ÉTALON
sentent, à des prescriptions plus ou moins sévères. La l" rciii'crme ceux qui* ne peuvent être établis prés des habitai ions particulières, à raison des accidents auxquels ils pourraient donner lieu : telles sont les poudrières, les capsuieries, les l'abriqucs de machines à vapeur, etc. La 2' comprend les établissements qui répandent des. exhalaisons insalubres, comme les ushies où se fabriquent certains produits chimiques, et "dont on ne permet la formation qu'en dehors des villes et après s'être assuré qu'ils ne seront pas nuisibles aux voisins. La 3« renferme les établissements qui, bien qu'incommiKles, peuvent rester sans inconvénient près des nabitations : fabriques de noir animal, de suif, de savon, de vernis, raffineries, etc. Les i"' et les 1" sont autorisés par les préfets; les 3" par les sous-préfets; à Paris l'autorisation est accordée jwr le préfet de police.
Dans la Marine, l'établissement est le retard constant
four un même port, mais variable d'un port à l'autre, de heure de la haute mer sur l'heure théorique à laquelle elle devait arriver. Voy. marée.
ÉTAGE (du lat. fictif slaticum ; de stare), ensemble des pièces d'une maison situées sur un même plan horizontal. On appelle : étage souterrain, ou sous-sol, les pièces en contre-bas du sol; rez-de-chaussée, celles qui sont immédiatement sur le sol; entre-sol, celles qui sont entre le rez-de-chaussée et le premier étage ; tnansardes, ou étage en galetas, celles du grenier. Dans les villes, à Paris p. ex., les maisons ont de 3 à 5 étages : on en voit quelques-unes qui en ont 6, 7 et même davantage. Quelquefois les mansardes sont remplacées par un étage ordinaire, construit en retraite au-dessus de la corniche, et dit en attique.
Etage géologique, subdivision d'un système ou terrain.
ÉTAGÈRE, sj-nonyme de dressoir [Voy. ce mot). C'est aussi un meuble de salon bien connu et amsi appelé parce qu'il est formé de planches superposées.
ÉTAQUE, terme de Marine. Voy. itague.
ÉTAI (du flamand staye, appui), pièce de bois qui sert à soutenir un plancher, un mur, un édifice, etc. Des étais sont placés toujours entre deux couches ou plates-formes, tantôt horizontalement, tantôt de bas en haut ou sur les côtés, selon la direction des murs à soutenir. Les étais droits de forte dimension se nomment élançons; les étais latéraux se nomment contre-fiches ; on dit encore les chandelles, les chevalements, les couchis, etc. — Dans la Marine, on nomme étai un gros cordage capelé, à douze torons, qui sert à soutenir les mâts d'un navire contre les elforts des voiles qui tendent à le renverser de l'arrière vers l'avant, comme les haubans l'affermissent de l'autre côté.
ÉTA1N, en lat. stannum,en grec xaaaixEpoi;, le Jupiter des alchimistes, corps simple, métallique, d un blanc d'argent, mou et très malléable. Il communique aux doigts une odeur particulière. Quand il est en baguettes, on le ploie aisément : il fait alors entendre un craquement particulier, appelé le cri de l'étain, qui est dû au brisement des cristaux rudimentaires renfermés dans la masse métallique. La densité de l'étain est de 7,29. Il commence à fondre à 228°. Entretenu en fusion au contact de l'air, il se recouvre d'une pellicule grisâtre appelée la crasse, et finit par se convertir entièrement en un oxyde pulvérulent, appelé communément potée d'étaiti. L étain se rencontre dans la nature sous la forme d'oxyde (cassitérite), et plus rarement sous celle du sulfure. On extrait l'étain de l'oxyde en le calcinant avec du charbon dans des fours à réverbère. Les mines d'étain du comté de Cornouailles, en Angleterre, sjnt les plus considérables de l'Europe; le Mexique, l'île de Banca et la prestju'île de Malacca, dans la mer des Indes, fournissent également beaucoup d'étain; on en trouve aussi, mais en moindre quantité, en Allemagne et même en France [Voy. étain oxydé). L'étain des Indes est le plus pur, surtout celui de Malacca ; on l'appelle étain en chapeau, parce qu'il est en pvramides quadrangulaires à sommet tronqué, et dont la "base est entourée d'un rebord saillant horizontal. L'étain d'Angleterre est en saumons ou en lingots; il renferme du cuivre et un peu d'arsenic.
L'étain résiste à l'acide acétique, et est à peine attaqué par l'acide sulfuriquc; mais 1 acide nitrique agit sur lui avec violence et le convertit en oxyde. L'acide chlorhvdrique l'attaque aussi à chaud, avec dégagement d'hydrogène.
et le convertit en un chlorure, employé dans les arts sous le nom de sel d'étain.
L'étain forme avec l'oxygène deux combinaisons : le jnntoxydc im oxyde stanncux lSnO],ot le biojcyde ou o.iyde stannique [SnO-] ; ce dernier est le principal minerai d'étain. la cassitérite. Au bioxyde correspondent deux acides, l'acide stannique (SnO^ll*] et Vacide métastannique
tSn^O"H*J. — Le sulfure stanneux [SnS], préparé par voie lumide, est brun ; le sulfure stannique [SnS*] est jaune ; les couleurs de ces précipités servent à distinguer les composés stanneux des composés stanniques. Le bisulfure préparé par voie sèche forme des écailles crislallincïs, onctueuses au toucher, brillantes, jaunes d'or [or mussif). — Il y a deux chlorures d'étain : le chlorure stanneux [SnCl^] est solide ; il est employé dans la fabrication des toiles peintes comme réducteur, pour ronger les couleurs de rouille; le tétrachlorure [SnCl*] est liquide,volatii,décomposable par l'eau [liqueur fumante de Libavius).
L'étain sert à confectionner une foule d'ustensiles pour l'usage domestique, des cuillers, des assiettes, des vases pour contenir les liquides. On l'emploie pour augmenter la fusibilité et la ténacité de quelques alliages. En variant les proportions de l'alliage d'étain, de plomb et de bismuth, on obtient des produits fusibles de 94 à 300°, qui sont employés à divers usages; on avait proposé notamment d'en confectionner les plaques fusibles qui s'adaptent aux chaudières à vapeur. L'alliage dit de Biberel, du nom de son inventeur, est beaucoup plus dur que l'étain commun, et s'emploie pour Vétamage {Voy. ce mol). La soudure des plombiers est composée de 1 p. d'étain et de 2 p. de plomb. Les feuilles métalliques des boîtes à thé provenant de la Chine sont formées de 36 p. d'étain et de 04 p. de plomb. Les feuilles qui servent à doubler les bouteilles électriques, les boîtes à tabac, à envelopper le chocolat, le sucre de pomme, etc., ont à peu près la même composition. Les combinaisons de l'étain avec le chlore servent dans la teinture.
L'usage de l'étain était déjà fort répandu chez les anciens. Les mines de Cornouailles étaient exploitées dès les temps les plus reculés; leurs produits attiraient dans les ports de la Grande-Bretagne et des îles Cassitérides (Sorlingues) les vaisseaux des Phéniciens. Au xiii' siècle, on ne connaissait en Europe d'autre étain que celui d'Angleterre ; ce ne fut qu'en 1240 que l'Allemagne commença à exploiter les mines qu'elle possède.
ÉTAIN DE BOIS, ÉTAIN OXYDÉ. Voy. CASSITÉRITE. ÉTAIN SULFDRÉ OU PYRITEUX. Voy. STANNINE.
ÉTAL, fonds de boucherie. Voy. boucher.
ÉTALAGE. L'étalage des boutiques a été de tout temps soumis à des règlements de police. Dès le 25 septembre 1600, une ordonnance enjoignait d'ôter et d'abattre tous les étalages ou montres excédant les gros murs. Ce règlement a été maintenu par une loi de juillet 1791 (lit. I, art. 29), et par une foule d'ordonnances de police. On appelle étalagistes les marchands en plein vent, soit à poste fixe, soit ambulants; ils ne payent point de patente, mais un simple droit de péage.
ÉTALE, se dit, dans les lieux où se fait sentir la marée, de l'état de la mer entre le flux et le reflux, lorsqu'elle ne monte ni ne baisse : cet état d'immobilité ne dure que quelques instants.
ÉTALINGURE ou entalingure, nom donné, en termes de Marine, au nœud coulant fait avec le bout d'un câble sur l'organeau d'une ancre, pour le fixer à cet organeau.
ÉTALON (du b.-lat. stalo, baliveau, pieu; orig. gcrmaniq.), modèle-type de poids, de mesures, réglé et autorisé par les lois, et d'après lequel les poids et mesures des marchands doivent être rectifiés. Autrefois, en France, les étalons étaient gardés dans le palais des rois : les deux plus remarquables étaient le pied de roi et la livre, dits tous deux de Charlemagne. Louis VII en confia la garde au prévôt des marchands de Paris. Dans la plupart des provinces, les coutumes conféraient aux seigneurs hauts-jus! iciers le dépôt des étalons et le droit d'étalonner les mesures. Auj., en France, les étalons, dont la base est le mètre, sont conservés aux Archives, à Paris, où ils ont été déposés en 1799 : ils ont été construits en platine. A partir de 1875, le Bureau international des Poids et Mesures a construit de nouveaux étalons métriques en platine iridié.
Voy. MÈTRE.
ÉTALON (pour les monnaies). Voy. monnaie.
ÉTALON (du b.-lat. stallum), cheval entier. Voy. haras.