GARROT
Garde-Meuble. Ce mot, oui se Hit, en général, de tout lieu ou l'on garde des meubles, s'appliquait spécialement au garde-meuble de la couronne, édifice situé place de la Concorde à Paris, où étaient gardés et le mobilier superflu et les diamants de la couronne. Avant 1789, cha(|ue résidence royale avait son garde-meuble.
Garde-Robe. Avant 1789, on appelait garde-robe du roi tout ce qui se référait à la garde de ses vêtements, et le nom s'étendait à ceux qui en avaient le soin. Il y avait un grand maître et deux maîtres de la garde-rooe du roi, plus nombre de valets. Outre l'intendance et la conservation des costumes, ils étaient chargés d'habiller le roi. La reine aussi et les princes avaient chacun leur garde-robe. Ce service, rétabli par la Restauration, lut aboli en 1830.
GAR DÉNIE (du méd. A. Garden), Gardénia, genre de la famille des Rubiacées, se compose d'arbrisseaux et d'arbustes à feuilles opposées et à fleurs terminales. Le fruit est une baie sèche à deux loges. On cultive en serre chaude la G. à grandes fleurs ou Jasmin du Cap, arbrisseau de 1 à 2 m., à feuilles d'un vert luisant, à fleurs blanches, très odorantes. Le fruit de cette plante fournit une couleur qui sert à teindre en jaune. La G. gummifcre contient une gomme-résine semblable à l'Elémi.
GARDIEN (de garde). En Justice, le gardien judiciaire est celui auquel un juge ou un huissier commet le soin des scellés, des meubles saisis, etc. On l'appelle, suivant les cas. G. à la saisie, G. des scellés, etc. Il répond, par corps, des objets confiés à sa garde.
Gardien de la paix publique. Voy. sergent.
Dans les ordres de St-François et dans la Congrégation de la Sle-Trinité à Rome, le gardien est le supérieur du couvent ou de la congrégation, et sa charge se nomme gcrdiennat. De là. les titres de gardien des Capucins, de gardien des Cordeliers. — Le grand maître de l'ordre de la Jarretière est dit aussi gardien (warder) de cet ordre : c'est toujoiœs le roi d'Angleterre qui porte ce titre.
GARDON (du b.-lat. gardio), Leuciscus idus, vulg. Hossr. espèce du genre Able. famille des Cyprinidés, tient le milieu entre la carpe et la brème. Ses nageoires sont rouges; sa chair est blanche et d'assez bon goût, mais elle est garnie d'arêtes fourchues qui rendent ce poisson incommode à manger.
GARE (de garer: du ht-allem. waron, prendre garde). On nomme ainsi : 1* dans les rivières et les canaux, tout bassin naturel ou artificiel pour recevoir les bateaux en déchargement ou pour leur servir de refuge par les grosses eaux ou le dégel ; — 2° dans les Chemins de fer. des portions élargies de la route, correspondant aux stations principales, et où se trouvent, outre l'embarcadère et le débarcadère, un entre-croisement de rails, des plateaux, des cn(ro|x')ls, etc.
GARENNE (comme le précéd.), espace assez grand, à la campapriie. peuplé de lapins gardés pour la table ou pour la vente, et où ils jouissent d'assez de liberté pour se rapprocher de l'état sauvage. Leur chair alors est supérieure à celle fin lapin domestique élevé dans le clapier. On distingue les G. ouvertes ou libres et les G. forcées ou closes. Les premières ont été abolies en France en 1789 à cause des dommages qu'elles causaient à l'agriculture. Les garennes forcées doivent être fermées ou par un mur, ou par des pieux très serrés et garnis d'un treillage de fer, ou par un fossé plein d'eau. On choisit pour garenne un terrain sablonneux et sec : il faut y répandre des graines d'herbes odoriférantes, de graminées, de légumineuses; les crbrcs doivent être, les uns des arbres résineux offrant abri aux lapins sans courir le risque d'être rongés par eux, les autres des arbres fruitiers ou formant touffes, comme alizicrs. ci»rmie!"s. etc.
GARGANTUA, roman de Rabelais qxii est comme l'introduction du Pantagruel.
GARGARISME (du gr. vapyspiviiô;), médicament liquide qu'on maintient cpielque temps dans l'arrière-bouche sans 1 avaler et en le repoussant au moyen de l'air qu'on expire. La secousse qu'on imprime en se gargarisant à toutes les parties qui constituent le pharynx favorise l'expulsion des mucosités. Le plus souvent les gai^rismes sont émollients, quel(|ues-uns sont stimulants ou astringents ou antiseptique a. Voy. COLLCTOIRE.
GARGOUILLE (du fr. gargouiller, en ital. gorgoliare; du rad. garg. gorg, gosier), ouverture par laquelle s'écoule l'eau d'une fontaine ou d'ane gouttière. Cette ouverture
simule souvent le mufle ou la gueule d'un animal, un lion, une chimère, etc. Les édifices gothiques, surtout au xv s., sont chargés de gargouilles de pierre aux formes les plus fantastiques.
A Rouen, on appelait Gargouille un serpent monstrueux
au'on portait en procession le jour des Rogations et le jour e l'Ascension, en mémoire de la victoire légendaire de St Romain sur ce monstre.
GARGOUILLEMENT (comme le précéd.), se dit, en Médecine, du bruit que produit le passage de l'air à travere les excavations pulmonaires, résultant de la fonte des masses tuberculeuses; il indique la présence d'un liquide dans ces cavernes. — Le même bruit se produit dans l'intestin contenant beaucoup de gaiz et de liquides, l'oy. bob-
BORTGXE.
GARGOUILLETTE ou gargoulette, vase en terre poreuse, servant à rafraîchir l'eau. Voy. alcarazas.
GARGOUSSE (corruption de cartouche), charge de poudre dans son enveloppe, à l'usage des bouches à feu. — Les gargousses des canons se cnai^eant par la bouche étaient faites de papier fort ; lorsqu'on a adopté le chargement par la culasse, on a tout d'abord, en France, dans le système de Reffye, obtenu l'obturation de la fermeture par un culot de gai^usse en laiton mince; le corps de la gargoussc était en fer-blanc recouvert de papier; l'adoption de rol>turateur de Range a fait renoncer à ce système de gargousse, et l'enveloppe des chaînes est formée mainlenant de bourre de soie, dont la combustion ne laisse pas de résidus. Voy. bourre et cartouche.
GARIN LE LOHERAIN, chanson de geste, composée au XII* s. par le trouvère Jean de Flagy. C'est la 2" partie de la Geste des LoherairtS {Voy. ce mot). Consulter : Paulin Paris, Etude sur les chansons de gestes, et sur le Garin le Loherain de Jean de Flagy, 1883, in-8.
GARNI. Voy. maison et logement.
GARNIÉRITE, hydrosilicate d'aluminium coloré en vert pâle par le nickel, très analogue à la Nouméite; se trouve à la Nouvelle-Calédonie. Voy. .nouméite.
GARNISAIRE, jadis Gamtsonnaire, homme que l'administration place comme en garnison chez ceux qu'elle veut contraindre. Autrefois le gardien judiciaire à la saisie se nommait ^amisaire. Ce nom a depuis été réservé : 1° au soldat qui s'installait chez les parents d'un conscrit réfractaire ou d'un déserteur : il pouvait y rester un temps indéterminé : 2"" au porteur de contraintes qui, les délais épuisés, s'établissait chez le contribuable en retard pour hâter le payement de ce qui était dû au trésor : celui-ci ne restait que deux jours chez celui qu'il avait mission de forcer ainsi à s'acquitter, et ne pouvait exiger que l'abri, la nourriture et la place au feu. Les garnisaires ne sont plus employés d'aucune façon depuis des amiées; les derniei-s ont été supprimés en 1877.
GARNISON. On nomme ainsi et l'ensemble des troupes dont on garnit une place de guerre pour sa défense, et tout lieu qui sert de séjour pour les troupes. — Voy. capitulation.
GARNITURES. En Cuisine on donne ce nom à toute préparation de légumes, macaroni, etc., destinée à accompagner une pièce de viande, gibier, volaille, poisson, etc. Les truffes, champignons, riz de veau, quenelles, foies, sont aussi des garnitures.
GARO. synonyme de Bois-d'aigle. Voy. aquilaire.
GAROU ou SAiNBOis, écorce d'une espèce de Daphné [D. cnidium, famille des Thj-méléacées), qu'on emploie comme épispastique. La pommade de garou active la suppuration et est moins irritante que celle qu'on prépare avec les cantharides.
Loup garou. Voy. loup.
GARRIGUES, nom donné, en Provence et surtout aux environs de Nîmes, aux terrains en friche situés sur des coteaux calcaires. La flore naturelle qui les peuple se rattache à la flore méditerranéenne. Ceux d'entre eux que l'on défriche sont reboisés ou plantés en vigne.
GARROT (en espagn. garrote), instrument composé d'un morceau de bois peu long, assez gros, que l'on passe dans une corde pour la serrer en la tordant.
Les Chirurgiens appellent garrot l'instrument dont ils se servent pour comprimer une artère en cas d'hémorragie ou d'opération : ce n'est autre chose qu'un lien circulaire en tissu de laine qu'on serre au moyen d'un bâtonni't. — Cet instrument a été inventé par Morel, chirurgien de Besançon. Voy. TOURSIQUCT.