CÉRAMIQUE
FIGURANTS, se dit, au Théâtre, des personnages muets ou accessoires qui figurent sur la scène à côté des acteurs principaux. On distingue : 1° les comparses, ainsi appelés par allusion aux comparses qui figuraient autrefois dans les quadrilles des tournois et des carrousels : ce sont des personnages absolument muets, toujours réunis en assez grand nombre et dont tout le rôle se borne à stationner, à marcher et à faire les évolutions qu'exige la mise en Gcène ; 2" les choristes, soit du chant, soit de la danse : les premiers, qui forment les chœurs des opéras, les seconds qui exécutent dans les ballets les pas combinés et les figures d'ensemble.
FIGURATIVE (du lat. figurativus). On appelle Lettre figurative, dans la Grammaire grecque, toute lettre qui sert à caractériser un temps ou une personne d'un verbe : a et X sont 1er, figuratives du futur et du parfait; \i, a, x, les figuratives des trois personnes. On dit aussi caractéristique. Voy. ce mot.
On appelle poésies figuratives des pièces qui, par l'arrangement des vers, figurent aux yeux des objets matériels. On en attribue l'invention à Simmias de Rhodes, poète grec du iv° siècle av. J.-G. La poésie figurative a été usitée aussi à Rome à l'époque de la décadence. On en trouve des exemples en français. Rabelais a figuré une bouteille, Ponsard un verre par la disposition typographique des vers.
Ecriture figurative, celle qui est composée de la figure même des objets qu'on veut exprimer : c'est une écriture idéographique. Voy. écriture.
FIGURE (du lat. figura). En Géométrie, on nomme figure un ensemble quelconque de points, de lignes ou de surfaces. Quand une figure est tout entière dans un même plan, elle prend le nom de figure plane; dans le cas contraire, elle est dite figure de l'espace. Pour le sens des mots figures égales, équivalentes, semblables, symétriques, voy. les mots égal, équivalent, etc.
On donne aussi le nom de figure, dans tout traité didactique de science ou de technologie, à tout objet figuré, c.-à-d. représenté par le dessin pour venir à l'appui d'une démonstration ou d'une description.
FIGURE. En Rhétorique, on appelle ainsi certaines manières de parler qui rendent la pensée avec plus de vivacité, de force et de grâce : c'est surtout le langage de l'imagination et de la passion. On distingue les figures de
pensée et les figures de mots. Les premières dépendent de la forme que la pensée a nrise dans l'esprit; on peut en changer l'expression sans aétruirc pour cela la figure. Telles sont : l'interrogation, la subjection, la prétéritton, la réticence, la suspension, la prolepsc, V hyperbole, la litote, {'ironie, l'antithèse, la comparaison ou le parallèle, Vhypotypose, l'élhopée, 1 imprécation, Vexclamation, l'apostrophe, la prosopopée, Vépiphonème, etc. [Voy. ces mots). — Les figures de mots tiennent surtout à la forme de l'expression et disparaissent quand on la change; elles se distinguent : en /•'. de grammaire, qui modifient l'emploi grammatical des mots, telles que l'ellipse, le pléonasme, la syllepse et V inversion ; en tropes, qui modifient le sens des mots, tels que la métaphore, la métonymie, la synecdoque, la catachrcse, Vhypallage, l'antonomase, l'allusion, V allégorie; et en F. de mots
{proprement dites, comme la répétition, la gradation, a périphrase, l'onomatopée, etc. — Consulter Dumarsais. Traité des Tropes (1730, et commenté par Fonta-. nier, 4820).
Pour les Figures du Syllogisme, voy. syllogisme.
En Théologie, on a appelé figures les choses, les personnes, les événements de l'Ancien Testament qui, selon les théologiens, sont les images du Nouveau Testament et de ses mystères : ainsi la manne est une figure de l'eucharistie ; Abel, Isaac, Josei)h sont des figures de Jésus-Christ. On nomme figurisme le système de ceux qui cherchent systématiquement, dans l'Ecriture, des figures ou allégories. Le figurisme à outrance, fort à la mode au moyen âge, olTre des dangers.
En Astrologie, on nomme figure une description ou reproduction de l'état et de la disposition du ciel à une certaine heure. Voy. thème et horoscope.
Dans les Arls du dessin, le mot figure désigne la représentation par le dessin de l'être humain, ainsi que celle de l'animal ou des êtres mythiques. — En termes de Blason, il se dit des pièces dont un écu est chargé.
En Musique, c'est un groupe de notes qui forme un certain dessin.
En Chorégraphie, on nomme ainsi les divers mouvements faits de concert par les danseurs, de manière à former un tableau, un ensemble agréable. La danse des salons a aussi ses figures, qui sont connues de tout le monde. Voy. contredanse et quadrille.
FIGURÉ (Arithmétique). Les nombres figurés dupi'^'neor-
dre sont les nombres de la forme -^ — , '■■■■^ E ;,
1.2!... .p c.-à-d. qu'ils se déduisent de cette formule en y remplaçant successivement n par 1, 2, 3, 4.... Ces nombres figurent comme coefficients numériques dans les développements des puissances entières du binôme; une de leurs propriétés fondamentales consiste en ce que le ;î'ème nombre figuré du m'ème ordre est la somme des n premiers nombres figures du {p — l)ièrne ordre; ainsi le «''''"e nombre figuré du second ordre est la somme des n })remiei"s nombres entiers ; les nombres figurés du second ordre s'ap|)cllent aussi nombres triangulaires, parce qu'on peut disposer on • triangle, d'une façon que le lecteur imaginera aisément,
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des points en nombre - — 5 — - • Le n'*i"« nombre figuré du
troisième ordre est la somme des n premiers nombres triangulaires; les nombres figurés du troisième ordre s'appellent aussi nombres jjyramidaux.
A la notion de nombre figuré se rattache la notion des nombres polygonaux, généralisation des nombres triangulaires. Si l'on considère une progression arithmétique dont le premier terme soit 1 et la raison p — 2, la somme des n premiers termes de cette progression sera un nombre polygonal, correspondant au polygone régulier d'ordre p, parce qu'on pourrait disposer des points en nombre égal à cette somme suivant une figure régulière, formée de n — 1 polygones réguliers de p côtés, les côtés des polygones contenant à chaque fois un point de plus.
En Littérature, on appelle style figuré tout style oti l'on fait un fréquent usage des figures [Voy. ce mot). On dit d'un mot qu'il est employé dans un sens figuré, lorsqu'on le détourne de son sens propre pour lui faire exprimer des choses analogues. Voy. trope et métaphore.
En Musique, basse figurée, voy. basse. — Quelquefois on emploie le nom de basse figurée au lieu de basse chiffrée.
FIGURINE (dimin. de figure), se dit, en Sculpture,
nCURISME
HLATIRE
dune petite figure. Plus souvent, on entend par ce mot de très petites figures antiques en terre cuite, en bois, en bronze, en argent. La plupart de ces figurines représentent des divinités, et étaient, selon toute apparence, un objet de dévotion domestique.
FIGURISME. Voy. figure (en Tiiéologie].
FIL (du lat. Alum], petit brin long et aélié, détaché de l'écorce des plantes textiles, puis tordu au moyen du fuseau, du rouet ou d'instruments mécaniques ( Vcnf. filattre). La force du fil se mesure par le poids qu'il peut supporter; sa finesse, par l'opération dite numérotage. Le fil. en sortant du métier, est mis en écheveau [Voy. ce mot) ; après avoir pesé ces écheveaux, on met ensemble ceux qui ont le même poids jusqu'à concurrence d'im demi-kilogr., et leur nombre pour lormer ce poids donne le numéro du fil. Auj. le fil se vend principalement en bobines, en pelotes ou en capsules.
Les fils de lin ou de chanvre servent soit à fabriquer des toiles, rubans ou tissus quelconques, soit à coudre. Les fils à coudre sont toujours composes de 2 ou 3 brins tordus ensemble dans l'opération de la retorderie. On les connaît sous les noms de jil$ de Bretagne, AU des Flandres, etc. On connaît encore les fils dits : de Malines, pour dentelles; de Saxe, très fins et très légers, mais un peu secs; de Cologne, qui sont blancs et non tors : on s en sert pour tricoter. — Les fils de coton pour la couture sont également retordus. On les connaît sous le nom de fils a Irlande, fils d'Alsace, fils d'Ecosse, etc. Le fil d'Ecosse sert aussi à la fabrication des bas et des gants dits de fils d'Ecosse.
La soie est filée par le ver qui la donne; il ne reste plus qu'à la dévider {Voy. soie et filoselle). Quant aux fils, dits de soie végétale ou de crin végétal, ils sont
Slutôt effilés aue filés. — On fait, avec la laine peignée, es fils simples, en laine mérinos, et cachemire pour chaînes et trames; des fils retors, pure laine, mérinos et mélangés, des fils pour tapisserie et bonneterie: avec le poil de clièvre et A'alpaca, un fil excellent qui est employé dans la fabrication des camelots, des peluches, etc., et clans la passementerie. — On fait encore du fil de poil de cheval ou de poil de vache, avec le poil, ou ploc, de ces animaux : il sert à faire des étoffes grossières et des tapis. On apjielle fil de sayette du fil de laine filée qui se fatrique en Flanare.
Au moyen de la filière, on file plusieurs métaux, comme l'or, l'argent, le fer, le cuivre, le platine, etc. (Voy. fils MÉTALLiQCEs) ; au moyen du feu, on peut filer le verre. Voy. verre.
FIL À PLOMB, petit instrument formé d'un plomb suspendu à une corde légère, et dont les ouvriers se servent pour s'assurer qu'un mur, un pan de bois, etc., est d'aplomb, c-à-d. posé perpendiculairement à l'horizon, sans pencher d'aucun côte. Il est fondé sur celte loi de la pesanteur, que tout ce qui tombe suit la direction de la verticale.
FILS d'archal, fils de laiton passé par la filière. On en fait des treilUs de fenêtre, des cordes de clavecin, des épingles et mille autres choses. On fait dériver le mot archal du latin orichalcum, laiton. Voy. laitos et fils métalliques.
fil de chaînette, nom donné à du gros fil ou de la petite ficelle dont les tisserands forment la partie de leur métier nommée chaînette, parce qu'elle sert à lever ou baisser les fils de la chaîne au travers desquels ils lancent la navette.
fil d'eau, sorte de ver. Voy. gordius.
fil de lacs, nom donné, dans les manufactures de soie, à un fil fort, à 5 brins, qui sert à arrêter, par un entrelacement successif et indéterminé, les cordes que la liseuse a retenues avec l'embarbe.
FIL >0TRE-UAME, OU Fil de la Vierge, filaments blancs et soyeux que l'on voit voltiger dans l'air au printemps et en automne : ils sont produits par de jeunes araignées appartenant aux genres Epéire, Thomire et Lycose.
FIL DE REMISE, fil très fin, à 3 brins, qui sert à faire les mailles des lisses dans lesquelles sont passés les fils de la chaîne.
FUS MÉTALLIQUES. Ccs fils s'obtiennent à l'aide de la filière dans des usines dites tréfileries. !<■ Les F. cTor et d'argent, dits aussi or trait et argent trait (c.-à-d. tiré], ne peuvent être tirés qu'à l'hôtel des Monnaies, dans la salle de l'Argue, afin que le fisc ne perde point ses droits. Les fils dits fils d'or ne sont jamais en or fin, mais en
argent doré. On s'en sert pour broderies, galons et passementeries. On fait des F. d'or et d'argent faux avec du cui\Te rouge doré et ai^enté. — 2° Les F. d'acier servent pour les cordes de piano et l'horlogerie et tendent à remplacer dans tous leurs usages les fils de fer ordinaires. — 3» Le F. de fer est fait de fer doux et est de diverses grosseurs, depuis 0'",015 jusqu'aux plus minces échantillons. Le plus fin, dit manichordion, sert à faire des cardes. On vend le fil de fer en paquets de 3 kilogr. ayant la forme d'un petit cerceau et nommés torches. Pour mettre le fil de fer à l'abri de la rouille on le recouvre I d'étain par les procédés galvaniijues [Voy. étamage et galj VAXiSATiox). Les fils de fer et d acier galvanisés sont employés pour les lignes télégraphiques. — 4° Les F. de cuivre sont employés comme conaucteurs d'électricité. — I 5° Les F. de bronze phosphoreux, récemment inventés par la maison Montefiore, de Belgique, trouvent leur emploi dans les réseaux téléphoniques.
FILS TÉLÉGRAPHIQUES. Voy. TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE.
FILAGE, Filago, vulg. Cotonnière, genre de la famille des Composées Sénécionidées, section des Gnaphaliées, formé de petites plantes cotonneuses, blanches, à fleurs jaunes, qu'on trouve dans les champs cultivés et sur le bord des chemins. La F. naine [F. pygmœa) est l'espèce type.
FILAGRAMME. F oy. filigr.\.\e.
FI LAI RE (de fil], Filaria, genre d'Helminthes, de l'ordre des Nématodes, caractérises par un corps grêle et fort allongé oui les a fait comparer à des fils. On les trouve parfois chez l'homme dans le tissu cellulaire sous-cutané, dans les muqueuses, les viscères, les yeux et même le sang [Voy. filariosej. Il y en a chez tous les animaux, même les plus inférieurs. On connaît surtout : le Ver de Médine ou Ver de Guinée [Voy. dragoxseac), la F. des poissons, la F. du cheval, la F. rubelle qu'on a trouvée dans le sang de la grenouille, etc.
FILALI, fils d'or et d'aiçent employés par les Arabes pour exécuter des broderies sur cuir. Cette industrie a pour siège principal Ta filet (Maroc), mais on trouve d'habiles ou>Tiers en filali sur toute la côte africaine, au Maroc, en Algérie et en Tunisie.
FILAO, plante. Voy. casuarine.
FILARIA, Phillyrea, genre de la famille des Oléacées, tribu des Olcinées et voisin des Troènes, renferme de jolis arbustes toujours verts, indigènes du midi de l'Europe : feuillage luisant et sombre ; fleurs verdàtres ou blanchâtres, disposées en grappes à l'aisselle des feuilles; le fruit est une baie renfermant une graine blanche et dure ; le bois est iaime, dur, susceptible de prendre un beau poli. On distingue le F. à larges feuilles, le F. à feuilles moyennes et le F. à feuilles étroites.
FILARIOSE, maladie parasitaire de l'homme, due à la présence dans l'économie d'un néraatode du genre Filaire : la Filaria sanguinis hominis. On rencontre la filariose dans toutes nos colonies : aux Antilles, en Algérie ; on les trouve aussi au Brésil, en Chine, aux Indes. Les sjinptômes sont le plus souvent une dilatation des gangUons et des troncs Ij-mphatiques, l'élophantiasis des membres inférieurs. C'est par le tube digestif que s'absorbent les filaires. L'eau des mares en contient souvent un grand nombre. Elles y sont apportées par les moustiques femelles qui viennent pondre et mourir dans les flaques d'eau, après avoir absorbé des filaires embryonnaires sur les individus qu'eUes vont piquer et dont elles sucent le sang.
FILASSE (de fil], partie la plus grossière du chanvre et du lin de commerce, consistant en fibres flexibl^ et résistantes qui adhèrent encore à la partie intérieure de l'écorce du chan>Te, du lin et de quelques autres plantes filamenteuses, après que le lin, le than\Te pur, etc., ont été détachés. La filasse peignée se nomme étoupe. Voy. ce mot.
Filasse de montagne. Voy. asbbste.
FILATURE, industrie oui consiste à réduire en fil les substances susceptibles d être filées : on donne aussi ce nom aux manufactures où s'exerce cette industrie. L'opération du filage s'applique surtout au chanvre, au fin, au coton, à la soie et à la laine. On file également toutes sortes d'écorces ou de tiges, telles que celles de certaines orties, de l'apocyn, de la ramie, etc., toutes les bourres végétales, et même le poil ou la fourrure de plusieurs quadrupèdes.
L'art de filer remonte à la plus haute antiquité; mais