ESCROQUERIE
eu rf'sultait ne produisait que des empêchements au mariage. Il était de plus soumis à de mauvais traitements pour les fautes les plus légères; il pouvait être battu de vcrgi's, sinon livré aux bêtes, ou mis en croix; trop souvent on li; laissait mourir de faim. Un sénatus-consulte rendu sous Auguste ordonnait de mettre à mort les esclaves d'un homme tué dans sa maison. Ces traitements barbares soulevèrent sous la République de nombreuses révoltes ; il fallut soutenir conti'e les esclaves de véritables guerres (dites guerres serviles) : contre Eunus en Sicile (135 av. J.-C), contre Salvius (103) et contre Spartacus en Italie (73). Cependant la condition des esclaves s'améliora peu à peu : dès l'Empire, celui qui tue l'esclave d'au- Irui est considéré comme meurtrier, celui qui abandonne son esclave infirme en perd la propriété. Les esclaves trop inlmniainemcnt traités peuvent implorer le secours du magistrat qui ordoinie à leur maître de les vendre; enfin le christianisme apporta au sort des esclaves les derniers et les plus complets adoucissements. — On sortait de l'esclavage par l'ad'ranchissement. Voy. affranchi, affraxchisse-
MEXT.
L'esclavage s'est maintenu constamment dans toute l'Asie et en Afrique, et il y règne encore. En Europe et parmi les peuples chrétiens, il se maintint au moyen âge sous le nom de servage [Voy. ce mot), et après la découverte de l'Amérique, les Espagnols, imités bientôt par tous les autres peuples chrétiens, le renouvelèrent en réduisant à l'esclavage d'abord les Indiens, puis les Nègres d'Afrique transportés aux colonies. Les Anglais eurent l'honneur, au dernier siècle, de s'élever les premiers contre la traite des nègres : l'alTranchissement de tous les esclaves de leurs colonies, préparé par de sages mesures, fut effectué en 1833. En 1793, la Convention proclama l'alfranchissement des nègres dans les colonies françaises; mais ce brusque affranchissement fut le signal des massacres de St-Domm-
Ïfue. Sous la Restauration et pendant la monarchie de Juilet, il fut pris une série de mesures pour adoucir le sort des esclaves, pour diminuer leur nombre et pour les amener progressivement à la liberté (ordonn. du 5 janvier 1840, lois des 18 et 19 juillet 1845, etc.); leur affranchissement définitif fut prononcé en 1848, et une indemnité fut allouée aux colons dépossédés. Toutes les nations d'Europe essaient actuellement de s'entendre pour empêcher la traite, c.-à-d. la vente des esclaves en Afrique.
Un doit à M. H. Wallon l'Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (1847) ; à Condorcet, à Wilberforce, à MM. de Uroglic, Agenor de Gasparin, V. Schœlcher, Molinari, de nond)riHix écrits sur l'esclavage moderne. — Voy. traite.
ESCOFFION (de l'ital. scuffiône], coiffure de femme en usage au moyen âge : c'était un réseau formé de rubans d'or ou de soie. On en porte encore dans le midi de la France.
ESCOMPTE (du préf. es et de compte). On appelle ainsi la retenue que fait un banquier sur le montant d un billet, lorsque le porteur de ce billet veut l'échanger contre de l'argent quelque temps avant son échéance. On donne aussi le nom d'escompte à la remise que fait un commerçant à son débiteur quand il lui a accordé un délai pour payer, et que celui-ci veut se libérer par anticipation. — On distingue deux sortes d'escompte : l'E- en dehors et l'E. en dedans. h'E. en dehors, que l'on pratique en France, est toujours proportionnel à la somme à escompter et au temps qui reste à courir jusqu'à l'échéance. Les différentes questions relatives à cette sorte d'escompte se
X. R. t résolvent à l'aide de la formule E = ' ^' » dans laquelle
E représente l'escompte, A la somme sur laquelle il est
Îris, R le taux (escompte d'une somme de 100 fr. pour an), et t le temps exprimé en années ou fraction d'année. On peut observer qu'en prenant l'escompte en dehors un banquier prend à la fois l'intérêt de la somme qu'il donne et celui de la somme qu'il garde. — Au contraire, dans r£. en dedans, que Von pratique dans plusieurs pays étrangers, l'escompte gardé par le banquier représente spulemcnt riiilérêt de la somme qu'il donne, en sorte que si l'on fait escompter p. ex. un billet de 105 fr., à 5 %
Eour un an, le banquier garde 5 fr. et donne 100 francs. es problèmes d'escompte en dedans se résolvent à l'aide A. R. <
de la formule E
100 -t- R. t La plupart des maisons de banque ont pour opération principale l'escompte des billets. Parmi les établissements
[lublics qui ont les opérations d'escompte dans leurs attriintions, il faut citer en première ligne la Banque de France et les Comptoirs d'Escompte, créés en 1848. Foi/, ces mots.
ESCOPE. l'oy. ÉcoPE.
ESCOPETTE (de lesp. escopeta ; du lat. sclopus], arme à feu en forme d'arquebuse ou de carabine, qu'on jwrtait en bandoulière ou qu'on attachait à l'arçon de la selle. Le canon de l'escopette avait environ un mètre de long; il était rayé à raies droites, et portait à une grande distance, cinq cents pas env. Ce fut l'arme de la cavalerie française, de Charles VIII à Louis XIII; elle n'est plus en usage aujourd'hui. Voy. carabine.
ESCOT (signifiait anciennement écossais : on suppose donc que cette étoffe fut d'abord fabriquée en Ecosse), étoffe de laine dont le tissu est croisé, était .autrefois fort à la mode et est peu en usage de nos jours. On en fait des robes de deuil, des vêtements pour religieuses et des tabliers communs.
ESCOUADE ilescadre), subdivision d'une compagnie, commandée par un caporal ou un brigadier, se compose de 10 à 12 nommes dans l'infanterie et de 6 à 8 dans la cavalerie. L'escouade répond à peu près aux décuries grecques et romaines, et aux quadrilles du moyen âge. Depuis François I""^, le nom d'escouade fut donné à ce qu'on appelait d'abord dans l'infanterie escadre [Voy. ce mot). Il y avait trois de ces escouades (ou escadres) par compagnie. Elles étaient commandées par un cap d'escadre d'abord, et dans la suite par un caporal. L organisation actuelle date de 1788.
ESCOURGEON, variété d'Orge, cultivée en France comme orge d'hiver. Voy. orge.
ESCRIME (orig. germaniq.), art de faire des armes. L'escrime consiste surtout dans l'art de manier l'épée et le fleuret, ou jeu de pointe ; on y rattache l'art de manier le sabre, qu'on nomme aussi contre-pointe ou espadon. On compte théoriquement huit coups réguliers ; mais dans la pratique il n'y en a réellement que quatre qui aient de l'importance; ce sont : la seconde, qui est à droite, la pointe étant dirigée bas; la tierce, qui est à droite, la pointe étant dirigée haut (beaucoup oe tireurs emploient sixte au lieu de tierce) ; la quarte, qui est à gaucne, la pointe étant dirigée haut ; et la septime, qui est à gauche, la pointe étant dirigée bas. Chacun de ces coups a sa j'araae. Il y a. en outre, les dégagements, les contre-déga-
Îjements, les coupés, les parades circulaires ou contres, es attaques à l'épée, la riposte, la contre-riposte, le temps, le coup d'arrêt, la remise, etc. L'art de l'escrime comprend encore l'action de marcher ou d'aller en avant ; de rompre, ou de reculer. Les engagements consistent à s'emparer, à droite ou à gauche, du fer de son adversaire ; les battements ont pour but de le déranger ou de l'ébranler en frappant sa lame d'un coup sec. — On appelle tirer des contres, le simple exercice du ffeuret sans riposte de la part du maître, et assaut ou assaut d'armes, un duel simulé dans une salle d escrime. Voy. prévôt.
Les Grecs et les Romains ont connu l'escrime; les hommes libres se livraient surtout à l'escrime militaire (ÔTrXo[jLay{a, armorum tractatio, palaria) ; mais les gladiateurs avaient de véritables maîtres d'escrime [lanistse) sous la direction desquels ils apprenaient tous les secrets de leur art [ars luaicra). Au moyen âge, l'escrime des chevaliers ne consistait qu'à courre le faquin ou à combattre à la genette (Voy. ces mots), et se composait plus encore d'équitation que du maniement de l'épée. L'escrime moderne prit naissance en Espagne, sous Charles-Quint; elle passa de là en Italie : pendant deux siècles, ce pays fournit des maîtres d'escrime à toute l'Europe; mais depuis Henri II, les Français le disputèrent aux Italiens dans l'art de manier l'épée, et, sous Louis XIII, l'escrime devint tout à fait française. — On peut étudier les progrès de cet art dans les ouvrages de Marozzo père et fils, Arte degli armi (1536 et 1568) ; Saint-Didier, Traité de l'épée (1573); G. ThibauU, Académie de V art de l'épée (1628); Danef, l'Art des Armes (1766); Laboëssière. de l'Art des armes (1818); L.-J. Lafaugère, Nouveau Manuel d'escrime (1837); Grisier, les Armes et le Duel; Cordelois, Leçons d'armes (1873).
ESCROQUERIE (de l'ital. scroccheria,âe scrocco, escroc), toute manœuvre frauduleuse employée pour s'approprier la fortune d'autrui. Le Code pénal (art. 405) a réglé ainsi la peine de ce fait en le qualifiant. « Quiconque, soit eu
ESCULINE