‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 669 sur 1729 · FORMULE · texte numérisé non relu

FORMULE

questions. T)'aprP9 St Tliomas, Huns Scot, etc., l'âme est la forme substantielle du corps hutnain; c.-k-d. l'âme, à la fois végétative, sensitive, locomotrice et raisonnable, est naturellement unie à la matière organisée du corps humain, dont elle est la forme substantielle; mais, d'après les mêmes auteurs, contrairement au système d'Aristote, l'âme a une existence propre et personnelle, non seulement dans le composé naturel qui est l'honime, mais aussi en dehors de ce composé ; elle est immatérielle et immortelle. Celle doctrine a passé dans la Théologie [Voy. animisme). — Auj. la distinction de la forme et de la matière n'a plus ce sens métaphysique : on ne conçoit plus la forme comme une réalité distincte : on n'appelle forme d'une matière donnée que la loi de composition

Ïui préside à l'union des éléments de cette matière. — onsulter : Ravaisson, Essai sur la métaphysique d'Aristote; H. Martin, les Sciences et la Philosophie (Essai IV, § 5), etc.

En Psychologie, Kant a donné le nom de formes à certaines idées nécessaires qu'il considère comme tenant à la nature de notre esprit et n'ayant aucune réalité objective : ce sont les idées de temps, d'espace, de substance, de cause, etc.

En Logique, la forme est la régularité d'un argument : un raisonnement peut pécher soit par la forme, si la conclusion n'est pas contenue dans les prémisses, soit par la matière (ou le fond), si les prémisses sont fausses.

En Droit, on appelle formes judiciaires l'ensemble des formalités, clauses et conditions qu'on doit observer dans l'inslruction d'une cause ou d'un procès. On dit en ce sens que la forme einporle le fond, c.-à-d. que l'on perd quelquefois son procès pour n avoir pas observé les formalités prescrites.

Dans l'Industrie, on donne le nom de formes aux divers appareils qui servent à façonner, monter ou confectionner toutes espèces d'objets. Tels sont : les châssis en bois qui servent à la fabrication du papier et du carton; les châssis en fer dans lesquels les imprimeurs serrent la composition ; les moules en bois des chapeliers, des cordonniers, des bonnetiers, etc. ; les moules en terre dans lesquels le sucre raffiné se façonne en pains ; les paniers et éclisses qui servent à la fabrication des fromages, etc.

Dans la Marine, on appelle formes des bassins pris dans la mer ou pratiqués dans un port, pour y faire entrer les bâtiments qu'on veut réparer : on les y introduit à la marée montante, puis, quand le bâtiment est placé audessus des chantiers qu'on lui a préparés, et que la marée s'est retirée, on ferme les portes, et le bâtiment reste à sec.

Les Vétérinaires appellent formes des tumeurs osseuses qui se développent, chez le cheval, à la couronne ou au paturon. Elles se distinguent en F. cartilagineuses et F. phalangiennes, suivant qu'elles siègent sur le cartilage de prolongement de la 3° phalange, ou sur la l" et la 2° phalange.

FORME (Algèbre). Voy. polynôme.

FORMÈNE ou uaz des marais ou hydrure de méthyle ou MKTHAN'E, Cil*, gaz qui se produit naturellement au fond des marais. Il se rencontre également dans les mines, où il constitue le grisou, qui par son mélange avec l'air donne des produits détonants causant des explosions terribles. Ce gaz peut également s'échapper du sol et brûler à la surface, comme en Asie Mineure. — On prépare le méthane dans les laboratoires en chauffant dans ime cornue un mélange d'acétate de sodium et de chaux sodée. Le gaz qui se dégage est incolore, inodore et irrespirable. Il peut brûler à l'air avec une flamme peu éclairante. Le chlore ne peut donner, avec le méthane, que des produits de substitution, le carbone étant saturé ; on obtient les composés CH^l, CH«C1»,CHC13 et CCI*; le 3«est le chloroforme ; le 1" est le chlorure de méthyle ou éther méthylchlorhydrique. Avec le brome, des réactions analogues ont lieu, mais difficilement.

FORMIATES, sels de l'acide /"orwii^MC.

FORMICAIRES (du lat. formica, fourmi), tribu d'Insectes, de l'ordre des Hyménoptères porte-aiguillon, famille des Hétérogynes : tète globuleuse, plus grosse chez les femelles que chez les mâles ; yeux peu saillants ; mandibules très développées chez les femelles, et très courtes chez les mâles. Ces insectes sont petits : ils ont des glandes qui sécrètent un liquide corrosif [acide formique], qui sert à leur défense. Us vivent en sociétés composées

de mâles, de femelles et de mulets, et se nourrissent de corps animaux et végétaux. — Genres : Fourmi, Polyergue, Ponère, Myrmice, Atte et Cryptocère.

FORMICA-LEO. Voy. fourmi-lion.

FORMICANT, se dit, en Médecine, du pouls faible, petit, fréquent, et ne donnant que la sensation d'un fourmillement.

FORNICATION ou FonRHiLLEMENT, douleur analogue à celle produite par la piqûre des fourmis.

FORMIQUE (acide), du lat. formica, fourmi; acide organique liquide, composé de carbone, d'hydrogène et d'oxygène [II.COOH], qui est sécrété par les fourmis, et qui se produit aussi dans une foule de circonstances par 1 action des corps oxygénants sur les matières organiques. On peut l'obtenir on chauffant du sucre ou de la fécule avec un mélange d'acide sulfurique et de peroxyde de manganèse ; mais on le prépare ordinairement en soumettant à la distillation un mélange de glycérine et d'acide oxalique ; par suite de la formation d'un éther oxalique de la glycérine et de sa transformation en éther formique et de là en acide formique par saponification, on voit qu'une quantité limitée de glycérme peut servir à la transformation d'une quantité illimitée d'acide oxalique. L'acide ainsi obtenu contient beaucoup d'eau ; pour l'avoir anhydre, on le sature par' l'oxyde de plomb et on fait passer un courant d'hydrogène sulfuré sur le sel de plomb bien desséché. L'acide formique anhydre ainsi formé se condense à l'extrémité de l'appareil. — Cet acide est incolore et d'une odeur piquante, semblable à celle des fourmis; sa densité est de 1,168; il bout à 100°; sa vapeur est inflammable et brûle avec une flamme bleue. Il est très corrosif et détermine sur la peau de véritables brûlures. On le reconnaît aisément à ce que sa solution aqueuse réduit à l'état métallique les sels de mercure et d'argent. Il donne des sels qu'on appelle des formiates. Le formiate d'ammoniaque se décompose par la chaleur en acide cyanhydrique et en eau, et réciproquement peut être reproduit par l'union de ces deux corps sous l'influence des acides. — L'acide des fourmis a été analysé pour la première fois par Marggraf (1749).

FORMULAIRE {Ad formule). En Théologie, on appelle ainsi une formule de foi émanant du pape, et qu'il propose pour être reçue ou signée. Le plus célèbre de ces formulaires est celui de 1665, qu'Alexandre VII enjoignit de signer contre les propositions de Jansenius qui avaient été condamnées. — Certains livres de dévotion et de prières portent aussi le nom de formulaires.

En Médecine, on donne ce nom aux recueils de remèdes.

Voy. PHARMACOPÉE.

Il y a encore un Formulaire des notaires, un Formulaire des actes de procédure, etc.

FORMULE (du lat. formula), se dit de certaines règles, formes ou termes prescrits pour les actes diplomatiques ou authentiques, pour une loi, un décret, un acte quelconque. Les codes fixent les nombreuses formules à employer pour l'intitulé et la rédaction de chaque aile judiciaire, ainsi que pour le mandement aux officiers de justice en vertu duquel un acte peut être mis à exécution ( Voy. exécutoire) : ces formalités sont indispensables jwur la validité de l'acte. — Chez les Romains, on appelait : formule l'instruction donnée au juge par le magistral et suivant laquelle il devait juger les parties; système formulaire, le système de procédure dans lequel on se servait de formules et qui dura du v" siècle de la fondation de Rome jusqu'à Dioclélien. Les formules, d'abord secrètes, furent publiées par C. Flavius et par ^Elius Sextus. — Les formules étaient fort nombreuses au moyen âge. L'usage réglait la suscription, le préambule, le salut, la date, la la souscription des lettres et diplômes. Quelques-unes de ces formules existent encore informulés de Marculfe et de Sirmond). Jér. Rignon, puis Raluze en ont donné des recueils fort complets (1664 et 1667).

En Algèbre, une formule ou expression algébrique est l'indication symbolique de calculs à efl'ectuer sur certains nombres représentés le plus souvent par des lettres.

En Chimie et en Minéralogie, on appelle formules l'ensemble de caractères ou signes conventionnels à l'aiJe desquels on représente les divers corps simples et leurs composés. Ces signes rappellent non seulement la nature des corps, mais encore leur poids atomique. Ainsi Cu, K, 0, H signifient à la fois 63 de cuivre, o9 de potassium. 16 d'oxygène et 1 d'hydrogène [Voy. atomiques [poiusj].

FORMLE

Page 1