‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 673 sur 1729 · FOUR · texte numérisé non relu

FOUR

arrière. On disting^ie la F. en déblai, rase et en remblai; ces dernières sont les moins employées. — Espèce de gâteau. Voy. FOCACE.

FOUGERES (du lat. filicaria), Filices, grande famille de plantes de l'embranchement des Cryptogames vasculaires. Dans nos contrées, les fougères sont généralement herbacées et vivaces, à tige souterraine ou rampante ; dans les régions tropicales, plusieurs espèces deviennent arborescentes et leur tige s'élève, comme celle des palmiers, en formant un stipe couronné de verdure. Leurs feuilles, ou frondes, ont pour caractère à peu près constant d'être roulées intérieurement en crosse avant leur épanouissement ; en tombant, elles laissent sur la lige une cicatrice arrondie ou allongée. La reproduction des fougères est double : à certaines époques, on remarque, à la face inférieure des feuilles, des groupes de sporanges [sores) contenant un certain nombre oc spores; ces capsules, en s'ouvrant à maturité, laissent échapper les spores ; celles-ci en germant produisent une lame verte, foliacée, en cœur, de quelques millimètres, appelée prothalle, produisant des anthéridies et des arcliégones ; l'organe mâle [anthéridie] a été découvert en 1844 par Nœgeli; l'organe femelle [archégone), en 1847. — Les Fougères croissent spontanément dans les bois et les lieux incultes : elles sont très abondantes dans les îles de l'Océanie et de l'Amérique tropicale. Leur cendre donne une potasse excellente et sert à la fabrication du verre. Les jeunes pousses et les racines de certaines espèces sont comestibles. On fait avec les feuilles de la litière et des matelas pour les enfants. En Médecine on emploie la Fougère mâle, la Piéride, VOsmonde, la Scolopendre; on fait un sirop pectoral avec la Capillaire. — On partage l'ordre des Fougères en 7 familles : les Polypodiacées, les Cyalhéacées, les Hytnénophy liées, les Glcichéniacces, les Qsmondées, les Marattiées et les Ophioglossées.

On appelle vulg. : Fougère mâle, le Polypodium filix mas ; F. femelle, l'Athyrium (Aspidium) filix fœmina et le IHeris aquilina ; F. impériale, ce même Pteris ; F. aquatique, rOsmonda regalis, etc.

On trouve dans les terrains primaires des débris de fougères gigantesques assez différentes des espèces actuelles.

FOUGUE, nom donné, en Marine, au' mât de hune d'artimon. — Le mot fougue désignait autrefois ce que nous appelons auj. grain ou rafale. On disait une fougue de vent.

FOUILLES (du lat. fodiculare, fodicare, fouir). La propriété du sol emportant la propriété du dessous aussi bien (|ue celle du dessus, le propriétaire peut faire toutes les fouilles qu'il jugera à propos, sauf les modifications résultant des lois et règlements relatifs aux mines et des lois et règlements de police (C. civ., art. 552).

FOUILLEUSE, dite aussi Sous-Sol, espèce de charrue propre à remuer et à ameublir le sous-sol, sans le ramener à la surface.

FOUINE (du lat. faginus, c.-à-d. marte des hêtres; ou de l'allom. Fehé), Mustela foina, espèce du çenre Marte. Elle a la taille d'un chat, le corps allongé, lœil vif, les membres souples, le museau long, la tête plate et petite, les dents et les ongles pointus, la queue longue. Tout le corps est d'un fauve brun, couleur de bistre : sous le cou on remarque deux larges plaques de blanc qui distinguent la Fouine de la Marte commune, qui a ces parties jaunes. Cet animal exhale une odeur forte et désagréable. On le trouve dans les bois, les fermes et même dans les magasins à fourrage des villes. La fouine ne sort que la nuit, entre dans les poulaillers, mange les œufs, les poules, et porte une partie de sa proie à ses petits. Elle prend aussi les souris, les taupes, les oiseaux dans leur nid. La fouine s'apprivoise et devient assez susceptible d'éducation pour écouter la voix de son maître et chasser pour lui.

FoniNE (du lat. fuscina), fourche de fer, à 2 ou 3 pointes, emmanchée à une longue perche, sert à élever sur le tas les gerbes qui sont dans une grange.

FOUISSEURS (du lat. /"ossor), nom donné, en Zoologie : 1° aux Mammifères qui creusent la terre pour y trouver un abri ou des aliments, comme les Taupes, les Tatous, les Echidnés, etc. ; — 2° à une famille d'Insectes, de l'ordre des Hyménoptères porte-aiguillon, caractérisés surtout par leurs pattes propres à fouiller le sable et la terre. Cette famille renferme 7 tribus : les Scoliètes, les Sapygites, les Sphégides, les Bembécides, les Larrates, les Nyssoniens et les Crabronitea.

FOULAGE. Voy. feutre, foulon (machine à) et chapellerie et aussi pressoir.

FOULARD, étoffe de soie unie ou imprimée, dont oi fait des mouchoirs, des cravates, des fichus et des robes. Ce tissu est originaire de l'Inde, et les F. Twill, les corahs, etc., sont encore très estimés malgré la redoutable concurrence que leur fait la fabrication française. Les foulards de rinae offrent des dessins ordinairement plus bi zarres que gracieux, le plus souvent en jaune sur un font rouge.

FOULÉE. On désigne sous ce nom, en Hippologie, le temps pendant lequel le membre d'un cheval reste en contact avec le sol durant les allures. Chaque foulée laisse sur le sol une empreinte, et l'ensemble des empreintes constitue la piste du cheval ou d'un animal quelconque.

FOULON (du lat. /"mZ/o), artisan qui feutre les étoffes de laine par le foulage [Voy. feutre) . Le foulage des feutres,

?[ui se faisait au moyen tfe machines à maillets ou à pilons rappant l'étoffe, s'obtient plus souvent auj. par compression. On fait passer l'étoffe entre deux cylindres horizontaux qui la compriment en largeur ; on obtient le foulage en longueur en forçant l'étoffe à repousser un sabot en fer contre lequel elle se tasse. On facilite l'opération en trempant l'étoffe dans de l'eau savonneuse ou additionnée d'argile (terre à foulon). — Pour les petits objets, tels que bas, bonnets, gants, etc., on emploie le foulage à la main, aux pieds, aux rouleaux, etc.

FOULQUE, Fulica, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Echassiers, famille des Macrodactyles, et qui ont beaucoup de rapports avec les Poules d'eau : bec court; front chauve et garni d'une large plaque cornée. Ces oiseaux recherchent les marais et les lacs, vivent tout le jour cachés dans les roseaux, et ne volent que la nuit. Ils se nourrissent de vers, d'insectes, de petits poissons et d'herbes aquatiques. Leur chair est noire et de mauvais goût. On distingue : la F., morelle ou Macroule, dite aussi Judelle, à plumage noir avec une tache blanche sur le front : la F. à crête, du Cap, d'un noir ardoisé avec un trait bleuâtre derrière l'œil ; la F. bleue, du Portugal, noire et à reflets bleus, avec une crête blanche et une crête frontale rouge.

— On nomme F. noire ou blanche le Grèbe cornu, et F. oreillée, le Grèbe oreillard.

FOULURE. Voy. entorse.

FOUR (du lat. furtius), nom donné aux espaces voùli destinés à porter à une température élevée les corps que l'on y introduit, afin d'en opérer la calcination, la cuisson, la fusion ou la combinaison avec d'autres corps. On distingue dans un four : X" la chauffe, où se fait la combustion : 2° le laboratoire, où se passe la réaction ; 5° la cheminée avec les rampants par lesquels s'évacuent les produits de la combustion. En outre, depuis quelques années, les fours à haute température sont pourvus d'appareil récupérateur de chaleur. On entend par là un appareil que traversent les produits de la combustion, en se rendant à la cliemincc et où ils abandonnent la plus grande partie de leur calorique ; on utilise cette chaleur au chauffage préalable de l'air destiné à la combustion, ou des gaz combustibles, dans le cas où l'on emploie des gazogènes. — Les fours se chauffent au bois, à la houille, au coke, ou bien au gaz.

— On les constitue en matériaux réfractaires pour résister aux hautes températures développées. Celles-ci varient considérablement : depuis 270° (cuisson du pain) jusqu'à 2500° (fusion du platine iridié).

Four de campagne. Outre le four portatif dont on se sert à l'armée, on appelle ainsi un ustensile de cuisine, consistant en une sorte de couvercle en tôle disposé pour recevoir des charbons allumés, et qui sert à couvrir sur le fourneau certains mets qu'on veut faire saisir par le feu de toutes parts.

four banal, nom donné autrefois au four que possédait le seigneur, et auquel les vassaux étaient obligés de faire cuire leur pain, moyennant une redevance dite fournage. Les boulangers (depuis 1305), les nobles, les ecclésiastiques, les collèges, monastères et hôpitaux étaient exempts de cette charge, qui a été supprimée en 1790. — Dans le Midi, il existe encore des fours banaux, où des boulangers, appelés fourniers, font cuire, moyennant rétribution, le pain que les particuliers leur apportent.

FOUR crématoire. Voy. CRÉMATION.

four à chaux ou chaufour, four destiné à la calcination de la pierre à chaux. On y distingue : le foyer, situe dans la partie inférieure; le corps du four, où se place la

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