‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 685 sur 1729 · FRUIT · texte numérisé non relu

FRUIT

d'autant plus restreint que colle-ci doit produire un effort plus énergi(|ue ; l'extension du front amène une diminution dans la force de résistance de la ligne; le front est normalement de 3 à 4 kil. pour un corps d'armée. — Front de bandière [Voy. basdière).

En Fortification, un front est la partie d'une enceinte ou d'un ouvrage capable de se défendre par elle-même, c.-à-d. ayant son flanquement propre ; un front est compris entre deux saillants du polygone fortifié. Dans le système bastionné il comprend deux demi-bastions réunis par une courtine et précédés souvent de dehors (demi-lune, tenaille, chemin couvert, etc.) ; dans le système polygonal, le front est rectiligne ou brisé avec une caponnière centrale ou deux dcmi-caponnièros aux extrémités ; les dehors sont alors le ravelin, les couvre-faces, le chemin couvert, etc.

Dans la Marine militaire, on appelle front l'ordre de raarclie dans lequel tous les avants des vaisseaux de l'escadre sont ranges le long d'une même droite perpendiculaire à la direction de la route commune suivie par les navires.

FRONTAL, qui concerne le front. L'os frontal, qui forme le front, est la même chose que l'os coronal [Voy. ce mot), {'artère frontale est une artère fournie par l'artère ophtalmique. La veine frontale ou préparale est une branche de la veine faciale. — Sinus frontaux. Voy. sinds.

FRONTAL, pièce de la bride d'un cheval passant sur le front et rattachée aux deux montants ; elle comporte généralement une certaine ornementation.

FRONTEAU. Dans la Marine, on nomme ainsi toute planche sculptée qui sert de recouvrement; fronteau de volée, la saillie en bois qui reçoit la volée d'un canon et l'appuie à la serre.

FRONTIÈRES (de front), ligne séparative des territoires de deux nations voisines. On distingue : les F. naturelles, telles que l'eau, la rive, le thalweg ou milieu d'un fleuve, les chaînes de montagnes, les vallées, déserts, landes, écueils, côtes, bancs de sable, etc. ; et les F. artificielles ou conventionnelles, comme bornes, poteaux, édifices, ponts, arbres ou rochers marqués, routes, monceaux de terre, fossés limitrophes, barrières, tonnes flottantes arrêtées par des ancres, etc.

La fixation des frontières, les travaux élevés pour leur défense, forteresses, lignes retranchées, batteries, tètes de pont, etc., donnent souvent lieu à des difficultés diplomatiques qui ne se résolvent que par la guerre ou par des traités dits de délimitation.

Rayon frontière. Voy. douanes.

FRONTIN, personnage de comédie, créé au xviii* siècle, a été le successeur de Scapin. C'est un valet audacieux, impudent, à la repartie prompte, qui dirige son maître dans ses plaisirs et dans ses aflaires. Auge et Dugazon ont excellé dans ce rôle.

FRONTISPICE (du b.-lat. frontispicium, examen du front), se dit, en Architecture, de la façade principale d'un édifice quelconque, de celle qui annonce à la première vue la destination d un monument et qui y donne entrée [Voy. façade) : tels sont le portail d'une église, le péristyle d'un temple, la porte d'un palais ou d'un hôtel, etc. — Par extension, on a appliqué ce mot aux titres et aux gravures placés en tête clés livres.

FRONTON (de ft'ont), construction qui s'élève au-dessus de la frise, au sommet d'un édifice, et qui forme le couronnement de toute son ordonnance. Le fronton est ordinairement triangulaire ; il y en a aussi de courbes, en arcs de cercle ou d'ellipse. On appelle : fronton à jour, celui dont le tympan est évidé ; fronton à pan, celui dont la corniche supérieure forme trois parties en pans coupés; fronton sans base, celui dont la corniche horizontale est supprimée; fronton gothique ou gable, une espèce de pignon, de la forme d'un comble très élevé, tantôt plein, tantôt à jour, comme on en voit aux façades des églises d'architecture ogivale, etc. L'origine du fronton vient d'ailleurs de la forme du toit accusée à son extrémité par un pignon décoré. Si les frontons antiques sont de forme triangulaire aplatie, cela tient à ce que les pentes des couvertures étaient peu rapides. Si, au contraire, l'architecture du moyen âge a produit des pignons ou gables, au lieu et place des frontons antiques, c'est que ces pignons répondaient à des formes de toits à pentes rapides, mieux appropriés au climat de nos régions, en assurant l'écoulement des pluies et de la neige. — Les monuments grecs 6t romains et plusieurs monuments modernes ont des

frontons remarquables : ils offrent des bas-reliefs remplissant tout le tympan, des médaillons ornés de figures, des ornements peints, etc. On cite les frontons du Parthénon à Athènes, du Panthéon d'Agrippa à Rome, et, à Paris, ceux de Ste-Geneviève (Panthéon), de la Madeleine, etc.

FROTTEMENT (de frotter; du lat. fricare), résistance qu'éprouve un corps à glisser ou à rouler sur un autre corps. Quelque polies que soient deux surfaces, elles sont toujours couvertes d'aspérités, visibles au microscope. Ces aspérités s'engrènent les unes dans les autres et contractent une certaine adhérence par leur contact immédiat. On distingue deux sortes de frottement : 1° celui dans lequel un corps glisse sur un autre et où une seule des deux surfaces se renouvelle ; 2» celui d'un corps qui roule et dans lequel les deux surfaces en contact se renouvellent à chaque instant. Le frottement de la première espèce [F. de glissement) est plus grand que celui de la seconde [F. de roulement).

On mesure le frottement par la grandeur de l'effort qu'il faut développer pour entretenir le mouvement unilorme ; c'est ce qu'on appelle force de frottement. Va chaleur dégagée par le frottement est proportionnelle au travail de cette force, de sorte que ce travail peut être regardé comme converti en chaleur. — On appelle coefficient de frottement relatif à deux corps le rapport de la force de frottement à la pression que les deux corps exercent l'un contre l'autre. Plus ce rapport est grand, plus le frottement est intense. Ce coefficient est plus grand au départ que pendant le mouvement; on admet 0,07 pour le coefficient de frottement pendant le mouvement, lorsque les surfaces sont enduites d'huile. Dans le roulement d'une voiture, le coefficient varie de 0,04 à 0,125, suivant que le cheval va au pas ou au trot, et que la roule est pavée ou sablée. L'huile, les graisses, le savon, la plombagine ont pour effet d'abaisser considérablement le coefficient de frottement. — Les lois expérimentales du frottement ont été étudiées par Coulomb (1781), Morin(1831) et plus récemment par Hirn.

En Médecine, on appelle frottement le bruit perçu par l'auscultation, lorsque deux membranes séreuses enflammées glissent l'une sur l'autre : ce bruit se produit dans la pleurésie, p. ex., et dans la péricardite, alors qu'il n'y a plus d'épanchement. — Voy. friction.

En Musique, on appelle frottement le contact de différentes parties mélodiques à un ton ou un demi-ton de distance.

Electricité par frottement. Le frottement développe de V électricité ; il parait bien n'avoir pour effet que de faciliter entre deux substances leur contact, qui serait la véritable cause de la charge électrique [Voy. pôle).

FROUEMENT (onomatopée), sorte de sifflement à l'aide duquel les oiseleurs imitent le cri de la chouette pour attirer les petits oiseaux. Voy. pipée.

FRUCTIDOR (du lat. fructus, fruit), 12' mois du calendrier républicain. Il commençait, selon les années, le 18 ou le 19 août. C'est à la suite de ce mois que venaient se placer les jours complémentaires. Voy. calendrier.

FRUCTIFICATION (du lat. fructificatio) , ensemble des phénomènes qui accompagnent la production du fruit. Ce mot s'applique aussi au fruit. Voy. fruit.

FRUGIVORES (du lat. fruges, grains, et vorare, dévorer), se dit, en Zoologie, de tous les animaux qui se nourrissent de substances végétales et en général de fruits. — On a donné ce nom à une famille de l'ordre des Passereaux, comprenant les genres Touraco et Musophage.

FRUIT (du lat. fructus), production des végétaux, qui succède à la fleur et qui sert à leur propagation : c'est l'ovaire fécondé et parvenu à son entier dévcloppcmcnl. Le fruit comprend deux parties : le péricarpe, qui est l'ovaire même, et la graine, qui est l'ovule développé [Voy. ces deux mots). La grosseur des fruits n'a aucun rapport avec la grandeur de l'arbre qui les produit : le gland, p. ex., provient d'un arbre gigantesque, tandis que le potiron est le produit d'une plante grêle et rampante. — On distingue : 1° les F. simples, qui n'ont d'antre enveloppe que le péricarpe et qui sont formés par le pistil d'une seule fleur (cerise, prune) ; 2» les F. anlhocarpés, provenant des pistils d'une seule fleur, mais ayant, outre le péricarpe, des parties accessoires indépendantes de l'ovaire (belle-de-nuit) ; 3° les F. agrégés, provenant de plusieurs fleurs (mûre, ananas, figue). — Ces différents fruits sont les uns secs, comme le gland; les autres,

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