‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 62 sur 1729 · AMOURETTE — S · texte numérisé non relu

AMOURETTE — S

une disposition ou nii mouveincnl par lequel l'âme reclicrclic ou îillire à elle les personnes el les choses (|iii lui plaisent; mais il leur est supérieur par l'ardeur qu'il implique el pur l'inlluenee qu'il exerce sur nos facultés. L'uU'ection et le désir sont de simples sentiments: l'amour est une passion, c'est-à-dire un penchant exalté par l'imapinalion et forlidé par l'hahitude. Un par sa nature, il se divise par ses ohjets en plusieiu's espèces, qui constituent autant de l'ormes. — 1° La première el la plus connue est l'altrail cpiun sexe éprouve pour l'autre, et qui joue un rôle si important dans la vie humaine. Texte inépuisalile d'analyses et de descriptions pour les poètes, les romanciers et les moralistes, il offre aussi un sujet intéressant aux méditations du philosophe, qui, comme Platon dans le Banquet, se propose d'examiner, au point de vue de la

fsychcdogie, son origine, son but et ses développements, aiidis que, dans l'animal, il se borne à un appétit aveugle, par lequel la nature assure la perpétuité de l'espèce, il peut, (fans l'homme, prendre un caractère élevé et exercer un ascendant durable. A ce degré supérieur, il s'éveille à la vue de la beauté physique ou morale, et l'imagination, par une de ces illusions qui lui sont propres, rassemble dans la personne aimée toutes les qualités t^ui appartiennent à son sexe. 11 nous amène ainsi à considérer comme une condition essentielle de notre bonheur l'union de deux âmes nui se complètent en quelque sorte l'une l'autre par la différence de leurs qualités. Si l'amour est alors soutenu et fécondé par le concours de l'inlelligence et de la volonté, il inspire un dévouement réciproque, qui devient la source des jouissances les plus délicates. Mais s'il reste une passion exclusive, abandonnée à ses caprices et à ses écarts, il tombe dans une sensualité grossière ou un égoïsme insatiable. — 2° Au lieu de se borner à une seule personne, l'amour peut s'étendre à tous les hommes el se diversilier d'après la nature de leurs relations : c'est d'abord l'amour des parents pour leurs enfants, des enfants pour leurs parents, des enfants entre eux ; puis, le patriotisme; enfin, la philanthropie. — 5° Outre les qualités itliysinues ou morales de ses semblables, l'homme, dont l'intelligence a été suffisamment cultivée, peut encore aimer un idéal, tel que le beau, le vrai, le bien, dont l'attrait irrésistible lui inspire l'enthousiasme de l'art, le remplit d'ardeur pour la science, ou lui fait tout sacrifier à la vertu. — 4' Enfi^n, la forme la plus élevée de l'amour est l'amour de Dieu, en qui notre raison conçoit un ensemble de perfections infinies dont les autres êtres ne nous offrent que des images.

A.M0UR DE SOI, Sentiment qui nous porte à faire les actes nécessaires à notre conservation, actes auxquels nous sommes excités par le besoin et encouragés par le plaisir, comme nous sommes détournés par la douleur de tous ceux qui nuisent à notre organisme. Ce sentiment est naturel et légitime, quand nous ne désirons pas tout subordonner à notre bien-être, choses et personnes. Il est au contraire blâmable, quand il rapporte tout à soi à l'exclusion des autres, et devient ainsi ce principe personnel d'action odieux et antisocial qu'on nomme amour-propre, et qui. à son plus haut degré, constitue Végoïsme.

AMOURETTE, nom vulgaire de plusieurs plantes des champs qui se font remarquer par un port gracieux. Il s'applique surtout à une plante vivace du genre Brize, famille des Graminées, tribu des Festucacées, qui habite les prés secs et les montagnes dénudées de bois. Elle fournit un fourrage court, mais de bonne qualité, aimé des chevaux, des vaches et surtout des moutons. — On appelle : A. des prés \& Lvchnide fleur de coucou, .4. moussue la Saxifrage hypnoïde, et Petite A. le Paturin airagroste. — Le Bois d'amourette est le bois d'une espèce d'Acacia, A. mimosa.

AMocRETTEs, en tcrmcs de Cuisine, désigne la moelle allongée et la moelle épinière du veau, employées comme garniture ou hors-d'œuvre chaud.

AMOVIBILITÉ. Voy. inamovibilité.

AMPÉLIOEES (du gr. àjxTreXoî, vigne) ou vitées, nom donné par Kunth à une famille de plantes Dicotylédones dialypétales, à ovaire supère, isostémones, dont le genre le plus important est la Vigne. Elle répond en partie aux familles appelées Vinifcres. Vitacées et Sarmentacées.

AMPELIS, nom latin scientifique du cotisga.

AMPÉLITE (du gr. àa-cATTi;), schiste argileux noir, imprégné de matière charbonneuse, que l'on rencontre surtout dans le terrain silurien et qu'on mettait anciennement

i — amphigKne

au pied des vignes, soit pour détruire les insectes nuisibles, soit pour servir d'engrais. On dislingue VA. aluni/ère, employée à la fabrication de l'alun, et VA. graphique, viilg. pierre d'Italie et crayon des charpentiers.

AMPELLA. 198' petite planète, trouvée le 13 juin 1879 par lîfirclly à Marseille. Voy. planètes.

AMPÉLÔGRAPHIE, traité sur la vigTie. Voy. vigne.

AMPELOPSIS (du gr. àjixEAOî et ôi]/ii;, aspect), nom latin de la Vigne vierge. Voy. ce mot.

AMPÈRE (du nom du phys. français Ampère), désigne l'unité pratique d'intensité de courant. Dans le svstème al)solu ou C. G. S. (Foj/. unités), l'unité d'intensité est celle du courant qui. agissant dans un arc de longueur i (1 cent.) d'un cercle de rayon i (1 cent.), exerce sur l'unité de magnétisme placée au centre une force égale à 1 (1 dyne). Cette miité étant trop grande pour l'usage courant, V Ampère en est la dixième partie.

ampère-heure, unité secondaire de quantité d'électricité, désigne la quantité débitée en 1 heure par un courant de 1 ampère, c.-à-d. 5600 coulombs [Voy. coulomb, joule, watt-heure).

AMPÈREMÈTRE, galvanomètre de très faible résistance tpii, introduit dans un circuit, ne modifie pas l'intensité du courant qui le parcourt. L'ampèremètre est essentiellement un appareil pratique, gradué empiriquement. L'aiguille indinue en ampères [Voy. ce mot^ l'intensité du courant.

AMPHIARTHROSE. Voy. articulation.

AMPHIBIE (du gr. àp-'^iêioç), nom donné vulg. aux animaux qui ont la propriété de vivre à la fois sur la terre et sous l'eau, par exemple la grenouille, la loutre, le castor, l'hippopotame. — Cuvier avait réservé ce nom aux animaux à sang chaud que la disposition de leurs organes locomoteurs rend propres à habiter la terre ou les eaux marines, par exemple les pho(|ues et les morses. Actuellement le nom A' Amphibiens désigne une classe de l'embranchement des Vertébrés : il est synonyme de celui de Batraciens ou de Reptiles à peau nue. Voy. batraciens.

AMPHIBOLE (du gr. à[ji(pf6o)>Oî, ambigu), famille de minéraux isomorphes, qui cristallisent dans le système dinorhombique et sont clivables suivant les faces d'un prisme de 124°. Ils sont analogues aux pyroxèncs, mais s'en distinguent par l'angle du clivage [Voy. pyroxène). Ce sont des silicates de chaux, de magnésie et de fer. La formule paraît être la même que celle des pyroxènes [RO.SiO^l ; pourtant la plupart des analyses indiquent un léger excès de silice qui donnerait plutôt 8R0.9SiO*, avec I\ = Ca,Mg.Fc. On distingue dans les amphilx)les comme espèces principales : la Trémolite, VActinote et la Hornblende [Voy. ces mots). — Les amphilxdes se rencontrent surtout en grande abondance dans les roches de la série cristallophyllienne (amphibolite). Voy. ci-après. Mêlées à l'ortbose et à l'albite, elles constituent les roches éruptives dites syénites et dioriles.

AMPHIBOLITE, roche métamorphique. schisteuse, verte, de la série cristallophyllienne, composée presque uniquement d'amphibole, associé à du quartz, du feldspath, du grenat, du fer oxydulé. Les amphibolites forment des intercalations au milieu des micaschistes.

AMPHIBOLOGIE (du lat. amphibologia], défaut de style qui consiste dans un arrangement de mots d'où résulte un sens douteux. L'inversion produit une amphibologie dans ce vers de Molière : « Et de même qu'à vous je ne lui suis pas chère » [Mélic., II, 3). La ressemblance des cas en produit également une dans cet oracle adressé à Pyrrhus « Aio te, ^"Eacida, Romanos.vincere posse. » Voy. équivoque.

AM PHI BRAQUE (du gr. àjiœîêpayuî), pied de vers composé d'une longue entre deux brèves : dolôrë.

AMPHIDASYS (du gr. àjitpîôaauç. partout velu), genre d'Insectes, de l'ordre des Lépidoptères nocturnes, section des Phalénides ; ce sont des papillons indigènes dont les chenilles vivent sur les arbres. On distingue r.4. bétulaire, VA. prodroniaire et r.4. hir taire.

AMPHIGÈNE (du gr. d|i(ptvév7i;, à double origine, à cause d'une croyance erronée à 2 formes de clivage) , Lencite, Leucolithe ou Grenat blanc, silicate double d'alumine et de potasse [K20.Al*0^.4SiO*]. Ses cristaux, qui appartiennent au système cubique, sont des trapézoèdres. L amphigène est généralement blanc ou gris, translucide ou opaque, rarement transparent. Il raye difficilement le verre, et présente une cassure imparfaitement conchoïde, d'un

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