‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 59 sur 1729 · AMITIE · texte numérisé non relu

AMITIE

rammoniaque. La composition des amides et leur fonction ont été mises en évidence par Laurent et Gerhardt. Pour les mots terminés par amide, voy. l'acide correspondant.

AMIDON (du gr. àtxyXov), poudre blanche sans odeur et sans saveur, formée de granules sphéroïdes, ovoïdes ou ' plus ou moins allongés, qu'on extrait de diverses plantes, telles que les céréales ou autres graminées, les semences ■ (les légumineuses (fèves, haricots, pois, lentilles . les raci- ' nos ou tubercules charnus de la pomme de terre, du topi- \ iiamlx)ur, du manioc, les tiges des palmiers, plusieurs es- , péces de lichens, les racines d'aunée. de dahlia, les bulbes | du lis, les fruits du chêne, du marronnier d'Inde, du châ- . taignier, etc. On a rencontré aussi dans l'organisme animal, dans la rate, les reins, le foie, l'épiderme. dans les ' bronches, etc.. une matière amylacée analogue à l'amidon. — ' On lionne particulièrement le nom d'amidon à l'amidon des | céréales: on appelle fécule l'amidon extrait de la pomme j de terre. On trouve dans le commerce plusieui-s espèces de fécules connues sous les noms Aarroic-root, de tapioca, de sagoit, qui ne sont que diverses formes de l'amidon.

On peut extraire l'amidon en soumettant les farines à ime longue lennentation ; le gluten se gonlle en se rassemblant, et l'amidon s'en sépare alors facilement. D'après un procédé préférable, on fait mie pâte de la matière d'où 1 on veut extraire l'amidon, et Ion soumet cette pâte à un lavage continu sur un tamis en toile métallique : on obtient, d une part, dans le liquide, l'amidon en suspension et la matière sucrée dissoute ; de l'autre, sur le tamis, le gluten non altéré. L'extraction de la fécule de la ponune de terre se fait par ce procédé.

A l'état de pureté, l'amidon, quelle qu'en soit l'origine, est partout identique, et ne constitue qu'une seule espèce chimique. Il renferme du carbone, de l'hvdrogèue et de l'oxygène dans les rapports de C®H***0^: Il est insoluble dans l'eau froide ; l'eau chaude le convertit en une matière collante et mucilagineuse, l'empois : c'est le résultat d'un gontlemcnt considérable, et non d'une solution dans l'eau des grains d'amidon. — L'amidon se colore en bleu par une solution d'iode. La sensibilité de l'amidon comme réactif de l'iode est telle, qu'on peut reconnaître dans un liquide, au moyen dune solution aqueuse d'amidon. jusque I 550 000 diode libre. Sous l'influence de l'acide azotique, il donne de l'amidon nitrique ou xylotdine . explosif dangereux. Sous l'influence des acides faibles, aidés de la chaleur, l'amidon se convertit d'abord en une matière soluble [amidon soluble], puis donne de la dextrine. et enfin du sucre de fécule ou glucose C®H'-0'' . Sous linlluence de Vamylase [Voy. ce mot), diastasc contenue dans l'orge germée, ce sont des dextrines et du maltose C'-ll— 0'* qui prennent naissance. Ces transfonnations donnent à 1 amidon une grande importance dans plusieurs arts mdustriels. entre autres dans la fabrication de Veau-de-vie de pommes de lerre et princijjalement dans celle de la Oièrc.

La fécule offre un aliment alx)ndanl. assez nourrissant et facile à préparer : sa fadeur naturelle en fait l'excipient approprié d'une foule de matières d'assaisonnement. — Dans les fabriques d'indiennes, l'amidon de blé est employé pour épaissir les mordants. L'apprêt qu'on donne aux toiles de lin. de chanvre et de coton est souvent fait avec de l'empois de fécule, .\utrefois on consommait une énorme quantité d'amidon pour poudrer les cheveux. Les confiseurs en font mi usage journalier pour la composition des dragées. En médecine, on emploie l'amidon comme adoucissant; on h' donne en lavement dans les diarrhées : on l'emploie dans les maladies de peau, en bains, sous forme de glycérolè. etc.

AMIOURES d'amide' . combinaisons dérivées de l'ammoni.iijne [AzlP], dans laquelle un ou plusieurs atomes d hydrogène ont été remplacés par des métaux : les comp>sés .\z H* K. .\z n*Ag, Az H Hg, sont des amidures. Le nombre des amidures connus est très grand : le cui>Te, le mercure, l'argent, le potassium donnent des amidures : mais la plupart de ces composés sont d'une grande instabilité, et plusieurs sont explosifs.

AMIE (du gr. aaiï, \e pélamys sarde', nom donné à tort par Linné à un poisson de la famille des Clupéidcs, VA. chauve, qui se trouve surtout en Amérique, dans les rivières de la Caroline. Voy. pélamys.

Ar/IINES d'am, pour ammoniaque, et delà termin. i»»p ou ammoniaques composées, bases organiques comparables à lauimoniaque, et que l'on obtient en substituant dans ce

dernier corps un ou plusieurs radicaux alcooliques à .un ou plusieurs atomes d'hvdrogène. Par exemple. \ élhylamiue AzH*;C*H5;, la diéthylamine AzH C*H» *, et la triéthylamine Az;C*H')^, composés où le groupe éthyle C*H^ vient successivement, dans l'ammoniaque Az H', remplacer 1, 2 ou 3 atomes d'H. Suivant chacun de ces 5 cas, on appelle ces aminés pi-imaires. secondaires, tertiaires. On nomme diamines les aminés condensées contenant 2 atomes d'azote ; triamines, celles qui en contiennent 5. Il existe aussi des aminés oxygénées : à cette classe appartiennent les hydroxélhylénamines. — Pour préparer les aminés, on traite généralement les éthers iodhydriques par l'ammoniaque. Ces composés ont des propriétés analogues à celles de l'ammoniaque, ils se combinent aux acides pour doimer des sels analogues aux sels anuuoniacaux. La diamine de Curlius (AzH--AzH*] est une base puissante. — Les aminés ont été découvertes en 1849, par \Vurtz. (Pour les mots terminés par la désinence aminé, voy. le radical qui précède: ainsi pour l'élhylamine. voy. éthvle.)

AMIRAL (de l'arabe émir], général en chef de la flotte. Ce titre, emprunté à la marine musulmane, parait avoir d'abord été adopté par les Siciliens et les Génois. St Louis introduisit cette dignité en France eu 1270. en faveur de Florent de Yarennes ; il fit de l'amiral une des grandes dignités de la couronne, et lui confia l'administration de la marine. Charles IV créa, en 1522. un grand amiral, avec de nouvelles prérogatives. RicheUeu. redoutant l'influence d'une si haute dignité, la supprima en 1627. Louis XIV la rétablit en 1669. mais en dimmuant ses prérogatives. Supprimé de nouveau en 1791 par l'Assemblée nationale, le titre de grand amiral fut nominalement rétabli en 1806

Car Napoléon, qui le conféra à son beau-frère Murât ; Louis VIII le donna à son neveu, le duc d'Angoulème. Après 1850. ce titre purement honorifique disparut; mais Louis- Philippe créa trois titres d'amiraux; une loi du 17 juin 1841 maintint ce nombre pour les temps de guerre, mais le réduisit à deux en temps de paix. Les amiraux furent assimilés aux maréchaux de France, et ne purent être pris que parmi les hauts officiers de la marine. Ils ont sous leui-s ordres des vice-amiraux et des contre-amiraux Voy. ces motsl. Le vaisseau monté par un amiral est dit vaisseau amiral. Il n'y a plus d'amiral en France, il n'y a que des vice-amiraux et des contre-amiraux. Voy. amirauté.

AMIRAL, Conus amiralis, coquille univalve du genre Cône, qui se trouve sur les côtes de la mer des Indes. Ce coquillage est très recherche.

AMIRAUTÉ d'amiral . C'était autrefois une cour contentieuse ayant une juridiction spéciale, distincte des tribunaux judV'iaires. On y rendait la justice sur les faits et les contestations de la marine et du commerce, sous le nom et l'autorité de l'amii-al. L'amirauté avait dans tous les ports du royaume des sièges et des bureaux. Le chef des officiers de chaque siège prenait le nom de lieutenant de l'amirauté. L'amirauté était une des trois juridictions de la table de marbre. L'appel de ses décisions était porté devant le Parlement. — Napoléon avait créé en 1810 un Conseil de marine, pour régler tout ce qui concerne la marine et qui rappelait l'ancien conseil de marine, établi par Richelieu. Supprimé en 1814, il fut rétabli en 1824 sous le nom de Conseil d'amirauté. Ce conseil a été plusieurs fois réorganisé, notanunent par lord, du 26 août 1850 et les décrets du 16 janv. 1850. du 20 mars 1858 et du 25 oct. 1871. Il est présidé par le ministre de la marine. — jEn Angleterre. V Amirauté, composée de plusieurs commissaires appelés lords de l'Amirauté, a la direction suprême de tout ce qui concerne la marine, et possède les attributions judiciaires de l'ancienne amirauté de France.

AMITIÉ (du lat. amicitia], penchant qui nous attire vers un de nos semblables doué de qualités qui nous paraissent aimables : c'est une de ces dispositions bienveillantes qui ont pour principe général la sympathie. Plus vive que la simple affection, l'amitié n'a point l'ardeur et la véhémence de Vamour, qu'on entende par ce mot l'attrait particulier qu'un sexe éprouve pour l'autre, ou en général la passion qu'on ressent pour ime personne ou une chose {Voy- AMOCR, SYMPATHIE^ L'amitié suppose d'ordinaire réciprocité. Elle exige une certaine conformité d'idées et de caractère pour qu'il y ait union, et une certaine dillèreiice dans les qualités pour que les amis puissent mutuellement se communiquer quelque chose. Si elle se forme peu à peu par un long commerce fondé sur l'estime et la préférence, elle ajoute à lui sentiment variable et passager un élément mo-

AMMÉf.ïDE

Page 1