‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 534 sur 1729 · POLITIQUE · texte numérisé non relu

POLITIQUE

ÉCOPE (orig. germaniq.), pelle creuse en lx)is, servant à puiser de l'eau à une petite profondeur pour la rejeter ensuite. Les mariniers s en servent pour vider l'eau qui s'itilillre dans leurs bateaux ; les terrassiers l'emploient aussi dans les épuisements.

ÉCOPERCHE, nom donné dans les chantiers de construction à toute pièce de bois portant une poulie à son extrémité, et qui sert à élever des matériaux.

ÉCORCE (du lat. cortex), envelopjxi extérieure des plantes. — Dans la racine, l'écorce est à nu et jxirte les poils absorbants. Dans la tige, l'écorce est recouverte par un épidcrme. On distingue en général, dans l'écorce d'une plante quelconque, le tissu cortical proprement dit, qui renferme souvent de la chlorophylle, et 1 endodenne, qui est l'assise la plus interne de l'écorce. Chez les Phanérogames, où l'on observe des formations secondaires dans le cylinilre central, il s'en fait aussi dans l'écorce : le rôle de celle-ci est de donner à l'enveloppe corticale une extension nécessitée par le grand développement du cylindre central. Les formations secondaires corticales comprennent : l°vcrs l'intérieur, un tissu cortical secondaire qui se superjKJse au tissu cortical primaire ; 1" vers l'extérieur, un anneau continu de liège dont le développement produit l'exfoliation plus ou moins rapide de tout ce qui est en dehors de lui [rhytidome] ; ce liège secondaire joue un rôle protecteur pour le reste de la plante.

L'Industrie utilise les écorces non seulement jwur la tannerie et la fabrication des bouchons {Voy. tax et liège), mais aussi pour la cordcrie, les fabriques de papier. La Médecine et l'Economie domestique emploient également un grand nombre d'écorces ( Voy. quinquina, cannelle, etc.). — On doit à M. Maître des machines qui opèrent avec la plus grande facilité Vécorçage de toute espèce de bois. Voy.

ÉCORCEMENT.

Ecorce d'angusture. Voy. angusture.

Ecorce de citron, écorce d'orange, noms vulgaires de deux belles espèces de Cône. Voy. ce mot.

Ecorce éleuthcrienne. Voy. cascarille.

Ecorce du Pérou ou des Jésuites. Voy. quinquina.

Ecorce de Winter, dite aussi E. sans pareille, écorce de la plante a])pelée Dritnyde. Voy. ce mot.

ÉCORCEMENT, opération d'Arboriculture qui consiste à enlever l'écorce aux arbres pour leur donner plus de jx)ids et de dureté. Elle ne peut être appliquée avec profit qu'aux arbres déjà parvenus à toute leur croissance. — Opération industrielle. Voy. écorce.

ÉCORCHÉ(du b.-lat. excorticatus), nom donné aux modèles en plâtre et aux dessins de figures dépouillées de la peau, et dont les muscles, les veines, les articulations sont vus à découvert. L'étude de Vécorché est une des plus importantes jKJur les peintres et les sculpteurs. On cite surtout en ce genre les dessins gravés de Tortebat, de Salvage, de Gcrdy, les plâtres de Iloudon, le Mercure de Jean de Bologne et ['Hercule de Lelii.

ÉCORCHURE. Voy. excoriation.

ÉCOT. Voy. pique-nique et quote-part.

ÉcoT (orig. germanique), se dit, en termes d'Eaux et Forêts, d'un tronc d'arbre et d'une grosse branche qui, après avoir été taillés, gardent des bouts excédants ; — en Blason, écot se dit de la figure d'un arbre qui n'a plus ses menues branches.

ÉCOUANE, dite aussi écoxienne et écoine,]\mc plate qui ne diffère des autres limes que par la taille, et qui est formée de larges sillons parallèles entre eux et perpendiculaires à la longueur de la lime. — Les ajusteurs des monnaies s'en servent pour réduire les esjièces d'or et d'argent au poids légal.

ÉCOUFLE, nom vulg. du Milan. — Ce nom a été aussi donné au cerf-volant. Voy. ce mot.

ÉCOULEMENT, se dit, en Hydraulique, de la sortie d'un fluide par un orifice pratiqué sur la paroi du vase qui le renferme. La vitesse d'écoulement est donnée par la formule de Torricelli v = \/2gH , H étant la hauteur du liquide en charge au-dessus de l'orifice de sortie. On peut réaliser un écoulement uniforme en maintenant le niveau constant. La vitesse réelle est diminuée par le frottement

à l'orifiice; elle se modifie suivant la fonne de l'orifice [Voy. ajutage).

L'écoulement des gaz s'effectue suivant les mêmes lois que celui des liquides.

M. Tresca a confirmé ces lois pour l'écoulement des solides, en comprimant sous de très fortes pressions dcr> matières diverses, argile, grès, plomb ou fer. 11 a également constaté les phénomènes de torsion et de contraction de la veine comme dans le cas des liquides.

ÉCOUTES (orig. germaniq.), cordages fixés aux coins inférieurs des voiles et qui servent à les Iwrder |)our qu'elles reçoivent bien le vent dans la direction (|ue le vaisseau doit suivre. Les écoules se distinguent entre elles par les noms des voiles auxquelles elles appartiennent. On nomme E. de revers celles des basses voiles qui se trouvent au vent, c.-à-d. du côté d'où vient le vent, et qui sont par conséquent larguées. Les fausses écoutes sont des cordages volants que l'on ajoute, dans les grands vents, aux écoutes pour les renforcer.

ÉCOUTILLES [d'écoute, lieu propre à écouter), ouvertures carrées pratiquées au milieu du pont d'un bâtiment pour descendre dans l'intérieur et faciliter les chargements et les déchargements. Dans les trois-mûts, on distingue : la grande écoutille, entre le grand mât et le mât de misaine; YE. de devant, en avant du mât de misaine; et l'E. de derrière, entre le grand mât et l'artimon. I^es écoiitilles sont entourées d'un cadre nommé surban et fermées

f»ar des panneaux. — Entre les ponts, on perce quclqucois de petites ouvertures nommées écoutillons.

ÉCOUVILLON [d'escoube, balai; du lat. scopa], vieux linge attaché à un long bâton, avec lequel les l)oulangers nettoient leur four ; — brosse ronde à long manche dont on se sert pour nettoyer l'intérieur des bouches à feu après chaque coup tiré.

ÉCRAN (de l'allem. schrageni), petit meuble dont on se sert pour se garantir de l'ardeur du feu. Il est très variable de forme et d'ornement. On distingue : VE. à pied, formé d'un petit cadre, couvert d'un taffetas ou d'une tapisserie, glissant dans une coulisse et soutenu par une crémaillère à la hauteur qu'on désire; l'E. sloi-e, cylindre en bois qui se pose sur le marbre de la cheminée, et laisse dérouler un store de taffetas, et l'E. à tnain, en carton, en papier, en étoffe, avec un manche en bois ou en ivoire.

On donne aussi le nom d'écran : 1° à une toile blanche tendue sur un châssis, dont les dessinateurs, les gnavcurs et les photographes se servent pour amortir l'éclat du jour; 2" en Optique, à tout tableau blanc sur lequel on reçoit l'image d'un objet; 5° à un cercle de bois couvert d'une toile dont les verriers s'entourent la tête pour garantir leurs yeux de l'action du feu.

ÉCRASEMENT linéaire, en Chirurgie, procédé opératoh-e imaginé par Chassaignac et qui consiste à remplacer l'instrument tranchant par une chaîne articulée, agissant par une pression très énergique sur les parties que l'on veut enlever, lorsque celles-ci présentent, en raison de leur vascularité, de grandes chances d'hémorragies. Ce procédé a été employé avec succès pour l'extirpation de |)oly|)es du pharynx ou autres, de tumeurs hémorroïdalcs, etc. L'instrument dont on se sert s'appelle écraseur linéaire.

ÉCRÉMAGE DU LAIT, séparation de la crème contenue dans le lait. LE. se fait naturellement, les globules graisseux montant lentement à la surface du lait à l'état de repos [E. simple). On ueut accélérer le phénomène par l'action du froio [E. suédois) ou même le rendre instantané par l'action d'une écrémeuse faisant intervenir la force centrifuge [E. mécanique).

ÉCREVISSE (de l'ancien haut-allem. schrepiz), Astacus, genre de Crustacés, de l'ordre des Décaiiones macroures, renferme des espèces marines, dont la plus connue est le Homard [Voy. ce mot), et des espèces lluviatiles, dont le type est l'Ecrevisse commune [A. fliiviatilis), qui se trouve partout. Les écrevisses ont les six pattes antérieures terminées chacune par une pince à deux doigts : les deux premières, très grosses et très fortes; 5 paires de fausses pattes et les antennes saillantes terminées par de longs îilets; la carapace est allongée, demi-cylindrique ; l'abdomen ou queue a six anneaux très convexes, et est terminé par des écailles qui peuvent s'écarter en forme d'éventail. Le corps est généralement d'un brun verdâtre et devient rouge par la cuisson : ce qui est dû à la présence dans l'épiderme de deux pigments, l'un bleu et l'autre rouge,

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