‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 643 sur 1729 · FEUILLETON · texte numérisé non relu

FEUILLETON

volage, affection papuleuse analogue à la couperose ou à l'érvllième, etc. Tel est encore le feu St-Anloine, feu sacré ou mal des ardents, qui sévissait épiilémiquemeiit au moyen âge et qu'on suppose avoir été, ou une maladie «harbonneusc, ou une sorte d'érysipèie gangreneux. — Pour les feux de dents, chez les enfants, l'oy. strophclcs. Au Théâtre, on appelle feux certaines rétrioutions accordées aux artistes, soit en dehors de leurs appointements, soit pour en tenir lieu quand ils n'ont pas d'engagement «n règle. Ce mot dérive des fournitures de combustible et de lumière qu'on faisait autrefois aux artistes dans leur loge pour s'habiller.

FEU d'artifice, FEUX 00 FLAMMES DE BENGALE. Voif. PYRO- TECUXIE.

FEC CHINOIS OU JEU PYROTECHNIQUE, imitation des feux d'artifice à l'aide de transparents et du jeu de la lumière. On se sert, à cet effet, de papiers colorés et découpés selon la forme des feux qu'on veut simuler. Derrière les transparents on place, p. ex. pour un soleil, une roue en fil de fer, revêtue de papier fm, où l'on a tracé une spirale noire ou colorée. En la faisant tourner sous un puissant réllecteur, les lignes de la spirale paraissent, en travers des jets de feu découpés sur le papier, aller du centre à la circonférence, et simulent des étincelles.

FEC FOLLET, flamme erratique et légère produite par les •émanations de gaz hydrogène phosphore qui s'élèvent des «ndroils marécageux, des lieux où se décomposent des matières animales et végétales, tels que cimetières ou voiries, et qui s'enflamment à une petite distance du point où elles se dégagent. L'ignorance des véritables causes qui produisent ces flammes légères a donné lieu à toutes sortes de contes et de frayeurs superstitieuses. Voy. follet.

FEC GRÉGEOIS, fcu artificiel inventé au vi" siècle par des moines byzantins, et dont la recette ne paraît pas avoir été précisément retrouvée. Ce feu, dont l'eau augmentait l'activité au lieu de l'éteindre, devint bientôt une arme de guerre d'im eflet terrible. Les empereurs de Constantinople s'en servirent plusieurs fois pour brûler les flottes qui venaient assiéger cette ville. En 675, Callinicus, ingénieur syrien, brûla avec le feu grégeois la flotte entière des Sarrasins. Les Sarrasins s'en procurèrent la recette et l'employèrent à leur tour contre les Croisés. On a dit que le feu grégeois était un mélange de salpêtre, de soufre, de naphte, de poix et de bitume : on le soufflait sur l'ennemi au moyen de sarbacanes de cuivre, ou bien on le lançait à la main ou à l'aide d'une arbalète. — Lalanne (1840;, et Favé et Rainaud (1845) ont publié de savantes recherches sur le Feu grégeois.

FEC GRISOU, inflammation accidentelle, avec explosion, de gaz hydrogène carboné, qui a lieu très souvent dans les mines, principalement dans les houillères, où elle produit de terribles désastres. L'invention de la lampe de sûreté <le Davy {Voy. lampe) a eu pour objet de prévenir les «ffets du feu grisou, en empêchant l'inflammation du gaz en même temps qu'elle avertit les mineurs de sa présence. On a imaginé un grand nombre d'appareils destinés à avertir le mineur de la présence du grisou dans la mine. Ces appareils, fondés sur la diffusion des gaz à travers un vase poreux, se nomment des grisoumètres.

FEC de joie, feu de paille ou de fagots qu'on allume dans tes rues, sur les places et dans les villages, en signe de réjouissance. L'usage de ces feux était très commun en France autrefois : on en allumait surtout le jour de la St-Jean [ii juin), pour fêter, dit-on, l'entrée du soleil dans le solstice d'été. Les feux de joie étaient connus des anciens; les Romains en allumaient, surtout aux Palilies (21 avril), fêtes anniversaires de la fondation de Rome.

FEC SAI.NT-E1.ME OU Feu St-yicolas, météore lumineux qui se manifeste quelquefois en mer par lui temps d'orage, se présente en forme d'aigrettes lumineuses, voltigeant aux extrémités des vergues et des mâts. Les anciens avaient donné à ce phénomène le nom de Castor et Pollux et ils en tiraient des présages. Voy. étincelle électrique.

FEUDATAIRE (du lat. feodum, fief). Voy. vassal.

FEUILLANTINES, fecilla>-ts, religieux. Voy. le Dict. dHist. et de Géogr.

FEU ILLARD, branches de bois de châtaignier fendues pour faire des cercles. Voy. cerceac.

FEUILLE du lat. folium' . Les feuilles sont des organes ^fégélaux de forme extrêmement variable, disposés autour àù l'axe végétal de manières également fort diverses, mais

suivant des lois d'une régularité mathématique : elles portent à leur aisselle des bourgeons (Voy. ce mot). Elles sont pour la plante les agents principaux de l'assimilatioB du carbone et de la transpiration ; enfin c'est dans les feuilles que se produisent le phénomène du sommeil des plantes et certains mouvements de sensibilité. Toute feuille est composée de trois parties essentielles : !• la gaine, portion basilaire qui embrasse plus ou moins la tige ; 2° le pétiole ou queue, prolongement grêle qui fait suite à la gaine; 3° le limbe ou feuille proprement dite. Les faisceaux qui sortent de la tige pour former la gaine, puis le pétiole, s'épanouissent dans le limbe, sous forme de nervures ; le limbe lui-même est constitué par un parenchyme de structure en général hétérogène, à palissades sous 1 épiderme supérieur, à lacunes sur l'épiderme inférieur. Ce parenchyme réunit les ner>Tires. L'épiderme est recouvert d'une mince cuticule percée de stomates, par où la vapeur d'eau s'échappe et l'air arrive dans les chambres aériennes qui existent dans l'épaisseur du parenchyme. — Une feuille peut être sans pétiole : elle est dite sessile; réduite au contraire au pétiole seul, elle prend le nom de phyllode ( Voy. ce mot) ; quelquefois la gaine se prolonge en expansions foliacées, qu'on appelle stipules. — Une feuille est : simple, quand elle n'a qu'un limbe avec un pétiole (peuplier); composée, quand il y a plusieurs limbes [folioles] insérés sur des pétiolules (ciguë) ; pennée, si les folioles sont disposées comme les barbes d'une plume (acacia) ; digitée, si elles rayonnent au sommet du pétiole commun (marronnier) ; peltée, si elle est posée à plat sur le pétiole, comme un bouclier [capucine]. D'après leur forme, les feuilles sont dites rondes, ovales, cordées, palmées, lancéolées, sagittées, hastées, subulées, linéaires, spatulées, etc. Sous le rapport de leur position sur la tige, elles sont radicales, engainantes, opposées, alternes, verticillées, connées ou conjointes, jier foliées, etc. Voy. la plupart de ces mots.

Th. de Saussure a démontré que les feuilles des plantes confinées dans une atmosphère privée d'acide carbonique s'altèrent rapidement et meurent si on les maintient dans ce milieu. Les feuilles décomposent l'acide carbonique de l'air grâce à la chlorophylle, en présence des rayons solaires ; elles dégagent un volume d'oxygène égal au volume d'acide carbonique. A l'obscurité on a le phénomène inverse : absorption d'oxygène et dégagement d'acide carbonique [Voy. respiration).

Feuilles séminales. Voy. cotylédon.

On a appliqué le nom de Feuille à plusieurs animaux ou plantes qui présentent une certaine ressemblance avec les feuilles des arbres : tels sont une Chauve-Souris du genre Mégaderme; un poisson, le l'olyodon. On nomme : F. ambulante, F. sèche ou Mâche-Feuille, un insecte du genre Phyllie ; F. de chêne, F. morte et F. de peuplier, divers insectes du genre Bombyx; F. de laurier, une espèce d'Huître; F. de tulipe, quelques Moules et Modioles ; F. du ciel, le Nostoc et les Tremelles ; F. grasse, l'Orpin; F. indienne, le Malabatbrum.

On nomme encore ainsi : 1° certains ouvrages ou ornements qui imitent les feuilles des arbres ou des plantes; 2° des lames très minces d'or, d'argent ou de tout autre métal battu ; de papier, de carton, etc.

FEUILLÉE (du botan. Feuillée), Fevillea, Nandkiroba, genre type de la famille des Cucurbitacées, renferme des plantes "herbacées sarmenteuses, à feuilles alternes, cordées, munies de vrilles axillaires; à fleurs petites, rosacées, et à baies très grandes. Ces plantes appartiennent à l'Amérique. Leurs graines fournissent de l'huile à brûler. L'huile de la F. trilobée est de plus employée par les Brésiliens contre les rhumatismes articulaires; celle de la F. à feuilles en cœur est un médicament émétincathartique, regardé par les indigènes comme le plus sûr contrepoison du Jlhtis toxicodendrum, du Mancenillier et des Spigélies.

FEUILLET, le troisième estomac des animaux Ruminants. Voy. ESTOMAC

FEUILLETIS, terme de lapidaire, désigne le contour tranchant qui sépare la partie supérieure d'une pierrerie d'avec l'inférieure. Voxj. sertissure.

FEUILLETON, article de critique ou de littérature, au bas d'un journal. Les premiers feuilletons datent de la fin du xviii' siècle. J.-L. Geoifrov inaugura aux Débats [Journal de l'Empire] le feuilleton dramatique. A. Adam fut uu des prcmiei's rcuactcurs du feuilleton musical : le

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