GÂCHETTE
venir. On distingue : le F. simple ou absolu, comme je sortirai ; le /*'. composé, qui est formé d'un auxiliaire et d'un participe, comme j'aurai parlé ; on l'appelle aussi F. antérieur ou F. passé, parce qu'il exprime une action à Tenir précédant une autre action également à venir; le F. périphrastique (en lat. et en grec), qui est formé soit des différents temps du verbe être avec un participe futur [amaturus sum, eram fui, ero, etc.), soit du futur du verbe être avec un participe parfait (XsXuxwi; 2<io[xai). L'idée de futur peut encore s'exprimer par périphrase à l'aide de verbes, p. ex. : [j.£X)k<i), en grecjye vais,
je dois, en français ; shall et tvill, en anglais, etc.
En Philosophie, on appelle futur contingent ce qui peut indiirércmment arriver ou n'arriver pas.
FUYARD (de fuir). Chez tous les peuples anciens et chez la plupart des peuples modernes, les soldats qui fuient dans le combat ou qui abandonnent lâchement leurs armes ont été regardés comme infâmes et le plus souvent punis de mort. La loi du 21 brumaire an v punit de mort celui qui abandonne son poste devant l'ennemi ; s'il s'agit d'une troupe entière, les six plus anciens soldats subissent le même sort.
G, consonne et 7' lettre des alphabets latin et français, occupe la 5° place dans la plupart des alphabets orientaux et dans celui des Grecs, qui la nommaient gamma. En français, ainsi qu'en italien, en espagnol, en anglais et en allemand, G se prononce dur devant a, o, u, l, n, r; doux devant les voyelles e, i ; mais avec le son du j en français, du dj en italien et en anglais, du ch (et quelquefois dur) en allemand; de h jola en espagnol. — Comme abréviation nominale, G est pour George, Gabriel, Godefroi, Guillaume, Gustave; D. G. veut dire Dei gratia; S. G. se lit Sa Grandeur ou Sa Grâce. — Comme chiffre romain (^mais rare), G valait 400, G 400000; en grec y' est 3, ,Y 3000. — Sur les monnaies, G désignait Poitiers. — Dans les calendriers, G est la 7° lettre nundinale, la 7' et dernière lettre dominicale. — En Chimie, Gl veut dire glucinium. — En Musique, G répond à sol, qui jadis était la 7" note.
GABARE (du b.-lat. gabbarus), navire de charge remplissant sur l'eau l'office des grosses voitures de roulage à terre. Les gabares furent longtemps de grands bateaux à un mât, employés exclusivement dans les ports et sur les rivières. Auj. il y a des gabares qui traversent l'Océan. Leurs dimensions varient beaucoup : les grosses gabares portent jusqu'à 900 tonneaux et ont 3 mâts. On nomme gabarots les plus petites gabares ; gabosses, les plus grandes. — La voilure des gabares est à peu de chose près celle des grands bâtiments carrés.
On nomme aussi gabare, aux bords de l'Océan, un filet à mailles serrées et que des morceaux de liège tiennent suspendu à la surface de l'eau.
GABARI ou GABARIT (de l'arabe kàlab, moule, comme calibre), modèle ou patron de grandeur naturelle, qui, dans la construction navale, représente la forme de quelque partie du navire, comme l'avant, l'arrière, la quille, ou de quelque pièce, comme le gouvernail, etc. Les gabaris sont le plus souvent en bois, quelquefois en fer. — Les ateliers d'artillerie ont aussi des gabaris pour la construction de diverses pièces, notamment des affûts. Voy. modèle.
GABBRO, synonyme A'Eupholide. Voy. ce mot.
GABELLE (orig. gcrmaniq.). Ce nom, qui fut d'abord commun à beaucoup de taxes (ainsi l'on disait Gabelle des draps, G. des vins, G. de tonlieu, etc.), fut ensuite exclusivement réservé à la taxe du sel dans l'ancienne monarchie française. Autrefois le roi avait seul le monopole de fabriquer et de vendre le sel, ainsi que d'en fixer le prix; on était en outre obligé d'acheter au roi une quantité déterminée de sel, avec défense de revendre ce qu'on avait de trop : de là l'impopularité qui s'est toujours attachée à celte taxe inique et vexatoire. La quotité de la taxe variait selon les provinces, ainsi on distinguait : 1° les
fays de grande gabelle, qui payaient le maximum de impôt (9 livres poids de sel par tête dans chaque famille, le quintal valant 62 livres monnaie) ; 2° les pays de petite gabelle, qui payaient le minimum (11 ou i2 livres poids par tète, le quintal ne valant que 33 livres 10 sous) ; 0» les paTLjs de quart bouillon, où les habitants s'approvisionnaient par des sauneries et versaient en retour de ce privilège le quart du produit de leur fabrication dans les greniei"s royaux. Les provinces exemptes de la gabelle étaient dites provinces rédimées ou pays de franc salé. — L'origine de cette taxe remonte au moins à Philippe le Long fl318| ; elle a été organisée définitivement sous Louis XIV (1686). Elle produisait env. 38 millions, mais exigeait un grand nombre d'employés pour la surveillance et la répres-
sion du faux saunage ou contrebande : les faux sauniers étaient punis des galères. La gabelle a été supprimée par décret du 1"" déc. 1790. — De là vient gabelou, mot usuel dans le peuple pour désigner les agents des contributions indirectes. — Voy. sei, (impôt du).
GABIAN, nom vulgaire du Goéland. Voy. ce mot.
GABIAN (huile Ue). Voy. PÉTROLE.
GABIER (de gabie; de l'ital. gabbia, cage, hune), matelot préposé au service de la mâture. Le gabier ne fut d'abord qu'un guetteur qui, du haut de la hune (ou gabie), signalait les navires, les écueils ou la terre. Auj. tout ce qui se présente à faire dans un mât est du ressort du gabier. Dans les travaux de gréement, de dégréement, de prise de ris, c'est lui qui, sous les ordres de l'ollicier de quart, dirige les autres matelots. On distingue le Gabier du grand mût, le G. de misaitie, le G. d'artimon; et même, quoiqu'il n'y ait plus de hune au beaupré, les matelots qui ont soin de ce mât incliné sur lesquels se serrent les focs sont dits G. de beaupré. Les gabiers des grands bâtiments sont des matelots délite; c'est parmi eux qu'on prend les quartiers-maîtres.
GABION (de l'ital. gabbione), grand panier cylindrique, sans fond, formé d'un clayonnage et rempli ordinairement de terre, sert dans les sièges à mettre les travailleurs à l'abri des coups de l'ennemi et, d'une manière générale, à revêtir les talus des retranchements pour leur donner plus de solidité. Le gabion a 0 m. 80 de hauteur et 0 m. 65 de diamètre, mais l'artillerie en construit aussi dont les dimensions sont de 1 m. et 0 m. 56. Les emplois du gabion sont très variés, mais dans l'exécution des sapes on s'en sert particulièrement pour les sapes volantes. — Autrefois on faisait usage, comme masque en avant des sapes, d'un gabion de l'°,30 de diamètre et 2 mètres de hauteur, qu'on remplissait de fascines et qui servait à couvrir les travailleurs en tète du travail; on le nommait G. farci; il a cessé d'être réglementaire depuis 1870.
GABLE, en Architecture. Voy. pignon et fronton.
GABORD (de bord), bordage extérieur d'un navire, se place sur les varangues de fond, et sert à joindre la quille en s'cmboîlant dans sa ràblure.
GABOT, poisson. Voy. exocet.
GABRONITE, silico-aluminate de soude naturel, en masses lilhoidcs grisâtres des environs d'Arcndal (Norvège), se rattache aux Wernériles [Voy. ce mot).
GABURON ou jumelle, pièce de bois qui recouvre un bas mât depuis la naissance du ton jusqu au quart de sa longueur au-dessous de la hune, et qui le garantit des frottements du mât supérieur quand on monte ou qu'on descend celui-ci.
GÂCHE (orig. inconn.), pièce métallique en fer ou en cuivre, où vient se loger et s'appuyer une autre pièce de métal. On connaît surtout : 1° les gâches qui reçoivent soit le pêne d'une serrure, soit un verrou, une targette, etc.; 2° les gâches des plombiers, anneaux de fer qu'on attache au mur pour tenir et fixer un tuyau de plomb ou une gouttière.
GÂCHETTE (dimin. àe. gâche), pièce d'acier qui fait partie de la platine d'un uisil, et sur laquelle on appuie pour faire partir l'arme. C'est un levier au premier genre coudé : le bec, branche de devant qui s'engrène dans la noix et l'empêche de tourner, est son bras court ; la queue, branche de derrière reposant sur la détente, est son bras long. — On nomme encore gâchette : dans les serrures, la pièce de fer placée sous le pêne ; — dans les métiers à baS|
GACHIS
GAINIER
un petit levier coudé qui se meut sur son a\e et qui sert à hausser ou à baisser le petit métier.
GACHIS (de gâcher: de l'allem. waschen, laver), mélangée de chaux, de sable, de plâtre ou de ciment délayé dans de l'eau, et propre à la bâtisse. Mettre du plâtre dans l'eau jusqu'à ce qu'elle soit tout absorbée, c'est gâcher serré: mettre peu de plâtre et obtenir un mélange très liquide, comme pour faire des enduits ou couler des pierres, c'est gâcher lâche. Le gâcheur est ordinairement un apprenti maçon.
GADE (du gr. yiSoî], Gadus, genre de Poissons malacoptérvgicns subnrachiens, de l'ordre des Squamodermes, type de la famille des Gadoïdes, renferme des espèces généralement comestibles, qui habitent les mers froides de riiémisphèrc septentrional. Les principales sont : Ia Morue, le Merlan, la Merluche, la Lole, la Barbote, etc.
GADE-LOTE OU BARBOTE, poissou d'eau doucc du genre Gade, dont le foie est très bon à manger.
GADOÏDES (du g.-l\pe Gade), famille de Poissons malacoptérygiens subbrachiens : corps médiocrement allonge, peu comprimé, couvert d'écaillés cycloïdcs; tète sans écailles et nageoires molles; vessie aérienne grande et dentelée sur les côtés. Cette famille renferme les genres Gacle, Lcpidolèpre ou Grenadier.
GADOLINITE ou yttekbite, minéral que l'on rencontre soit amorphe, soit en cristaux clinorhombiques. Il est noir, jaunâtre ou brunâtre. C'est un composé de silice, d'yttria, de cerium et de fer. Les variétés cristallisées ont pour formule 3[(Y.Ce.Fe)0]SiO*; les variétés amorphes paraissent être une altération et contiennent plus de silice. — On ne l'a encore rencontré qu'à Fahluu en Suède et à Ytterby en Norvège.
GADOUES (orig. inc). On donne ce nom et aux matières enlevées des latrines, et aux boues et immondices de toute espèce. Toutes ces gadoues forment un excellent engrais : mais on a prétendu qu'elles pouvaient communiquer aux plantes un goût et une odeur désagréables.
GAÉLIQUE (laxgce). Voy. le Dicl. d'Uisl. et de Géogr.
GAERTNÈRE idu botan. J. Gaertner], Gaertnera, genre de la famille des Loganiacées, renferme des arbres de Madagascar et de Maurice, à feuilles opposées, oblongues, coriaces, et à fleurs terminales paniculées ou en corymbe. La G. à gaine [G. loiigiflora) est un bel arbre à feuilles lancéolées, à fleurs blanches, et dont le fruit est une baie ovale renfermant deux semences dures, semblables à celles du café, ce qui l'a fait nommer café marron.
GAFFE orig. celtique), longue perche terminée par un fer à deux branches, l'une droite, un peu pointue, l'autre recourbée en forme de croc, et dont les matelots se servent pour pousser les embarcations au large. — Dans les Salines, on nomme gaffes des vases servant à transporter le sel.
GAGE (du b.-lat. vadium [du lat. vas ou du teuton]), objet remis en nantissement pour sûreté d'une dette. La loi définit le gage le nantissement d'une chose mobilière, et le distingue de l'antichrèse [Voy. ce mot), qui est le nantissement d'une chose immobilière. Le gage confère au créancier le droit : l^de retenir en sa possession, jusqu'au payement, la chose qui en est l'objet; 2" de se faire payer sur cette chose par privilège et préférence aux autres créanciers. Toutefois le créancier ne peut, à défaut de payement, s'approprier le gage, ni en disposer; il doit en ce cas requérir en justice l'autorisation de le faire vendre. Le débiteur, jusqu'à son expropriation, s'il y a lieu, reste propriétaire du gage, qui n est dans la main du créancier qu'un dépôt assurant le privilège de celui-ci. Le gage est indivisible, nonobstant la divisibilité de la dette entre les héritiers du débiteur ou ceux du créancier. La constitution de gage, en matière civile, doit être accompagnée de la rédaction d'un écrit authentique ou sous-seing privé enregistré; en matière commerciale ces formalités ne sont pas nécessaires (C. civ., art. 2072-2084; C. de comm., art. 91- ^4). — On appelait autrefois mort-gage l'antichrèse; et l'if-gage, le nantissement d'un immeuble dans lequel le créancier imputait les fruits de cet immeuble sur le capital de sa créance.
«AGE (prêt sur), l'oy. PRÊT et MOXT-DE-PIÉTÉ.
CAGES, salaire donné aux domestiques et aux ouvriers pour IfMirs services. Voy. domestique ot salaire.
GAGERIE (saisie-). Voy. saisie.
GAGEURE. Voy. pari.
GAHNITE, minéral faisant partie du groupe des Spineiles, et qui est un aluminate de zinc [ZnO.Al^O'j ; cristaux
octacdriques d'un vert plus ou moins foncé, rayant la topaze. — On trouve la gahnite disséminée dans les "schistes talqueux et chloriteux, à Fahlun en Suède, et au Brésil. GAÏAC (nom indigène), Guajacum, genre de la famille des Zygophyllées, se compose de grands arbres des Antilles à bois très dur, à feuilles opposées, à folioles coriaces très entières, à fleurs bleues supportées par des pédoncules uniflores. Le G. officinal, vulg. bois de gaïac, est un arbre de 15 m., dont la Médecine utilise le l)ois et l'écorce. Ces parties renferment une résine, dite gaïacine, qui a l'odeur du benjoin, une saveur douce d'abord, puis amère, et enfin très acre : on l'obtient pure en faisant macérer des co|)eaux de gaïac dans l'alcool. On en prépare une teinture sudorifique fréquemment employée en Médecine.
— Dans l'Industrie, le bois sert à faire dès vis, des galets, des poulies, etc.
GAILLARD (orig. celtiq.). Autrefois le mot châteaugaillard signifiait im château fort : de là, en Marine, le nom de gaillard, donné d'alwrd aux châteaux qu'on élevait à l'avant et à l'arrière des vaisseaux, et conservé encore auj. aux parties extrêmes du pont supérieur d'un navire : celle qui se trouve sur l'arrière du grand mât s'appelle G. d'arrière; celle qui se trouve sur l'avant du hauban de misaine, G. d'avant. Ces deux parties étaient jadis séparée? par un espace nommé Vembelle et communiquaient par un petit pont de chaque côté du navire : ce pont était à\i passe-avant. Les gaillards étaient entourés de créneaux : les dunettes représentent ces anciennes fortifications. — La batterie d'artillerie du pont supérieur se nomme toujours batterie des gaillards.
GAILLARDE, ancienne danse, romane d'origine, qui s'exécutait à 3 temps avec un mouvement vif et animé. Très en honneur dans tout le xvi* siècle, elle se dansait avec la cape enroulée autour du corps. Formant la troisième partie de la basse-danse, on l'exécutait sans sauter ; mais, après la pavane, elle était au contraire très sautée et très franche d'allure. Au xvii' siècle, le pas de gaillarde était composé d'un pas assemblé, d'un pas marché, d'un pas tombe et qui se fait en avant et de côté. Dans l'école de danse moderne de notre Académie de musique, les pas de gaillarde existent bien encore, mais décomposés esthétiquement, et leurs mouvements prennent une vingtaine de noms diflërents.
GAILLARDIE, Gaillardia, genre de la famille des Composées, tribu des Sénécionidées, sous-tribu des Héléniées, originaire d'Amérique. On en cultive deux espèces dans nos jardins : la G. vivace et la G. aristée. La première est remarquable par ses fleurs d'un jaune orangé pourpre à la base, avec un disque brun. La seconde a des fleurs plus grandes, mais moins vives.
GAILLET ou caille-lait, Galium, genre de la famille des Rubiacées, tribu des Aspérulées, renferme des herbes vivaces et indigènes, à fleurs blanches, jaunes ou purpurines, très petites et disposées en grappes; à feuilles longues et étroites. Les feuilles du G. jaune {G. verum), très commun dans les prés et les haies, passaient pour donner du lait aux femmes. En Angleterre, on s'en sert
Cour colorer le fromage de Chester. La même plante, ouillie avec l'alun, teint en jaune, et sa racine en rouge. Le suc du G. accrochant ou Gratteron {G. aparine] a été employé en Médecine.
ëAILLETTE, gailletix, morceaux de houille triés à la main ou séparés par des cribles du tout-venant.
GAIN de scrvie. Voy. gains.
GAINE (du lat. vagina). Outre son acception vulgaire, d'étui, de fourreau, ce mot s'applique, en Architecture, à une espèce de support, plus large du haut que du bas, sur lequel on pose des bustes. Quand la gaine et le buste sont d une seule pièce, on leur donne le nom de Terme.
En Anatomie, on donne le nom de gaine à certaines enveloppes des tendons, des muscles, des artères, des veines, etc. — En Zoologie, ce mot désigne, chez les Insectes suceurs, le tube qui renferme l'appareil dont ces insectes se servent pour sucer. — En Botanique, c'est une expansion membraneuse de la partie inférieure du pétiole qui embrasse la tige plus ou moins. Voy. kelille.
— Gaine protectrice est souvent syn. d'endoderme. GAINIER (de gaine], ouvrier qui confectionne les
gaines, étuis de mathématiques, écrins, portefeuilles, et autres articles de cuir, de maroquin, de chagrin, etc. — Il y avait à Paris un corps de métier de gainiors. bourreliers et ouvriers en cuir, établi par une ordonnance de 1323.