‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 690 sur 1729 · FURET · texte numérisé non relu

FURET

En Egypte, d'après les historiens grecs, les funcraillos auraient été prccctlces d'un jugement public. Si la vie du dôlunt avait été irréprochable, on procédait aux funérailles ; dans le cas contraire, le cadavre était déposé dans une fosse commune, appelée Tartare; les rois eux-mêmes étaient soumis à ce jugement. On ajournait aussi les funérailles de ceux qui mouraient chargés de dettes, jusqu'à ce que les parents les eussent acquittées. Après cette cérémonie, les corps, embaumés avec le plus grand soin ( Voy. momie), étaient portés en grande pompe dans la sépulture de la famille.

Cliez les Juifs, les cérémonies des funérailles duraient 7 jours ; elles se prolongeaient jusqu'au 30* pour les pi'inces et les rois. Pendant ce temps les parents jeûnaient, se rasaient les cheveux, marchaient pieds et tête nus, couchaient sur la cendre, revêtus de cilices. Le plus souvent le corps était jiorté en terre.

Chez les Athéniens, le corps du défunt, lavé et parfumé, était exposé dans le vestibule de sa maison, les pieds tournés vers la porte. Le convoi avait lieu le matin, avant le lever du soled : devant le corps marchaient des joueurs de llùte ; venaient ensuite les fils du défunt, les femmes, les cheveux épars ou rasés, et poussant des cris aigus; enfin les proches et les amis ; le corps était tantôt brûlé, tantôt inhumé ; si le défunt avait été un personnage considérable ou s'il était mort pour la patrie, on prononçait son éloge. Un repas funèbre terminait les cérémonies. — A Sparte, les funérailles étaient ordinairement fort simples, mais quand un citoyen était mort pour la défense de la patrie, on le revêtait d'une robe de pourpre et on le coucliait sur un lit couvert de feuilles d'olivier, puis on le portait au tombeau de sa famille. Le corps des rois restait exposé pendant 10 jours, et durant tout ce temps, les citoyens revêtaient des habits de deuil.

A Rome, aussitôt que le mort avait rendu le dernier soupir, on lui ôtait son anneau, on lui fermait les yeux et la Ijouche en l'appelant trois fois par son nom. Ensuite le corps, lavé et parfumé, restait exposé plusieurs jours dans le vestibule de la maison, revêtu de ses plus beaux habits. Dans les premiers temps, les funérailles se faisaient seulement la nuit. Un maître des cérémonies {designator), suivi de licteurs vêtus de noir, conduisait le convoi. En tête marchaient les musiciens, les pleureuses {prseficx) ; Varchimitnc, qui représentait par ses gestes les principales actions de la vie du défunt; les esclaves affranchis par le défunt, les images de ses ancêtres, ainsi que ses propres insignes. Le corps était porté sur une litière [ferelrum], ordinairement par des porteurs et quelquefois par les parents, les affranchis, ou môme par des personnages considérables. Les parents suivaient le corps, la tête vodée, avec des cris et des lamentations. Si le mort était d'un rang illustre, le cortège s'arrêtait sur le forum, où l'on prononçait son oraison funèbre; on le portait ensuite au bûcher, qui était toujours placé hors de la ville. Les cendres étaient recueillies dans une urne et placées dans un sépulcre de famille [columbarium) disposé à cet effet. Les funérailles étaient suivies de festins (silicernia) et quelquefois de jeux funèbres. — Trop souvent les corps des pauvres étaient emportés dans une bière commune [sandapila) et inhumés sans aucune cérémonie. Pourtant il s'était organisé nombre de collèges funéraires entre gens de condition modeste, pour assurer à chacun de leurs membres une sépulture décente et des prières funèbres.

Les premiers Chrétiens enterraient leurs morts comme les Juifs : ils plaçaient le cadavre sur le dos, le visage tourné vers l'Orient. Dans l'origine, on inhumait les martyrs dans les catacombes; eux seuls eurent longtemps le privilège d'être inhumés dans les églises. Constantin à Byzance, et Honorius à Rome, furent les premiers princes qui obtinrent cet honneur; dans la suite, malgré les prescriptions contraires des conciles et des évêques, ce devint un usage général pour toutes les personnes de distinction : cet usage a subsisté en France jusqu'en 1777.

En France et dans les pays de l'Europe, les funérailles tirent surtout leur pompe des solennités religieuses qui les accompagnent. Toutefois, la pratique des enterrements purement civils s'étant répandue en France, surtout depuis une vingtaine d'années, et aj'ant soulevé de vives controverses, les Chambres durent intervenir pour régler la question. Une loi de 1884, dite « loi sur la liberté des funérailles », autorise chaque personne en âge de tester à régler elle-même le caractère, civil ou religieux, de ses

obsèques. Toute contestation soulevée au sujet de ce caractère des funérailles est tranchée immédiatement par le juge de paix, et en cas d'appel, par le ])résident du tribunal civil, qui doit statuer dans les 24 heures.

De tout temps, les peuples ont fait, à leurs grands citoyens, des funérailles particulièrement solennelles. En France, deux sortes d'obsèques se font aux frais de l'Etal, avec une pompe particulière : les funérailles nationales, les plus brillantes de toutes, et qui s'accompagnent parfois de la translation du corps du défunt au Panthéon dont les caveaux renferment les tombeaux des morts illustres ; et les simples funérailles publiques. Les plus récentes funérailles nationales ont été celles du dernier Président de la République Camot(l" juillet 1894) ; comme type de funérailles publiques, nous citerons celles d'Ernest Renan. Ont aussi été faites aux frais de l'Etat les obsèques de MM. Thiers, du maréchal de Mac-Mahon, Jules Grcvy, anciens Présidents de la République ; Léon Gambctla, ancien Président de la Chambre des Députés ; Jules Ferry, Président du Sénat ; du grand poète Victor Hugo, Carnot, etc.

Pendant longtemps dans l'Inde, les veuves se brûlaient sur le bûcher de leurs maris; cet usage barbare {Voy. suttee), combattu avec force par les Anglais, tend à disparaître. — Chez les Musulmans, les cérémonies funèbres sont empreintes d'une gravité lugubre : comme nous, ils enterrent leurs morts dans des cimetières situés hors des villes. — Plusieurs peuplades sauvages, notamment en Amérique et en Océanie, suspendent les corps morts, enveloppés dans une natte, aux branches des arbres de leurs forêts.

Voy. : Cl. Guichard, Funérailles des Boinains, Grecf et autres nations (Lyon, 1581) ; Muret, Cérémonies funèbres de toutes les nations (1679); Stackelberg, Die Grxber der Ilelletien (Berlin, 1837); Kirchmann, De Funeribus romanis, etc. Voy. aussi crémation, incinération, INHUMATION, POMPES FUNÈBRES, SÉPULTURE.

FUNGICOLES. Voy. fongicoles.

FUNGUS, nom latin du Champignon [Voy. ce mot).

FUNICULAIRE (du lat. fimiculus, petite corde). On anpelle machine ou polygone funiculaire un assemblage ue cordes, dont les points de jonction sont sollicités par des forces diverses. La courbe appelée chainette {Voy. ce mot) n'est autre chose qu'un polygone funiculaire d'un nombre infini de côtés.

FUNICULAIRE (cHEMIN DE FER, TRAMWAY, etc.). DaUS Ce

système, la force motrice est jiroduite par une machine fixe et transmise au véhicule par l'intermédiaire d'un câble de traction. On se sert de ce système sur \cs plans inclinés que l'adhérence de la locomotive sur le rail n'est point assez forte pour remonter. On peut citer le plan incliné de Liège, ceux de Santos (Brésil), de Lausanne, Glion, etc. (Suisse), de Lyon, à la Croix-Rousse et à Fourvière, le chemin de fer du Vésuve, etc. En Amérique, le système des tramways funiculaires est très répandu. Il ne présente pas les inconvénients de la traction par petites locomotives dans les rues très fréquentées. A Paris, on a installé vers la fin de l'année 1890 un tramway funiculaire pour remonter les pentes rapides du quartier de Bellevillc. Le câble est enfermé dans un caniveau sous le sol ; les véhicules y sont amarrés par une pince à mâchoires, qui glisse entre deux guides en fer placés entre les rails. Du Bas-Mcudon à Bellevue fonctionne un tramway funiculaire analogue.

FUNICULE (du lat. funiculus, corde), terme de Botanique, pédicelle de l'ovule.

FUNIN ou FRANC FUNiN (du lat. funis, corde), nom générique donné, en Marine, à tous les cordages blancs, ou faits de fil non goudronné, qui servent aux grands appareils employés dans les ports. Les cordiers appellent spécialement franc funin un gros cordage compose de cinq torons.

FURCELLAIRE, Furcellaria, genre d'Algues brunes, qui a pour type la F. lombricale, plante marine de couleur olivâtre, de 0'",08 à 0°',25 de longueur, qu'on trouve sur nos côtes.

FURCR/EA, nom latin du genre fourcroye.

FURCULAIRE, Furcularia, genre de Crustacés, de l'ordre des Systolides, renferme de très petits animaux à corps ovoïde, terminés par une queue fourchue : il a pour tyj)e la F. fourchue, qu'on trouve dans les eaux douces.

FURET, Putorius furo, espèce de Mammifère carnivorC: du genre Putois, originaire de Barbarie, ne diffère du putois commun que par son pelage d'un blanc jaunâtre et ses yeux roses, ce qui l'a fait considérer comme une

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