‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 538 sur 1729 · EFFLUVES · texte numérisé non relu

EFFLUVES

Dans la première classe, on peut ranger la plupart des coranientateurs et pliilologucs, tant anciens que modernes, depuis Aristarque et Démétrius de Pliaière jusqu'à nos jours. Parmi les seconds, qu'on appelle aussi libraires-éditeurs, il faut citer les Aide, les Estienne, les Elzevir, les Barliou, les Didot, les Panckoucke, Crapelet, Hachette, Lévy, Marne, lletzel. Pion, OUcndorf, Marpon et Flammarion, Cliarpentier, Masson, Dentu, Dupont, Belin, Colin, Delàgrave, Aican, Perrin, Lemerre, Gautliier-Villars, etc. — Dans la presse périodique, on appelle éditeur responsable celui qui, à dél'aut de l'auteur, doit répondre, tant devant l'autorité qu'envers les particuliers, de ce qui s'imprime dans son journal. Cette obligation a été créée par la loi du 10 juin 1819. Voy. PRESSE.

ÉDITION (du lat. editio), se dit et de l'impression et publication d'un ouvrage, et du nombre de ibis que le même ouvrage est réimprimé : c'est en ce sens que l'on dit la première, la seconde, la dernière édition. On appelle édition princeps la première édition d'un autour. — Souvent on donne au public comme nouvelle édition ce qui n'est qu'un nouveau tirage d'une édition antérieure, qui n'a de changé que le titre et quelquefois la préface.

EDOLIUS, nom latm scientifique du Drongo. Voy. ce mot.

ÉDREDON (de l'allem. Eiaerdunen] , auvet léger qui couvre l'estomac de VEider {Voy. ce mot). — On donne le même nom à un sac de soie ou de toile rempli de ce duvet, et qui sert de couvre-pied.

ÉDRIOPHTALMES, nom donné, par opposition à Podophlalmes, aux Crustacés malacostracés qui ont les yeux latéraux et sessiles (d'où le nom); ce groupe comprend les Isopodes et les Amphipodes.

ÉDUCATION (du lat. educatio). C'est l'art de développer les facultés physiques, intellectuelles et morales d'un enfant : d'oii la triple division en É. physique, É. intellectuelle ou Instruction, et É. morale. Parmi les écrivains nombreux qui se sont occupés de ce sujet important, nous citerons : chez les anciens, Platon, Xénophon, Cicéron et Plutarquc ; chez les modernes, jEneas Silvius, Sadolet, Locke [De l'éducation des enfants), Fénelon et Mme de Maintenon [De l'éducation des filles), Mme de Genlis, Mme Guizot [Lettres sur l'éducation) ; Mme Necker de Saussure [l'Éducation progressive); les écrits de Pestalozzi, de Fellenberg, de ^iemeyer, du P. Girard, et les traités De l'éducation de Mgr Dupanloup, de M. Barrau et de M. Prevost-Paradol. L'Emile de J.-J. Rousseau, bien qu'olTrant d'excellentes vues, est plutôt le roman que le code de l'éducation. Dans la pratique, on se servira utilement de l'éducation maternelle de Mme Tastu et du Cours d'éducation pour les filles, enrichi des Conseils au.r mères et aux jeunes personnes de M. Théry. — Voy. l'Histoire de l'Éducation de M. Gabriel Compayré et le Dictionnaire de Pédagogie de M. Buisson, et, dans noire Dict., les mots pédagogie, enseignement, instruction.

ÉDULCORATION (du lat. dulcis, doux), addition d'une certaine quantité de sucre, de miel ou de sirop à une substance médicamenteuse jjour en adoucir la saveur. trop acide, en masquer le goiît désagréable, ou en relever l'insipidité.

EDWARDSITE, var. de Minazite, trouvée au Connecticut [Voy. minazite).

EFFANAGE (de fanes), opération d'Agriculture qui consiste à couper la sommité des feuilles des plantes graminées (blé, seigle, maïs, etc.), pour empêcher la sève de s'élever trop rapidement. On fait l'effanage avant que les épis soient montés. Les effanures peuvent servir à nourrir les bestiaux.

EFFARVATTE, nom vulg. de la Fauvette des Roseaux ou Petite Rousserolle. Voy. fauvette.

EFFECTIF (du lat. effectivus). Dans l'Art militaire, on appelle effectif le chiffre qui représente l'état et le nombre des troupes d'une nation. — En termes de Comptabilité militaire, l'effectif est un relevé des contrôles annuels. — C'est aussi le nombre des soldats présents au corps ou absents par maladie ou par congé, relevé chaque jour et indiqué officiellement dans des feuilles d'appel.

On appelle deniers effectifs les espèces, par opposition, aux valeurs fictives ou au papier.

EFFENDI (corruption du gr. aôôÉvTTjî, seigneur, qui agit de sa propre autorité), titre de dignité en Turquie; correspond au français «monsieur».

EFFÉRENT (de efferre, emporter), se dit en Anatomie des vaisseaux qui reçoivent le sang au sortir d'un organe.

EFFERVESCENCE (du lat. effei^vescere , Iwuillonner), bouillonnement produit par le dégagement rapide d'un fluide aériforme, traversant un liquide sous forme de bulles qui viennent crever à la surface. V effervescence peut être produite par des gaz qui existent tout formés dans les liquides, comme dans la bière, le vin de Champagne, les eaux gazeuses, etc., ou bien être le résultat du dégagement d'un gaz formé à l'instant même par une décomposition : c'est ce qui arrive lorsqu'on verse un acide sur un carbonate ou un chlorhydrate, lorsqu'on décompose l'eau à l'aide du fer en présence d'un acide, clc. L'effervescence, lorsqu'elle est le résultat d'une réaction chimique, est souvent accompagnée d'une émission de chaleur.

EFFET (du lat. effectus). En Philosophie, c'est le fait produit pour une cause. Voy. cause.

En Droit, ce mot est synonyme de valeur : les effets de mobilier, de succession, sont tout ce oui comjwse un mobilier, une succession. Dans un sens plus général, le mot effet comprend tout titre de créance, et devient alors synonyme de billet. Les effets de commerce sont toutes valeurs susceptibles d'être mises en circulation dans le commerce : tels sont les billets à ordre, la lettre de change, les coupons d'emprunts et d'actions, les mandais, les chèques, etc. [Voy. ces mots). — On nomme effets publics tous les titres que l'administration publique met en circulation par suite d'emprunts contractés. Voy. fonds pcr,Lic&

effet rétroactif. Voy. rétroactivité.

EFFEUILLAGE ou effeuillaison, action d'enlever 1rs feuilles d'une plante. On y a recours pour favoriser la maturation des fruits en les exposant au soleil, et diminuer la force de la végétation dans les plantes trop vigoureuses. Celte opération est souvent dangereuse pour la santé des arbres. On ne doit eH'euillcr la vigne et les arbres que quelques jours avant la récolte des fruits.

EFFIGIE (du lat. effigies), figure, représentation qu'on fait d'une personne, soit pour l'honorer, soit pour la flétrir par des marques de mépris.

Les monnaies sont ordinairement frappées à l'effigie du souverain. Voy. monnaie et médaille.

On exécute en effigie le condamné par contumace. Cette exécution consiste auj. à faire afficher par l'exécuteur des hautes œuvres, à un poteau dressé sur une place publique, l'extrait du jugement de condamnation (C. d'instr. crim., art. 472). Autrefois c'était l'effigie même du condamné que l'on exécutait ; c'est en ce sens qu'on dit : Il fut pendu en effigie ; il eut la tète tranchée en effigie.

EFFLORESCENCE (du lat. efflorescere, fleurir), transformation d'une substance solide, surtout d'un sel, en une matière pulvérulente, par son exposition à l'air libre, soit qu'elle attire l'humidité atmosphérique et se convertisse en un hydrate, soit qu'elle perde une portion de son eau de cristallisation, soit enfin qu'elle se combine à la fois avec l'eau et avec l'oxygène de l'air. Les efflorescences blanche» qu'on remarque souvent sur les parois des caves humides sont des cristaux de sous-carlx)nate de soude ou de salpêtre. — Les anciens chimistes appelaient effloresccnce des jwrites le sel formé par l'oxydation lente a'un sulfure métallique au contact de l'air humide, et qui se présente sous la forme de petites aiguilles blanchâtres ou verdàtres.

EFFLUVES [dul&l.effluvium),cn Médecine, mot vague et abandonné auj., par lequel on désignait ce qui se dégage de tous les corps à la surface du sol et du sol lui-même. On attribuait aux émanations, aux effluves, aux miasmes, termes sans signification précise, un rôle capital dans la production des maladies. Auj. toute cette terminologie obscure est remplacée par les expressions plus claires de micro-organismes, microbes, germes pathogènes, etc. ( Voy. microbes). On emploie encore quelauefois le terme d'émanation, d'effluves, pour désigner les gaz qui se dégagent du sol et qui révèlent les décompositions qui se passent dans sa profondeur.

effluve électrique. Si on prend deux lames de verre séparées par un jietit intervalle et recouvertes extérieurement de lames métalliques en communication avec une bobine de Ruhmkortf en activité, il passe entre les deux lames de verre un très grand nombre d'étincelles extrêmement petites. C'est ce qu'on nomme l'effluve. Sous cette forme, la décharge électrique est très propre à agir sur les gaz et à déterminer des réactions indirectes, comme l'union de l'azote et de l'hydrogène, la transformation de l'oxygène en owne, etc.

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