‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 546 sur 1729 · ÉLÉMENT · texte numérisé non relu

ÉLÉMENT

<run domi-corcle gradue au centre duquel se meut une aiguille mince terminée par une balle de sureau. A mesure que la machine se charge, la balle est renoussée et l'angle qu'elle fait avec la verticale indique 1 intensité de la ^argp. — 1,'E. de Volta consiste en deux pailles suspendues à une tige de cuivre par deux petits anneaux métal- Jiques, et terminées chacune par une boule de sureau très légère ; dans \'E. de Bennet, ce sont deux feuilles d'or au lieu de pailles. — Les électromètres ont été très perfectionnés dans ces dernières années ; nous ne pouvons <iue renvoyer aux traités spéciaux pour l'étude des électromètres de sir William Thomson (£. absolu et E. à cadrans) et de l'électromètre cflT^îY/aîre de M. Lippmann, le plus sensible qui existe. La balance de Coulomb peut aussi «ervir d'électromètre. Voy. balaxce de torsion et bala-nxe

BIFILE.

L'£. condensateur de Volta se compose d'un électromètre à pailles ou à feuilles d'or surmonté d'un condensateur à plateau. On charge ce condensateur avec une source à potentiel très faible ( Voy. potentiel) ; les feuilles ne divergent pas sensiblement, mais si on écarte l'un de l'autre les deux plateaux, l'électricité en quantité assez grande que contient le plateau fixe se répand dans les feuilles et les fait diverger.

ÉLECTRO-MOTEUR (du gr. t.Xextoov et de moteur], machine motrice mise en mouvement par l'électricité. Les premières machines se composaient essentiellement d'un «lectro-aimant fixe, excité périodiquement, et d'une pièce de fer mobile, appelée armature: le mouvement périodique de l'armature était transformé en mouvement continu comme le mouvement périodique du piston d'une machine à vapeur. Des essais nombreux ont été faits dans ce sens ; il n'est plus auj. qu'une valeur historique. Les électromoteurs sont constitués auj. comme les machines magnétoélectriques {Voy. ce mot); il résulte en effet du principe fondamental de l'induction que si une machine quelconque produit un courant, le courant produit est tel que par son attraction sur les parties mobiles il tend à gêner le mouvement [Voy. induction). Si l'on fait passer un courant dans une telle machine, elle prend un mouvement inverse de celui qui produirait le courant ; c'est ce qu'on appelle la réversibilité. En associant deux machines de construction semblable, réunies par un fil plus ou moins long, si l'une tourne par l'action d'un moteur et produit un courant, le courant produit fera tourner l'autre, en reproduisant sous forme de travail mécanique une partie du travail dépensé. C'est la transynission de la force à distance ; les essais les plus remarquables, dus à M. Marcel Deprez, ont été faits €n!re Paris et Creil et aux environs de Munich et ont conduit à un rendement dépassant 60 p. 100.

ÉLECTROMOTOGRAPHE, appareil inventé par M. Edison «t qui trouvera peut-être son application dans la télégraphie «lectriaue. 11 est basé sur ce fait que le frottement d une lame de métal sur du papier humecté d'une dissolution saline devient plus faible uès qu'on fait passer un courant électrique sur la lame et la bande de papier. Une feuille serrée entre deux pinces métalliques avancera donc par soubresauts suivant les variations au courant.

ÉLECTRO- MOTRICE (force). Voy. pile.

ÉLECTROPHORE jdu gr. f.isxToov et çopôç, qui porte), espèce de machine électrique. Il se compose d'un gâteau de résine coulé dans un moule conducteur, et d'im plateau de l)ois revêtu d'étain, auquel est adapté un manche en ■verre. Pour l'électriser, on oat la surface de la résine avec une peau de chat ; on pose sur le gâteau de résine le plateau par son manche isolant, il se produit une décomposition par influence, et en touchant le plateau avec le doigt, l'électricité négative, repoussée par la résine, s'écoule dans le sol sous la forme d'étincelle. Le plateau est chargé d'électricité positive ; en le soulevant, on le soustrait à l'influence de la résine électrisée et on en tire une étincelle. Le gâteau de résine n'a rien perdu, et l'appareil, si le temps est bien sec, peut fonctionner assez longtemps sans être rechargé. — L'électrophore est dû à Volta.

ÉLECTROPONCTURE (du gr. f^exTpov et du lat. punctura, piqûre), moyen thérapeutique proposé par Sarlandière, et consistant en une combinaison de l'électricité et de l'acuponcture. On se sert d'aiguilles semblables à celles i\\i'on emploie dans l'acuponcture ( Voy. ce mot) ; mais leur tête est munie d'un fil métallique que l'on met en communication avec le conducteur d'une machine électrique ou bien avec une pile : dans ce cas, l'opération prend le

nom de galvanoponcture. Voy. électricité médicale.

ÉLECTROSCOPE (du gr. f|XsxTpov et axoTelv, observer), appareil de Physique à l'aide duquel on reconnaît si un corps est électrisé. Le plus simple est le pendule électrique, qui se compose d'une petite balle de sureau suspendue à l'extrémité d'un fil de soie ou d'un fil d'argent très fin. Lorsqu'on veut éprouver un corps, on l'approche de la balle, et s'il ne peut pas l'attirer à lui, c'est qu'il n'a point d'électricité, ou plutôt au'il n'en possède qu'une très faible charge. Une très faible action suffit pour mettre l'aiguille en mouvement. LÉ. de Coulomb est l'appareil le plus délicat : c'est la balance de torsion de Coulomb dans laquelle le fil métallique auquel est suspendue l'aiguille est remplacé par un fil de cocon qui n'exerce qu'une réaction insensible. Les électromètres ne diffèrent des électroscopes qu'en ce qu'ils sont construits de manière à renseigner l'observateur sur la quantité d'électricité qui peut produire un effet donné.

ÉLECTROSTATIQUE, partie de la science de l'électricité

aui s'occupe de l'électricité supposée en équilibre, comme ans les phénomènes d'attraction et de répulsion, d'influence, etc., par opposition à l'électro-dynamique, qui s'occupe des courants.

ÉLECTROTHÉRAPIE. Voy. e'lectricité médicale.

ELECTROTYPIE. Voy. galvanoplastie.

ÉLECTRUM (en gr. r.Xexrpov). Ce mot, chez les anciens, désigna d'abord \' ambre jaune ou succin, puis un alliage particulier d'or et d'argent, peut-être celui que les bijoutiers nomment auj. or vert {Voy. ce mot). Au moyen âge, on donnait le nom A'électrum à toute imitation de pierreries en verre émaillé. — En Minéralogie, on appelle électrum une variété d'or natif allié à l'argent et en contenant plus de 20 p. 100 (Sibérie, Transylvanie).

ÉLECTUAIRE (au lat. electuarium], médicament de consistance molle, composé d'un choix de plusieurs substances, poudres ou pulpes diverses, liées avec un sirop, du vin, du miel, etc. On lui donne aussi les noms de confection et d'opiat.

ÉLÉDONE, Eledon, genre de Mollusques céphalopodes, de l'ordre des Acétabulifères octopodes : corps hursiforme ; tête portant huit bras munis chacun d'une seule rangée de ventouses, ce qui les distingue des poulpes, dont les bras en ont deux. On n'en connaît que deux espèces, toutes deux de la Méditerranée, et dont l'une exliale une odeur de musc. Voy. poulpe.

ÉLÉGIE, POÉSIE ÉLÉGiAQUE (du gf. IXe^Eia), genre de poésie ordinairement consacré au deuil et à la tristesse; quelquefois aussi elle peint les joies et surtout les tourments de l'amour. On connaît les vers de Boileau [Art poét., II, 39) :

La plaintive élégie, en longs habits de deuil. Sait, les cheveux épars, gémir sur un cercueil, Elle peint des amants la joie et lu tristesse, etc.

Les anciens donnaient le nom d'élégie à tous les poèmes écrits en vers élégiaques, c.-à-d. en vers hexamètres et pentamètres se succédant alternativement {Voy. distique), quelle que fût d'ailleurs la nature du sujet. — Les poètes grecs Callinus et Tyrtée furent, dit-on, les premiers qui cultivèrent l'élégie ; après eux, on cite surtout : chez les Grecs, Mimnerme, Solon, Phocylide, Théognis, Philétas, etc. ; chez les Romains, Tibulle, 'Properce, Ovide ; parmi les modernes, le Camoens, Saa de Miranda, Garcilasso de la Vega, Lopez de Yega, chez les Portugais et les Espagnols ; Pétrarque, Alamanni, chez les Italiens; Young, Gray, chez les Anglais; Malherbe, Gilbert, Pamy, Millevoye, André Chénier, Soumet, Lamartine, Mme Tastu, Mme fiesbordes- Valmorc, chez les Français. — Voy. sur l'élégie antique l'abbé Souchay, Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres (t. VII).

ÉLÉIDE, palmier. Voy. élaïs.

ÉLÉMENT. Par ce mot (en lat. elementum, en gr. <3-iov/zio^*), les anciens entendaient les formes premières de la matière. La définition des cléments variait d'ailleurs suivant les écoles philosophiques. D'après Démocrite et Épicure, les éléments sont les atomes [Voy. ce mot) qui, différant de figure et de grandeur, engendrent par leurs combinaisons toutes les qualités sensibles. D'après .\ristote, les éléments sont les corps simples, c.-à-d. le feu. Voir, Veau, la terre, caractérisés par l'opposition du chaud et du froid, du sec et de V humide; il y a en outre Yéther, élément incorruptible qui constitue le ciel et les étoiles. D'après Uéraclilu et les Stoïciens, les élémcats ue sont que

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