‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 545 sur 1729 · ÉLECTROMÈTRE · texte numérisé non relu

ÉLECTROMÈTRE

travers l'air, il y a étincelle et production de lumière ; à travers le corps humain, il se produit des commotions (effets physiologiques) [Voy. pile, électro-chimie, électuouagnétisme).

L'électricité est développée en grand dans la nature, sous la forme du tonnerre et des éclairs. Ce sont d'immenses étincelles électriques qui éclatent soit entre les nuages électrisés, soit entre les nuages et la terre. Les effets de la foudre sont identiques à ceux que l'on obtient en petit dans les laboratoires.

On a fait plusieurs hypothèses sur la nature de l'électricité, sans qu'aucune paraisse entièrement satisfaisante. La tiiéorie dite des deux fluides, due à Symner, n'est au fond qu'une forme de langage; il n'y faut pas chercher une explication des faits. On dit que tous les corps contiennent en quantité indéfinie un fluide neutre qui par certaines actions, telles que le contact, se décompose en deux fluides ayant des propriétés opposées (fl. vitré et fi. résineux). Franklin a imaginé un fluide qui serait tantôt , en quantité trop grande [E. positive), tantôt trop petite [E. négative). Ces mots ont été conservas comme plus commodes et exprimant bien ce fait que deux quantités égales, l'une positive, l'autre négative, se détruisent en s'ajoutant. Récemment des essais très intéressants ont été faits pour ramener les pliénomènes lumineux aux phénomènes électriques ; c'est à Clerk Maxwell qu'est due la théorie électro-magnétique de la lumière; jusqu'à présent cependant l'expérience ne semble pas lui donner complètement raison. Des expériences récentes de Hertz prouveraient que les phénomènes d'influence exigent un temps sensible pour se produire et auraient par suite leur cause dans des mouvements ondulatoires analogues à ceux qui produisent les phénomènes lumineux.

Au point de vue historique, on peut rappeler que Gilbert et Gray, au commencement du xvii° siècle, furent les premiers a ajouter quelque chose aux connaissances desanciens. Dufay (commencement du xvin" siècle) découvrit les deux électricités, et Muschenbroek (1746), le condensateur; quelques années plus tard, Franklin inventa le paratonnerre. Dans les dernières années du xviii° siècle, à la suite des observations de Galvani, Volta découvrit la pile [Voy. ce mot) ; à la même époque ont lieu les admirables travaux de Coulomb qui donne la loi des attractions et répulsions électriques. Les travaux plus récents ont surtout porté sur l'étude mathématique de l'électricité (Green, Poisson, Clerk Maxwell), sur les pnénomènes électro-magnétiques (Œrsted, Ampère), sur les courants et l'induction (A. Becquerel, Ohm, Pouillet, Faraday).

ÉLECTRICITÉ MÉDICALE OU ÉLECTRiSATioN. On applique auj. à l'éleclrisation médicale toutes les sources d'électricité Œ. faradique, E. voltaïque, E.par frottement), qui ne diffèrent entre elles que par la quantité et la tension. Sur les muscles, l'électricité détermine des contractions. Sur les nerfs, elle modifie l'état moléculaire et elle fait disparaître certaines névralgies. Enfin elle produit sur les vaisseaux une action vaso-constrictrice, bientôt suivie d'une action vaso-dilatatrice ; elle active enfin la nutrition. L'électricité statique modifie surtout la nutrition générale et la sensibilité cutanée ; les courants continus sont appliqués aux troubles trophiques et aux névralgies ; les courants faradiques sont surtout employés pour réveiller la contraciililé musculaire. La thérapeutique utilise aussi les phénomènes chimiques et physiques des courants. Par l'électrolyse, elle agit sur les anévrismes, sur les tumeurs. La galvanocaustie, les appareils à incandescence mettent en usage les phénomènes caloriques -et lumineux du courant. La technique des nombreux appareils utilisés auj. est trop compliquée pour trouver place ici.

ÉLECTRIQUE (étincelle). Voy. électricité.

ÉLECTRIQUES (unités). Voy. unités.

ÉLECTRO-AIMANT, fer doux transformé en aimant (Voy. ce mot), au moyen d'un courant électrique. Pour cela, on enroule autour de ce fer un fil de cuivre recouvert de soie, et on fait passer le courant d'une pile dans ce fil. Le fer n'est aimanté que pendant le passage du courant, tandis que si l'on opère avec un barreau d'acier, l'aimantation ne se développe que plus lentement, mais est permanente. Ordinairement le fer est recourbé en fer à cheval, et on dispose devant ses pôles une pièce de fer appelée armature, que l'électro-aimant attire quand le courant passe. La force attractive peut être énorme; on a construit des électro-aimants pouvant porter plu-

sieurs milliers de kilogrammes. — Les électro-aimant* sont employés dans la télégraphie, dans l'horlogerie électrique, dans les sonnettes électriques, dans les moteurs électromagnétiques, et dans une foule d'appareils où l'on se sert d'électricité. — Voy. magnéto-électriqces (machines)..

ÉLECTRO-CHIMIE, partie de la Physique qui considère' les phénomènes de combinaison et de décomposition déterminés par l& vile électrique (Voy. ce mot). On appelle : électrolyse la décomposition par la pile ; électrolyte,. tout corps décomposable par un courant électrique. La décomposition de l'eau au moyen de la pile, observée pour la firemière fois en 4800 par Carlisle et Nicholson, est devenue e point de départ d'un grand nombre de travaux importants sur les phénomènes électro-chimiques. Quand un corps binaire, fondu ou dissous, est traversé par un courant, l'un des éléments, dit électro-négatif, se rend au pôle positif; l'autre, dit électro-positif, au pôle négatif. Si le corps binaire contient un métal, ce dernier est toujours l'élément électro-positif. Avec un sel composé d'un acide et d'une base, le métal se rend seul au pôle négatif, l'acide et l'oxygène de la base au pôle positif. Il se produit des phénomènes secondaires : si le métal, par ex., peut décomposer l'eau, comme le fait le potassium, il s'oxyde et l'hydrogène se dégage au pôle négatif ; de même, si le fil qui amène le courant est oxydable, il formera un sel avec l'oxygène et l'acide dégagés au pôle positif. Si un même courant traverse successivement plusieurs électrolytes, les quantités décomposées dans le même temps sont proportionnelles aux équivalents chimiques. Le poids d'un métal déposé dans un temps donné est proportionnelle à la quantité d'électricité qui traverse l'électrolyte, c.-à-d. à l'intensité du courant, et peut lui servir de' mesure. Ce» deux lois sont dues à Faraday. — L'industrie tire parti des phénomènes électro-chimiques pour la dorure, l'argenture, le platinage, la galvanoplastie, et en général pour recouvrir des métaux ou d'autres corps d'une couche uniforme d'un métal quelconque. Voy. dorure et galvanoplastie.

ÉLECTRODE (du gr. T^XEx-cpov et ôSôî, chemin), nom sous lequel on désigne, en Electro-Chimie, les corps conducteurs qui sont en communication, d'une part, avec l» pile, et, de l'autre, avec un milieu sur lequel le courant exerce une action chimique. L'électrode est dite positive ou anode, et négative ou cathode, suivant qu'elle est en communication avec le pôle positif ou avec le pôle négatif de la pile.

ÉLECTRO-DYNAMIQUE, partie de la science de l'Electricité qui considère les pnénomènes produits par les. courants. Voy. courants électriques et électro-magxétisme.

On appelle machines électro-dynamiques celles où des courants se produisent par l'action inductrice d'élcctro-aimants. [Voy. magnéto-électriques (machines)].

ÉLECTROLYSE, électrolyte. Voy. électro-chimie.

ÉLECTRO- MAGNÉTISME, partie de la Physique qui< s'occupe des relations qui existent entre l'électricité et le magnétisme. Lorsqu'un fil conducteur est traversé par le courant de la pile, et qu'on approche de ce fil une aiguille aimantée librement suspendue, elle dévie de sa position et se met en croix avec le courant. — Le pôle nord ou austral de l'aiguille se place à la gauche du courant (en appelant gauche du courant celle d'un observateur regardant l'aiguille, et couché sur le courant de telle sorte que celui-ci, qui, par définition, va du

fiôle positif au pôle négatif, entre par les pieds et sorte par a tête). Cette observation est due à Œrsted (1819). Klle a été le point de départ de nombreux travaux dus à Ampère. Ampère a montré que non seulement les courants agissent sur les aimants, et réciproquement, mais que les courants agissent sur les courants; il a donné les lois mathématiques de ces phénomènes, et réalisé par les solénoïdes (Voy. ce mot) une imitation des aimants. — La découverte de l'aimantation de l'acier et du fer doux par les courants est due à Arago (Voy. électro-aimant). Comme application de l'action des courants sur les aimants,.. voy. galvanomètre, magnéto-électriques (machines). ÉLECTRO-MÉTALLURGIE. Voy. galvanoplastie.

ÉLECTROMÈTRE (du gr. TiTvEXTpov et [xÉTpov, mesure), instrument destiné à mesurer la quantité d'électricité dont un corps est chargé. Tous les électromètres sont fondés sur le principe général que les corps chargés d'une même espèce d électricité se repoussent. — L'E. à cadran de Ilenley se compose d'une tige conductrice que l'on fixe sur le conducteur d'une machine électrique et qui est munie

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