‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 691 sur 1729 · FUSÉE · texte numérisé non relu

FUSÉE

variété albine du putois. Il vit en Espagne à l'état sauvage ; en France, le froid de l'hiver le t'ait périr : aussi ne l'élève-t-oii chez nous qu'en domesticité. Un s'en sert pour la chasse du lapin, en profitant de son antipathie naturelle pour cet animal, qu'il ne manque pas d'attaquer et de mordre avec fureur dès qu'il le voit. On ne l'introduit dans les terriers qu'après l'avoir muselé ; autrement il tue les lapins, leur mange la cervelle et s'endort auprès de ses victimes après s'être gorgé de leur sang. Le furet ne s'apprivoise jamais au point de reconnaître son maître et de lui obéir. On l'élève dans des tonneaux ou des cages, en lui doimant du pain, du son, du lait, etc., mais pas de viande, alin de lui faire oublier son goût pour le sang. La femelle fait deux portées par an, chacune de 5 à 6 petits. — On appelle : Grand et Petit Furet, le Grisou et le Taïra, mammifères voisins du Glouton; Furet des Indes, la Mangouste à bandes.

FURETAGE (de fureter), mode d'exploitation des Forêts,

3ui consiste à couper dans un taillis les brins qui ont plus e 0'°,50 de tour, en laissant subsister les plus petits jusqu'à ce qu'ils aient atteint cette grosseur. Le furetage peut être exercé tous les dix ans dans la même coupe. 11 convient dans les terrains secs et légers, surtout pour le liêtre ; mais par ce procédé les souches s'épuisent promptement et il se produit des vides dans les taillis.

FUREUR (du lat. furor). Voy. délire, folie et isterdii;tion.

FURFURACÉ (du lat. furfur, son), qui ressemble à du son, se dit, en Médecine, de petites parties de la peau qui se détachent sous forme de farine ou de son.

FURFUROL (du lat. furfur, son, et oleum. huile), liquide oléagineux qu'on retire de la distillation du son et qu on obtient aussi dans la préparation de l'acide formique par un mélange d'amidon, de peroxyde de manganèse et d'acide sulfuriquc. Il a pour formule C^H*0*. On le prépare maintenant en distillant un mélange de son, de cnlonire de zinc et d'eau. Par l'action de l'ammoniaque, le furfurol donne la f\trfiiramide, qui, elle-même, traitée par la potasse, donne une base organique artificielle, la ftirfurine. — Le furfurol a été découvert par Dœbereiner, et tîerliardt a émis l'idée que ce corps pourrait être l'aldéhyde de l'acide pyromucique.

FURIOSO, c.-à-d. furieux. Ce mot italien s'emploie en Musiijue jx)ur désigner un accent particulier d'un caractère sauvage, et parfois un mouvement très accéléré. Voy. allegro.

FURNARIUS, nom latin scientifique du genre Foumier. Voy. ce mot.

FURONCLE (du lat. furunatlus], vulg. Clou, petite tumeur circonscrite s'élevant à la surface de la peau, et terminée en pointe. On pense que le furoncle est occasionné par l'inllammation de l'appareil pilo-sébacé qui se mortifie et forme une eschare glandulaire désignée sous le nom de bourbillon. Celui-ci apparaît, quand le furoncle suppure, sous forme d'ime petite masse molle spongieuse jaunâtre. Pasteur a montré en 1880 que le furoncle est causé par un microbe particulier, le staphylocoque orangé, qui pénètre par l'orifice d'un follicule pilo-sébacé. Le plus s«juvent il existe plusieurs furoncules à la fois, ou bien ils se succèdent sur diverses parties du corps, notamment au dos et aux fesses. On les observe fréquemment au printem|)s, chez les dial)étiques, les albiuninuriques, ou bien à la suite d'une maladie éruptive, ou comme complication de l'embarras gastrique. I^a tumeur furonculeuse produit une douleur plus ou moins vive, qui s'accompagne quelquefois de fièvre. La suppuration ne se prononce souvent qu'au bout de 6 ou 8 jours. Le traitement est général ou local : local, il consiste, lorsqu'il n'y a que quelques furoncles sur la peau, en pansements antiseptiques humides, recouverts d'une couche de taffetas; s'ils sont trop nombreux, on prescrit des bains de sublimé. L'incision sera employée surtout |X)ur atténuer les douleurs. Le traitement général consiste à combattre l'état gastrique, par les purgatifs et l'antisepsie intestinale.

FUSAIN, Evonymus, genre de la famille des Célastrinces, type de la tribu des Evonymées, est formé d'arbrisseaux à tranches tétragones et à feuilles opposées. L'espèce la plus commune dans nos taillis et nos jardins est le F. d'Europe, vulg. Bonnet de prêtre et Bois à lardoire, arbrisseau de 4 à 5 m., à écorce verdâtre et lisse, à branches nombreuses, à feuilles ovales-oblongues, pointues; à fleurs petites, d'un vert pâle. Le fruit est une baie d'un

I rouge vif à 4 ou 5 côtes, renfermant autant de graines.

j Le bois du fusain est jaunâtre, cassant. Les sculpteurs en

bois, les luthiers, les tabletiers s'en servent ; les tourneurs

en font des vis, des fuseaux, de longues aiguilles, des

I cure-dents, etc. Les jeunes branches réduites en charbon

' servent à faire des crayons tench-es, dont on se sert pour

' faire des esquisses et pour dessiner à l'estompe; ce charbon

entre aussi dans la composition de la poudre à canon. Les

fruits sont acres et purgatifs ; ils peuvent servir à teindre

en jaune et en vert.

Fusain bâtard, nom vulg. du Célastre grimpant.

FUSEAU (du lat. fusus), petit instrument de bois, long de O^.lo env., renflé dans le milieu et pointu aux deux bouts, qui servait aux fileuses à la quenouille ( Voy. ce mot) à tordre le fil, puis à le renvider. — Dans les Arts, on donne ce nom à une foule d'outils qui ont à peu près la forme d'un fuseau. Les filateurs appellent fuseau ime petite broche en bois, de forme conique, sur laquelle ils dévident du coton filé en fin ou en gros.

En Géométrie, on nomme fuseau la portion de la surface d'une sphère comprise entre deux demi-grands cercles ayant un même diamètre.

FUSEAU, Fusus, genre de Mollusques gastéropodes, de l'ordre des Pectinibranches, et type de la famille des Fusidées : coquille allongée, fusiforme et ventrue, pourvoie d'un canal respiratoire plus ou moins long; d'une columelle lisse, et d'un labre sans échancrure ni sinus. Principales espèces vivantes : le F. quenouille, le F. géant (0°',20), le F. trompette, etc. — Les Fuseaux vivent auj. dans toutes les mers; on en connaît de fossiles depuis l'étage bathonien.

FUSÉE (du mot fuser), pièce d'artifice renfermée dans un carton, dit cartouche, qui s'enflamme par couches successives et brûle en lançant des jets de parcelles en ignition. Lorsque le feu est communiqué à une fusée, la pression des gaz développés par la combustion des matières

au'elle contient agit dans tous les sens contre les parois u carton, de telle sorte que, l'une de ses extrémités étant ouverte, la fusée est entraînée par l'effort que les gaz exercent sur la paroi opposée. Les F. volantes se composent d'une cartouche cylindrique contenant la matière l'usante, et d'une longue baguette, attachée à la partie inférieure et dans l'axe de la cartouche : l'effet de cette baguette est d'utiliser la résistance de l'air pour maintenir la fusée sur sa trajectoire. On remplit les cartouches de mélanges variables de salpêtre, de soufre et de charbon. L'extrémité ou pot est remplie d'artifices qui doivent éclater dans l'air. — On se sert des fusées soit dans les feux d'artifice, soit à la guerre pour faire des signaux, et comme projectile incendiaire ou conune force motrice pour lancer d'autres projectiles.

L'usage des fusées remonte aux premières armées de la découverte de la poudre à canon, mais il paraît être antérieur à l'emploi de cette composition comme moyen de lancer des projectiles. Les Grecs du Bas-Empire portaient, dans l'intérieur de leurs boucliers, de légers tubes {cheirosiphones), remplis d'une composition qui, en brûlant, s'élançait dans l'air avec force ; le feu grégeois était une préparation du même genre. Les Vénitiens se servirent de fusées au siège de Chiozza (1378) : on les appelait rackettes, roquettes ou raquettes. Au xvin" siècle, les troupes de Tippou-Saïb en lancèrent un grand nombre contre les Anglais au siège de Seringapatnam. Un colonel français au service de la Russie, Fr. Prévost, inventa en 1788 une fusée de guerre, qui fut employée au siège d'Otchakov. W. Congrève perfectionna ce genre de fusées, qui reçut de lui le nom de fusée à la Congrève : on s'en servit contre la flottille de Boulogne (1806) et contre Copenhague (1807). Leur usage s'est répandu depuis dans les autres pays.

La ftisée d'un projectile d'artillerie est l'appareil destiné à assurer l'explosion de la charge intérieure de celui-ci; elle est dite : percutante lorsqu'elle agit au moment où le projectile rencontre un obstacle; fusante lorsque la composition qu'elle renferme, enflammée au moment du départ du coup, brûle pendant un laps de temps déterminé, qu'on peut régler à volonté, afin de produure l'éclatement en un point quelconque de la trajectoire ; à double effet lorsqu'elle peut être employée également comme fusante ou percutante ; ces dernières sont les plus usitées actuellement. — La fusée est placée à la pointe de l'ogive du projectile ; des dispositions spéciales la rendent insen-

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