ÉTOURDISSEMENT
ÉTRIVE
ÉTOURDISSEMENT. état de trouble dans lequel tous les objets semblent tourner autour de nous. C'est souvent un signe de pléthore sanguine et de congestion cérébrale {y 01/. VERTIGE et apoplexie). Quelquefois il dépend seulement d'un état de malaise de l'estomac.
ÉTOURNEAU. Stunius. genre d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux conirosfres, est caractérisé par un bec droit un peu déprimé et des narines à moitié fermées par une membrane. Ce sont des oiseaux voyageui-s, à plumage noir lustré ou varié de diverses couleurs. Ils vivent en troupes et se nourrissent de vers, de mollusques, d'insectes ou de baies. L'étourderie de l'étourneau est devenue proverbiale : on le chasse au piège, au lilet et au fusil. L'E. commun, ou Sansonnet [S. vulgaris), est d'un noir métallique, à reflets cui%Tés; l'extrémité de ses
Clames est marquée d'une tache fauve; ses pieds sont runs, et son bec jaune ; sa longueur totale est de 0 m. 23. Les mâles ne diffèrent des femelles que par des taches plus nombreuses. L'âge et le sexe donnent aux étourneaux diverses variations de plumage : il y en a de blancs, de gris. etc. Ils placent leur nid dans le creux des arbres, des murs, ou dans les toits, les clochers, etc. Les étourneaux peuvent s'apprivoiser, ils apprennent à siffler et même à parler; ils vivent 7 ou 8 ans en domesticité. Leur chair est dure, sèche et de mauvais goût.
ÉTRANGER (du lat. extraneus]. Est étranger tout individu qui n'est pas Français [Voy. français). L étranger dilTère du Français par les points suivants : 1° il ne jouit pas des droits politiques, parmi lesquels est compris le droit de servir de témoin dans un acte public (C. civ., art. 980; loi du 25 ventôse an xi, art. 9). et ae faire partie de l'armée (loi du 21 mai 1852, art. 2); — 2" il est assujetti à certaines mesures spéciales de sûreté : ainsi l'étranger vagabond ou dangereux pour la sûreté publique peut être expulsé du territoire (C. pén., art. 212) ; l'étranger réfugié peut aussi, dans l'intérêt de la sûreté publique, être interné ou bien expulsé (loi du 3 déc. 1849, art. 7) ; — 3° en matière civile, les étrangers sont frappés des incapacités suivantes : pouvoir être traduits, quoique défendeurs, devant le tribunal du domicile du demandeur français (C. civ., art. 14. ne pouvoir plaider comme demandeurs qu'en fournissant la caution judicatum aolvi (C. civ., art. 16; voy. caution), ne pouvoir faire cession de biens (C. de proc., art. 905). De plus, ils sont régis par la loi de leur pays, quant à leur état et à leur capacité (C. civ., art. 3). Les incapacités de l'étranger peuvent être et ont été souvent levées par les traités diplomatiques. Quant aux autres droits civils, en général, il y a controverse pour savoir si les étrangers en jouissent de plein droit comme les Français ou s'ils ne les ont qu'en vertu de traités diplomatiques; on admet plus généralement aujourd'hui la première solution, qui est plus favorable. Il y a d'ailleurs une catégorie d'étrangers qui jouit absolument des mêmes droits civils que les Français, et pour laquelle ces incapacités n'existent pas ; elle comprend ceux qui ont obtenu l'autorisation d'établir leur domicile en France; mais cette admission à domicile, depuis 1889, devient caduque si, trois ans après l'avoir demandée, l'étranger n'est pas naturalisé français. — La condition des étrangers s'est r-eaucoup améliorée depuis la Révolution; les lois de 1790 et de 1/91 ont alwli le droit d'aubaine qui attribuait à I Etat les biens de l'étranger défunt, ainsi que celui de détraction {Voy. ce mot), et la législation marche vers une assimilation de plus en plus complète entre le Français et l'étranger au point de vue du droit civil. — Dans la plupart des pays de l'Europe, notamment en Autriche et en Russie, les étrangers sont soumis à des règlements de police fort gênants: en .\ngleterre, ils ne peuvent acquérir d'immeubles; au contraire, aux Etats-Unis ils ont droit de cité après un an de résidence. — Voy. Démangeât, Condition civile des étrangers en hrance (Paris, 1854) : Garnot, Condition de l'étranger dans le Droit public français (1885 ; André Weis, De la Nationalité (1892). Voy. aussi nattralisatiox.
^ ETRANGLEMENT. Voy. strangclatios et hernie.
ETRAVE, suite de pièces courbes qui forment la proue d'un vaisseau et soutiennent le beaupré. On nomme élancement de iétrave la saillie que forme l'étrave : elle porte, comme Vétambol. qui est à larrière. une échelle, pour mesurer le tirant d'eau de l'avant. La longueur d'un bâtiment se mesure de l'étrave à l'étamlx)!.
ÊTRE (du lat. esse). L'idée de l'être est l'idée générale
la plus élevée ; elle se fonde sur l'idée abstraite la plus simple, celle d'existence On distingue l'être concret et l'être abstrait, l'être contingent et l'être nécessaire, l'être 7-éel et l'être possible. L'intelligence ne peut penser sans penser ïêtre, sous quelqu'une de ses formes, puisque le néant absolu est impossible à concevoir; par suite, toute science particulière a pom- objet l'étude d'une classe déterminée d'êtres, de modes ou de phénomènes. La Philosophie, étant la science générale des premières causes et des premiers principes, a pour objet l'étude de tous les êtres, c.-à-d. des corps, des âmes et de Dieu, dans leurs propriétés les plus générales et dans leurs rapports généraux. ÉTRENNES (du lat. strense), présents que l'on fait le premier jour de l'année. On fait remonter l'origine des etrennes jusqu'au temps du roi Tatius : ce prince avant reçu comme un bon augure des branches coupées dans un bois consacré à la déesse Strenua, ou la Force, et qu'on lui présenta le premier jour de janvier comme un signe de paix et de concorde entre les Romains et les Sabins. cet usage subsista depuis, et tous les Romains se firent de semblables présents en se souhaitant une heureuse année ; ces présents prirent le nom de strenie, en souvenir de la déesse Strenua. D'autres donnent au mot strena le sens de bon présage, de bonheur qui doit se répéter trois fois Urena, terna). Quoi qu'il en soit, les etrennes, chez les Romains, consistaient en figues, dattes, miel, etc. ; on y ajoutait une petite pièce de monnaie [stips], comme présage de richesse. On portait aussi des etrennes aux patrons, aux magistrats et aux empereurs. Les Grecs empruntèrent aux Romains l'usage des etrennes. 11 passa aux Chrétiens, malgré l'opposition des conciles et des Pères de l'Eglise,
^ui le décrièrent comme un abus; et il subsiste encore, n Angleterre, on donne les etrennes à Noël. — On doit à J. Spon un ouvTage curieux intitulé Lettre sur l'origine des etrennes (1674].
ÉTRÈPEou ÉTERPE,espece de pioche pour arracher les mauvaises herbes. On appelle étrépage l'action d'enlever la surface d'une partie d un sol en jachère pour amender le reste. ÉTRÉSILLON (du préf. é, p. e«, et de trésillon , se, dit, en Architecture, ae pièces de bois en forme d'arcs-lwutants
au'on place en travers dans les tranchées d'ime fondation, ans les galeries d'une mine, etc., pour empêcher les terres de s'ébouler, ou dans im bâtiment, pour soutenir, pour étayer les murs qui déversent ou qu'on reprend en sous-œuvre. — On nomme encore étrésillons les morceaux de bois qu'on fait entrer de force entre les solives d'un plancher pour le consolider.
ÉTRIER (du flam. striepe, lanière), appui pour le pied du cavalier, est formé d'une sorte d'anneau, oe fer ou de cuivre, suspendu à la selle au moyen d'une longe ou courroie, dite étrière on étrivière. On appelle : œil de l'élrier l'ouverture dans laquelle passe l'etrière ; planche, la partie où pose le pied. Les étriers des femmes sont fermés par devant, pour empêcher le pied de passer. — La forme des étriers a varie selon les temps et les peuples. Les Orientaux et les Arabes se servent d'étriers très larges et très hauts qui leur emboîtent tout le pied. Les anciens n'ont pas connu l'usage des étriers. Il n'en est pas fait mention dans l'histoire avant le v* siècle ; encore, les premiers étriers n'étaient-ils que de simples courroies.
Les Anatomistcs ont donné le nom d'étrier au plus interne des osselets de l'oreille [Vojf. oreu.le). — C'est aussi le nom d'un bandage pour la saignée du pied.
Dans la Marine, les étriers sont des pièces de fer à deux branches qu'on emploie comme chaînons : on distingue VE. du gouvernail, les E. des chaînes de hauban, etc.
Les charpentiers, les charrons, etc., appellent étrier une bande de fer accolant une poutre rompue, ou une pièce de liois quelconque.
ÉTRILLE (du lat. strigilis), sorte de brosse enfer pour le pansage du cheval. L'étrille se compose d'un coffre, plaque de tôle rectangulaire, garni de deux rebords doutés et de quatre lames de fer parallèles. Trois de ces lames sont dentées ; celle qui ne l'est pas et qui forme le 3"= rang s'appelle couteau de chaleur. On nooune marteaux deux morceaux de fer saillants qui sont rivés au coffre et sur lesquels on frappe l'étrille pour faire tomber la poussière.
ÉTRILLE, petit crustacé. Voy. fortune.
ÉTRIVE d'estrif, lutte, combat). On dit, en Marine, qu'une manœuvre vient en étrive,\oTsa\i&u lieu d'être tendue en direction, elle forme un coude par la rencontre d'un olijct qui la détourne. — Elrive est aussi le nom d'un amar-