‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 674 sur 1729 · FOURMI · texte numérisé non relu

FOURMI

pierre à chaux, et qui n'est formé le plus souvent que de pierres à chaux disposées avec art; le gueulard, oritice supt-rieur par où s'ecliappent la fumée et la llamme. On le cliaulle au bois, à la houille ou à la tourbe. On distin^rue deux catégories de fours à chaux : 1» les fours intermittents, dans lesquels la pierre à chaux est disposée par couches successives, mélangée de combustible, sur une voûte en calcaire. On laisse cuire pendant trois ou quatre jours, puis on défourne la chaux; 2° les foui'S continus,

aui permellent l'enlèvement de la chaux au fur et à mesuj"e e sa fal)rication. Ils sont beaucoup plus économiques que les premiers ; on les divise en deux classes : les fours coulants à courte flamme et ceux à longue flamme, suivant que le combustible est mélangé ou non à la pierre calcaire. Pour les chaux de première qualité, en particulier la chaux hydraulique, on fait exclusivement usage des fours coulants à longue ilamme, qui donnent un produit beaucoup plus pur et sans mélange d'aucune cendre.

FOURBISSEUR (de l'anc. ht-allem. furban, nettover), celui qui polit et monte les armes blanches, épées, sabres, lances, etc. Autrefois le fourbisseur fabriquait lui-même ces armes, ainsi que leurs fourreaux. Auj. il ne fait que les finir et les polir. Pour fourbir les lames, on se sert d'un moulin composé de plusieurs meules mues d'une manière quelconque. On les polit aussi à l'aide de l'émeri, du rouge d'Angleterre ou de la potée d'étain.

FOURBURE ou forbathre (de fourbu ; de forboire, boire avec excès), maladie d'un cheval ou de quelque autre animal qui perd tout à coup l'usage de ses jambes : les articulations sont raides ; l'animal a la lièvre et perd l'appétit. Les causes de la fourbure sont un exercice trop violent ou l'excès du re|)os. La fourbure est primitivement une congestion de l'appareil kératogène de la région de la pince et des mamelles, aboutissant à l'inflammation du tissu réticulaire du pied, qui, chez le cheval, est aggravée par la forme même de l'organe : enfermés dans le sabot, si le sang afflue, les tissus vivants deviennent nécessairement le siège d'une violente inflammation. — Le traitement consiste eu saignées, bains froids, réfrigérants locaux, friclions sur les genoux, les jarrets et les reins ; purgatifs, lavements, etc.

FOURCHE (du lat. furca), instrument à long manche terminé par deux ou trois fourchons ou pointes de lx)is ou de fer, qui vont en s'écartant. La fourche d'acier, dite F. américaine, a trois dents portées sur une douille où l'on fait entrer le manche; on s'en sert pour remuer le fumier, déterrer les racines, etc. Les fourches en bois, à deux dents [bidents), sont le plus souvent d'une seule pièce et faites avec des branches offrant des bifurcations naturelles. On s'en sert pour retourner le foin, la paille, les berbes. On les fait en bois de châtaignier, de frêne ou de cornouiller. Les plus renommées sont faites en bois de micocoulier, qui pousse abondamment dans le Midi, en Provence, en Languedoc et en Roussillon.

En Yélocipédie, la fourche est la pièce en forme de V, dans laquelle tourne une roue de cycle. Les deux extrémités de la fourche sont percées d.'ouvertures dans lesquelles passe l'axe de la roue.

Fourche d'arquebuse ou Forquine, bâton garni d'un fer fourchu, dont on se servait pour appuyer le mousquet en tirant ; — Fourcfie fière, fourche de fer emmancnée d'une longue perche, pour renverser les échelles dans un assaut ou dans une escalade.

Fourches patibulaires. Voy. potence.

FOURCHET (de furca, petite fourche), maladie propre aux lx;tes à lame, consiste dans l'inflammation du canal biflexe ou interdigilé du pied du mouton. Cette maladie a pour cause l'accumulation de l'humeur sébacée qui y est sécrétée. Il en résulte quelquefois des abcès, des ulcérations, cntin la gangrène. Le traitement, si l'inflammation est légère, se borne à l'emploi des émoUients, des lotions, des cataplasmes et des résolutifs. S'il y a ulcération, il faut quelquefois extirper le canal tout entier.

FOURCHETTE (dimin. de fourche). Cet instrument de table n'avait autrefois que deux pointes; aujourd'hui il en a ordinairement quatre : on fait des fourchettes en ai^nt, en vermeil, en fer, en étain, etc. [Voy. codvert). Il est fait mention pour la première fois en France de fourchette» dans un inventaire de l'argenterie de Charles V en 1379. L'usage en avait été importé d'ItaUe. C'était encore un objet de luxe au xvi» siècle ; on ne commença à s'en servir en Angleterre qu'au xvu*. Presque tous les peuples de l'Asie

ignorent encore l'usage des fourchettes : les Chinois les rem|)lacent par des bâtonnets qu'ils manœuvrent Icrc adroitement.

En Anatomie, on appelle fourchette : 1" l'échancrure transversalement concave de l'extrémité supérieure du sternum; 2° le petit os, divisé en deux branches, qui se trouve entre les deux ailes d'une volaille ; 5° l'espèce de coin de corne molle, occupant la cavité inférieure du sabot du cheval, compris entre les arcs-boutants et la partie antérieure de la sole ; 4° un instrument de chirurgie, dont on se sert pour soulever la langue de l'enfant dans l'opération du filet.

En Musique, c'est une partie du mécanisme de la harpe, qui élève les cordes d'un demi-ton.

Dans l'Art militaire, on nommait autrefois fourchette deux petits morceaux de fer au milieu desquels était un fil et dont on se servait pour guider l'œil en tirant de l'arbalète. — Voy. aussi focrche.

FOURCROYE (du chimiste Fourcroy), Furcrœa. genre de la famille des Amaryllidées, très voisin des Agaves, renferme des plantes herbacées de l'Amérique tropicale, qui durent fort longtemps et ne fleiuissent qu'une seule fois. L'espèce type est la F. séculaire {F. longaeva), du Mexique: son tronc atteint 15 m. de hauteur sans que son diamètre dépasse 0 m. 55 à 0 m. 40. La tige est embrassée par des feuilles épaisses et surmontée d'un beau panache de fleurs d'un blanc jaunâtre; mais il faut, dit-on, plus d'un siècle avant que ces fleurs n'apparaissent. Voy. agave.

FOURGON (de fourche), longue perche garnie de fer, oa barre de fer recourbée à l'une de ses extrémités, avec laquelle on remue la braise dans un four, ou le charbon de terre et le coke dans un feu de forge, mi fourneau, une cheminée.

FocRGos, longue voiture couverte, dont on se sert, dans les équipages militaires et dans les voyages, pour porter les provisions et les bagages. Voy. caisson et chariot.

FOURIÉRISME, système philosophique et social prenant ses éléments dans presque toutes les sciences, et imaginé par Fourier. Sa clef de voûte est la théorie de la gravitation qu'il transporte de l'ordre cosmique dans l'ordre moral et économique. « Tout est lié au svstème de l'univers », prétend Fourier. Partant de ce point de départ, il ramène la psychologie à l'étude des attractions passionnelles ; il cherche à grouper les hommes selon ces attractions et en satisfaisant leurs aptitudes et leurs tendances.

Quant à l'oi^ranisalion de la société, il rêve de la fonder sur des prinj^pes communistes combinés avec ces règles de Y attraction. X^a phalange est mie agglomération urbaine composée de wO familles environ, mettant en commmi leurs biens et leurs capitaux. Chacun prend sa part du travail, transformé en plaisir, et tous les bénéfices annuels sont partagés en proportion du concours de chacun à la production. Le phalanstère est une maison commmie qui marque un second degré dans l'évolution sociale et qui doit, avec le progrès, remplacer les 400 habitations des familles. Voy. focrier au Dict. d'Hist. et de Géogr.

FOURMI, Formica, genre d'Insectes, de l'ordre des Hyménoptères porte-aiguillon, famille des Hétérogynes, et type de la tribu des Formicaires : tète triangulaire.lèvre supérieure larçe, mandibules robustes, antennes coudées après le premier article, abdomen ovalaire tenant au thorax par im pédicule fort court. Les Fourmis exhalent une odeur particulière qui provient de l'acide formimie quelles contiennent. Elles vivent en commun, et chaque fourmilière ofl're l'aspect d'un peuple, agissant, comme les abeilles, avec un ensemble admirable. On y distingue des mâles et des femelles, qui sont ailés, et des ouvrières, individus neutres et aptères, chargés du soin des larves et de la construction des demeures. Quinze jours après la ponte, les larves brisent leur coquille; leur corps est transparent ; on y dislingue une tète et des anneaux, mais pas de pattes ni d'ailes. Aux premiers rayons du soleil, les ouvTières portent ces larves au sommet de la fourmilière pour les réchauffer, et les placent ensuite dans des Ic^os peu profondes, où bientôt elles les nourrissent en dégorgeant dans leur bouche les sucs qu'elles ont recueillis. Quand les larves ont pris tout leur accroissement, elles se filent, du moins dans la plupart des espèces, une coque soyeuse où elles se transforment en nymphes. Celles-ci, d'abord d'un blanc pur, devieiment successivement d'un jaune pâle, roussàtrcs, brunes, et enfin noires. Lorsque les

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