‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 655 sur 1729 · FLÉCHISSEURS · texte numérisé non relu

FLÉCHISSEURS

PLEURAGE

aériennes), en forme de cœur (feuilles nageantes] et en forme île ruban {feuilles submergées), cl à fleurs monoïques, blanches ou rougeâtres, disposées en épi, les fleurs mâles en haut, les femelles au dessous. La F. sagittée fleurit de juin à juillet. L'intérieur des tiges et des feuilles est rempli d'une moelle douce, savoureuse, qui les fait rechercher des chevaux et des pourceaux. Celte plante fixe les terrains d'alluvion et procure un lx)n engi-ais.

FLÉCHISSEURS (muscles), muscles destinés à fléchir certaines parties du corps et particulièrement les phalanges des doigts et des orteils.

FLEGMASIE, flegme. Voy. piileghxsie, phleghe. FLÉOLE ou FLÉAU (du gr. oXéwî), Phleum, genre de la famille des Graminées, tribu des Phalaridées : paniculc resserrée en épi, glumes tronquées et terminées par deux petites pointes avec une plus courte dans le milieu. La F. des prés [P. pratense) est une herbe à tige droite, glabre, haute de O^.TS à 1 mètre, et très commune dans les prés. Tous les bestiaux la recherchent, particulièrement les chevaux. On en fait de bonnes prairies artificielles, auxquelles on reproche toutefois de donner trop peu de fane. La F. noueuse [P. nodosum), presque aussi commune que la précédente, se trouve dans les prés marécageux ; elle n'est pas moins agréable aux troupeaux. Elle se dislingue par ses racines noueuses et par ses tiges couchées à leur partie inférieure.

FLET ou PicAUD, noms vulgaires d'un poisson du genre Plie, le Platessa flessus. Voy. plie.

FLÉTAN, Hippogtossus, genre de Poissons malacoptérygiens subbrachiens, de l'ordre des Squamodermes, famille des Pleuronectes, est composé de poissons plats ayant les nageoires et la forme des plies ; les yeux et la ligne latérale chez les uns à droite, les autres à gauche. Le F. helbut, type du genre, est très commun dans les mers du Nord, il ne diffère des plies que par l'allongement de son corps. Il atteint jusqu'à 2 mètres, et pèse de 150 à 200 kilogr. Sa chair fournit un aliment copieux et agréable. On le mange frais, ou réduit en longues lames salées ou séchées. FLÉTRISSURE. Voy. marque.

FLEUR (du lat. flos), ensemble des organes qui, dans la plante, concourent à la fécondation. De ces organes, les uns sont indispensables à la reproduction, comme les étamines ou organes mâles, et le pistil ou organe femelle; les autres ne servent qu'à protéger les premiers, comme la corolle et le calice : c'est à eux que la fleur doit particulièrement sa grâce cl son éclat; mais le rôle de ces enveloppes florales n'est que secondaire, et elles manquent souvent en partie ou même en totalité : la fleur est alors dite nue. Une fleur complète se compose donc de quatre parties, appelées verlicilles, qui, de l'extérieur à l'intérieur, sont : le calice, la corolle, les étamines et le pistil. Le calice et la corolle constituent le périanthe. On nomme androcée le verticille des organes mâles, et gynécée celui des organes femelles. Une fleur est dite : hermaphrodite lorsqu'elle renferme les organes mâles et femelles; unisexuée, lorsqu'elle ne porte que des étamines ou un pistil ; stérile ou neutre, lorsque ces organes ne se développent pas. On appelle : monoïques, les plantes qui ont sur le même pied des fleurs mâles et des fleurs femelles séparées : dioïques, celles qui n'ont sur chaque pied que des fleurs mâles ou des fleurs femelles; et polygames, celles sur lesquelles on trouve à la fois des fleurs unisexuécs et des fleurs hermaphrodites. La fleur peut être encore régulière, irrégulière, in fundibuli forme, tubuleuse, etc. Voy. ces mots et aussi examine, pistil, corolle, calice, inflorescence, alternance, etc.

On nomme vulgairement : Fleur ailée, plusieurs espèces d'Ophrys, la Mantisie et la Rhexie veloutée ; F. d'amour, l'Amarante, l'Ancolie et le Pied-d'alouette sauvage; F. d'Artncn'e, l'Œillet-de-poète ; F. de chair, le Trèfle incarnat, le Mélampyre des champs, la Lychnide laciniée ; F. changeante, la Ketmie de l'Inde ; F. du ciel, le Nostoc et la Trcmelle; F. de coucou, la Lychnide; F. de crapaud, la Stapélie panachée ; F. des dames, l'Anémone coquelourde, l'Hépatique des jardins et l'Héliotrope du Pérou; F. écarlate, la Lychnide de Russie et leQuamoclit jasniin; F. d'écrcvisse. la fleur du Balisier indien; F. feuille, la Sauge hormin ; F. de jalousie, l'Amarante tricolore; F. miellée, le Hélianthe pyramidal et la Moscateiline printanière; F. de muscade', le Macis; F. de la passion, la Grenadille et le Passiflore ; F. de plume, la Valériane grecque ; F. printanière, la Pâquerette et la

Primevère; F. de sang, la Capucine et la Tulipe du Cap; F. de soleil, l'Héliotrope, l'Hélianthe, la Belle-de-jour, la Gaudc, la Mauve, etc. ; F. de tous les mois, le Souci des jardins ; F. de veuve, la Scabicuse.

FLECR. On donne encore le nom de fleur : 1" à la partie la plus fine de la farine, du soufre et d'autres matières; 2° aux taches blanches que l'on voit sur la peau de certains fruits qui n'ont pas été manies; 3" en termes de Corroyeur, au côté de la peau dont on a enlevé le poil; l'autre côté se nomme chair.

Les anciens Chimistes nonunaient fleurs certains produits solides et volatils obtenus par la sublimation, ainsi que les sublimés pulvérulents. Telles sont : les F. argentines d'antimoine, ou oxyde antimonieux ; les F. d'arsenic, ou anhydride arsénieux; les F. de benjoin, ou acide benzoïque; les F. de bismuth, ou ox^de de bismuth; les F. de cuivre, oxyde et sulfate de cuivre ; les F. de zinc, oxyde de zinc; les F. de soufre {Voy. soufre).

On nomme : Fleu.r d'argent, de chaux ou de pierre, une chaux carljonatée qui se réduit facilement en poudre ; F. de cuivre, les petits grains rouges de cuivre vierge ; F. de fer, une aragonite concrétionnée en rameaux, qu'on trouve dans les mines de fer.

FLEURS DU VIN. Voy. VINS (Maladies des).

FLEUR DE LIS. C'était autrefois l'emblème héraldic|ue de la maison de France. On ne s'accorde point sur l'origine de cet emblème : les uns y voient un lis véritable, ou tout au moins un iris; d'autres, un fer de hallebarde. Quoi qu'il en soit, la fleur de lis apparaît sur les sceaux des empereurs d'Allemagne, sur la couronne de quelques rois d'Angleterre, sur l'écusson des rois de Navarre, antérieurement au xii* siècle, époque où elle commence à figurer dans les armoiries des rois de France. Louis le Jeune est le premier qui l'adopLa officiellement (1180). L'étendard royal fut d'abord cliargc d'un nombre indéterminé de fleurs de lis; dans la suite, ce nombre se réduisit à trois. Quelques familles illustres de la noblesse, alliées à celle de France ou autorisées par le roi, ont porté ou portent encore la fleur de lis dans leurs armes : ce sont celles d'Angoulômc, de Bourgogne, de Bourbon, de Naples, de Tliouars, de Simiane, de Vie, de l'Hôpital, de Goldy en Suisse, etc. Paris et plusieurs autres villes de France portent aussi des fleurs de lis dans leurs armoiries. Consulter sur l'histoire de cet endjième : Beneton de Peyrins, Bullet, le P. Ménestrier, M. E. Woillez, etc. — Sous l'ancienne monarchie, le manteau royal, le bâton des maréchaux, les sièges des juges au parlement étaient fleurdelisés. Les galériens aussi étaient marqués d'une fleur de lis.

FLEURS ARTIFICIELLES. Cette industrie, connue depuis longtemps des Chinois, a été cultivée en Occident, d'abord en Italie, puis en France et en Suisse: c'est en 17.'58 que Séguin de Monde l'établit à Paris. Aujourd'hui les fabriques les plus renommées sont à Paris et à Lyon. On n'employait d'abord à cet usage que des rubans de diverses couleurs, qu'on frisait et dont on recouvrait ensuite des fils de laiton; on y ajouta bientôt la plume, la gaze, le coton et la bourre de soie, le papier, la batiste, le taflietas et la peau. Maintenant, outre les étoffes de toute espèce, on se sert, pour cette fabrication, de laine, de cire, de coquille, etc. — Voir Mme Ceinart, Manuel du fleuriste artificiel (Paris, 1838), les rapports de MM. N. Rondot, A. Payen et Ch. Petit {Expositions de 1851, 1802, 1867); Turgau, les Grandes Usines, 1878.

FLEURS (langage des), langage symboHque dans lequel les fleurs, soit isolées, soit assemblées suivant un certain choix, servent à exprimer une pensée, un sentiment secret : ainsi, la rose blanche exprime l'amour ; le lis, la pureté ; le souci, le chagrin; le basilic, le mécontentement. Le langage des fleurs était connu des anciens ; il fut fort à la mode du temps de la chevalerie, et il est encore usité en Orient. De llammer a domié, dans ses Mines de l'Orient, l'explication des emblèmes orientaux : Mme Ch. fie Lalour (1844) et M. A. Francal (1862), le Langage des fleurs, etc.

FLEURAGE, procédé particulier d'extraction des essences odorantes de certaines fleurs, employé surtout pour les fleurs dont l'essence s'altère facilement par la chaleur et ne peut être recueillie par distillation. Le fleurage consiste à abandonner pendant plusieurs jours une assez grande quantité de pétales floraux à la surface d'une couche de graisse animale (bœuf, mouton, porc) ; le parfum se dissout peu à peu dans la matière grasse et constitue une

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