‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 670 sur 1729 · FORTIFICATION · texte numérisé non relu

FORTIFICATION

AïOlI, formule, ou, comme on dit quelquefois, symbole de l'aciae azotique, veut dire que ce corps est forme de 14 d'azote, 3 fois 16 d'oxygène et 1 d'hydrogène. — En Minéralogie, pour simplifier les formules, on est convenu de supprimer le signe oxygène et de le remplacer par des points en nombre égal à celui du chiffre d'atomes ; ainsi on

écrit Ca, Si, au lieu de CaO, SiO'; si la base entre pour 2 atomes dans l'oxyde on barre la lettre capitale : Fe, Az, Al, Mn, etc.

En Physique, on écrit une formule, quand on affirme que deux séries d'opérations algébriques portant sur des quantités différentes conduisent au même résultat numérique ; il faut que les différentes grandeurs soient exprimées au moyen d'imités correspondantes. Par ex., la formule P = VD exprime que le poids d'un corps en grammes est égal au produit numérique de l'expression du volume en centim. cubes par la valeur du po;ds spécifique, celui-ci étant le poids en granmies d'un centim. cube du corps. On appellera en particulier F. empiriques celles qui ne s adressent qu'à un cas particulier; par ex. : la dilatation d'un solide entre 0 et 100° étant 1res sensiblement proportionnelle à la température, on exprimera ce fait par la formule empirique V = Vo[l + a<], oii Yq est le volume à zéro, t la température, et a ce qu on appelle le coefficient de dilatation.

En Médecine, une formule est l'exposé des substances

Jui doivent entrer dans un médicament composé, avec inication de la dose de chacune d'elles, de la forme pharmaceutique et souvent de la manière dont le médicament doit être administré.

En Botanique, on appelle Formule florale les symboles servant à représenter la constitution d'une fleur. La formule florale de la fleur de Colchique est par ex. : F::=3S -(- 3P + 3E -I- 3E' -1- 3C. S signifie sépales ; P, péiales ; E corresjxjnd au \" verticille de trois étamines ; E', au second : C signifie carpelle.

FORMYLE, radical acide qui a pour formule CHO, dont l'hydrate est l'acide formique, et 1 hydrure, l'aldéhyde formique. Voy. méthïliques [composés).

FORQUINE, fourche d'arquebuse. Voy. fourche.

FORSTERITE, variété de Péridot imiquement magnésienne ; se trouve au Vésuve.

FORT du lat. fortis], ouvrage de fortification isolé, destiné à maîtriser une certaine étendue de pays, une route, un défilé, un passage de rivière, etc., et pouvant se défendre pendant un temps plus ou moins long, selon sa position, son étendue, ses approvisionnements et la force de sa garnison. Un fort se compose de ses remparts avec leur artillerie et les banquettes pour fusiliers, d'abris de diverses natures pour les hommes, les munitions et le matériel; ceux-ci doivent être à l'abri des projectiles ennemis. — On appelle : forts détachés, ceux qui sont situés autour d'une place forte pour augmenter son rayon d'action et la mettre à l'abri du bombardement ; ils sont disposés de manière à se prêter un mutuel soutien ; forts isolés, ceux qu'on élève sur la frontière ou en un point imjKjrtant en vue de tenir un passage dont la conservation intéresse la défense du pays ; ils sont établis de manière à pouvoir se défendre isolément. — V>n fortin n'est autre qu'un l)etit fort d'importance minime, le plus souvent construit au moment du besoin avec les ressources dont dispose une armée en campagne. Un blockhaus est une manière de fortin plus spécialement disposé pour résister à l'infanterie. Une citadelle n'est autre qu'un fort attenant à l'enceinte d'une ville et destiné à tenir après la chute de celle-ci.

FORT, porteur dans les halles et marchés, l'oy. halle.

FORT DENIER. Voy. DENIER.

FORTE, FORTE-PIANO. Voy. PIANO et CLAVECIN.

FORTERESSE, terme générique qui s'emploie pour exprimer toute espèce de place forte, petite ou grande. A l'époque féodale le sol de chaque contrée était hérissé de forteresses destinées à protéger la ville elle-même ; lorsque les grandes nations européennes eurent formé leur unité, on songea à établir un système de défense général du pays et à grouper les forteresses de manière à faciliter cette défense. (]'est ainsi qu'en France, sous Louis XIV, Vauban entoura nos frontières d'un triple réseau de places fortes , qui se prêtaient un mutuel soutien. Ce système de défense lul peu modifié jusqu'en 1870, mais après nos revers on reconnut la nécessite de le remanier et de grands travaux uut été opérés dans ce but. Les principales forteresses

françaises sont Dunkerque, Lille, Maubeuge, Verdun, Toul, Epinal, Belfort, Besançon, Grenoble, Briançon, Perpignan, Bayonne, en première ligne ; Reims, Langres, Dijon, Lyon en deuxième; Paris forme une sorte de grand réduit de la défense nationale. Les forteresses sont actuellement groupées de manière à rendre certaines régions impénétrables à l'ennemi et à limiter par suite les voies d'mvasion. — En Allemagne les principales forteresses sur la frontière française sont sur ie Rhin : Strasbourg, Cologne et Coblenz; Metz constitue aux mains des Allemands une puissante menace contre nous par l'appui qu'elle donnerait aux armées opérant contre notre frontière.

FORTIFIANTS, yoy. toniques.

FORTIFICATION. Ce mot s'applique à la fois à l'art de fortifier dont le but est de mettre une troupe en état de résister avantageusement à un ennemi supérieur en nombre, et aux travaux exécutés pour obtenir ce résultat. Ces derniers sont dits permanents lorsqu'ils sont exécutés en temps de paix avec toutes les ressources de l'industrie pour assurer la défense d'un pays, et passagers quand on les entreprend en campagne, avec les moyens dont dispose une armée, en \Tie de renforcer momentanément la position de celle-ci.

L'art de fortifier est aussi ancien que l'homme lui-même, et on trouve des vestiges de fortifications remontant aux époques les plus reculées; les Romains notamment en faisaient un usage constant, puisque leurs armées s'entouraient toujours d'un camp défensif dont le bois et la terre formaient les principaux éléments. — Après eux et jusqu'à l'invention de la poudre, c'est à de hautes murailles environnées de fossés souvent pleins d'eau qu'on demandait la Protection, et, pour s'emparer de semblables remparts, assaillant devait élever des fours en bois du haut desquelles il jetait sur le défenseur les pierres et les matières incendiaires, tandis que la mine et les béliei-s s'efforçaient de détruire les murailles. — La poudre vint changer tous ces procédés en donnant le moyen de détruire les maçonneries, et dès lors le défenseur dut remparer ses murailles, c.-à-d. les appuyer d'un massif de terre où les projectiles viennent se perdre ; il les abaissa également pour les rendre moins vulnérables. A l'époque de la Renaissance, l'Italie produisit des ingénieurs remarquables dont l'influence se lit sentir en France. Errard, de Bar-le-Duc, et Deville sont chez nous

Parmi les premiers qu'on doit citer, Payan et, après lui, immortel Vauban ont assuré à l'Ecole française une suprématie incontestée qui dura jusqu'à la fin du iviii« siècle. Leur fortification était du système bastionné, dans lequel les différents fronts ou côtés de l'enceinte sont disposés de manière à se défendre indiriduellement par les feux croisés qui partent de bastions. Ceux-ci exercent non seulement leur action sur le terrain environnant, mais encore battent complètement le fossé qui s'étend en avant de l'enceinte ; ils assurent ainsi le flanquement de ce dernier par des feux partant du parapet. — Le Hollandais Cohom, rival de Vauban, employait aussi le système bastionné, mais en le modifiant pour l'approprier aux conditions spéciales d'un pavs où l'eau existe partout à peu de profondeur. — - Cormontaigne, qui au commencement du xviii* siècle représente l'école française, apphque les idées de Vauban sans les modifier. Mais de 1 / /6 à 1786, le marquis de Montalembcrt propose, dans son traité de la Fortification perpendiculaire, un nouveau système, dans lequel le flanquement des fossés est obtenu non plus par les feux partant du rempart, mais à l'aide d'un ouvrage spécial dit caponnière, placé dans le fossé lui-même. Camot adopte les principes de Montalembcrt et les corrige heureusement; il est, avec cedernier, le véritable créateur du système polygonal. Celui-ci rencontra une vive opposition en France, mais l'Allemagne l'adopta pour les travaux qu'elle exécuta après les guerres de l'Empire. Il fallut, pour lui donner chez nous droit de cité, les événements de 1870 et l'impossibilité où on se trouvait de construire dans le système bastionné des forteresses répondant aux conditions nouvelles résultant de l'invention des canons rayes. D'ailleurs la grande querelle entre les partisans des deux systèmes, bastionné et polygonal, a maintenant peu d'importance et on se préoccupe l)eaucoup plus d'assurer aux hommes et au matériel d'artillerie une protection suffisante par l'emploi d'abris blindés, de cuirassements et de mettre les remparts à l'abri de la destruction. On trouvera la description des différents ouvrages de fortifications aux mots : fort»

FRONT DE F0RTIFICATI0!(, FLANCS, BASTIO!), COTRTINE, DEMI-LOE».

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