‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 625 sur 1729 · FAILLITE · texte numérisé non relu

FAILLITE

expose et discute toutes les théories de ses prédécesseurs. FACULTÉS. Dans les Universités, on appelle ainsi le corps des docteurs qui professent les sciemes ou les Icllres et qui confèrent les grades : ce nom vient de ce quau moyen âge, ces professeurs avaient seuls la faculté de faire des cours puulics. En France, l'enseignement donné par les facultés constitue Y enseignement supérieur, par opposition à l'enseignement des lycées et collèges [E. secondaire) et à celui des simples écoles [E. primaire], La loi du 12 juillet 1875 a proclame la liberté de l'enseignement supérieur, et aujourd'hui, moyennant certaines formalités mdiquées dans le décret du 25 janvier 1870, rien ne s'oppose soit à l'ouverture de cours ou d'établissements libres d enseignemeut supérieur, soit à la formation d'associations dans un dessein d'enseignement supérieur [facultés et universités libres). Mais la collation des grades a été réservée, depuis 1879, aux Facultés de l'Etat seules.

Voif. INSTRUCTION PUBLIQUE.

()n compte aujourd'hui en France, comme facultés entretenues par l'Etat : 2 Facultés de théologie (toutes deux protestantes, les facultés de théologie catholique n'étant plus subventionnées), à Paris et à Montauban; — 15 F. de droit, à Paris, Lille, Caen, Rennes, Nancy, Dijon, Lvon, Grenoble, Aix, Toulouse, Bordeaux, Poitiers et Montpellier;

— 5 F. de médecine, à Paris, Nancy et Montpellier, et 4 F. mixtes de médecine et de pharmacie, à Bordeaux, Lille, Toulouse et Lyon ; — 15 F. des sciences, à Paris, Hesançon. Bordeaux, Caen, Clermont, Dijon, Grenoble, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nancy, Poitiers, Rennes et Toulouse; — 15 F. des lettres, à Paris. Aix, Besançon, Bordeaux, Caen, Clermont, Dijon, Douai, Grenoble, Lyon, Montpellier, Nancy, Poitiers, Rennes et Toulouse. — Il existe en outre 15 écoles préparatoires de médecine et de pharmacie, 2 écoles de plein exercice de médecine et de pharmacie, à Alger, Nantes et Marseille ; 5 écoles supérieures de pharmacie, à Paris, Montpellier et Nancy; enfin 4 écoles préparatoires à l'enseignement supérieur des lettres et des sciences, à Rouen, Angers, Nantes et Chambéry.

— De plus, il existe à Alger 4 écoles supérieures de droit, de médecine, des sciences et des lettres.

Facultés libres. Par suite de la loi du 12 juillet 1875, il a été créé 5 7'"'. de droit, à Paris, Angers. Lille, Lyon et Marseille; 1 F. de médecine, à Lille; 4 F. des sciences, à Paris, Angers, Lille et Lyon ; 4 F. des lettres, dans les mêmes villes ; un collège théologique, à Lille, et une école de théologie, à Lyon ; enfin une école libre (laïque) de droit, à Nantes. Ces divers établissements ont cessé de prospérer du jour où la collation des grades a été rendue aux facultés de l'Etat.

FAGOPYRUM, nom latin scientifique du Sarrasin.

FAGOT (de l'ital. fagotto; du lat. fasciculus), assemblage de menus morceaux de bois, unis ensemble par un lien de liois vert et flexible nommé hart. Au centre on enferme des broutilles, qu'on nomme Vâme du fagot. Les dimensions et le poids varient suivant les lieux; à Paris, on distingue : les fagots propr. dits, formés de menues branches, et pesant environ 5 kilogr. ; les falourdes, formées de rondins, et pesant de 10 à 20 kilogr., et Icscotrets, formés de brins de bois fendus et ne pesant que 5 à 4 kilogr. Ceux qui ne sont formés que de bois menu et de broussailles, se nomment bourrées ou margotlins. Voy. fascine.

FAGOTIN (dimin. de fagot), s'est dit plaisamment : 1° des singes fagotés, c.-à-d. habillés, que montrent les bateleurs ; 2° de certains boulTons du théâtre de la Foire.

FAGOTTO, nom italien du basson. Voy. basson.

FAGUS, nom latin du genre hêtre.

FAHLUNITE (de Fahlun, v. de Suède), nom donné à une altération de Cordiérite, contenant de l'eau, qu'on appelle aussi Triclasite [Voy. cordiérite).

faïence, poterie préparée avec une argile plus ou moins calcaire, recouverte d'un étnail opaque, ordinairement stannifère et coloré par des oxydes métalliques. Son nom vient de la fabrique de Faenza, en Italie, dont les Français, ayant connu d'abord les produits, appliquèrent ensuite le nom à toutes les terres cuites et émaillées qu'ils rencontrèrent. Le nom de majolique, appliqué aux anciennes faïences, paraît venir de Majorque, où des potiers maures fabriquaient au xiv siècle une faïence à reflets niordorés ; mais il semble bien qu'au moins pour l'Italie, c'est par suite d'une imitation directe de l'Orient, surtout de la Perse, que cette industrie s'y est développée.

Au xv= siècle, Lucca délia Robbia qui, d'après Vasari, in-

venta l'émail stannifère blanc, fit, pour les monuments de Florence, des l)as-reliefs coloriés, des médaillons, etc. La majolique italienne remplaça l'orfèvrerie pour rorncmentation des dressoirs et emprunta ses motifs de décoration au sUlc de la Renaissance. Les procédés en ont été décrits par Cyprian Piccolpasso, dans l'Art du potier (1458), que Claudius Popelin a de nos jours traduit en vieux français. — En France la faïence, importée par des ouvriers italiens, s'y transforma rapidement et devint une industrie nationale. Après que, sous François I", Girolamo dclla Robbia eut orné de plaques émaillées le château de Madrid, près de Paris, Bernard Palissy, inventeur des rustiques figulines, com-

fosa des grottes pour le château d'Ecouen, le jardin des uileries, etc., mais se signala surtout par les émaux colorés de ses grands médaillons, de ses bassins à reptiles, à coquilles et à plantes naturelles. Les faïences fines d'Oiron (dites F. de Henri //) sont remarquables par l'originaiité de leur incrustation en terre colorée. Au xvn' et au xviii' siècle, les fabriques de Nevers, de Moustiers, de Rouen et en Hollande celles de Delft créèrent des tvpes admirables et inimités comme couverte et comme décor. En dehors des applications usuelles ou des efforts isolés de quelques artistes, la faïence prop. dite est remplacée au j . presque partout par la porcelaine conunune, mais à pâte olanche [Voy. porcelaine).

Peinture sur faïence. Pour la faïence à feu de réverbère, on applique avec un pinceau les couleurs minérales sur la couverte, comme pour la porcelaine, et on les fait fondre dans un fourneau à moulle. — Pour la faïence de grand feu, au contraire, on exécute le décor sur l'émail cru, c.-à-d. sur la surface poreuse qui ne supporte pas de relouche. En passant par une haute température, les couleurs pénètrent profondément et forment un glacis qui résiste au frottement. C'est une des qualités qui recommandent les anciennes faïences de Nevers, de Moustiers, de Rouen et celles de Perse. Dans les faïences émaillées, qui sont employées auj. pour la décoration extérieure, la couverte est un verre demi-transparent, relativement très fusible et qui permet l'emploi d'un grand nombre de matières colorantes.

Faïence anglaise, appelée aussi terre de pipe (parce que c'est avec la même argile qu'on fabrique les pipes) et improprement porcelaine opaque, demi-porcelaine, etc., poterie à pâte blanche, opaque, dense, sonore, assez dure; recouverte d'un vernis cristallin, plombifère, quelquefois boracique. Elle fut inventée en Angleterre vers la (in du xvii° siècle et perfectionnée par Wedgwood en 1765.

La corporation des Faïenciers reçut ses statuts de Henri IV en 1600, et en 1706 elle réunit à elle les émailleurs, verriers et patenôtriers.

FAILLE (du vieux fr. faille, manque, défaut ; de faillii'), nom donné, en Géologie, aux fractures des couches terrestres accompagnées d'une dénivellation brusque qui amène en contact, des deux côtés de la surface de rupture, des bancs ou des terrains situés primitivement à un niveau différent. Les deux côtés en contact sont dits les lèvres de la faille, l'une d'elles est affaissée par rapport à l'autre. On appelle rejet de la faille la mesure du déplacement relatif des deux lèvres. Souvent le frottement des deux lèvres a donné naissance, sur les bords de la faille, à des brèches de friction ou à des surfaces polies, connues sous le nom de miroirs de faille. Les failles peuvent être ramenées à des surfaces plus ou moins planes, soil verticales, soit inclinées par rapport à l'horizon ; dans ce (U-rnier cas, leur intersection avec la surface d'un terrain accidenté forme des lignes courbes. Souvent les failles se traduisent dans la topographie par une ligne d'escarpement ou ressaut correspondant à la lèvre soulevée, et le côté de l'horizon auquel cet escarpement fait face est alors désigné sous le nom de regard de la faille.

M. Daubrée a proposé pour les failles le nom de paraclases.

faille (du flam. falie), étoffe de soie noire à gros grains qui fut d'abord fabriquée en Flandre. Les failles françaises sont les plus estimées.

FAILLITE (de faillir, manquer, faire défaut), état d'un commerçant qui a cessé ses payements. Tout failli qui cesse ses payements est tenu d'en faire la déclaration dans les trois jours au grelfe du tribunal de commerce de son arrondissement, en y ajoutant le dépôt de son bilan [Voy. ce mol). Le tribunal déclare la faillite et fixe l'époque à laquelle elle est réputée ouverte, c.-à-d. à laquelle ont

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