‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 555 sur 1729 · EMPIRISME · texte numérisé non relu

EMPIRISME

EMPANSEMENT. Voy. météorisation.

EMPATEMENT [A' empaler, du préf. en et de patte). C'est, dans la Construction, une saillie ou plus grande épaisseur de bâtisse qu'on laisse sur les deux faces d'un mur dans ses fondations pour en augmenter la solidité. — 11 se dit aussi des pièces de bois qui servent de base et de support à une grue.

EMPAUMURE (du préf. en et de paume], terme de Vénerie, désigne le haut du bois des Ruminants du genre Cerf, qui s'élargit comme une main et où. les andouiUers divergent comme des doigts [Voy. ckrf). — Empaiimer la voie, se dit des chiens qui, rencontrant la piste, la suivent vivement et annoncent cette découverte par leurs ai)oiements.

EMPÊCHEMENT [A'empêcher). Ce nom se donne, en Droit, aux obstacles que met la loi civile ou canonique à l'exécution de certains mariages. Ils sont prohibitifs ou diritnants. Les E. prohibitifs font obstacle à la célébration du mariage; mais, une fois le mariage célébré, ils ne le font pas annuler; les E. dirimants en entraînent la nullité.

En Droit canonique, les E. prohibitifs sont : l'omission de la publication des bans, la célébration du mariage dans le temps prohibé par l'Eglise (depuis l'Avent jusqu'à l'Epiphanie, et du mercredi des Cendres au dimanche de l'octave de Pâques), la différence de culte entre catholiques et hérétiques, les fiançailles contractées en face de l'Eglise avec une personne encore vivante, le vœu de chasteté ou d'entrée en religion : ces divers empêchements peuvent être levés par des dispenses. — Les principaux E. dirimants sont : Verreur quant à la personne et quant à l'état, la profession religieuse, l'engagement dans les ordres, la parenté naturelle ou civile, l'affinité naturelle ou spirituelle, le meurtre et l'adultère, le rapt, la différence de religion entre chrétiens et infidèles, la violence, un mariage précédent encore subsistant, la folie, l'impuissance, la clandestinité, etc.

En Droit civil, les E. prohibitifs sont : le défaut d'actes respectueux (C. civ., art. 151), l'existence d'une opposition au mariage (art. 472), les dix mois de veuvage non encore expirés, en ce qui concerne la femme (art. 228). — Les E. dirimants sont : l'absence complète de consentement de la part d'un des conjoints (art. 146), le dol ou la violence dans la personne d'un des époux ^art. 180), l'identité de sexe entre les époux, le défaut auge (art. 184-185], l'absence de consentement de la part des personnes dans la dépendance desquelles les époux se trouvent placés (art. 182), la parenté ou l'alliance à un degré prohibé (art. 184), le défaut de publications préalables, si ce vice est jugé assez grave par les tribunaux pour faire prononcer la nullité du mariage (art. 193), le défaut de publicité pour la célébration (art. 191), l'existence d'un premier mariage non encore dissous (art. 184). Voy. la plupart des mots en italique.

EMPEREUR (du lat. imperator). Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

EMPEREUR, est, CH Zoologie, le nom vulgaire : du Roitelet ; de deux poissons, un Espadon et l'Holacanthe couronné; du Boa constrictor ; d'un papillon du genre Argynne, dit aussi Tabac d'Espagne ; de plusieurs coquilles du genre Trochus, etc.

EMPESAGE. Voy. empois.

EMPETRUM (du gr. êp-Ttexpoi:, qui croît sur les rochers), ou CAMARINE, gcnre-tj'pe de la famille des Empétracées. Ce sont de petits arbrisseaux rameux, à feuilles alternes, d'un vert sombre, luisant, roulées au bord, convexes en dessus; à fleurs petites, d'un rouge de sang foncé, et à baies noires ou rouges. h'E. nigrum, qui a le port d'une bruyère, croît sur les montagnes de l'Europe : on mange ses fruits, dont le goût est un peu acidulé. L'£. rubrum croît dans l'Amérique du Sud. h'E. album, des côtes du Portugal, a quelque ressemblance avec un balai : d'où le nom de Coréma que lui donnent quelques botanistes — La famille des Empétracées est voisine de celle des Euphorbiacées.

EMPHASE. Foy. HYPERBOLE et STÏLE

EiyiPHYSÈME (du gr. ijjLtpuaTuxa), tuméfaction molle, crépitante, sans changement de couleur à la peau, sans douleur, qui est nroduite par l'infiltration et l'accumulation dans le tissu cellulaire de l'air échappé du poumon ou de gaz formés accidentellement dans l'intérieur même des tissus. L'emphysème du poumon est le plus fréquent : c'est

un des accidents ordinaires des plaies pénétrantes du thorax ou (les fractures des côtes [E. Iraumatique) ; il peut aussi avoir lieu à la suite des grands efforts de la voix ou des quintes de toux. Une variété de cet emphysème estl'Ê. vcsiculaire, altération du poumon décrite par Laënnec et consistant dans une dilatation des vésicules pulmonaires avec déformation et quelquefois rupture de ces vésicules. Cette lésion se voit surtout dans les catarrhes chroniques et dans l'asthme, avec lequel elle a été souvent confondue. — Les plaies de l'intestin peuvent aussi produire de l'emphysème. Certaines ecchymoses, de fortes contusions, la piqûre des. animaux venimeux, etc., peuvent aussi donner lieu à un emphysème par la production spontanée de gaz dans le tissu cellulaire.

Chez les Animaux, le bœuf et le cheval surtout, Yemphysème pulmonaire est très fréquent. Il est la conséquence de violents efforts de traction, et quelquefois aussi des accès de toux qui se produisent au cours de certaines maladies, telles que gourme, bronchites, laryngites, etc. L'observation a démontré qu'il se transmettait par hérédité. L'emphysème pulmonaire est inscrit dans la loi du 2 août 1884, au nombre des vices rédhibitoires.

EMPHYTÉOSE (du gr. èp-cputsuai;, plantation), bail à longues années, fait sous la condition que le preneur, qui prend alors le nom A'emphytéote ou à'emphyteutaire, améliorera le fonds donné, soit en le défrichant, soit en y élevant des constructions, amélioration dont le bailleur doit profiter à l'expiration du bail. La durée de l'emphytéose ne peut pas dépasser 99 ans. Dans le droit français actuel, l'emphytéose (comme le bail) ne donne plus au preneur un droit réel, mais seulement un droit personnel contre le bailleur. Voy. Pépin Lehalleur, Histoire de l'emphytéose, et Garsonnet, Histoire des baux à longs termes et des locations perpétuelles. — Voy. aussi loca-

TAIRIE.

EMPIDE (dugr. È'piirt;, moucheron), Empis, genre d'Insectes, de l'ordre des Diptères, famille des Tanystomes : ce sont de petits moucherons à palpes relevées, à tête globuleuse, à longue trompe, à ailes grandes, qui volent en tourbillons le soir pendant la belle saison. h'E. opaque (E. opaca), qui se montre dès le printemps, et l'E. à ailes réticulées [E. lessellala] se trouvent aux environs de Paris.

EMPIERREMENT. Voy. macadamisage.

EMPIRE. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.

EMPIRIQUES (du gr. £[xit£Lp'.xô;), nom donné surtout aux médecins qui, dans les moyens qu'ils emploient, suivent pour guide, non une déduction systématique ou une induction physiologique, mais uniquement 1 expérience clinique. Chez les anciens, les Empiriques formaient une secte opposée à celle des Dogmatiques.

EMPIRISME [à' empirique), système philosophique qui assigne pour origine à toutes nos idées ou connaissances l'expérience, c.-à-d. les sens et la conscience. Il fut professé, chez les Grecs, par Démocrite et par Epicure, mais c'est surtout chez les modernes qu'il a reçu tous ses développements. — En Angleterre, Hobbes soutint d'abord que toute connaissance provient des sens et que l'activité de l'esprit se réduit à des combinaisons de mots. Après lui, Locke, dans son Essai sur l'entendement humain, donna la première solution complète du problème de l'origine des idées au point de vue de l'empirisme. Rejetant la théorie cartésienne des idées innées [Voy. ce mot), il supposa

3u'au commencemennt l'âme est une table rase, et qu elle oit toutes ses connaissances à l'expérience, c.-à-d. aux sens, qui lui donnent la sensation et la perception des objets extérieurs, et à la réflexion, qui s'exerce sur les opérations de l'esprit. Selon ce philosophe, il n'y a pas de notion rationnelle a priori : « Les notions mêmes qui paraissent les plus éloignées de nos sens ou des opérations de notre propre entendement ne sont que des notions que l'entendement se forme, en répétant et en combinant les idées qu'il avait reçues des objets des sens ou de ses propres opérations concernant les idées qui lui ont été fournies par les sens, de sorte que les idées les plus étendues et les

fins abstraites (p. ex. les idées de l'espace, du temps, de infini, de la substance et de la causalité) nous viennent par la sensation et la réflexion. » Tandis que cette doctrine était développée au point de vue physiologique par Hartley et Priestley, l'idéaliste Berkeley en déduisit que l'homme ne connaît pas directement le monde extérieur, mais seulement ses propres idées ; que rien n'existe pour nous qu'en

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