EMBLÈME
ÉMARGINÉ (du lat. emarginaltts), se dit, en Botanique et en Zoologie, des organes qui présentent à leur sommet une échancrurc peu profonde.
ÉMARGINULE, Emarginula, genre de Mollusques gastéropodes, de l'ordre des Scutibranches. La coquille conique, à sommet excentrique et latéral, est percée d'une fente sur le bord antérieur. L'animal a un corps ovale, conique, avec un large pied débordé par le manteau, qui a une fente antérieure correspondant à celle de la coquille ; sa tête est pourvue de deux tentacules coniques, oculés à leur base. Les Emarginules habitent auj. les mers chaudes. On en connaît de fossiles depuis l'étage saliférien.
EMBALLEUR. Voy. layetier.
EMBARCADÈRE [à' embarquer) , corrélatif de débarcadère. Voy. ce mot.
EMBARCATION (de barque), se dit de tout bateau à rames, ou n'allant à la voile qu'accidentellement. Les embarcations du bord sont : la chaloupe, le grand canot, le petit canot, le canot de l'état-major, le canot et la yole du commandant. Chaque embarcation a son équipage, son gréement et son armement.
EMBARDÉE, se dit, en Marine : 1° du mouvement de rotation de gauche à droite et de droite à gauche, qu'un grand vent arrière ou un courant considérable imprime à l'avant d'un navire ; 2" de la manœuvre à bâbord ou à tribord que fait un bâtiment pour éviter un abordage.
EMBARGO (mot espagnol; du b.-lat. imbarcum, d'imbarricare, mettre barre dessus), défense qu'un souverain fait aux bâtiments qui se trouvent dans les ports de sa domination de prendre la mer. Celte défense peut s'adresser aux nationaux tout comme aux étrangers. Une puissance met l'embargo soit dans la vue d'employer les navires à son service, soit pour empêcher des communications avec l'ennemi. Quelquefois l'embargo se fait en pleine mer. Cette mesure ne doit pas être confondue avec celle par laquelle un souverain, déclarant la guerre à un autre, frapperait d'arrêt ou de séquestre les navires appartenant aux sujets de son ennemi. Les pertes et dommages qui peuvent résulter de l'embargo sont aux risques des assureurs fC. de comm., art. 550). — L'emploi officiel du mot emoargo date, en France, de l'année 1718.
EMBARRAS gastrique, trouble des fonctions de l'eslomac.
Voy. GASTRITE.
EMBARRURE [d'embarrer), vieux terme chirurgical par lequel on désigne un enfoncement limité du crâne.
EMBASE (du gr. è'|j.6aaiî), se dit, en Technologie, du i renflement donné aux pièces tournantes, près de l'axe de rotation, pour augmenter leur solidité. — En Architecture, c'est la partie inférieure plus large d'une construction dont elle assure la solidité. — En termes d'Artillerie, c'est un renfort de métal aux tourillons des bouches à feu, pour empêcher le ploiement de ces tourillons et le vacillement entre les flasques de l'aifût.
EMBATAGE, application des bandes de fer sur une roue. On nomme embatoir une fosse longue et étroite, ordinairement pleine d'eau, dans laquelle les taillandiers et les charrons placent debout les roues de voitures qu'ils veulent cmbalre. A mesure qu'ils placent une bande, ils font tourner la roue, afin de refroidir la bande dans l'eau. Les roues %n fonte des wagons de chemin de fer reçoivent des bandages en acier posés à la température du rouge sombre. On obtient cette température d'une manière très régulière au moyen de fours circulaires chauffés par un jet annulaire de gaz brûlant sous le bandage.
EMBAUCHAGE (de bauche, vieux mot qui a signifié successivement torchis, hutte, boutique), action d'engager un ouvrier pour travailler dans une boutique ou un atelier. L'action d'engager des ouvriers pour porter leur industrie à l'étranger est punissable s'il y a eu intention de nuire ainsi à l'industrie nationale (C. pén., art. 417). — \,'embauchage militaire est l'action de provoquer un soldat à la désertion. Ce crime est puni, par la loi du 4 nivôse an iv, des mêmes peines que les crimes de conspiration et de trahison. Les tribunaux militaires ont été longtemps investis de la connaissance de tous les cas d'embauchage; mais depuis 1851 plusieurs arrêts de la Cour de cassation ont décidé que l'embauchage commis par des individus non militaires tombait sous la juridiction des tribunaux ordinaires.
EMBAUMEMENT (du préfixe en et de baume). La coulume d'embaumer les cadavres pour les préserver de la décomposition paraît avoir existé chez presque tous les
peuples de l'antiquité, à l'exception des Grecs et des Ronuuns, qui brûlaient leurs morts. Les Egyptiens surtout avaient poussé l'art d'eml)auiner à un haut degré de pcrfeclion [Voy. momie). Chez eux, le système employé se réduisait à trois opérations : 1° vider les cavités par l'extraction des viscères ou par leur dissolution, à l'aide d'une liqueur caustique ; 2° enlever la graisse et les parties muqueuses par l'action prolongée du natron ; 3° dessécher le cor|)s à l'air ou dans une étuve, après l'avoir bien lavé; on fermait ensuite tout accès à l'air et à l'humidité par l'application d'un vernis et de bandages enduits de gomme.
L'usage des embaumements fut longtemps négligé parmi les nations modernes ; mais depuis le xvii= siècle il a repris faveur. Parmi les procédés les plus répandus, nous citerons :
1° Le procédé Gannal. On met à nu la carotide ; puis, avec la pointe du scalpel, on fait à celte artère une légère incision par laquelle on injecte une solution de sulfate d'alumine (1 kilogr. de sel pour 500 gr. d'eau); l'injection terminée, on ferme la plaie par un point de suture. Ainsi préparé, le cadavre n'est plus susceptible d'éprouver la fermentation ])utride au contact de l'air; il s'y dessèche, au contraire, plus ou moins rapidement, suivant l'intensité du courant d'air et suivant la saison. Pour assurer toutefois la conservation des corps, il faut éviter de les déposer dans un lieu humide, et les enfermer dans des caisses coiivenables, garnies de coton imbibé d'huiles essentielles aromatiques.
2" Le procédé du D' Tronchina, de Naples. Il consiste dans l'injection, par l'artère carotide, d'une solution d'un kilogr. d'un sel arsenical coloré avec un peu de minium ou de cinabre dans 10 kilogr. d'esprit-de-vin. Les inconvénients graves ciui peuvent résulter de l'emploi des préparations arsenicales ont fait prohiber en France ce procédé.
Les autres substances le plus communément employées
Eour l'embaumement des corps sont le sublimé corrosif ou ichlorure de mercure {procédé ordinaire), le pcrsulfatc de fer [jirocédé Braconnot), le deutochlorhydrate d'étain [procédé Taufflieb), l'acide pyroligneux ou vinaigre de bois, enfin le chlorure de zinc et le sulfite de soude [procédé Suquet) : ce dernier procédé, mis en j)rafique depuis 1846, est appliqué surtout à la conservation des sujets soumis à la dissection.
Quand on veut conserver le cœur à part, on en remplit d'abord les cavités de coton ou d'étoupe ; le tout est ensuite
§ longé dans une solution alcoolique de sublimé j^cndant ou 6 jours. Après ce temps on retire le cœur, qui est essuyé et recouvert d'une couche de vernis rouge ; on le laisse encore se dessécher à l'air pendant quelques jours avant de l'enfermer dans une capsule de plomb ou d'argent.
EM BELLE, partie du navire comprise entre les deux gaillards. Voy. gaillard.
EMBELLIE, désigne, en Marine, le changement favorable et passager du temps ou de l'état de l'atmosphère. Ce nom se donne aussi à l'intervalle qui sépare des lames d'eau qui se succèdent.
EMBERIZA, nom latin scientifique du Bruant.
EIKBÉRIZOÏDE, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux conirostres, et voisins du Bruant [Emberiza), dont ils ne se distinguent guère que par leur queue étagée, et par quelques caractères du bec et des ailes. Ce genre comprend deux espèces originaires de l'Amérique : l'^. longibande, d'un brun cendré, olivâtre, long de 0 m. 20, et VOreillon mélanotis, ou Chipiu oreillon blanc, ([ui doit son premier nom à une tache noire qu'il porte sur l'oreille, et le second à un filet blanc oui surmonte la tache noire. Ces oiseaux vivent dans les cliamps et les herbes hautes du Brésil et du Paraguay.
EMBLAVURES (du pref. en et du b.-lat. bladum, blé), nom donné aux terres ensemencées en blé.
EMBLÈME (du gr. è'[jL6Vfijxa). Ce nom était donné originairement ])ar les Grecs et les Romains aux ouvrages de mosaïque [cmblcmata vermiculata) et aux ornements en relief appliqués sur une autre substance [emblcmata, crustœ), p. ex. à des figures en or fixées sur un vase d'argent, etc. — Il signifie aujourd'hui la représentation d'un objet connu, qui conduit à la conception d'une autre chose et en particulier d'une idée ai)straite. Le coq est l'emblème de la vigilance; un serpent qui se mord la queue est celui de l'éternité ; un sablier ailé, une horloge, sont l'einblème du temps ; la faux, l'emblème de la mort ; un
EMBOI.lE