FACE
r, consonne et 6° lettre de notre alphabet, a le même son que le 9 des Grecs (que nous représentons par jih], et 3C confond dans beaucoup de langues avec le V; sa forme nous vient de celle du diç/amma [Voy. ce mot). — Numériqiicniout, F s'employait quelquefois chez les Romains puiir exprimer 40, et avec un Irait an-<lessus, P, 40000; chez les (irecs, ^' valait 500, et ,9 500 000. — F est la 6" des lettres dominicales et des lettres nuiidinales. — Sur les monnaies, c'était autrefois la marque de la fabrique i'Angeis. — Dans les abréviations, chez les modernes, F. se met pour Félix, Ferdinand, Fr. pour François, Frédéric. — Dans la notation musicale, Y ou Y-ut-fa indique le l(>:i de fa. Dans le cours d'un morceau, /est une abréviîitian du mot forte. — En Droit romain ff., pour fragmenta, est l'abréviation de Digeste [Voy. ce mot). — Dans les formules chimiques et minéralogiques, Fe signifie fer, FI, fluor.
FA, 4* note de la gamme naturelle : elle y joue le rôle de sous-dominante. — On emploie la clef de fa pour écrire la musique de la basse : on la plaçait autrefois sur la 3*= et la 4" ligne de la portée; auj. on ne l'emploie plus jque sur la 4'.
FABA, nom latin botanique du genre fève.
FABAGELLE (du l&l. faba, fève), Zygophyllwn, genre type de la famille des Zygophyllées, renferme des arbrisseaux et des sous-arbrisseaux à feuilles opposées, bistipulées, bifoliées, de consistance membraneuse et à pétiole très court. Les fleurs sont solitaires, axillaires, jaunes, blanches ou rougeàtres ; le fruit est une capsule. Ces plantes se trouvent en Asie et en Afrique. On cultive dans les jardins la F. commune [Z. fabago), à belles fleurs a'un rouge orangé, et blanches à la base.
FABLE (du lat. fabula). Tantôt ce mot est sjTionyme de mythologie [Voy. ce mot); tantôt il exprime le récit diine action teinte, destinée à l'amusement et à l'instruction, sous le voile de l'allégorie. Les Grecs lui donnaient le nom d'ajwlogue, ou récit détourné. Auj. le mot apologue désigne plus spécialement l'allégorie elle-même, simplement exposée et indépendamment de la forme littéraire ; le mot fable désigne plutôt le poème.
On entend encore par fable le sujet d'un poème épique, d'un drame, d'un roman, c.-à-d. la suite des faits qui en forment le fond.
FABLEAU ou (forme plus usitée du dialecte picard) FABLiAL ^(liniin. de fable), nom donné aux petits contes en vers, au nomlire d'environ 150, composés par les trouvères du milieu du xn" siècle au milieu du xiv (1159-1540). On y trouve de l'esprit et de la naïveté, mais aussi beaucoup de cynisme. Les fableaux ne se lisaient pas d'ordinaire : les jongleurs allaient de château en château pour les réciter ou les chanter. Guillaume de Poitiers, Lévis, Rutebeuf, Audefroi le Bâtard, J. de Bovcs, etc., ont composé les fableaux les plus remarquables; ils ont servi de modèles aux nouvelles de Marguerite de Navarre, de Bonaventure Despériers, de Boccace et de La Fontaine. C'est l'expression la plus ancienne de l'esprit satirique dans notre pays. — Les meilleurs Hecueih de fableaux sont ceux de Barbazan, revus par Méon (1808-1824), de Legrand d'Aussy (1781 ; nouvelle édition, 5 vol., 1829), et de Jubinal(1839). Consultez également : les Contes orientaux dans la littérature française du moyen âge, par Gaston Paris (Paris, 1877); Fromentin, Essai sur les fabliaux français des xn^ et sin*" siècles (St-Etienne, 1877, m-8) : Auherlin, Histoire de la langue et de la littérature française au moyen âge (Paris, 1870-78, 2 vol. in-8) ; la Satire en France au moyen âge, par Lenient, 5'' édit. (Paris, Hachette, 1883); Léopold llervieux, /es Fabulistes latins depuis le siècle d'Auguste jusqu'à la fin du moyen âge (Paris, Didot, 1884); Recueil général complet des fabliaux des xin° et xiv* siècles, imprimés ou mJ'dits, publiés d'après les manuscrits, par MM. A. de Montaigl()u et Gaston Raynaud (Paris, 6 vol. in-8, 1872-1890) ; Origine des contes populaires européens et les théories de M. Pany, mémoire présenté au Congrès des traditions populaires de 1889, i)ar E. Cosquin, p. 14; les Fabliaux, de M. Joseph Bédier (Paris, Bouillon, 1893), et, dans l'Histoire littéraire de la France (t. XXllI, p. 69-2It)), l'ar-
ticle complet de V. Le Clerc, qui renvoie à tous les autrea recueils.
FABRICATION (droit de), impôt auquel sont soumis les fabricants d»; bière. Il est auj. de 3 fr. par hectolitre pour les bières fortes, de 0 fr. 75 pour les petites bières. Voy. noissoxs.
FABRICIEN. Voy. fabriqce (d'Eglise).
FABRIQUE (du (at. fabrica). Le plus souvent, fabrique est synonyme de manufacture. Cependant ce dernier mot impliijue l'idée de quelque chose de considérable, et surtout 1 emploi de grandes machines. Voy. manufacture.
Dessin, Marque de fabrique. Voy. dessin et marque.
En Architecture, surtout en Italie et dans les ouvrage» des anciens architectes français, le mot fabrique s'entend de tout édifice considérable et surtout d'une église. — En Peinture, c'est le nom donné à toute construction servant d'ornement dans le fond d'un tableau.
FABRIQUE, se dit encore : 1° du conseil d'administration d'une église paroissiale, chargé de la recette et de l'emploi du revenu affecté à l'entretien de l'église, aux dépenses du culte, aux constructions, réparations, achats cf ornements, etc. ; 2° de ce revenu même. — Les fabriques sont administrées par des notables pris parmi les paroissiens, et
a ne l'on nomme fabriciens. Ils sont au nombre de 7 ou e 11, suivant l'importance de la paroisse. Ils choisissent parmi eux trois marguilliers, dont un président, un secrétaire et un trésorier. Ce dernier état de choses a été consacré par le décret du 30 déc. 1809. Voy. aussi l'ordonn. du 12 janv. 1825 et la décision ministér. du 17 janv. 1855. Un article de la loi de finances de 1892 a as-' treint les fabriques à suivre dans leur comptabilité les règles adoptées jjour la tenue des comptes des autres établissements publics. — Voy. Brege et lissier, Traité de la comptabilité des fabriques (1893).
FABRONIE (du physicien Fabroni), Fabronia, genre de la famille des Mousses, caractérisé par une urne à péristome simple avec 8 paires de dents se repliant intérieurement. Il se compose de petites espèces formant des touffes de verdure d'un beau velouté sur les rochers et sur les troncs d'arbres. La F. des neiges se trouve dans les Andes; la F. naine en Suisse et dans le nord de l'Italie.
FABULISTE, auteur de fables et d'apologues [Voy. ces mots) .
FAÇADE (de l'ital. facciata), face principale ou frontispice d'un édifice. Quand un édifice a plusieurs faces, on dislingue les façades an té?-ieure, postérieure, latérale, etc. Voy. sur la décoration et le système des façades, le Cours d'architecture de Blondel. — Voy. aussi les mots frontispic::, PÉRISTYLE, porte, portail, etc.
Aux termes d'un décret du 26 mars 1852, la façade des maisons, à Paris, doit être grattée, repeinte ou rebadigeonnée au moins une fois dans l'intervalle de 10 ans.
FACE (du lat. faciès), partie antérieure de la tête, audessous du crâne, qui forme le visage, chez l'Homme et les Mammifères. Chez l'Homme, la face a la forme d'un ovale plus ou moins allongé et une direction un peu oblique {Voy. angle facial) : elle se compose de deux portions, !a mâchoire inférieure, formée d'un seul os, le maxillaire inférieur, et la partie supérieure, qui compte 13 os, sans les dents. La face est le siège des organes de la vue, de l'odorat, du goût, de la mastication, 3e la voix; elle exprime les désirs, les passions, le plaisir, la douleur, la joie, la tristesse : elle prend alors le nom de physionomie. Voy. ce mot.
Dans l'état de maladie, la face peut offrir des modifications importantes qui aident puissamment au diagnostic; dans ce sens, on emploie aussi le mot faciès. — On nomme face hippocratique le caractère particulier que la face présente chez les sujets menacés d'une mort prochaine.
En Numismatique, la face est le côté d'une médaille ou d'une pièce de monnaie où se trouve la tète : on l'oppose à revers et à pile {Voy ces mots].
En Géométrie, on donne le nom de faces aux polygones
3 ni composent la surface d'un polvèdre; ainsi, les faces 'un cube sont les six carrés qui le fimifent. — On appelle aussi faces ou angles plans d'un angle solide les anglescompris entre deux consécutives quelconques de ses arêtes.