FUSIL
sible anx chocs qui peuvent se produire dans le transport des munitions, de manière à éviter les accidents.
FUSÉE. On appelle ainsi : 1° en Musique, un trait diatonique fort rapi(le qui, en montant ou en descendant, unit deux notes séparées par un intervalle quelconque ; — 2° en Chirurgie, le conduit fistulcux que forme le pus d'un abcès, lorsqu'il tend à s'échapper au dehors; — 3' en Hippologie, une série décroissante de suros superposés le long de l'os du canon (Voy. sdhos) ; — 4° en Horlogerie, le petit cône cannelé en spirale autour duquel s'enroule la chaîne dune montre; — 5° en Marine, l'arbre du milieu d'un cabestan, dans lequel on passe les barres; — 6' la partie tournée en forme de tronc de cône par laquelle se termine à chaque extrémité un essieu fixe et qui lui sert de tourillons; — 7° en Blason, une pièce héraldique en forme de losange allongé et un peu arrondi sur les côtés; un écu est fuselé quand il est couvert de fusées sans nombre de deux émaux alternés.
FUSER (du lat. fusus; de fundere, répandre), se dit, en Chimie, des sels qui, projetés sur des charbons ardents, laissent échapper leur oxygène et fondent en éclatant. Le salpêtre /"«se lorsqu'il est sur les charbons. — On appelle chaux fusée de la chaux amortie sans eau, et qui, sous l'action de l'air, s'est d'elle-même réduite en poudre.
FUSIBILITÉ, propriété en vertu de laquelle les corps solides passent à l'état liquide par l'action de la chaleur. Pratiquement on peut fondre au feu des fourneaux de l'industrie le plus grand nombre des corps solides ; d'autres, dits infusibles ou réfractaires, ne fondent qu'à l'aide de moyens plus puissants, tels que le chalumeau à gaz oxygène et hydrogène ou l'arc voltaïque ; tels sont, parmi les métaux, le platine et l'iridium ; la plupart des oxydes métalliques, l'alumine, la silice; la chaux, la magnésie sont très réfractaires. Le carbone a été à peine ramolli. — Le tableau suivant donne le degré où les substances les plus usuelles entrent en fusion :
Mercure — 39°,5 Bronze 900
Glace 0 Argent 954
Phosphore 44,2 Or 1035
Acide stéarique 70 Cuivre 1054
Ftain 235 Fonte 1050-1200
Plomb 335 Fer doux 1050-1600
Zinc 450 Platine 1775
Iridium 1950
FUSI FORME, se dit de tout objet qui a la forme d'un fuseau, c.-à-d. qui est allongé, renflé au milieu et aminci à ses extrémités. La racine de la Rave et la feuille du Laurier-Rose sont fusiformes. '
FUSIL (de l'ital. facile; du lat. focus, feu). Ce mot désigne : 1° une arme à feu; 2" une petite pièce d'acier avec laquelle on bat un caillou pour en tirer du feu ; 3° un morceau d'acier long et arrondi, dont les bouchers se servent pour donner le fil à leurs couteaux : ce dernier se nomme aussi affiloir.
Le fusil a succédé, dans l'armement des troupes, aux anciens mousquets et arquebuses, dont l'introduction dans les armées régulières remontait à l'époque de François I"; dans ces dernières armes, l'inflammation de la charge de poudre était obtenue soit à l'aide d'une mèche allumée qui se rabattait sur le bassinet, soit, plus tard, à l'aide d'un rouet, ou roue dentée en acier, mise en mouvement par un ressort, contre laquelle frappait un morceau de pyrite martiale dont le choc produisait une série d'étincelles. — Dans le fusil, adopté en France sous le règne de Louis XIV, la mise du feu était obtenue par la percussion d'un morceau de silex fixé au chien, qui se rabattait violemment, sous l'effet de la détente d'un ressort, contre une pièce d'acier dite fusil d'où elle faisait jaillir une étincelle. La charge de poudre était contenue dans une enveloppe de papier et réunie à la balle en une cartouche; on l'enfonçait dans le canon à l'aide d'une baguette, qui fut en bois jusqu'en 1746, époque à laquelle on lui substitua une baguette en acier, déjà adoptée par l'armée prussienne. Le premier modèle régulier d'un fusil d'infanterie fut arrêté en 1777, et cette arme resta en service, avec quel- (^ues légères modifications, jusqu'à la fin des guerres de 1 Empire ; elle comprenait essentiellement le canon, en fer doux, du calibre de 17 mm. 7, fermé par une vis nommée culasse, porté par une monture en bois; le mécanisme de mise du feu et de percussion se nommait la ■platine. Quelques tentatives avaient été faites soit pour obtenir un chargement du fusil par la culasse, soit :iour
augmenter la justesse de l'arme par des rayures du canon, mais elles avaient été sans grand succès ; ces premières armes rayées ou carabinées, un instant en usage au xvm* siècle, avaient été abandonnées. La balle du fusil pesait de 26 à 29 gr., la charge de poudre était de 9 gr. ; on pensait que ce poids de la balle était nécessaire pour produire un effet meurtrier. Après les guerres de 1 Empire, on réussit à rendre pratique la mise du feu par une amorce en cuivre au fulminate, qu'on plaçait sur une cheminée vissée dans le canon, le chien se rabattant sur la capsule en déterminant l'explosion. Le fusil à pierre disparut alors et fit place au fusil dit à piston. Cette transformation fut opérée chez nous en 1822 d'abord, puis définitivement en 1840 et 42. En même temps, des essais étaient entrepris pour accroître la portée et la justesse du tir par des rayures du canon et le forcement de la balle; les noms de Delrique, Minié et Tamisier doivent être cités à ce propos parmi ceux dont les travaux eurent le plus d'influence. Ils conduisirent à l'adoption d'une balle de forme ogivale, dont le culot était évidé pour que les gaz de la poudre, lui donnant une certaine expansion, l'obligeassent à suivre les rayures, de manière à imprimer un mouvement de rotation à la balle. Toutefois on avait conservé les anciennes armes du calibre de 18 mm. environ, et la balle ogivale pesait 32 gr. Si, avec ce poids, on avait conservé la même charge de poudre et, par suite, la même vitesse initiale du projectile, l'effort du recul, dont la mesure est donnée par le produit du poids de la balle par sa vitesse initiale, eût été si considérable que le tireur n'aurait pu le supporter. On réduisit alors la charge à 4 à 5 gr., et la vitesse des balles descend à 310 m. au lieu de 450 à 500 dans les anciens fusils lisses. Cette faible vitesse avait pour conséquence de donner une trajectoire moins tendue et, par suite, de diminuer notablement la distance de but en blanc, qui a une si grande importance à la guerre. Aussi les armes rayées de ce système étaient-elles assez peu en faveur. Tel était l'état de l'armement en France en 1857. — On fut alors saisi de diverses [troposilions ayant pour but l'adoption du chargement par a culasse, parmi lesquelles il convient de citer celle de Dreyse, armurier allemand qui avait présenté au gouvernement français son fusil dit à aiguille, que la Prusse adopta et auquel elle dut en partie ses succès de guerre de 1864 à 1866. Sous l'influence de ces derniers événements on entreprit une refonte complète de l'armement et on adopta le fusil mod. 1866 dit Chassepot, se chargeant par la culasse, dont le calibre n'était que de 11 mm. et dont la balle pleine pesait 25 gr. et avait une vitesse initiale de 420 m. environ, ce qui assurait au tir une justesse et une portée incomparablement supérieures à celles obtenues précédemment. Le mécanisme de fermeture était formé d'un cylindre glissant dans une partie échancrée de la boile de culasse; le chien était projeté en avant par la détente d'un ressort à boudin et se terminait par une aiguille qui venait déterminer l'explosion d'une amorce fixée à la partie postérieure de la cartouche. Celle-ci était entourée d'une enveloppe combustible en papier et en soie. L'obturation de l'arme était obtenue par une rondelle de caoutchouc que comprimait une plaque d'acier poussée par les gaz de la poudre. Ce mode d'obturation fut reconnu défectueux pendant la guerre de 1870, ainsi que le système de cartouches à enveloppe combustible, qui se détérioraient dans la giberne : en 1874 on transforma les anciens fusils Chassepot suivant le système du commandant Gras, qui servit de modèle à la reconstitution de notre armement. Le canon du fusil restait le même, le système de fermeture de culasse était un peu modifié de manière à simplifier la charge, et la cartouche métallique à douille de cuivre était substituée à l'ancienne; par suite, l'aiguille qui servait à déterminer l'explosion de l'amorce était remplacée par un percuteur plus robuste. L'adoption de la cartouche métallique, plus lourde que l'ancienne, ayant pour conséquence une diminution du nombre de coups dont pouvait disposer le tireur, on était amené à rechercher une nouvelle arme d'un calibre plus petit que 11 mm., dont la balle, plus légère que celle du fusil Gras, pouvait par suite recevoir une vitesse plus considérable, lui assurant une trajectoire plus tendue, ainsi qu'une portée et une justesse bien supérieures. Mais pour réaliser ce perfectionnement il fallait disposer d'une autre poudre que la poudre au salpêtre, qui encrasse les armes; celle-ci fut trouvée par M. Vielle, ingénieur des poudres et salpêtres, et permit