‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 684 sur 1729 · FRONT · texte numérisé non relu

FRONT

Fromages secs. Us se préparent par compression, ou par missoii. Uaiis le premier cas (compression), après avoir fait cailler le lait, on pétrit la pâle et on la rassemble en une sorte de gâteau élastique, qui, mis à é^utter, malaxé à plusieurs reprises, et fortement comprime avec les mains et les genoux, constitue la totne. Celle-ci est abandoimée à une fermentation spontanée dont les agents sont les microbes qu'elle renferme. Ces ferments déposent dans la pâte des doses de caséase {Voy. caséase) trop faibles pour en modifier au commencement la couleur, mais qui transforment peu à peu la caséine en caséone soluble. Au bout de (juelques jours, la pâte est salée et fortement comprimée dans un moule en bois ; puis on la met au frais. Les diaslases et les ferments contin\jent alors à agir dans la pièce de fromage et y amènent ime maturation moins rapide que dans les fromages gras. On fabrique ainsi : les F. du Cantal ou d'Auvergne: ceux de Gex ou de Sept-iloncel; de Sassenage (Isère) ; du Mont-Cenis, de Holla7ide, etc. Le F. de Roquefort (Avevron), qui rentre dans cette catégorie, doit sa qualité supérieure à la nature des caves où on le prépare. Il est fait avec du lait de chèvTe et de brebis: mais, outre les microbes ordinaires du fromage, le caillé est ensemencé avec des spores de Pénicillium glaucum. Ce dernier exige, pour domier un bon développement, une température basse et beaucoup d'air, conditions si Lien réalisées dans les caves de Roquefort.

bans le second cas (cuisson^, on verse dans une chaudière du lait modérément écréme, et après l'avoir chautîé jusqu'à 20". on met la présure; on bat quelque temps le coagulum, puis on le remet sur le feu jusqu à ce que les grumeaux deviennent consistants et d'un aspect jaunâtre; on retire alors la pâle du feu, et on la veree dans un moule, qu'on soumet à la presse pendant 24 heures. Après quoi, on porte les fromages à la cave ; on les y laisse quatre ou cinq mois, en ayant soin de les retourner chaque jour, et en répandant du sel sur toute leur surface. On prépare ainsi : en Suisse et en Franche-Comté, le F. de Gruyères, quia la forme d'une grosse meule; en Italie, le parmesan, qu'on colore en jaune avec du safran; en Angleterre, le chester. qu'on colore avec du gaillet, etc.

FROMAGEON, nom viilgaire de la Petite Mauve.

FROIMAGER. Bombax, genre type de la famille des Dombacécs, renferme des arbres originaires des régions tropicales, remarquables par leur croissance rapide, la grosseur de leur tronc, la neaulé de leurs fleurs et par le duvet qui enveloppe leurs semences. Leurs feuilles sont alternes, longuement pétiolées; leurs fleurs, blanches, terminales ou en faisceau à l'aisselle des feuilles; leur fruit, capsulaire. Le F. à cinq étamines (B. pentandntm], Tulg. Gossampin, est un arbre haut de 50 à 35 m. Son bois est léger, très cassant; le tronc est recouvert d'une écorce verdàtre et parsemé de tubérosités épineuses. Le fruit, long de 0 m. 16, renferme des semences noires, enveloppées dans un duvet semblable à celui du cotonnier. On garnit des coussins et des meubles avec ce duvet ; mais on ne peut le filer, parce qu'il est trop court. On retire de lliuile de ses feuilles. Le F. de Carthagène [B. ceiba), le plus épineux de tous, se cultive en serre chaude. Parmi les autres espèces on remarque le F- de Malabar, le F. globuleu.r et le F. à folioles dentelées.

FROIMENT (du lat. fnnnentiim), Triticum, le Blé le plus pur et la principale nourriture de l'homme. Pour les Botanistes, c'est un genre de la famille des Graminées, tribu des Ilordéacées, renfermant des plantes herbacées, annuelles ou vivaces, composées d'épi Uels multiflores et solitaires sur chaque dent de l'axe, qui est fléchi en zigzag. Chaque épillet renferme ordinairement quatre fleurs, ce qui distingue le froment du seigle, où cliaque épillet en renferme deux ; il dilTèrc aussi de l'orbe par l'absence des paillettes sélacées, qui, dans ce dernier végétal, environnent deux ou trois épillets en forme d'involucre. Les deux points extrêmes au delà desquels il cesse de croître sont, au Nord, le 58* degré, et au Sud, le 12'.

Le genre Froment renferme des espèces cultivées et des espèces sauvages. Parmi les premières, on compte cinq types, savoir : 1° le F. commun [T. sativum], ou Blé propr. dit, qui comprend des variétés sans barbes et à pailles creuses, comme le Blé commun d'hiver à épi jaunâtre; le Blé de mars, blanc, sans barijes; le Blé blanc de Flandre; le Blé blanc de Hongrie, on Blé anglais; et le Blé d'Odessa, ou Blé d'Alger; des variétés barbue* à paille creuse, telles ^e le Blé barbu d'hiver

à épi jaunâtre, le Blé de mars barbu ordinaire, et le Blé de Toscane à chapeaux, qui fournit les pailles fines, diles pailles d'Italie; et des variétés barbues à paille pleine : le Poulard rouge lisse, ou Gros Blé rouge; le P. rouge velu, ou Gros Blé roux; le P. blanc lisse, le P. blanc velu, etc.; — 2' le F. dur [T. durum], comprenant le Blé dur ou d'Afrique, le Blé trétnois ou barbu de Sicile, et le Blé d'Ismaël ou Blé Tripet ; — ù" le Blé de Pologne [T. polonicum), dit aussi Seigle de Pologne ou de Russie, et que l'on croit identique aux variétés diles Blé d'Egypte, Blé du Caire et Blé Mogador ;

— 4" VEpeaulre [T. spelta], dit aussi Blé rouge et Froment locular, à grains ne se séparant pas de leur balle, et comprenant VF. sans barbe, \'E. blanc et barbu, l'Amidonnier blanc, ou E. de mars, et VAmidonnier roux ;

— 5° enfm VEngrain [T. monococcum), appelé aussi Petit Epeaulre, variété utile dans les mauvaises terres.

Les espèces sauvages sont le Chiendent {T. repens], le F. des haies [T- sepium], le F. à feuilles de jonc {T. junceum), le F. glauque [T. glaucum], etc.

On appelle vulgairement : F. barbu, l'Orge à large épi ; F. des Indes, le Maïs ; F. de vache, le Mélampyre des champs.

FROMENTAL, Arrhenatherum, genre de la famille des Graminées, tribu des Avénacées, comprend des herbes >ivaces, qui croissent en Europe. Le F. commun {A. avenaceum] ou Avoine élevée est commun dans nos prés et nos bois. Il s'emploie comme fourrage, ainsi que le F. bulbeux [A. precalorium), que l'on regarde comme une variété du précédent.

FROMENTEAU, qualité supérieure de Raisin gris rouge, à grappe grosse et sucrée, que l'on trouve en Boiu^ogne et en Champagne.

FRONDE (du lat. funda), arme de jet, formée d'une petite bande de cuir ou de toile, ou même d'un réseau de îilet, qu'on suspend à deux cordes. On place sur la bande une pierre ou une balle de plomb, puis on fait tourner la fronde en augmentant peu à peu la vitesse. Lorsoue cette vitesse est suffisamment grande, on lâche une des deux cordes, et la balle s'échappe avec violence dans la direction qu'on lui a donnée. Le projectile suit d'abord la tangente à la circonférence de rotation, puis il décrit une parabole pr l'effet de la pesanteur. Sa portée peut dépasser 500 pas.

La fronde était l'arme ordinaire des soldats à pied dans l'antiquité et le moyen âge. On sait que David tua le géant Goliatli avec une fronde ; les Baléares étaient réputés pour être les plus habiles frondeurs. Les Grecs, les Romains et les Carthaginois eurent des corps de frondeurs, et, à leur exemple, les Germains, les Franks et les autres Barbares. Au xiv« siècle, il y avait encore des frondeurs dans l'armée espagnole : on s'en servit pour lancer les premières grenades. L'invention des armes à feu a fait abandonner cette arme. — Voy. fcstibale.

En Physique, on appelle fronde musicale une lame mince suspendue à un fil et pouvant tourner sur ellemême, autour d'mie droite qui la partage en deux parties égales et qui est sur le prolongement du fil. Quand on fait tourner cet appareil comme une fronde, on entend un son d'autant plus aigu que la vitesse est plus grande. — On emploie, pour mesurer la température de l'air, le thermotnètre fronde ; c'est un thermomètre qu'on fait tourner dans l'air comme une fronde : on arrive ainsi d'une façon plus sûre à l'équilibre de température.

En Botanique, on désigne sous le noni de fronde les feuilles des Fougères et les lames herbacées de quelques Lichens et Hépatiques.

En Cliirui^ie, on noname fronde un bandage à 4 chefs, que l'on fait avec une bande fendue par ses extrémitéjusqu'à 0 m. 05 de sa partie moyenne, ce qui lui donne la forme d'une fronde. On l'emploie surtout pour fixer la mâchoire inférieure, dans le cas de fracture ou de luxation de cet os.

FRONT (du lat. frons], partie supérieure de la face, chez l'Homme et les Mammifères. — On se sert quelquefois de ce mot par analogie pour exprimer, dans les Oiseaux, l'espace compns entre la base du bec et le vert ex.

Dans le Langage militaire, le front d'une troupe est le côté de celle-ci tourné vers l'ennemi, ou, si la troupe est en formation d'exercice, vers lequel regardent les hommes qui la composent. Dans une formation de combat, l'étendue du frout d'une troupe détermiuée doit ctfe

FROxNTAL

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