‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 634 sur 1729 · FAUX · texte numérisé non relu

FAUX

FAUTRE (comme feutre), pièce de grosse étoffe lie laine, sur laquelle, Hans les fabriques de papier, on éponge les fauilles encore humides.

FAUVE (du lat. fulvus), couleur qui tire sur le roux. C'est un mélange d'un peu de rouge avec du jaune pâle. — Un nomme bêtes fauves tous les animaux qui vivent à l'état sauvage. En Vénerie, on donne spécialement ce nom aux bêtes du genre Cerf (Cerf, Daim, Chevreuil), par opposition aux oêtes noires, comme les Sangliers, et aux bêtes rousses, comme les Renards.

FAUVEAU, Bœuf d'une couleur fauve.

FAUVETTE, Sylvia, genre d'Oiseaux chanteurs, de l'ordre des Passereaux dentirostres. sur les limites duquel les ornithologistes ne se sont point encore accordés. Ce sont de petits oiseaux de 0'',15 à 0°',18, à plumage assez varié, mais ordinairement brun ou fauve, et dont le chant est assez agréable. Leur bec est effilé, droit, pointu, leur

3ueue arrondie ou carrée. On les trouve sur tous les points c la terre, mais surtout en Europe. Ils nous quittent à l'entrée de l'hiver, pour revenir au beau temps. Les fauvettes pondent de 4 à 5 œufs : elles se nourrissent d'insectes et de fruits mous. Les espèces les plus communes sont : la F. à tête noire [S- atricapilla) et la F. des jardins (S. hortensis) ou Passerinette, qu'on trouve dans toute la France ; la F. babillarde (S. curruca), qu'on trouve dans le midi; la Grisette (S. cinerea), la Colombaiide (S. orphea], la F. épervière ou rayée (S. tiisoria), etc. Cuvier comprenait parmi les Fauvettes la Houssevolle [Rossignol de rivière et Petite Housserolle ou Elfarvatte], le Rossignol, la F. des Alpes ou Pégot, dont on a fait le genre Accenteur, et en général tous les petits oiseaux qui composent la famille des Sylviadés ou Becs- fin s.

FAUX ou FAULX (du lat. faix), instrument d'Agriculture avec lequel on coupe les fourrages et les céréales. La F. simple ou champenoise se compose d'une grande lame mince, en acier, légèrement arquée, tranchante du côté concave, pointue par un bout et ayant à l'autre une poignée qui sert à la fixer, au moyen d'une virole et d'un coin, à l'extrémité d'un manche en bois de près de 2 m.,

fiortant une poignée vers son milieu; la longueur de la ame est d'environ 1 m., sa largeur au talon de 0°',12 à 0'",15; elle porte du côté du dos une arête épaisse de 0°',01 qui lui donne de la solidité. La F. à râteau ou à ramassette, dont on se sert pour couper les céréales, est munie d'une claie très légère, qui s'adapte d'une part dans le bout du manche, et de l'autre au dos de la faux, dont elle suit la courbure : les tiges de blé coupées, s'appuyant contre ce râteau, sont portées debout et sans secousse jusque dans l'ondin, monceau que forment ensemble ces liges : quelquefois, au lieîi de râteau, elle porte un accessoire plus simple, le ployon, composé de deux baguettes recourbées et maintenues par une traverse. On appelle F. artésienne une petite faux fixée à un manche très court qui s'élève verticalement, et dont on se sert en Artois en guise de faucille : on la fait agir d'un seul bras, sans presque se courber {Voy. aussi facchon). — La fabrication des faux fut longtemps concentrée en Allemagne et en Styrie. Auj. on en fabrique en Alsace et en France, surtout en Franche-Comté et dans le Midi. On distingue les faux façon d' Allemagne, auxquelles on donne le tranchant par le martelage, et les faux façon anglaise, qu'on aiguise sur la meule.

La faux a souvent servi d'arme de guerre, notamment on Pologne, en Hongrie et aussi en Chine {Voy. fadchabd). Dans ce cas, elle est emmanchée sans faire angle avec le manche. On connaît aussi les chars armés de faux des anciens. — Dans la Fable, la faux était l'emblème du Temps et de la Mort.

FAUX. En Anatomie, on a donné ce nom à des replis membraneux à cause de leur forme qui rappelle celle du fer d'une faux. Ainsi, deux replis de la dure-mère sont appelés faux du cerveau et faux du cervelet; deux replis du péritoine sont dits grande faux du péritoine ou faux de la veine ombilicale et petite faux au péritoine.

En Zoologie, on donne également le nom de faux à une espèce de Requin, dont la nageoire caudale, presque aussi longue que le reste du corps, otTre une vague ressemblance avec la lame d'une faux.

FADx (du lat. falstis). En Droit, on distingue :

1° Le Faux en écritures, qui se commet par l'application de fausses signatures, par l'altération des actes, écri-

tures ou signatures, par supposition de personnes, par des écritures faites ou intercalées sur des registres ou autres actes, etc. La criminalité est plus ou moins grave selon qu'il s'agit d'écritures publiques ou authentiques, d'écritures de commerce ou d'écritures privées. Tout fonctionnaire ou officier public qui commet un faux est puni des travaux forcés à perpétuité. Les travaux forcés à temps sont appliqués à toute autre personne qui commet un faux en écriture publique. Celui qui commet un faux en écriture privée, ou fait usage d'une pièce ainsi falsifiée, est puni de la réclusion. Celui qui falsifie un passeport ou un permis de chasse ou fait usage d'un passeport ou d'un permis falsifié est puni de 6 mois à 5 ans d'emprisonnement. Ceux qui falsifient un certificat ou une feuille de route ou font usage de ces pièces falsifiées sont passibles, suivant la gravité des cas. d'un emprisonnement oe ti mois à 5 ans (C. pén., art. 145-i56).

2^ Le Faux par des faits, qui a lieu par falsification ou sophistication des aliments, boissons ou médicaments [Voy. falsification), par vente avec de faux poids ou fausses mesures [Voy. poids), par imitation frauduleuse des produits de l'industrie [Voy. contrefaçon), par fabrication de fausse monnaie, contrefaçon des sceaux de Ittat, des billets de banque et autres effets publics, etc. La peine des travaux forcés à perpétuité est réservée à ceux qui contrefont ou altèrent les monnaies d'or et d'argent ayant cours en France, ainsi que les billets de banque ; ceux qui contrefont ou altèrent des monnaies de cuivre et de billon ayant cours en France, et des monnaies étrangères, sont condamnés aux travaux forcés à temps (C. pén., art. 139-144). Autrefois les faux monnayeurs étaient punis de mort.

3° Le Faux par paroles, qui a lieu soit par diffamation, soit par faux témoignage. Voy. diffamation, serment et témoin.

Faux incident, faux principal. En Procédure, on entend par faux incident la défense qu'oppose une personne dans le cours d'une instance engagée, lorsqu'elle arguë de faux une pièce invoquée contre elle, et par faux principal, la plainte élevée en dehors de toute instance préalable contre une personne qu'on prétend coupable de faux. — L'inscription de faux est la procédure à laquelle doit recourir la personne qui argué d'un faux : elle l'expose si elle succombe à une amende de 300 fr. au moins, sans préjudice des dommages-intérêts. On dit qu'un acte fait foi jusqu'à inscription de faux quand sa sincérité ne peut être attaauée qu'au moyen de cette procédure. Voy. les T7'aités de Procédure civile de Boitard et Glasson, de Garsonnet, etc.

faix (fabricant en), nom donné à ceux qui confectionnent des objets avec l'apparence qu'ils auraient s'ils étaient fabriqués en or, en argent ou autres matières précieuses, mais en les donnant pour imités : c'est ainsi qu'on fait de fausses perles, des objets en cuivre doré, de faux diamants, etc.

FAUX. En Zoologie, on nomme : F. bombyx, une tribu de Lépidoptères nocturnes ; F. bourdons, plusieurs Hyménoptères du genre Bourdon [Bombus], et les mâles des Abeilles ; F. coraux, divers Madrépores et Polypiers ; F. scorpions, plusieurs Arachnides; F. serpents, les Cccilies, etc.

En Botanique, on nomme : F. acacia, le Robinier commun; F. acorus, une espèce d'Iris; F. baguenaudier, la Coronille des jardins; F. benjoin, un Terminalier; F. buis, le Fragon; F. café, divers Caféiers sauvages, et, à Haïti, les graines du Ricin; F. chervis, la Carotte sauvage; F. cumin, la Nielle; F. dictante, le Marrube; F. ébénier, le Cytise des Alpes; F. ellébore, tous les Ellébores autres que l'Ellébore oriental; F. froment, l'Avoine; F. indigo, le Galéga et l'Amorpha; F. ipécuana, divers végétaux dont la racine est un succédané de l'ipécacuana; F.jalap, la Belle-de-Nuit ; F. jasmin, le Tecoma radicans ; F. lupin, le Trèfle; F. nard, l'Ail; F. piment, la Morellc; F. pistachier, le Staphylier; F. platane, un Erable; F. poivre, le Piment; F. quinquina, l'Iva frutescens; F. raifort, le Cranson; F. réglisse, un Abrus; F. santal, l« Brésillet et l'Alaterne ; F. sapin, l'Epicéa : F. séné, le Baguenaudier; F. sycomore, lAzédarach; F. thuya, le Cyprès; F. tremble, le Peuplier d'Amérique, etc.

En Minéralogie, on nomme : Faux albâtre, l'Alabastrite; F. argent et F. or, le Mica; F. rubis, un Quartz rougeâtre, etc.

FAVEROLLE

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