EPULIS
Lucain, la Guerre punique de Silius Italicus; chez les moHerncs, la Divine Comédie de Dante, la Jérusalem délivrée du Tasse, le Paradis perdu de Millon, les Lusiaaes du Camoëns, la Henriaae de Voltaire, la Messiade de Kiopsloek. On a aussi classé dans le genre épique quelques grandes compositions en prose, comme le Télémaque ^c Fenelon, les Martyrs de Chateaubriand, etc.
L'épopée badine ou hérot-comique est une parodie de l'épopée sérieuse où la disproportion des moyens avec la fin excite le rire. Tels sont : la Batrachomyomachie attribuée à Homère, le Lutrin de Boilcau, la Boucle de cheveux enlevée de Pope ; et, dans un ordre plus relevé, le Holand amoureux de Boiardo et celui de Berni, le Roland furieux de l'Arioste, etc.
ÉPOPTE, initié aux mystères d'Eleusis. Voy. le Dict. d'Hisl. et de Géogr.
ÉPOQUE (du gr. ïitoj^t^, arrêt), se dit de certains temps marqués par un grand événement, comme l'invasion des Barbares, la création, le déluge, la naissance de J.-C, l'hégire, la prise de Constantinople, la découverte de l'Amérique, etc. ; ces temps servent aux historiens pour établir des divisions dans l'étude de l'histoire universelle. V. ère.
En Astronomie, on appelle époque le lieu moyen d'un âstre à un instant déterminé: on s'en sert pour trouver ensuite, en partant de cet instant, le lieu moyen de l'astre pour un autre instant quelconque. On choisit quelquefois pour fixer cette époque le passage au périhélie.
En Géologie, on distingue sous le nom d'époque la période de temps pendant laquelle s'est déposé un étage de la série des terrains sédimentaires. Ex. : l'époque ordovicienne, l'époque balhonienne, l'époque helvétienne. — Voy. aussi prémistorique.
En Philosophie, les Pyrrhoniens appelaient époque (èitoyV^) la suspension du jugement : selon eux, on trouve ^cs raisons égales pour affirmer et pour nier, et on ne doit se prononcer ni dans l'un ni dans l'autre sens. Pyrrlion appuyait cette opinion de plusieurs arguments, appelés raisons d'époque, et tirés du caractère relatif de la connaissance humaine. Voy. scepticisme.
ÉPOUSAILLES (du lat. sponsalia). Ce mot s'appliquait autrefois spécialement aux promesses de mariage, et se prenait tantôt pour une simple promesse qui ne liait pas les parties, tantôt comme synonyme du mot fiançailles ou accordantes \ plus tard il est devenu synonyme de mariage.
EPOUTISSAGE, second épluchage du drap, analogue à Vépincetage. Voy. ce mot et drap.
ÉPOUVANTAIL, se dit de tout obiet destiné à éloigner des champs cultivés ou des jardins les oiseaux granivores. Les meilleurs épouvantails sont ceux qui s'agitent au vent et semblent animés.
ÉPOUX (du lat. spo7isus). Ce mot désigna dans l'origine deux fiancés, deux personnes qui s'étaient promis de se marier et qui étaient liées par cette promesse. Aujourd'hui il est synonyme de conjoint, c.-à-d. de tiiari et de femme. — Aux termes de la loi (C. civ., art. 212 et suiv.), les époux se doivent mutuellement fidélité, secours, assistance ; le mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari. La femme est obligée d'habiter avec le mari, et de le suivre partout où il juge à propos de résider. Le mari est oblige de la recevoir et de lui fournir tout ce qui est nécessaire pour les besoins de la vie. La femme ne peut tester en jugement sans l'autorisation du mari, si ce n'est quand elle est poursuivie en matière criminelle ou de police : le juge peut alors donner cette autorisation, à délaul du mari. Elle ne peut, sans la même autorisation, donner, aliéner, hypothéquer, acquérir à titre gratuit ou onéreux; mais elle peut tester sans l'autorisation de son mari. Le meurtre commis par l'époux sur l'épouse, ou par celle-ci sur son époux, n'est excusable que si la vie de celui qui a commis le meurtre était en péril lorsque le meurtre a eu lieu. Dans le cas de flagrant délit d'adfultère de la femme, le meurtre est déclare excusable IC. pén., art. 324). — Le conjoint survivant ne peut succéder au défunt que s'il ne laisse ni parents au degré successif, ni entants naturels reconnus : mais une loi récente (1891) donne au conioint survivant un droit à l'usufruit d'une partie des biens laisses par son conjoint, et les époux peuvent faire un testament en faveur l'un de l'autre.
ÉPREINTES (Médecine). Voy. ténesme.
ÉPREUVE {à-éprouver). En Typographie, on nomme épreuves les divers tirages faits sur la forme et soumis à
correction avant que la feuille soit tirée : la première épreuve se collationne dans l'imprimerie même avec la copie (manuscrit) : on la nomme première typographique; elle est suivie, pour les ouvrages nouveaux, d'épreuves qui sont envoyées à l'auteur en placards; la dernière de ces épreuves, la mise en pages étant faite, est signée par l'auteur et devient le bon à tirer. Quel que soit le nombre des épreuves précédemment tirées, on appelle tierce celle que le correcteur de l'imprimerie revoit au moment de
I impression, afin de s'assurer que toutes les corrections indiquées ont été bien exécutées : c'est celle d'après laquelle le tirage est fait.
On donne aussi le nom d'épreuve : i" aux premières feuilles d'essai d'une planche gravée; 20 a toute estampe tirée après que le travail est entièrement terminé. Les amateurs recnerchent les épreuves avant la lettre, c.-à-d. celles qu'on tire avant d'y mettre l'inscription, et parmi celles-ci on distingue : \'É. avant toute lettre, \'E. avec la lettre grise, c.-à-d. avec la lettre simplement tracée ei non noircie ou ombrée: les E. avec la remarque sont les premières épreuves tirées qui portent, dans les marges, des remarques : traits, figures, essais de burin, que l'artiste a marquées sur les bords de la planche, au cours de son travail et que l'on fait disparaître pour le tirage définitif. — En Photographie, on appelle E. négative celle qui reproduit le modèle avec des tons inverses, c.-à-d. les clairs en obscur et les obscurs en clair.
liPREUVE JUDICIAIRE. Voy . JUGEMENTS DE DIEU aU Dicl.
d'Hist. et de Géogr.
ÉPREUVE PAR ASSIS ET LEVÉ. Voy. VOTE.
ÉPROUVETTE, vase de verre, ayant la forme d'un tube fermé par un bout, dont se servent les chimistes pour recueillir les gaz sur la cuve à eau ou à mercure. .Moilrel d'Elément a le premier enseigné, en 1719, ce moyen de recueillir les gaz.
Les distillateurs donnent souvent le nom d'éprouvelle à V aréomètre [Voy. ce mot), parce qu'il leur sert à éprouver le degré alcoolique du produit de leur distillation. Ils emploient aussi pour faire cette épreuve un tube de verre, en forme de bouteille, long d'env. 0°",15 ou 20 : ce tube étant rempli à moitié, on bouche l'instrument avec le pouce, puis on secoue violemment afin d'exciter un grand nombre de bulles, et à la manière dont ces bulles se disposent sur le liquide, on juge du degré alcoolique.
Eprouvette à poudre, instrument destiné à mesurer la force de la poudre. Avec l'éprouvette hydrostatique de Régnier, cette force était mesurée par l'enfoncement dans l'eau de l'appareil sous le choc produit par la déflagration dans une sorte de petit canon d'un poids donné de la poudre à essayer. Cet instrument n'est plus usité.
EPSOM (Angleterre, Surrey), eau minér. Voy. eaux minérales.
EPSOMITE, sulfate de magnésium naturel [MgO.SO'' 711*0), en efflorescences cristallines, à Epsom (Angleterre), en Hongrie, etc.
ÉPUISEMENT [d'épuiser], diminution progressive des forces, produite par des évacuations excessives, la débauche, une fatigue considérable, la privation de sommeil, les adections tristes, la contention d'esprit, une nourriture insuffisante ou malsaine, une croissance trop rapide, etc. L'épuisement amène l'amaigrissement et quelquefois la mort par la phtisie.
épuisement, opération qui consiste à enlever l'eau qui envahit une partie de terrain plus ou moins grande, avec divers instruments, soit à la main (seaux, écopesl, soit à l'aide de machines (pompes, vis d'Archimède, roues à aube, siphons, etc.). Dans les mines et carrières il faut en général enlever l'eau d'une manière continue [Voy. exiiaure). Si l'on agit sur de très grandes surfaces de terrain, comme dans les polders de Hollande, les wateringues des Flandres, l'opératicm d'épuisement de l'eau reçoit le nom de dessèchement.
ÉPUISETTE, petit filet à maiUes fines, en forme de poche et monté sur un cerceau avec un long manche. Les pêcheurs à la ligne s'en servent pour enlever hors de l'eau les poissons dont le poids ou la résistance pourrait faire rompre le fil.
ÉPULiS (du gr. ^TcouXtî) . Le terme d'épulis indique une tumeur siégeant sur la gencive sans spécifier sa nature.
II Y a en effet des épulis , fibreuses, sarcomateuses, épithéliales. Implantées nans l'intervalle qui sépare deux dents ou émergeant d'un alvéole dont la dent est absente, elles
ÉPULONS