‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 700 sur 1729 · GARCETTE · texte numérisé non relu

GARCETTE

(Voy. ce mot). — Il n'est pas certain que les anciens connussent les gants, bien que l'on trouve chez les Grecs les mots j^s'.pîSs;, VctptSix, et chez les Romains celui de vianicse, qui semblent avoir une signilicalion analogue : mais ils étaient certainement en usage au vi" siècle au plus tard. Peu à peu les gants devinrent de plus en plus de mode, d'abord comme partie de l'armure [Voy. gantei-et), puis comme ornement. C'est sous Henri 111 que les femmes commencèrent en France à porter des gants, ils étaient d'abord de soie tricotée. Les gants en peau parurent à la cour comme objet de toilette vers le commencement du règne de Louis XIV : on portait alors beaucoup de gants parfumes dits d'Espagne, à l'ambre, à la fleur d'orange, au jasmin, à la frangipane, etc. De nos jours, l'usage des ganls a été adopté par tout le monde, et la consommalion en est devenue immense.

En Botanique, on nomme vulgairement Gatit de Notre- Dame, à cause de leur forme, la Campanule, l'Ancolie commune, la Digitale pourprée. On désigne aussi ces diverses plantes sous les noms de Gantelée, de Ganleline et de Gantillier.

GANTELET (de gant), espèce de gant très fort dont les doigts étaient revêtus de lames d'acier en forme d'écaillés, et qui recouvrait, outre la main, une partie de i 'avantbras. Le gantelet faisait partie de l'armure des chevaliers. Au moyen âge, on défiait un ennemi en lui jetant le gantelet ; le relever, signifiait qu'on acceptait le combat. On dit encore aujourd'hui jeter et relever le gant.

GANTIER, fabricant de gants de peau. — Les peaux dont on se sert pour gants sont celles d'agneau, de mouton, de chevreau, de chèvre, de chamois, de cerf, d'élan, de castor, de buffle, de chien {dogskin) et même de rat. Les peaux les plus estimées viennent d'Annonay, de Paris et de Grenoble; toutes doivent avoir été passées en mégisserie. La perfection de la coupe fait le principal mérite des gants. Elle a été perfectionnée par X. Jouvin, qui a attaché son nom à cette industrie. Depuis quelques années, la coupe, le fendage, la couture même des gants se font à la mécanique ; la mécanique à coudre date de 1824. — La France fabrique les plus belles qualités de gants. Paris et (Misuite Grenoble, Niort et Vendôme (gants de daim et de chamois), Ciiaumont, Nancy, Lunéville, Millau, etc., sont au premier rang pour cette industrie. L'Angleterre fabrique aussi beaucoup de gants, surtout à Woodstock et à Worcester. La Suède était jadis célèbre par l'odeur agréable des siens; auj. le suède-français imite très bien cette odeur. — Voy. Vallet d'Artois, Manuel du fabricant de gants.

GANYMÈDE, 3° satellite de Jupiter; fait sa révolution autour de Jupiter en 7J i'^ 0" ; s'écarte de Jupiter au plus de 5', 46" à l'opposition de la planète. Sa masse est les 0,000088 de celle de Jupiter. Son diamètre apparent vu de la Terre 1",5. Son éclat est celui d'une étoile de 6* grandeur. Voy. SATELLITE.

GARANCE, Rubia, genre type de la famille des Rubiacées, renferme des plantes herbacées vivaces, à tiges rameuses et chargées d'aspérités, et dont la racine sert en teinture. Cette racine se compose de trois parties distinctes : d'un cœur ligneux jaune, qui la parcourt dans toute sa longueur, d'une partie corticale rouge, où réside surtout le principe colorant, et d'une pellicule légère et rougeâtre qui est la couche subéreuse, vulg. épidémie. On la sèche à l'air sur des filets ou dans des fours; on la bat pour en séparer l'épiderme, la terre et les autres matières étrangères ; puis on la broie sous des meules ; un blutage en sépare ce qui reste de terre et d'épiderme. La racine, entière, est connue dans le commerce sous le nom à'alizari [Rubia tinctorum] ; moulue, elle reçoit particulièrement le nom de garance. La garance est dite robée lorsqu'elle a été dégagée de son épiderme, ce qui donne plus d'éclat à la poudre, et non robée, si elle a été triturée sans cette précaution. On appelle garances mulles les qualités inférieures, composées en grande partie de débris provenant du blutage. On estime surtout les garances de Chypre et de Smyrne; viennent ensuite la garance d'Avignon, celle d'Alsace et celle de Hollande. La racine de la garance contient une substance particulière, appelée alizarine [Voy. ce mot), à laquelle elle doit ses propriétés tinctoriales ; elle donne un beau rouge très solide et, avec ditTérents mordants, toutes les nuances de violet, de brun, etc. On s'en servait beaucoup autrefois pour l'impression des toiles peintes et pour teindre les draps : les pantalons rouges de l'armée fran-

çaise étaient teints avec la garance. Auj. la culture de la garance est presque abandonnée, depuis qu'on sait retirer du goudron de houille les couleurs d'aniline [Voy. ce mot et matières coloiuntes).

La garance était connue des Grecs et des Romains, qui l'employaient non seulement en teinture, mais encore en médecine, comme diurétique. Elle était cultivée en Carie, en Galilée, en Italie, surtout à Ravenne. Introduite au dernier siècle dans le Comtat Venaissin (Vaucluse) par le Persan Althen, cette culture a parfaitement réussi en France.

GARANCINE, poudre qui contient le principe colorant de la garance dans un plus grand état de concentration. On l'obtient en faisant macérer de la garance dans les 2/3 de son poids d'acide sulfurique concentré pendant quelques heures, lessivant le produit avec de l'eau, et desséchant le résidu solide; 100 gr. de çarancine teignent autant que 500 gr. de garance. Les fabricants d'indiennes employaient souvent la garancine de préférence à Yalizarine. Voy. ce mot.

GARANTIE (de garant; orig. germaniq.), obligation en vertu de laquelle une personne doit en mettre une autre à l'abri d'un préjudice possible ou l'en indemniser si elle l'a déjà éprouve. Ainsi le vendeur doit garantir son acheteur contre la poursuite de ceux qui prétendraient des droits sur la chose vendue : le codébiteur solidaire doit garantir son codébiteur solidaire contre l'action du créancier. La personne garantie a le droit, quand elle est poursuivie, d'invoquer une exception dilatoire qui lui permette de mettre en cause son garanti : cela s'appelle G. formelle, en matière réelle ; G. simple, en matière personnelle (C. civ., art. 884, 1625-1649; C. de proc, art. 175-184).

En Politique, on appelle : garanties individuelles la liberté des cultes et celle de la presse, l'institution du jury, l'inamovibilité des juges, etc. ; garanties constitutionnelles, l'immunité ou inviolabilité attachée par la constitution ou par la loi à certaines fonctions, p. ex. à celles de Président de la République, de sénateur, de député, etc. Voy. ces mots.

En Droit International, on nomme traités de garantie ceux par lesquels des Etats garantissent à une autre puissance le maintien de tel ou tel état de choses : ainsi, les six grandes puissances européennes (France. Angleterre, Allemagne, Autriche, Italie, Russie) se sont portées garantes de la neutralité perpétuelle de la Belgique et du Luxembourg, et du maintien de la division actuelle des territoires composant la péninsule des Balkans.

GARANTIE (bureac de), administration chargée A' essayer les matières d'or et d'argent ouvragées, d'en constater le titre et de faire apposer, avec un poinçon, sur chaque objet essayé, le contrôle, c.-à-d. le sceau' du gouvernement. L'Etat prélève sur les orfèvres les frais de contrôle et d'essai, dits droits de garantie. Le poinçon porte la marque du titre et celle du bureau de garantie. Il y a pour les ouvrages d'or et d'argent une empreinte particulière qui varie de temps en temps; pour les vieux ouvrages, l'empreinte est une hache; pour les ouvrages étrangers, les lettres ET. On distingue encore le poinçon de petite garantie (pour les menus ouvrages), le poinçon de remarque (pour les chaînes), et le poinçon de recense, poinçon nouveau substitué à l'ancien, afin de mettre en défaut les contrefacteurs. Les bureaux de garantie dépendent, pour la partie d'art, de l'administration des Monnaies, et, pour la partie fiscale, des Contributions indirectes. — L'origine de ce service remonte à un édit de Henri III, en 1579. Il a été réorganisé par une loi du 19 brumaire an vi, qui est encore auj. la loi fondamentale de la matière.

GARBOTEAU, garbotix, noms vulg. du poisson du genre Able, connu aussi sous les noms de Chevanne et de Meunier. Voy. ABLE.

GARBURE (orig. espagn.), nom donné, dans le midi de la France, à une sorte de potage très épais, fait de pain de seigle, de choux, de lard et de membres d'oie conservés à la graisse.

GARCETTE (de l'esp. garceta], cordage tressé en bitord ou tout autre menu cordage long de 2 ou 5 mètres. Les garcettes servent d'amarrages pour diminuer l'ampleur des voiles quand le vent devient trop fort; on les emploie également à lier le câble au cordage sans fin dit tournevire, lorsqu'on lève l'ancre ; de là le nom de garcette de tournevire. — On se servait autrefois de la garcette pour frapper sur le dos à nu les matelots qui avaient encouru ce châtiment.

GARCLMA

GARDE

Garcelte, pince pour épiiiceler le drap. Voy. épincetage.

GARCINIA (du naturaliste Garciii), nom latin scientifique du genre guttier.

GARDE (de garder; de l'ancien haut-allemand t»arte«, prendre garde).

I. Dans l'Armée, le mot garde exprime : tantôt le service des soldats ou autres agents de la lorce publique désignés i;oar voilier pendant un temps détermine au maintien du i)on ordre, à la sûreté d'un camp, etc. : tantôt le détachement armé chargé de ce service et distribué dans différents postes; tantôt enfin certains corps particuliers, savoir :

1° Gardes du corps. On nommait ainsi en France, sous l'ancienne monarchie, des compagnies de gentilshommes spécialement destinés à garder le roi ; ils étaient à cheval et avaient le pas sur tous les autres corps. Dès 1192, Philippe Auguste avait institué des Sergents d'armes chargés de la garde de sa personne; mais c'est Charles VII qui organisa, vers 1448, la première compagnie de Gardes du corps du Roi; il la composa d'Ecossais, pour reconnaître les 'services que cette nation lui avait rendus dans les guerres contre les Anglais. Louis XI ensuite créa deux compagnies purement françaises; François I" en ajouta une troisième. La compagnie écossaise fournissait les 24 arcliere, dits Gardes de la manche, chargés de suivre partout la personne du roi et de veiller sur elle dans les cérémonies. Sous Charles IX cette compagnie n'était plus composée que de Français. A la fin du règne de Louis XVI, le corps se comjwsait d'environ 1400 hommes ; après avoir fait vaillamment leur devoir en défendant le roi, ils furent supprimés le 12 septembre 1791. Louis XVIII rétablit les gardes du corps en 1814, et en forma 6 compagnies, dites C. écossaise, de Gramont, de Poix, de Luxembourg, de Wagram et de Raguse (les deux dernières furent supprimées en 1815) ; les simples gardes y avaient rang d'officier; pour y être admis, il n'était pas nécessaire d'être noble. Le corps fut dissous en 1830. — En dehors des Guides du corps propr. dits, il faut citer encore comme chargés de la garde du souverain : 1° les Cent-Suisses, troupe d'infanterie formée de soldats suisses, organisée

Jour la 1"^° fois par Charles VII en 1453, maintenue, avec iverses modifications jusqu'en 1791 ; rétablie en 1817 sous le nom de Grenadiers gardes à pied du corps du Roi et définitivement supprimée en 1830; 2° les Cent-Gardes, chargés de la garcle de l'Empereur, de l'Impératrice et des Enfants de France, corps d'élite créé par le décret du 24 mars 1854 et réorganisé par les décrets des 29 fév.1855 et 17 mars 1850. Us ont naturellement disparu en 1870. 2° Gardes françaises, corps militaire faisant jadis partie de la maison militaire du roi et organisé en 1553. Il eut d'abord 10 compagnies (d'env. 100 hommes) et fmit par en avoir 32. Tous étaient Français. Ce corps avait le pas sur le reste de l'armée. Les gardes françaises se joignirent au peuple en 1789.

5° Garde impériale. Bonaparte avait créé dès novembre 1799 une Garde consulaire; en 1804, il lui fil prendre le nom de Garde impériale : de 9 775 hommes, s<jn chiffre primitif, elle s'éleva successivement à 15 470 (1806), 55 946 (1812), 81 606 (1813) ; elle était de 102 706 h. en 1814. Depuis 1809, elle était divisée en Vieille Garde et Jeinie Garde. Jusqu'à la fin de 1812, l'admission dans la garde fut une récompense : le choix se faisait sur des listes de 10 candidats réunissant des conditions déterminées; la solde était d'un tiers en sus, et tout officier ou sousofflcier admis dans la vieille garde avait rang du grade immédiatement supérieur. Après 1812, 'les pertes que la garde avait subies obligèrent de rendre moins sévères les conditions de l'admission. Tout le monde sait les services éminents et l'intrépidité de la garde impériale. — Licenciée par Louis XVIII, elle fut rétablie en 1854 par Napoléon III, pour servir de réserve de l'armée active. En 1870, elle se composait de 2 divisions d'infanterie, comprenant : la 1", 4 régiments de voltigeurs et 1 bataillon de chasseurs à pied ; la 2", 3 rég. de grenadiers et 1 rég. de zouaves ; d'une division de cavalerie, comprenant 6 régiments (chasseurs, guides, dragons, lanciers, carabiniers, cuirassiers); de 2 régiments d'artillerie, l'un monté, l'autre à cheval, et de 2 escadrons du train. L'entrée dans la garde était ouverte à toute l'armée ; les conditions étaient : pour les soldats une bonne conduite pendant au moins 2 ans de service : pour les sous-officiers, un an de grade ; pour tous les officiers, depuis le lieutenant jusqu'au général de division, 2 ans de grade; pour les sous-lieutcnants, seulement une

année de grade. Tout officier ou sous-offlcier promu devait passer dans la ligne. Il n'y avait d'exception que pour les sous-lieutenants. Toutes les vacances étaient remplies par des officiers de la ligne. La garde impériale a été suapriméc le 27 oct. 1870. '^^

4» Garde mobile, corps créé à Paris en mars 1848 et composé en grande partie de jeunes gens que la révolution laissait sans travail. Il formait 21 bataillons de 1 000 hommes chacun, portait un uniforme particulier et recevait une solde assez élevée. Aux journées de juin 1848, la garde mobile marcha la première contre l'insurrection et déploya une admirable intrépidité; mais ce corps, qui occupait dans l'armée une position irrégulière, ne pouvait se maintenir : il fut licencié au bout d'un an.

5» Garde municipale de Paris. Sous l'ancienne monarchie, le Guet ( Voy. ce mot) était chargé de veiller à la sûreté de la ville de Paris. Supprimé en 1792, il fut remplacé par la gendarmerie; vint ensuite (1795) la Légion de police générale, à laquelle succéda la première Garde municipale, qui comptait 2 régiments d'infanterie et 2 de cavalerie. Ce corps, souvent modifié dans son organisation, a porté successivement les noms de Gendarmerie impériale de Paris (1813), Ac Gendarmerie royale de Paris (1816), de Garde municipale (18301, de Garde républicaine. [\U% et 1870), de Garde de Paris (1852). Son effectif se composait en 1870 de 2 bataillons d'infanterie, formant 16 compagnies, et de 4 escadrons de cavalerie : il est aujourd'hui oeaucoup plus considérable et se divise en Garde municipale à cheval et Garde municipale à pied. Elle est sous les ordres du Préfet de police. Voy. ge.nd.vr-

UERIE.

6" Garde nationale, milice bourgeoise destinée à maintenir l'ordre et à défendre les libertés publiques. Improvisée en France par la municipalité de Paris, le 13 juillet 1789, veille de la prise de la Bastille, cette milice Eorta d'abord le nom de Garde bourgeoise, qu'elle échangea ientôt contre celui de Garde nationale. Elle prit pour cocarde les couleurs bleu et rouge, qui étaient celles de la ville de Paris ; elle y joignit le blanc quand le roi eut donné son assentiment à sa formation; elle élut pour chef le général Lafayette. Bornée d'abord à Paris, elle s'étendit promptement à toute la France, et fut depuis imitée par plusieurs Etats de l'Europe. Elle reçut une existence légale par la loi de déc. 1790, qui se bornait à poser le principe de l'institution, et par celle du 14 oct. 1791, qui l'organisa. Les meneurs de la Bévolution paralysèrent de bonne heure son action, d'abord par la formation de leur camp de 20 000 fédérés à Paris, puis par l'organisation des sections armées, qui noyèrent la vraie garde nationale dans une tourbe d'hommes sans garantie. Dissoute à la suite de la journée du 13 Vendémiaire, elle fut à peu près rétablie, mais ne joua qu'un rôle insignifiant jusqu'au 18 Brumaire. Le Consulat et l'Empire la réduisirent à rien. Il fallut l'invasion de 1814 jKJur que l'Empereur consentît à réorganiser la garde nationale de Paris. La Bestauration adopta d'abord cette institution, et même en favorisa l'extension par toute la France ; mais son libéralisme devint bientôt suspect à la cour, et, en 1827, Charles X la licencia à la suite d'une revue tumultueuse. Elle se reforma d'ellemême le 28 juillet 1830, et eut une part décisive à la révolution qui renversa la branche aînée. Elle affermit Louis-Philippe sur le trône par son assentiment, et fut reconstituée par la loi du 22 mars 1831. Son refroidissement, sa défection partielle en février 1848, furent une des causes les plus puissantes du succès de la nouvelle révolution. Après cet événement, elle subit de profondes modifications, vit supprimer ses compagnies d'élite, et admit dans son sein, sans distinction et sans garantie, tous les citoyens qui se présentèrent : son nombre se trouva ainsi porté, pour Paris seulement, de 80 000 hommes à plus de 200 000. Les classes les plus dangereuses se trouvant ainsi armées, il en résulta bientôt un conflit terrible : les événements de juin 1848 nécessitèrent le désarmement d'une grande partie de la garde nationale ainsi que sa réorganisation. Le second Empire fixa la durée du service de 25 à 50 ans, supprima les légions et se réserva la nomination des officiers, ainsi que le droit de suspendre les gardes nationales. Mais les événements de 1870 ramenèrent tous les dangers de 1848. L'insurrection du 18 mars livra Paris pendant deux mois aux gardes nationaux dits fédérés. Le retour de l'ordre, après de longs et sanglants combats (mai 1871), eut pour effet le désarmement des fédérés et

GARDE

GARDE

par suite la suppression de la garde nationale, qui n'a plus d'ailleurs de raison d'être depuis l'établissement du service obligatoire jusqu'à 45 ans.

7° Garde nationale mobile, corps créé par la loi du 1" février 1868 pour servir d'auxiliaire à l'année active. Elle se composait des jeunes gens non compris dans le contingent en raison de leur numéro de tirage, de certains exemptés et des remplacés : elle admettait des engagements volontaires et des réengagements. La durée du service devait être de cinq ans, pendant lesquels les gardes nationaux étaient soumis à des exercices et à des réunions temporaires. Les jeunes gens qui justifiaient d'une connaissance suffisante du maniement des armes, de l'école de soldat, des principes et de la pratique du tir pouvaient être exemptes de la présence aux exercices ; ils devaient assister toutefois aux réunions par compagnie et par bataillon. La garde nationale mobile était placée sous les ordres de l'autorité militaire ; elle pouvait être appelée à l'activité. Elle le fut en clfet pendant la guerre de i870-71.

8° Garde républicaine Voy. garde municipale et gex-

DARMEBIE.

9^ Garde royale, corps institué après la rentrée des Bourbons par ordonnance du 1" septembre 1815 ; il se composait de soldats d'élite, tirés pour la plupart des débris de la garde impériale. On y adjoignit deux régiments suisses. Cette garde fut dissoute après les journées de juillet 1830.

H. Dans la Marine on distingue :

• 1° Les Gardes-Côtes, corps de milice spécialement chargé de la garde des côtes et affecté au service des batteries de côtes. Us existaient sous l'ancienne monarchie; licenciés en 1791, recréés en 1799, supprimés encore en 1814, ils ont été définitivement rétablis en 1831. Ils forment 6 compagnies de canonniers.

2° Les Gardes-Chiourme, chargés de la garde des bagnes et de la surveillance des forçats : ce sont des sous officiers et soldats placés sous les ordres des préfets maritimes et des commissaires de marine.

3" Les Gardes-Marine, jeunes gens faisant autrefois partie d'un corps militaire institué dans les trois ports de Toulon, de Brest et de Rochefort par Louis XIV, et servant, comme aujourd'hui les aspirants de la marine, à fournir des officiers aux flottes du roi. Il fallait, pour y entrer, être gentilhomme et n'avoir pas plus de 16 ans. Ils étaient distribués en 3 compagnies, et recevaient une éducation maritime. La révolution de 1789 fit disparaître cette institution. — Il y avait aussi une compagnie des gardes du pavillon-amiral, composée de 80 nommes lires du corps des gardes-marine.

III. En Jurisprudence, la garde, suivant certaines coutumes auj. abolies, consistait dans le droit accordé aux pères, mères ou aïeuls de jouir en tout ou en partie des biens appartenant à leurs enfants mineurs pendant un certain temps, sans être tenus de rendre compte des fruits perçus pendant ce temps, mais à la condition d'entretenir et surtout de ne point aliéner ces biens. Les nobles eurent d'abord seuls ce privilège, qu'on appela pour cette raison garde noble; mais plusieurs coutumes, notamment celle de Paris, retendirent au tiers état, et alors elle se nommait garde bourgeoise ou roturière. Encore auj., le Code civil (art. 384) accorde au père, pendant le mariage, puis à l'époux survivant, la jouissance des biens des enfants jusqu'à la majorité ou jusqu'à l'émancipation. — On appelait aussi garde noble le droit féodal qui conférait au seigneur la tutelle des enfants mineurs d'un de ses vassaux à la mort de celui-ci, et par suite la surveillance du fief. Voy. Potbier, De la garde noble et bourgeoise.

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