences : ce sont les lycées, les collèges, les institutions et les pensions. Voy. ces mots.
Pour les diverses écoles spéciales qui ne sont pas indinuées ci-dessus, telles que YE. des Beaux-Arts, les E. de Droit, les E. préparatoires de Médecine, les E. normales, \ E. polytechnique, les E. d'application, les E. d'arts et 7nétiers, l'E. des hautes études, VE. des langues orientales vivantes, VE. des mines, l'E. des ponts et chaussées, VE. forestière, VE. des haras. VE. navale, etc., voy. le nom qui en détermine la spécialité.
Aux écoles mentionnées ci-dessus il faut ajouter : VE. française d'Athènes et l'E. française de Home (qu'il ne faut pas confondre avec l'école artistique de la villa Médicis). Ces deux écoles, destinées aux travaux d'érudition, ont été définitivement constituées par les décrets du 25 mars 1875 et du 29 octobre 1875.
ÉCONOME (du gr. oixovôp.0!:). Autrefois on appelait ainsi celui qui avait soin de l'administration des revenus d'un bénéfice ecclésiastique ou d'un évêché pendant la vacance : ces fonctions étaient ordinairement remplies par les archidiacres. Voy. ce mot.
On nomme auj. Econome la personne qui est chargée de l'administration financière d'une maison, d'un établissement public ou même privé, d'un lycée, d'un séminaire, d'un liuspice. Les économes versent un cautionnement et sont soumis à toutes les règles de comptabilité des comptables publics.
ÉCONOME (rat), espèce de Campagnol. Voy. ce mol.
ÉCONOMIE (du gr. oîxovofjita, direction de la maison). VEconomie domestique est l'art d'administrer les affaires privées, de gouverner une maison, une propriété. Elle montre que la vraie source des richesses est dans le travail et l'épargne; elle règle les consommations privées et proscrit les dépenses d'un luxe stérile. — De là résulte la vertu nommée économie, également éloignée de l'avarice et de la prodigalité. Eclairée par la raison, elle se refuse le superflu pour se ménager le nécessaire ; elle compare ses besoins futurs avec ce qu'exigent d'elle sa famille, ses amis et l'humanité : « Un homme économe, dit Adam Smith, établit en quelque sorte un fonds pour l'entrctic»
terpétuel d'un certain nombre de salariés industrieux.... e prodigue, au contraire, distribue à la fainéantise, qui ne les rétablit pas, des fonds que la frugalité de ses pères avait consacrés à l'entretien de l'industrie, et entre le» mains desquels ils renaissaient sans cesse. » — L'Economie domestique est traitée .dans les mêmes ouvrages que l'Economie politique. Consulter Xénophon, l'Economique; Benjamin Franklin, la Science dii bonhomme Richard.
\.' Economie politique ou sociale est la science qui détermine comment la richesse est et doit être produite, répartie et consommée dans l'intérêt de la société entière. Eu voici les principes fondamentaux : — I. Production La richesse est l'ensemble des objelsqui donnent satisfaction à nos besoins et tout ce qui peut nous procurer ces objets; elle se mesure principalement par sa valeur en échange.
ÉCONOMIE
ÉCONOMIE
valeur variable selon les temps et les lieux, et dont la monnaie est l'vtalon le plus usité. La production de la richesse consiste à donner de l'utilité aux choses ou à augmenter celle quelles ont déjà : le résultat est un produit dont le pris courant est réglé par la loi de l'offre et de la demande, combinée avec celle des frais de production. Les moyens directs de production sont : la terre (le sol exploité, les cours d'eau, les forêts, les mines), le capital, c.-à-d. l'ensemble des produits destinés à la reproduction (marchandises, machines et inventions, bâtiments, bestiaux, numéraire, etc.), le travail manuel ou intellectuel du savant et de l'artiste, de l'entrepreneur (cultivateur, manufacturier, commerçant), des ouvriers; les moyens indirects sont : la circulation des matières premières et des produits, Yéchange. la monnaie, le perfectionnement des travailleurs par Y instruction, la protection accordée par les lois au travail et à la propriété. Les frais sont le payement de chacun de ces services ( Voy. richesse, valeur,
MONNAIE. PRODCCTIOX, TERRE, CAPITAL, TRAVAIL, etc).
H. Circulation. Elle consiste dans le déplacement des produits par les transports et dans leur mobilisation par la monnaie et le crédit, qui transforme les capitaux fixes et engagés en capitaux circulants, afin de les rendre disponibles pour le travail actuel. Le commerce échange les produits par les achats et les ventes; il recherche des débouchés, c.-à-d. des moyens d'effectuer l'échange de ses produits, ou, ce qui revient au même, des consommateurs à qui ses produits puissent convenir. Ces questions de la circulation, de l'échange et des débouchés ont donné naissance à divers systèmes célèbres : S. mercantile, S. colonial, S. réglementaire (prohibitions, protection douanière, organisation du travail), S. du libre-échange [Voy. banqce, CRÉDIT, échange, débocchés, CRISE, etc). — III. Distribulion. Les revenus provenant de la terre, du capital et du travail se divisent en quatre parts : 1° le revenu du possesseur du sol, revenu appelé rente, s'il exploite lui-même le sol, et fermage, s'il le loue; 2^ le salaire du travail manuel ou intellectuel du savant et de l'artiste, des oumers et de l'entrepreneur; ô" \e profit du capital (l'intérêt courant, la prime d'assurance pour les risques et l'amortissement du capital qui se détériore avec le temps) ; 4" les impôts prélevés par l'Etat sur les trois parts précédentes pour les besoins sociaux. Il en résulte qu'on nomme produit brut l'ensemble de toutes les choses utiles procurées par la production, et produit net, ce qui reste quand l'entrepreneur a remboursé ce qu'il a avancé, dépensé ou consommé [Voy. RENTE, FERMAGE, SALAIRE, PROFIT, mPÔT, etc).
— IV. Consommation. Vn produit est consommé quand on jouit de son utilité, soit par la satisfaction d'un besoin, soit par une production de richesse égale ou supérieure à la valeur consommée. Il y a corrélation entre la consommation et la production. La première n'ayant de limites que les moyens de satisfaire les besoins naturels de l'homme, ceux-ci emploient d'autant plus de produits que le prix en est moins élevé et que les revenus sont plus considérables.
l'oy. CONSOMMATION.
C'est chez les Grecs qu'on trouve formulées les premières théories d'Economie politique. Platon [Républ., liv. ID, tout en faisant une large part à l'utopie, explique fort bien les avantages de la division du travail. Xénopiion [Economique, Des moyens d'augmenter les revenus de l'Attique] donne des détails instructifs sur l'administration financière d'Athènes. Aristote [Politique) expose une doctrine des richesses qu'il nomme chrématistique, établit entre les biens naturels et les biens artificiels la distinction sur laquelle les modernes ont fondé la définition de la valeur en usage et de la valeur en échange, indique avec précision les causes de la lutte entre la richesse et la pauvreté, etc. Les défauts communs à ces systèmes sont la consécration de l'esclavage et le mépris du travail industriel. On les retrouve dans l'administration financière des Romains, guerriers et pillards, ne connaissant d'autre art que l'agriculture et le pâturage, et appau\Tis peu à peu par l'exportation du numéraire qu'ils avaient enlevé aux peuples vaincus. Le triomphe au christianisme et l'invasion des barbares introduisirent de nouveaux éléments dans l'organisation sociale, comme l'établissement des monastères et des hôpitaux, le régime féodal et le servage. Lorsque les croisades eurent amené le progrès de la navigation, de l'industrie et du commerce, l'Economie politique joua un nouveau rôle. Dans la théorie, les commentateurs de la Morale et de la Politique d'Aristote discutèrent le prêt à
intérêt, le rôle de la monnaie, les lois de l'échange, comme Jean Buridan [Qusestiones super X libros Ethicorum fParis, 1513]; Q. in VllI libros Politicorutn [Oxford, i640), Nicolas Oresme [ Traictié de la première invention des monnoies, publie par M. Wolowski. 1854), Gerson [De contractibus). Dans la pratique, on inventa la lettre de change, les monts-de-piété, les banques; maison organisa le monopole commercial et les prohibitions douanières. Le règne de Charles-Quint fut très funeste à l'Economie politique, parce qu'il substitua l'esprit de conquête à l'esprit de commerce, désorganisa les finances publiques, établit les restrictions qui constituèrent le système mercantile et le système colonial, institua la traite des nègres, et essaya d'étendre sur toute l'Europe son despotisme. D'un autre côté, la sécularisation des biens ecclésiastiques fut favorable au développement du travail dans les pays protestants, mais compliqua la question du paupérisme. Une ère nouvelle commença avec les réformes de Sully et de Colbert, qui favorisèrent l'un l'agriculture, l'autre l'industrie, en mêlant à des ^-ues très sages des erreurs regrettables. A partir de cette époque les diverses questions qui forment le domaine de l'Economie politique furent traitées par une foule de publicistes. Yauban, Boisguillebert, Law, Dutot, Melon forment une première époque, dans laquelle on s'attacha surtout aux questions commerciales et fmancières, aux moyens d'augmenter dans un pays la somme du numéraire. Quesnay et ses disciples. Gouniay, Mercier de la Rivière, Turgot, Condillac, Raynal. Condôrcet, le marquis de Mirabeau, Dupont de Nemours forment une seconde époque, dans laquelle la prééminence fut donnée à la terre ; l'agriculture fut considérée par eux comme la source de toute richesse : on les connaît sous le nom à' économistes ou physiocrates. Adam Smith, conciliant ces systèmes exclusifs, établit, dans ses célèbres Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776;, que le travail, quelles que soient ses applications, agriculture, commerce ou industrie, est la véritable source de toute richesse; toutefois il eut le tort de n'envisager comme
[troductif que le travail manuel. Malthus, en combattant es utopies de Godwin, formula son célèbre système sur la population. J.-B. Say, par son Traité d'économie politique (1803), donna à cette science sa \Taie méthode en la séparant de la politique et de l'administration ; il en exposa les [)rincipes de la manière la plus claire et la plus précise, et a compléta par la théorie des débouchés. Tandis que l'Angleterre produisait les travaux de Ricardo, Mac-CuUoch, Huskisson. Babbage, Ure, etc., la France, en dehors de l'industrialisme dé l'école saint-simonienne et du système sociétaire de Fourier, a vu paraître les écrits de MM. Storch, Sismondi, Dunoyer, Droz, Rossi, Blanqui, Joseph Gamier, Bastiat, Michel Chevalier, Léon Faucher, etc. Grâce à leurs recherches, l'Économie politique a pris de nos jours une importance de plus en plus grande : elle est enseignée auj., en France, dans presque tous les établissements d'enseignement supérieur, et notamment dans les facultés de droit; des sociétés scientifiques et des revues périodiques se consacrent à l'étude des questions qu'elle soulève. Plusieurs écoles s'v disputent actuellement la prééminence : l'école libérale', celle d'Adam Smith, de J.-B. Say et de Bastiat; l'école historique, florissante surtout en Allemagne; les diverses écoles chrétiennes (école catholique de Le Play ; écoles protestantes) ; les diverses écoles socialistes ^collectivisme, communisme, etc.). La question de l'organisation de la propriété, et le débat entre le libre-échange et la protection [Voy. ces mots) sont les principaux problèmes au sujet desquels ces écoles divergent.
On consultera avec fruit (outre les ouvrages des auteurs classiques cités plus haut), parmi les traités généraux d'Economie politique publiés en France dans les dix dernières années, ceux de MM. Emile Worms, professeur d'Economie politique à la faculté de droit de Rennes (1880), et Charles Gide, professeur d'Economie politique à la faculté de droit de Montpellier (1889).
ÉCONOMIE RCRALE. Ce Hom, fréquemment employé aujourd'hui, se confond la plupart du temps avec ïagronomie : c'est la science de l'agriculture considérée sous le point de vue purement théorique ; elle comprend l'étude de l'agriculture proprement dite, de l'éducation des bestiaux et autres animaux utiles, des arts économiques et industriels nécessaires au cultivateur, de l'architecture rurale, du commerce des produits de la terre. Voy. agriccltcre. ÉCONOMIE ANIMALE, ensemble des lois qui régissent les aoi-
ÉCONOMISTES