ÉCUME
les î^omains, jouaient un rôle fort important. Ils avaient poussé leur art à un degré extraordinaire ; au moyen âge, plusieurs exécutent des chefs-d'œuvre qui leur font prendre rang parmi les artistes célèbres ; on cite à cette époque : en Italie, Girolamo Rocco, à Venise ; Augustin, à Sienne; Créci, à Milan; le Curion, à Rome; dans les Pays-Bas, A-Kempis ; et plus tard, en France, Nie. Flamel, Lucas, Josserand, Beauchesne, Legangneur, à qui l'on doit la Calligraphie el la Technographie de l'écriture française (1599). Sous Louis XIV, on cite Jarry, qui fut chargé d'écrire la fameuse Guirlande de Julie, etc. Quoique bien déchue de son importance, la calligraphie compte encore de nos jours des maîtres habiles.
Les écrivains formaient jadis en France une corporation qui jusqu'au xvi' siècle fut réunie à celle des libraires. En 1570, ils furent reconstitués sous le titre de mattrcsexperls-jiirés, et obtinrent plusieurs privilèges; en 1779, il leur fut donné de nouveaux règlements, par lesquels ils furent régis jusqu'en 1790.
Ecrivain est le nom vulgaire d'une espèce de Perche et de l'Eut7tolpe de la vigne. Voy. ce nom.
ÉCROU du lat. scrobis, trou). En Technologie, on nomme ainsi une pièce de fer, de bois ou de toute autre matière taraudée mtérieurement. L'écrou peut être une pièce particulière, ou bien il peut être creusé dans une pièce de bois ou de fer, mobile ou fixe : en tout cas, il s'adapte à une vis dont il est le moule, et qu'il retient fortement, de manière à l'empêcher de sortir. Toj/. vis.
ÉCHOc (jadis escroue, (du b.-lat. scroa, qui signifiait primitivement morceau, lambeau), procès-verbal indiquant le jour où une personne a été mise en prison, la cause
Four laquelle elle a été arrêtée, et par l'ordre de qui arrestation a été faite. L'absence d'une seule de ces formalités entraîne la nullité de l'emprisonnement. Il y a un registre d'écrou dans toutes les maisons de détention. — Le mot écran s'est employé encore dans le sens de quittance ou décharge ; il désignait aussi les rôles que les receveurs des amendes donnaient aux sergents pour forcer les contribuables à payer, ou les états de la dépense de bouche de la maison du roi.
ÉCROU ELLES. Voy. scrofules.
ÉCROU ISSAGE (orig. incertaine), se dit de la propriété spéciale des métaux de devenir plus cassants, plus aigus, lorsqu'ils ont été soumis à un travail dépassant les limites de leur élasticité (laminage, étirage ou compression). On diminue l'écrouissage en recuisant le métal en vase clos.
ÉCRU (du préf. é, p. es, et de cru, non cuit), nom donné au fil, à la soie, à la laine, etc., qui, n'ayant pas subi le décreusage, et n'ayant pas été lavés à l'eau bouillante, ont conservé leur couleur naturelle.
ECTHYMA (du gr. êx6u[j.a), éruption caractérisée par des pustules larges, arrondies, ordinairement discrètes, à base dure et enflammée, auxquelles succède une croûte plus ou moins épaisse, qui brunit en vieillissant et laisse après elle une empreinte rouge plus ou moins persistante, et plus rarement une véritable cicatrice. On distingue XE. aigu et VE. chronique. Le premier est accompagné de fièvre et a toutes les allures d'une maladie éruptive fébrile. Le second est toujours un signe de cachexie ou de débilitation profonde; il se rencontre chez les sujets qui ont été mal nourris et ont souffert, souvent aussi chez les vieillards ; le traitement consiste dans l'usage des bains et des toniques.
ECTOCARPE (du gr. Ixt(5î, en dehors, et xapitôî, fruit), Ectocarpus, genre de la famille des Algues brunes, section des Phaeosporées : ce sont des algues cloisonnées, analogues aux Conferves.
ECTROPION (du gr. IxTpÔTrtov), dit aussi Eraillement des paupières, renversement des paupières en dehors, de sorte qu elles ne peuvent plus recouvrir le globe de l'œil. L'ectropion s'observe le plus souvent à la paupière inférieure : il peut être produit par la rétraction de la peau à la suite d'un ulcère, d'une plaie, d'une brûlure, etc. ; ou bien il dépend de la parésie de l'orbiculaire ; on le traite par des lotions astringentes ou par une série de procédés nutoplastiques.
ECTROTIQUE (du gr. IxrpwTixdî), synonyme A'abortif. — On a donné le nom de méthode ectrotique à l'emploi de la cautérisation pour faire avorter les pustules varioliques, le zona et l'érésypèle. Cette méthode, préconisée par Bretoineau, n'est pas toujours efficace et sou emploi reclame de la prudence.
ECU (du lat. scutum), nom donné, surtout à partir du xiii* siècle, à un bouclier oblong ou quadrangulau-e, large du haut, quelquefois échancré dans cette partie et se terminant par une pointe, qui était à l'usage des chevaliers et des hommes d'armes : ils le portaient au cou ou à l'arçon de la selle, et, au moment du combat, ils le suspendaient au bras gauche. L'écu était ordinairement en bois Couvert de cuir et garni d'un bord en métal, quelquefois seulement en cuir bouilli ; les aspirants à la chevalerie le portaient uni jusqu'à ce qu'ils eussent gagné par quelque haut fait le droit d'y faire peindre des emblèmes propres à le rappeler; celui des chevahers était orné de figures héraldiques et souvent de devises. L'usage de l'écu s'est conservé jusqu'au temps de François I", où il a été remplacé par la rondelle ou rondache. Voy. bougmer.
En Blason, Vécu est la pièce indispensable de l'armoirie : c'est l'écu qui forme le champ sur lequel on représente les figures du Blason. Sa forme a varié considérablement : il a été triangulaire, carré, quadrangulaire, losange, ovale, échancré, etc.
Écc, pièce de monnaie, d'or ou d'argent, ainsi nommée parce qu'elle portait Vécu, c.-à-d. les armes du souverain ou du pays. La valeur et le poids de l'écu ont changé selon les temps.
En France, il y a eu des écus à la couronne d'or, au soleil, au porc-épic, à la salamandre, à la croiselle; des écus heaume (c.-à-d. cas(jue), etc. Les premiers écus d'or furent frappés sous Philippe le Hardi : ils valaient alors 14 fr. 22; sous Charles VI, leur valeur légale était de 11 fr. 93; sous Louis XIV, en 1655, ils ne valaient plus que 6 livres de l'époque. On en taillait d'abord 54 au marc ; mais à partir du xvi» siècle on en tailla 70 et même 72. Il y avait des demi-écus, en or, des quarts d'écu, en argent.
On a appelé écus blancs des pièces d'argent de 60 soi; de l'époque, frappées sous Louis XIII en 1641, et valant 6 fr. 23; mais on donne plus communément le nom A'écu aux pièces d'argent de 3 et de 6 livres, qui furent frappées sous Louis XV en 1726, et oui ont été remplacées par nos pièces de 5 francs; ils ne valaient plus au moment de leur démonétisation que 2 fr. 75 et 5 fr. 80. Les écus de 3 et 6 livres ont cessé d'être reçus dans les caisses publiques le l" juillet 1834. — Dans le langage ordinaire, on dit encore quelquefois cent écus, mille écus, pour 300 ou 3 000 fr.
A l'étranger, diverses monnaies réelles ont également reçu le nom à'écu. On peut les ranger sous 3 types : Vécu d'Italie (scudo), qui a valu de 5 à 7 fr. et qui est auj. identique à notre pièce de 5 fr. ; Vécu d'Espagne (escudo)» qui vaut actuellement 2 fr. 57 ; et Vécu d' Allemagne (thaler ou rixdale), qui a varié de 3 fr. 71 à 5 fr. 20.
ECU DE soBiESKi, constellatiou située au-dessous de l'Aigle, entre l'Antinous et le Serpentaire, par 18'" 30°" d'ascension droite moyenne et 10" de déclinaison sud, contient 1 étoile de 4" grandeur et 7 de 5'.
ÉCUANTEUR, creux que présente le dehors d'une roue de voiture ; inclinaison des rais sur le moyeu d'une roue. Voy. ROUE.
ÉCU8IER, trou rond percé à l'avant d'un bâtiment pour y faire passer les chaînes des ancres. Il y en a deux à chaque bord de l'étrave.
ÉCUEIL (du lat. scopulus), rocher sous-marin dont le sommet s'élève à fleur d'eau ou du moins assez haut pour faire courir des dangers aux navires. On leur donne aussi les noms de récifs, hauts-fonds, brisanta, battures, etc. — Les écueils sont indiqués sur les cartes marines par des groupes d'astérisques.
ÉCUELLE (du lat. scutella). Ce mot, qui proprement signifie un vase un peu creux, suffisant pour recevoir la portion d'une seule personne, a souvent designé, dans l'ancien Droit coutumier, une taxe pour les pauvres, ainsi que certaines redevances féodales. Voy. cotyle.
En Zoologie, le mot écuelle désigne quelquefois le disque formé par la jonction des deux nageoires ventrales qu'on observe dans quelques poissons.
ÉCUELLE d'eau, nom vulgaire de VHydrocotyle commune. Voy. ce mot.
ECUME (de l'anc. ht-allem. scûtn), mousse blanche et légère provenant des bulles d'air introduites par l'agitation dans les liquides {écume de la mer), ou de la coagulation de l'albumine, comme cela a lieu dans la clarification des sirops, ou de la séparation des scories dans les métaux ea