‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 604 sur 1729 · FUSAIN · texte numérisé non relu

FUSAIN

ESTRADE (de l'espagn. extrada, chemin). On appelait batteurs d'estrade des cavaliers détachés d'une troupe pour aller à la découverte. Voy. éclairecr.

ESTKADE (du lat. slratum, plancher élevé au-dessus du parquet, dans une chambre, une salle, etc., pour y dresser un triine, un lit, ou pour y faire quelque cérémonie.

ESTRAGON, Artemisia draczinculits, espèce du genre Armoise Voy. ce mol), renferme des plantes vivaces, à feuilles petites et allongées, d'une odeur piquante et aromatique, qui sont originaires de Tartarie. L'estragon se multiplie de boutures et de pieds éclatés. Ses rameaux se coupent tous les mois, et on le renouvelle tous les trois ans. Il s'emploie comme assaisonnement dans les salades, et sert à préparer la moutarde et le vinaigre dits à Y estragon.

ESTRAMAÇON (de l'ital. stramaizone), lourde épée à large tranchant dont on se senait dans les combats et les duels à mort. On disait un coup d' estramaçon pour dire un coup de tranchant, par opposition à coup d'estoc, ou de pointe.

ESTRAPADE (du vieux franc, estréper, briser, ou de l'ital. strappata), genre de supplice qui consistait à élever le criminel au haut d'une longue pièce de bois, les mains liée? derrière le dos avec une corde qui soutenait le poids du corps, puis à le laisser tomber avec raideur jusqu'à environ un mètre de terre, en sorte que le poids du corps lui disloquait les bras et les épaules. Il y a encore à Paris la rue do V Estrapade. — On donnait aussi Y estrapade sur mer en hissant le coupable au bout d'une vergue, et en le laissant tomber plusieurs fois dans la mer. Ce supplice s'appelait cale sèche. Voy. cale.

ESTRILDA ou ASTRiLD, oiseau. Voy. séxécali.

ESTROPE (de l'angl. «<ro»). Dans la Marine, on appelle estropes : 1° les anneaux de cordage dont on ceint une

ulic : 1" les bouts de cordage épissés qui maintiennent es avirons dans leurs tolets; o" les étriers qui retiennent les marchepieds, etc.

ESTROPIÉS, groupe d'Insectes, de l'ordre des Lépidoptères diurnes, répond au genre Hespérie. Voy. «e mot.

ESTUAIRE du lat. œstuariiim] . ^ oy. EMBoucHimE.

ESTURGEON (de l'anc. ht-all. Sturio), Acipenser, genre de roissons chondroptérygiens, de l'ordre des Ganoïdes,

tj-pe de la famille des Sturioniens. Ces animaux ont la forme générale des Souales. Leur corps est garni de plaques osseuses arrondies, implantées sur la peau en rangées longitudinales. Leur bouche est petite, placée sous le museau. Leur longueur varie de 1 à 5 m. Us sont faibles et inolTensifs, et se nourrissent de vers et de mollusques. Les plus grands vivent de harengs, de maquereaux et de morues.

L'Esturgeon commun [A. sturio) est d'un brun verdâtre. Il habite l'Océan, la Méditerranée, la mer Caspienne, la mer Rouge, et remonte, au printemps, dans les grands fleuves. On le trouve fréquemment dans la Garonne, où il est recherché sous le nom de créac. Sa présence au milieu des saïunons qui remontent les fleuves à la même époque, lui a fait donner le nom de conducteur des saumons. C'est avec les œufs de ce poisson qu'on fait le caviar ( Voy. ce mot) ; sa chair est délicate et se mange fraîche, salée et marinée. L'épine dorsale, préparée à la fumée, se nomme en ItaHe chinolia et spinachia. Le ranckel de Norvège est fait avec des éminces de la chair.

Le Grand Esturgeon, ou Hausen [A. huso], ne diffère de l'esturgeon commun que par les proportions de son museau et de ses barbillons, qui sont plus courts, par ses plaques plus émoussées et sa peau plus lisse. Sa couleur est d'un bleu presque noir sur le dos, et d'un jaune clair sous le ventre. Il ne se trouve guère que dans la mer Noire et dans la mer Caspienne, et on le voit remonter le Volga et le Danube. Sa cnair est nourrissante et agréable ; ses œufs servent aussi à faire du caviar. Sa vessie natatoire donne ime colle de poisson de première qualité.

Le Petit Esturgeon '^A. pygmœus), dit aussi Sterlet, a la partie inférieure du corps blanche, tachetée de rose; son dos est noirâtre, ses plaques sont d'un beau jaune; les nageoires de la poitrine, du dos et de la queue sont grises ; celles du ventre et de l'anus, rouges. Son museau est très long. Ce poisson se trouve dans la mer Caspienne, le Volga et la Raltique; il vit aussi et multiplie dans les lacs où on le transporte. Sa chair est plus tendre et beaucoup plus délicate que celle des espèces précédentes.

ÉSULE, plante purgative. Voy. euphorbe.

ÉTABLE i^du lat. slabulum), lieu destiné au l(^ement des bestiaux, et surtout des bœufs et des vaches. Les conditions principales de la salubrité d'une étable sont l'espace et le renouvellement de l'air. La laideur de l'enceinte doit être de 4 m. à 4 m. 50, et la longueur, proportionnée au nombre des bètes, doit laisser pour l'espace réservé à chaque bœuf 1 m. 50 ; il faut 0 m. 50 de plus pour les vaches : les râteliers et les mangeoires doivent être à peu près les mêmes que dans les écuries, mais placés beaucoup plus bas. Voy. écurie.

ÉTABLISSEMENT d'établir], se dit, en général, de toute institution, de toute fondation qui doit avoir de la durée. Il est quelquefois svnon>'me d'ordonnance ou de loi : tel est le recueil de àécisîons connu sous le nom d'Etablissements de St Louis, et qui n'est du reste aue l'œuvre d'un légiste privé, et non du roi saint Louis. Mais il désigne plus spécialement un édifice, une maison construite dans le but de servir à des intérêts publics ou privés. Les hospices, les hôpitaux, les écoles publiques, les banques, les manufactures de l'Etat, etc., sont des établissements publics ; les usines, fabriques ou manufactures particulières, les ateliers, cabinets d'aflaires, et généralement toutes les exploitations, sont des établissements privés.

Toute association particulière, telle que société de secours mutuels ou de prévoyance, société scientifique, Uttéraire, artistique, agricole, etc., peut recevoir légalement la qualité d établissement d'utilité publique si elle a été autorisée par le gouvernement : cette autorisation lui donne le droit d'acquérir, de posséder, de recevoir des legs ou donations, en un mot d'être considérée comme une personne civile (C. civ., art. 910; Décret du 25 mars 1852).

Aux termes des décrets des 15 octobre 1810, 25 mars 1852 et 31 déc. 1866, les établissements industriels qui sont de nature à incommoder ou qui peuvent altérer la santé des hommes et des animaux domestiques, compromettre la sûreté des habitations, ou nuire aux récoltes et aux fruits de la terre, ainsi qu'aux produits artificiels, sont rangés sous les dénominations d E. dangereux, E. insalubres, E. incommodes, en trois catégories, qui sont soumises, d'après le degré des inconvénients qu its pré-

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