ENFILADE
l'énergie potentielle, car, en le refroidissant, la chaleur dégagée pourra être transformée en travail mécanique ; une combinaison cliimique qui, en se détruisant, produit de la clialeur (corps explosifs ou indirects) possède de l'énergie ■potentielle.
L'énergie est indestructible : un corps ne modifie son énergie qu'en la cédant à d'autres corps ; c'est le principe de la conservation de l'énergie, dû aux fondateurs de la Thermodynamique, Joule, Helmholtz, llirn , Clausius, et qui domine auj. la physique tout entière.
ÉNERGUMÈNE (du'^gr. èvsoyoûjjiEvoç). Ce mot, chez les anciens, est synonyme de démoniaque et de possédé [Voij. possession). — Aujourd'hui il ne s'emploie jjIus que pour exprimer un homme exalté qui exprime ses passions par des gestes et des discours violents.
ÉNERVATION (du lat. enervatio], supplice usilé autrefois, dit-on, en France, et qui consistait à brûler les nerfs des jarrets, ce qui rendait le patient inévitablement perclus [Voy. jcMjÈGES (ÉNERVÉS de), au Dict. d'Hist. et de Géogr.]. — É nervation est aussi le nom d'un procédé employé parfois pour abattre les bœufs : il consiste à les paralyser immédiatement de tout le corps en leur introduisant la lame d'un couteau dans la moelle épinière entre le oràjie et les premières vertèbres cervicales. — Voy.
aussi NÉVROTOMIE.
ENFANCE (du lat. iufanlia), période de la vie humaine qui s'étend depuis la naissance jusque vers la 7° année. On donne quelquefois le nom de seconde enfance [pueritia des Latnis) à la période qui s'étend depuis la 7° année jusqu'à l'âge de puberté. — L'enfance proprement dite est sujette à un grand nombre de maladies, telles que le cronp, les convidsions, le rachitisme, les vers, le carreau, le sclércme, etc. A quatre mois commence la dentition. Voy. ces mots.
EN FANT (du lat. in fans-) . On nomme : Enfant légitime celui qui est né d'un légitime mariage, et qui a ainsi droit à la succession de son père ; E. adoptif, celui au profit duquel un étranger fait une déclaration d'adoption, et qui est mis alors sur la même ligne que l'enfant légitime ; E. légitimé, celui qui est né hors mariage, mais qui obtient, par le mariage subséquent de ses père et mère, les avantagés de la légitimité; E. naturel ou bâtard, celui qui est né hors du mariage, ou celui qui est né pendant le mariage, d'un commerce illégitime, et qui peut être reconnu, à moins u'il ne soit adultérin ou incestueux. On distingue encore '. mineur, majeur, émancipé. Voy. adoption , émancipation, SUCCESSION, etc.
« Les coupables d'enlèvement, de recèlement, de suppression ou de supposition d'enfant sont punis de la réclusion » (C. pén., art. 545). — « Ceux qui ont exposé et délaissé en un lieu solitaire un enfant au-dessous de l'âge de sept ans, sont condamnés à un emprisonnement de six mois à deux ans, et à une amende de 46 à 200 francs » (art. 349). Voy. aussi infanticide, docijiasie, etc.
Aux termes delà loi du 19 mars 1874, les enfants ne peuvent être admis dans les manufactures, usines et ateliers à moteur mécanique, avant l'âge de dix ans ; jusqu'à douze ans, ils ne peuvent travailler plus de 6 heures sur 24. Ces prescriptions ne sont malheureusement pas toujours observées.
. enfants assistés. Voy. enfants trouvés.
ENPANTS DE CHŒUR. Voy. CHŒUR.
enfants de FRANCE, nom donné autrefois, en France, aux enfants, frères et sœurs du roi régnant.
enfants de troupe. Les fils des officiers subalternes et des hommes de troupe peuvent être admis comme enfants de troupe à raison de un par compagnie d'infanterie, de génie ou par batterie d'artillerie et de 2 par escadron de cavalerie. Ces enfants, qui étaient autrefois élevés dans les casernes, restent maintenant dans leurs familles, auxquelles il est alloué une prime annuelle. Les enfants de troupe peuvent être admis à 13 ans dans les écoles préparatoires ou à l'Orphelinat Hériot. Ils doivent s'engager à 18 ans.
ENFANTS sans SOUCI, troupc dc baladins que s'adjoignirent les Confrères de la Passion pour rompre l'uniformité des mystères par leurs farces et leurs chansons. Leur chef se nommait le Prince des sots. Ils jouèrent sur le théâtre de 1 H tel de Bourgogne depuis le milieu du xvi° siècle iusqu en 1659. "'
ENFANTS TROUVÉS. Chez la plupart des peuples anciens, comme encore auj., dit-on, dans plusieurs contrées de
l'Orient, p. ex. en Chine et au Japon, Vexposition des nouveau-nés n'avait rien de criminel. Le christianisme rectifia les idées à cet égard ; mais pendant longtemps encore ce fut uniquement la charité privée qui pourvut à l'entretien des enfants abandonnes. I)es hospices d'enfants trouvés (PpeepoTpotpeta) avaient été ouverts dès le temps de Justinien (5o0); mais après la ruine de l'empire romain, le sort de ces enfants redevint très précaire. Du v» au XII" siècle, l'usage de vendre les enfants trouvés comme esclaves fut commun par toute l'Europe, et les infanticides y furent très fréquents. L'Italie eut l'honneur d'apporter, la première, un remède à cet état de choses : on trouve des établissements spéciaux pour les enfants trouvés à Milan, dès 789, ou tout au moins en 1171; à Padoue, en 1097; à Rome, en 1204; à Pise, en 1219. En France, des maisons semblables s'ouvrirent à Marseille avant 1188; à Paris, en 4632. Aux xv» et xvi» siècles, ces établissements se multiplièrent par toute l'Europe; mais l'attention des gouvernements et la faveur publique ne se portèrent sérieusement sur eux que depuis la fondation de la maison de refuge ouverte à Paris, en 1638, par St Vincent dc Paul, maison qu'un édit de 1670 mit au nombre des hôpitaux de la ville de Paris.
Avant 1789, il était ordonné aux seigneurs hauts-justiciers de nourrir les enfants déposés sur leur territoire. Une loi du 10 déc. 1790 les mit à la charge de l'Etat; deux nouvelles lois, du 27 frim. an v et du 15 pluv. an xiii, et le décret du 19 janv. 1811 assurèrent leur avenir, en même temps que des peines furent décrétées contre les infanticides. La suppression des tours [Voy. ce mot) a contribué à diminuer le nombre des abandons. En même temps, l'administration hospitahère organisait un service de secours à domicile pour permettre aux mères indigentes de garder leurs enfants auprès d'elles. La loi du 18 juillet 1866 a eu pour objet de réglementer cette r.ouvelle organisation. Une loi de 1889 attribue à l'Assistance publique les droits de puissance paternelle sur les enfants ainsi recueillis par elle. — Consulter sur ce sujet : Remacle, Des hospices d'enfants trotivés (1838) ; Terme et MontidXcon, Histoire des enfants trouvés (1837); Gouroif, Recherches sur les enfants trouvés (1839) ; Curzon, Etudes sur les enfants trouvés (1847) ; A. de Watteville, Rapport sur la situation du service des enfants trouvés (1849), etc.
Pour le Travail des enfants dans les manufactures, Voy. ci-dessus enfant et apprenti.
ENFER (du lat. inferus, qui est au-dessous, sous terre), lieu destine au supplice des damnés, et où les âmes des méchants subissent le châtiment de leurs crimes : c'est la demeure des démous. On y subit deux peines, celle du dam, qui consiste dans la privation de la vue de Dieu, et celle du sens, qui consiste à souffrir les tourments les plus violents : l'Ecriture nous représente ces tourments comme un feu qui agira sur les corps et sur les âmes sans les détruire. Le sentiment de la plupart des Pères et des Théologiens est qu'il s'agit d'un feu réel et non allégorioue; toutefois ce n'est pas un article de foi. Les peines de l'enfer sont éternelles ; le sentiment contraire serait une hérésie.
Voy. DAMNATION.
Toutes les religions se sont accordées pour admettre qu'il y avait, après la mort, des supplices pour les méchants, comme il y a des récompenses pour les bons [Voy. enfers au Dict. a'Hist. et de Géogr.) ; mais elles dilfèrent sur la description de ces supplices. — Homère, dans le xi° chant de l'Odyssée; Virgile, dans le vi' livre de l'Enéide; Dante, dans la Divine Comédie [Enfer) ; Milton, dans le Paradis perdu (ch. i et ii); Fénelon, dans le Télémaqtte (liv. xiv)-. Voltaire, dans la Henriade (ch. vu) ; Chateaubriand, dans les Martyrs (liv. viii), ont décrit poétiquement les Enfers.
ENFERMÉS, nom sous lequel on a longtemps réuni tous les Mollusques acéphales, à coquille bâillante aux deux extrémités, et dont le manteau ouvert antérieurement pour le passage du pied se prolonge postérieurement en un double tube qui fait saillie hors de la coquille. Tels sont les Solens, les Fistidanes, les Clavagelles, les Pholades, les . arets, etr Les Enfermés ont été depuis démembrés en un certain nombre de familles.
ENFILADE (du préf. en et de file). Un front de fortification, une tranchée, une troupe sont dits pris d'enfilade lorsqu'ils sont battus par l'ennemi dans le sens de la longueur. Le tir d'enfilade est celui que prend la fortification ou des tranchées eu enfilade.