‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 58 sur 1729 · AMENER · texte numérisé non relu

AMENER

AMIDES

d'<>n modifior la nature physi<|ue. Les principaux amondi'moiits sont : l'argile pour un sol sablcMix ; le sahle pour un sol arj,'ilcux; les niarniîs, la craie, la chaux, le plâtre, le sel umiin, le nilrc, les cendres, qui agissent surtout cominiî stimulants de la végétation. Un étend cpielquefois, mais à tort, le nom A'amendetncnls aux engrais nui ont pour objet de modilier la nature cliimiipie du sol. Quant aux onérations, il faut citer surtout les empierrements, les bi!!:»ns. le drainage, le colmatage, l'écobuagc, etc. L'art d.'< amendements ne date guère que du dernier siècle. Ir.iiiklin, à cette époque, et de nos jours De Dombasle, I! Dissingault et Gasparin ont beaucoup contribué à le m -lire en honneur. La Maison rustique du \\\° siècle \,il. I. ch. 3) donne, sur ce sujet, de précieuses directions.

Kii Politique, on nomme Amendements les modifications apitnrtées à une loi, lors de sa discussion publique dans les chambres ou assemblées délibérantes. La constitution de IS.")'2 refusait au Corps législatif le droit d'amendement c:i ce sens, que si ramendcment proposé n'était pas adopté pa;- le Conseil d'Etat, il ne pouvait être mis en délibération. l,e ^énatus-consulte d'août 1869 rendit ce droit aux députés, et le Cjnseil d'Etat ne fut plus appelé à donner son avis que si le gouvernement n'acceptait pas l'amendement. Depuis 1870 le droit d'amendement n'a pu et ne saurait être mis en discussion, étant la condition même du libre fonctionnement de tout pouvoir législatif.

AMENER (mandat d'I. Voy. mandat.

AMENTACÉES, famille de plantes Dicotylédones apétales qui comprend un grand nombre de genres, remarquables par la forme de leurs lleurs mâles disposées en chatons [amentum). On la subdivise en Bétulacées, Salicinées, Qtiercinres, Myricées, Juglandées, etc.

AMER, nom vulgaire de la vésicule du fiel.

AMÉRICAINS, en t. de Cuisine, petits biscuits garnis de fiaiigij)ane et de chocolat.

AMERS (du lat. atnarus], médicaments caractérisés par la savcnr toute spéciale que rappelle ce nom : tels sont le quincpiina. le quassia, la gentiane, l'absinthe, la petite centaurée, la germandrée, la camomille, le scordium, la rhubarbe, l'écorce d'orange, la fève St-Ignace, etc., où l'amertume est plus ou monis forte. Les amers sont toniques, stomachiques, fébrifuges, dépuratifs ou purgatifs.

AMERS \de à et mer), se dit, en Marine, de toutes les marques apparentes sur les côtes, telles que clochers, tours, rochers, etc., qui peuvent servir à guider les navigateurs.

AMÉTHYSTE itlu gr. àiAsOucTTOî, qui chasse l'ivresse, jwrce que les anciens attribuaient à cette pierre la propriété de préserver de l'ivresse), pierre précieuse de couleur violette, est un Quartz transparent, coloré par de l'oxyde de manganèse; elle s'emploie dans la bijouterie. Les plus belles améthystes viennent de Ceylan, des Asturies, du llr'sil. de la Sibérie; on en trouve aussi en France et en Alieinagne. L'anneau pastoral des évèques est orné d'une ani 'Ihyste, ce qui l'a fait nommer j)ierre d'évêque. — L'.l. orientale est une variété de Corindon.

AMÉTHYSTÉE, Amethystea, plante annuelle de la famille des Laliiées, tribu des Ajugo'idées. Elle est originaire do l'Asie moyenne ; on la cultive dans nos jardins. Sa tige, haute de 0 m. 30, porte des feuilles opposées et d'un vert temlrc. Ses lleurs, petites, de couleur bleu-violet (d'où le nom de la plante , répandent une odeur suave.

AMÉTROPIE (de à priv., [lÉxpov, mesure, et w(^, œil), anomalie de la vision, due à une insuffisance ou à un excès de la réfraction dans l'appareil dioptrique de l'œil. Dans le premier cas {hypermétropie, Voy. ce mot), le foyer principal du système optique formé par l'œil se fait en arrière de la rétine; dans le second cas [înyopie, Voy. ce mot), le foyer principal se fait en avant de la rétine. On corrige ramétro|)ie en employant des verres destinés à remettre le foyer principal à la distance normale.

AMEUBLISSEMENT (de meuble). En Droit, c'est la clause d'un contrat de mariage par laquelle les époux font entrer en communauté tout ou partie de leurs immeubles présents ou futurs, les assimilant par fiction à des meunles (C. civil, art. 1505-1510)

En Agriculture, c'est le travail qui consiste à rendre une terre plus meuble, plus légère : on y réussit par de fréquents binages, qui, en même temps qu'ils enlèvent les herbes nuisibles, facilitent l'action des rosées et des eaux pluviales.

AMHERSTIE, Amherslia, genre de la famille des Légumineuses. L'.-l. nobilis est un arbre magnifique, origi-

naire de l'Asie, dont les fleurs rouge-écarlate en grappes pendantes ont le port des Orchidées.

AMIABLE COMPOSITEUR. Voy. arditrage.

AMIANTE idu gr. à|JL!avTo;, incorruptible), substance minérale, tantôt verte ou grisâtre, tantôt blanche, (pi 'on rencontre en masses fibreuses ou feutrées, souples et soyeuses, particulièrement dans les fissures des dépôts de serpentine. C'est un silicate de magnésie, souvent hydraté, qui paraît provenir de l'altération de l'amphibole ou du pyroxène. L'amiante est difficilement fusible : cette pro-

firiété et sa structure filamenteuse lui ont fait donner par lauy le nom d'Asbeste flexible, par opposition à VAsbeste propr. dite, dont les fibres sont plus raides : on la désigne aussi sous les noms de Papier fossile, de Bois et Carton de montagne. — Les anciens en faisaient : des nappes et des serviettes qu'on jetait au feu pour les blanchir ; des mèches qui brûlaient dans l'huile sans se consumer; des linceuls pour les cadavres, dont on voulait empêcher les cendres de se mêler à celles du bûcher. On fait actuellement avec l'amiante des toiles grossières (|ui servent do garniture dans les machines à vapeur. — Cette substance passait autrefois pour très rare ; elle est auj. très commune : on la trouve dans les Hautes-Alpes, dans les Pyrénées (près de Barèges), en Ecosse, en Corse, et dans la Tarentaise en Savoie : c'est l'amiante de ce dernier pays qui donne les filaments les plus longs et les plus soyeux.

AMIBE (du gr. àjxoiêôî, alternant, changeant), nom donné à des êtres microscopiques qui sont à la limite des deux règnes (animal et veçetal), et dont la constitution présente le dernier degré de simplicité. C'est une masse de protoplasma [Voy. ce mot) qui n'est limitée par aucune enveloppe; ces êtres sont continuellement en mouvement, et d'une telle instabilité de formes qu'on les voit en changer à cbai|ue instant, d'où le nom de Protées qu'on leur donne quehpiel'ois. On peut, en coupant l'un d'eux, d'un seul être en faire plusieurs. — Les Amibes avaient été rangés au dernier rang des Infusoires; mais, en 1858, De Bary a constaté l'.existence d'Amibes végétaux appartenant au gi'oupe des Champignons myxomycètes.

AMIBOÏDE (mouvements), mouvements du protoplasma qu'on peut observer chez diverses cellules animales ou végétales, lorsqii'elles sont isolées et libres à l'intérieur d'un liquide. Ces mouvements se manifestent par une suite de changements do forme de telle ou telle partie du protoplasma ; celui-ci envoie de côté et d'autre des prolongements, dits pseudopodes, qui s'étendent ou se rétractent suivant h^s conditions de milieu. Les globides blancs du sang, les protozoaires du groupe des amibes, le plasmode des champignons myxomycètes, ont des mouvements amiboïdes très nets. On peut même observer de tels mouvements dans les noyaux et les nucléoles des cellules, par exemple dans la tache germinative des œufs de certains Poissons.

AMICT (du lat. amictus), linge bénit, de forme carrée, que les ecclésiastiques se mettent sur les épaules avant de revêtir l'aube, et après l'avoir un instant placé sur la tête. Les diacres et les induts portent aussi Vamict quand ib servent à l'autel.

AMI DES [à'am, abrév. à' ammoniaque, et de la termin. ide), classe nombreuse de composés chimiques, qui ne diffèrent des sels ammoniacaux que par l'absence îles éléments de l'eau. Chautfées avec l'eau, les amides s'assimilent une molécule d'eau et reproduisent le sel ammoniacal : au contraire, chauffées avec les déshydratants, elles perdent une nouvelle molécule d'eau et donnent naissance aux nilriles [Voy. ce mot). On peut considérer les amides comme résultant de la substitution des radicaux acides à l'hydrogène de l'ammoniaque.

A chaque amide correspond donc un acide: aussi désigne-t-on les amides par les noms de leurs acides qu'on termine par la désinence amique, ex. : ac. oxamique. ac. phosphamique, ou par la Acûnenca amide, ex. : acétamide,^ oxamide, etc. — Les amides peuvent contenir 1 seul atome d'azote, ils portent alors le nom de monamides, se distinguant en jn-imaires, secondaires, tertiaires, selon que 1, 2 ou 5 atomes d'im radical d'acide s'unissent à l'azote : elles peuvent aussi contenir 2, 5 atomes d'azote : elles portent, dans ce cas, le nom de diamides, triamides, etc.

La première amide a été découverte en 1850 par Dumas, en distillant l'oxalate d'ammoniaque; ce sel en perdant de l'eau produisait l'oxamide. On obtient généralement les amides en soumettant les éthers composés à l'action de

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