FILIGRANE
•ce n'est fruère que depuis un siècle au'il a fait d'immenses progrès. Les divers procédés de filature se réduisent à quatre : le fuseau, le rouet dit de la bonne femme, le rouet du cordier [Voy. fuseau et rouet), et les machines d'invention moderne. Le premier métier à filer, le spinning-Jenny ou Jeannetie-la-fileuse, fut inventé en 1708
rar l'Anprlais James Hargrcaves, du comté de Lancastre; année suivante, Rich. Arkwright mit au jour la mécanique -à cylindres ou à laminoirs, dite continue. En 1779, Samuel Crompton, combinant les systèmes des deux premiers inventeurs, créa la fameuse mulc-Jenny [Voy. ce mot), dont l'usage devint général en 1787 : vers la même époque, Watt appliquait la force de la vapeur aux filatures. Enfin, en 1825 fut inventé le banc à broches, supérieur «ncore à la mule-Jcnny pour la vitesse et l'économie de la fabrication. Mais ces diverses machines ne s'appliquaient qu'au coton et à la laine cardée et peignée. La machine à filer le chanvre et le lin l'ut inventée en France par Philippe de Girard, en 1813, et portée depuis à la perfection par les améliorations successives dues à Saulnier, Lagorzais, Dabo, J. Collin, Laurent, Scrive, etc. — C'est en AngJeterre qu'on trouve le plus grand nombre de filatures. En France, ce sont les départements du Nord, de la Seine-Inférieure, de l'Aisne et de la Marne qui en possèdent le plus aujourd'hui.
Consulter : le Manuel du filateur de Noël et celui de JuUien et Lorentz ; le Système complet de la filature de coton de Leblanc et Molardj"; le Traité de la filature du coton d'Oçer; les ouvrages de M. Alcan [Filature du coton, Travail des laines. Etudes sur les arts textiles à V Exposition univ. de 1867) ; Bipper, Traité de filature et de tissage (1887) ; Reh, Traité de tissage mécanique (1891). — Voy. aussi coton, lin, etc.
FILE (de fil), dans l'Art militaire. Lorsqu'une troupe est disposée en colonne par le liane, la file se compose de deux ou de quatre hommes placés l'un à côté de l'autre. Les serre-file sont les hommes qui se trouvent en dehors et le long de la colonne.
Dans la Marine, on nomme chef de file le vaisseau qui est à la têle d'une flotte.
FILER. Dans la Marine, filer c'est lâcher un cordage : on file en douceur, à la demande, en garant, c.-à-d. avec précaution ; en bande, en lâchant tout. Filer la ligne de sonde, c'est la laisser descendre librement dans l'eau ; filer du câble, c'est en laisser aller dehors du navire; Jiler le loch, c'est laisser aller la ligne du loch ; jiler un nœud, deux, trois nœuds, etc., c'est parcourir 1, 2, 3 fois, etc., 15 m. 42 dans l'espace de 50 secondes.
En Musique, filer un son, c'est le poser doucement, puis l'enfler insensiblement et le diminuer de même.
FILET (de fil), tissu à claire-voie et à mailles nouées, fabriqué avec de la ficelle ou du fil retors de lin ou de chanvre, et qui sert à prendre des poissons, des oiseaux et autres animaux, ainsi qu'à beaucoup d'autres usages. On compte plus de 72 espèces de filets pour la pêche, différant par la forme, la dimension et la force du fil ; les principaux sont : Vépervier, la seine, le verreux, le sac, le chalut, la folle, le tramait, la flue, la rissole, etc. On prend les «iseaux et certains quadrupèdes avec des réseaux ou 7'ets, des nappes, des toiles, des rafles, des panneaux, des huiliers, des araignées, des traîneaux, des titrasses, etc.
On appelle : tête, le haut d'un filet de pèche tendu verticalement ; flottes, les morceaux de liège qui garnissent la tête ; plombée, la corde garnie de bagues de plomb qu'on attache au bas d'un filet ; on nomme : goulet l'embouchure d'un filet; levure, le premier rang de mailles; accrues, l'élargissement des mailles; enlarmure, l'action de mettre sur les bords une forte ficelle pour le consolider et maintenir la forme des mailles, etc. Outre le lavage et le séchage, précautions indispensables pour la conservation dos filets, les pêcheurs ont soin de les teindre ou de les goudronner; souvent aussi ils les passent au tan. — Jacquart en 1805, Buron en 1806, et depuis, Broquant, Pecqueur et Jouannin, en France ; Patterson, Stuart et Lockart, en Angleterre, ont inventé des métiers à fabriquer les filets ; cependant on les fabrique encore à la main. On se sert à cet effet de moules ou bâtons cylindriques, et A'aiguilles en bois, pointues d'un bout et fourchues de l'autre.
FILET. En Botanique, on nomme filet la partie filiforme de l'étamine, qui s'élève et soutient l'anthère; il est équivalent au pétiole de la feuille. Quelquefois le filet est dilaté et semblable à un pétale (Amomées) . Voy. étahines.
En Anatomie, on nomme ainsi divers replis mcrhbraneux qui brident et retiennent certains organes : le filet de la langue est un repli triangulaire formé par la muqueuse de la btouclie, et placé à la base inférieure de la langue : quand ce repli se prolonge jusqu'à l'extrémité de la langue, il gêne ses mouvements; on y remédie en le coupant avec des ciseaux. — H y a deux filets des lèvres, un pour la la lèvre supérieure, et l'autre pour l'inférieure. Ils unissent ces parties aux os maxillaires. On les appelle aussi freins.
Dans l'Equitation, le filet est un mors brisé dont le montant et les rênes sont comme ceux de bride; on l'utilise pour reposer la bouche des chevaux et ralentir l'allure.
On appelle filet : en Architecture et en Menuiserie, une moulure plate ou lisse, carrée, qui sépare deux autres moulures plus fortes [Voy. listel); dans la Fabrication de la blonde, de la soie mise en 4, 5 ou 6 brins. Les dames appellent filet dentelle un ouvrage à jour fait à la main.
En Typographie, on appelle filet une lame en plomb ou en cuivre dont la tranche produit le trait qui sépare les colonnes d'une même page (les Relieurs, les Peintres, les Doreurs donnent aussi ce nom à tout trait droit et délié).
En termes de Boucherie, le filet est la partie charnue qui est placée à l'intérieur du corps entre le rognon et les côtes : c'est le muscle psoas. Le filet est le morceau le plus estimé du bœuf, du mouton et du porc. Le faux-filet est également pris le long de l'échiné, mais en dehors.
FILEUSES (araignées). Voy. araignée.
FILIATION (du lai. filiatio). La filiation des enfants légitimes se prouve par les actes de naissance inscrits sur les registres de l'état civil, ou, à leur défaut, par la possession d'état, ou bien encore par témoins, à condition qu'il y ait déjà un commencement de preuve par écrit ou des indices graves de la filiation (C. civ., art. 319-325) ; celle des enfants naturels n'est prouvée que par la reconnaissance volontaire ou forcée du père et de la mère (art. 354). Les enfants adultérins et incestueux ne peuvent jamais être reconnus (art. 535).
FILICINÉES, classe de Cryptogames vasculaires, composée des Fougères et des Rhizocarpées ou llydroptéridées.
FILIÈRE (de fil], instrument destiné soit à étirer les fils métalliques, soit à leur donner la forme d'une vis. — Les F. à étirer ou bancs à tirer se composent uniquement d'une plaque de fer trempé, percée de trous coniques ou pyramidaux en progression presque imperceptible, et solidement fixée à l'aide d'un étau ou autrement; on introduit le bout du fil à étirer d'abord dans le trou le plus large ; quand il peut passer, on le serre dans des pinces plates et on tire en s'éloignant de la filière. On recommence ensuite dans un trou plus petit, jusqu'à ce que le fil ait atteint la longueur et la ténuité voulues. — Les F. à fileter, ou à faire des vis, sont simples ou doubles. La F. simple est une plaque d'acier percée de trous taraudés de plus en plus profondément, dans lesquels on fait entrer le fil successivement et en tournant, ce qui forme le filet en spirale, appelé pas de vis; les arêtes de cette filière sont vives et coupantes, pour ne pas repousser le métal en lui-même, comme dans l'étirage, mais bien pour le couper. La i'\ double, préférable pour travailler en grand, ou sur de grosses pièces, se compose de deux coussinets, soudés aux côtés d une lame de fer courbée en compas et qu'un mécanisme fait approcher l'un de l'autre à volonté. — Il y a encore la F. à fileter le bois : c'est un morceau d'acier tranchant terminé en V, emmanché dans la filière comme le fer d'un rabot, et enlevant au bois, à mesure qu'il se présente en tournant, des copeaux qui laissent en relief les arêtes de la vis.
On nomme encore filières les pores par lesquels les Araignées et les Chenilles font sortir la matière dont elles composent leurs toiles et leurs cocons.
FILIGRANE (de l'ital. filigrana), par corruption Filagramme, petit ouvrage de fantaisie en fils d'or, d'argent ou de verre travaillés à jour et entrelacés de manière à représenter toutes sortes de figures ou d'arabesques. Le talent de l'ouvrier, dans ces ouvrages délicats, c'est de faire des soudures si légères qu'elles soient imperceptibles à l'œil. — La fabrication des objets de filigrane était connue des anciens ; ils étaient à la mode dans l'ancienne Byzance. et ils sont encore auj. prisés dans tout l'Orient. On en fait à Paris et à Gênes. Les artistes italiens y enfilaient autrefois de petits grains : d'où le nom de filigrane.
Le mot filigrane s'applique aussi aux lettres ou figures